Direct Soir n°155 23 mai 2007
Direct Soir n°155 23 mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°155 de 23 mai 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Hommage à Hergé : le père de Tintin aurait 100 ans

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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FALOUR-TOUSSAINT/STARFACE 14 EN COMPÉTITION SPÉCIAL FESTIVAL DE CANNES The Tarantino Show Treize ans après la Palme d’or de Pulp Fiction,Tarantino renoue avec la compétition officielle à Cannes, en présentant Death Proof. Deux heures de course-poursuite à tombeau ouvert. Frisson et humour noir garantis. Il s’amuse, l’enfant terrible du cinéma. Quentin Tarantino sait, mieux qu’aucun autre réalisateur, susciter les applaudissements des festivaliers cannois. Sa recette est simple : des filles sexy, une histoire à dormir debout et un enchaînement de clichés et de caricatures, en hommage à un cinéma de seconde zone auquel il voue un culte affiché. N’oublions pas que l’Américain a fait son éducation dans les rayons d’un vidéoclub. Depuis, le vendeur de cassettes s’est mué en virtuose de la caméra. La « Tarantino’s touch » est immédiatement reconnaissable. Nostalgique invétéré des salles obscures miteuses des années 1970, le réalisateur n’hésite pas à trafiquer l’image de son film, à la vieillir, à la truffer de faux raccords, de faux plans et de traces d’usure. Les amateurs de cinéma savent bien pourtant que les défauts des vieilles bobines sont en voie de disparition, en particulier dans les salles de projection de Cannes où les films sont montrés dans leur version numérique. Tarantino jongle brillamment avec des techniques empruntées aux grands maîtres du septième art, une caméra mobile et caressante qui met en valeur quelques plans séquences dépassant parfois dix minutes. INTERVIEWS Pascal Greggory Acteur dans « La France », de Serge Bozon, présenté à Cannes pour la Quinzaine des réalisateurs Qu’est-ce qui vous intéressait dans La France ? Serge Bozon, le réalisateur, m’a appelé pour me dire qu’il me voulait. J’ai alors acheté un DVD de Mods, le moyen-métrage qu’il avait réalisé. Cela m’a tout de suite parlé. Vous jouez un militaire durant la Première Guerre mondiale… C’est un lieutenant qui a perdu un de ses hommes au combat. Il ne s’en est pas remis, et décide de déserter avec son petit groupe. La France est un film sur la guerre, mais sans la guerre. Effectivement. J’aime que ces gens ne soient pas des héros. Ils L’équipe du Boulevard de la mort (Death Proof) rassemblée par Quentin Tarantino (au centre). Après John Travolta et Bruce Willis, l’allumé du cinéma s’offre cette fois la participation de Kurt Russell. Cette gueule masculine de série B retrouve presque son habit de justicier futuriste (New York 1997 de John Carpenter). Inquiétant cascadeur balafré sur le retour, il use de tous ses charmes dans les bars du Texas, pour capturer ses jeunes et jolies proies à l’aide d’un piège motorisé, une Ford Mustang surpuissante, garantie « 100% résistante à la mort », mais seulement pour le conducteur… Ce fou du volant fait gicler le sang sur son capot à fuient, et sont traqués à la fois par les Français et par les Allemands.Mon personnage semble déjà absent. Une seule chose le motive : pousser ses hommes pour qu’ils s’en sortent. L’univers de Serge Bozon est pour le moins particulier. Comment le décrieriez-vous ? C’est quelqu’un qui se nourrit à la fois de pop anglaise et de cinéma classique, comme Eric Rohmer. Le résultat est assez radical. Alors que vous avez souvent été en sélection officielle à Cannes, vous défendez cette année un petit film d’auteur. Tant mieux si je peux apporter mon passé.J’adore travailler avec des réalisateurs qui en sont à leur premier ou deuxième film. Comment jugez-vous votre carrière d’acteur ? J’étais à mes débuts un acteur pas très intéressant. C’est la rencontre avec Patrice Chéreau (La reine Margot, Ceux qui m’aiment prendront le train, NDLR), à la fin des années 80, qui a tout changé. Au final, je trouve que je m’en suis bien sorti. Sylvie Testud Actrice dans « La France » Qu’est-ce qui vous a poussée à travailler avec Serge Bozon ? J’avais vu son moyen-métrage Mods, et je me suis alors dit qu’il avait vraiment un univers fort. C’est quelqu’un à part, qui va au bout de ses idées. Mais c’est surtout le fait que ce soit un film sur fond de guerre, et pas sur la guerre, qui m’a attirée. Vous incarnez une femme qui part chercher son mari, au front. Elle va suivre une troupe de soldats, en se faisant passer pour un homme. Ce que j’aime à ce moment-là, c’est que personne ne sait qui est l’autre. Elle veut aller au front, tandis qu’eux désertent. N’est-ce pas ingrat pour une femme de jouer un personnage androgyne ? Au contraire, j’aime bien la masculinité chez les femmes. Comme les hommes qui ont en eux une part de féminité, je trouve cela élégant. Qui est vraiment Serge Bozon ? La France lui ressemble tellement. A tel point que refuser un film comme ça aurait été comme refuser l’être humain tête de mort jusqu’à ce qu’il trouve sur sa route plus casse-cou que lui : une bande de superbes filles bien décidées à réhabiliter la fierté féminine face à « ce prototype du gros con à gros moteur et à petite b… ». Russell est d’ailleurs le premier à se moquer de son personnage. Il prend régulièrement le spectateur à témoin en s’adressant à la caméra, l’air de dire « Vous allez voir ce que vous allez voir ». L’occasion pour Tarantino d’épater les spectateurs, avec une course-poursuite qui restera sans aucun doute dans les annales du cinéma d’action. qu’il est. C’est quelqu’un qui est dans la différence, qui est à fleur de peau. Vous comprenez que le film puisse dérouter ? Bien sûr, et d’ailleurs je l’espère. C’est cela un film qui n’a pas été réalisé en suivant des sondages. Outre le cinéma, l’écriture a pris une place importante dans votre vie. C’est ma récréation. J’écris comme je veux, sur ce que je veux. En plus, il y a des gens qui aiment. D’ailleurs, deux de mes romans vont être adaptés au cinéma. NDLR : Sylvie Testud a écrit Il n’y a pas beaucoup d’étoiles ce soir (Ed. Pauvert), Le ciel t’aidera (Fayard), Gamines (Fayard). BADI-FTW/STARFACE M. LIBERT/ASA-PICTURES DR Directsoir N°155/Mercredi 23 mai 2007 BRÈVES Liberté de pensée, top models et strip-teaseuses ■ Malgré les pressions des autorités iraniennes, Cannes a pris le parti de la liberté d’expression. Ce soir est projeté Persepolis. Adapté de la bande dessinée de Marjane Satrapi, ce film d’animation constitue un témoignage plein d’humour sur la révolution iranienne. Les images en noir et blanc, preuve de l’austérité imposée par le régime, contrastent avec le discours, cru et libéré. La montée des tops. Hier soir, les marches du Palais ont vu apparaître trois célèbres mannequins : Elle McPherson (The Body), Claudia Schiffer, Naomi Campbell ont pris la pose. Plus nature, Gérard Jugnot, Vincent Perez, Sharon Stone, Cécile Cassel et Zoé Félix ont, eux, représenté le métier de comédiens et comédiennes. Rêve et paillettes à « go go » Go Go Tales, le film d’Abel Ferrara présenté hors compétition, dévoile les dessous sexy d’un club de strip-tease au bord de la faillite. Quinze ans après Bad Lieutenant, le réalisateur semble s’être assagi. Willem Dafoe campe un gérant pathétique et touchant aux côtés d’Asia Argento, prompte à se dénuder dans le rôle d’une élégante strip-teaseuse. COUP DE CŒUR Le 7 art au septième ciel ■ Durant la Quinzaine, Cannes est la ville de tous les excès. Dernière trouvaille de l’hôtel Hilton : un Spa éphémère apparu comme par magie le temps du Festival. Suspendu entre ciel et mer, sur la terrasse la plus insolite de la Croisette, le « spa des stars » surplombe la baie et accueille les vedettes du septième art. Un havre de paix, où se diffuse une fragrance ambrée, offre un moment de quiétude et de bien-être. Dans une ambiance feutrée, loin du vacarme et des badauds, Martine Vidal propose aux stars de s’abandonner aux massages et aux soins les plus voluptueux. Sous de grandes tentes blanches, masseurs, coiffeurs et maquilleurs répondent à leurs désirs. Chaque jour, la liste d’invités s’allonge. Brad Pitt et Angelina Jolie sont espérés pour la fin de la semaine. Le réalisateur Gus Vans Sant, Sara Forestier et Salomé Lelouch attendent déjà leur rendezvous « Spa » pour la 61 e édition.
DISNEY ENTERPRISES DR www.directsoir.net « Casino Royale » : les débuts de la saga Bond Contrairement aux autres films, la personnalité de James Bond n’est pas figée et évolue au cours du récit. Il y a six ans, les producteurs Lewis Wilson et Dana Broccoli acquièrent les droits du premier roman de Ian Fleming, Casino Royale, écrit en 1953. Le moment est venu de réaliser la première aventure de l’agent secret au service de Sa Majesté. Une adaptation du livre au cinéma existe déjà : une parodie burlesque réalisée en 1967 par John Huston. Le film raconte la première mission de James Bond. L’agent doit ruiner un banquier, « Le Chiffre », affilié à un réseau de terrorisme international. Pour ce faire, il devra le battre au poker, au casino Royale. L’histoire se situant au début de la carrière de l’agent secret, les producteurs ont dû choisir un nouvel acteur pour le rôle, le sixième à endosser les trois chiffres « 007 ». Daniel Craig, qu’on avait pu voir dans TombRaider et Munich, mais aussi dans un registre plus intimiste (comme dans Sylvia avec Gwyneth Paltrow), est choisi après des mois de spéculation pour incarner un Bond plus ferme et plus dur. Casino Royale, de Martin Campbell. Columbia Tristar Home DVD, 20 €. 15 Pirate ressuscité ★★★★ La piraterie est en danger. Un idéal à défendre pour les héros de la trilogie, dont l’épilogue est enrichi par des images splendides. Les héros sont faits pour mourir. Sauf peut-être Jack Sparrow, pirate timbré, qui renaît dans ce troisième volet de Pirates des Caraïbes. Elizabeth Swann(Keira Knightley),Will Turner (Orlando Bloom) et Barbossa (Geoffrey Rush) n’ont pas décidé de sauver un ami, mais plutôt de protéger la piraterie internationale, menacée par la compagnie des Indes, qui a même réussi à embrigader Davy Jones et son navire Le Hollandais volant dans cette course-poursuite effrénée. Ramener Jack, c’est aller au bout du monde, là où Johnny Deppvit une mort maudite, brillamment mise en scène, sur fond blanc terrorisant et images surréalistes. Une fois retournés dans le monde Pirates réel, les pirates se rendent au tribunal de la piraterie, dans la baie des naufragés. Les neuf mem- des Caraïbes, jusqu’au bout bres de ce club très fermé doivent s’entendre du monde avant de mettre au point une stratégie pour défendre leur « bout de gras » maritime. A chaque volet, son méchant. Pour ce dernier opus, c’est Chow Yun-Fat qui En 2h48, Gore Verbinski construit une épopée extatique, rythmée, joyeuse. Les premières scènes s’y colle, en incarnant le capitaine Sao Feng. sont renversantes : on se retrouve dans le Singapour Les chefs de la piraterie doivent s’allier contre la compagnie des Indes et le maléfique Davy Jones. Amour impossible en version nipponne Gennosuke et Oboro, Roméo et Juliette façon ninja. ■ Orgueil, fierté et passion sont au cœur du film Shinobi, adapté d’un roman de Futaro Yamada. Dans le Japon du XVII e siècle, deux familles ninja ennemies s’engagent dans un combat à mort. Au cœur de cette guerre des clans, deux amants passionnés deviennent dès lors ennemis. Oboro (Yukie Nakama), fille du chef des Iga, et Gennosuke (Joe Odagiri), héritier du clan Koga, doivent s’affronter au nom de l’honneur. Shinobi, de Ten Shimoyama, en salle. DR CULTURE CINÉMA du XVIII e siècle, où les détails défilent et s’entrechoquent dans des scènes rapides qui mériteraient d’être revues pour en percevoir tous les éléments. Plus tard, sur l’eau, le film s’essouffle : la bataille majeure, ballet d’épées techniquement complexe, aurait mérité d’être réduite pour plus de dynamisme. Les personnages ont eux plus d’allure. On découvre dès le début qu’Elizabeth Swanna pris les choses en main. Plus âgée, plus sûre d’elle, elle s’affirme en femme de pouvoir, happée par l’esprit pirate, et finalement bien plus courageuse que ses congénères. Si c’est elle, ce n’est donc pas lui : Jack Sparrow est plus effacé dans ce volet, et les gags moins fréquents. On s’amuse toujours de sa désinvolture au milieu d’une bagarre, de sa peur bleue de combattre et de ses visions hallucinées. Sa vie et son avenir sont cependant devenus des enjeux. Jack se voit immortel, rêve de devenir capitaine du Hollandais. Le combat entre son égoïsme et son humanité déterminera le final de cette histoire. Pirates des Caraïbes, jusqu’au bout du monde, de Gore Verbinski. En salle.



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