Direct Soir n°153 21 mai 2007
Direct Soir n°153 21 mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°153 de 21 mai 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Rachida Dati la révélation

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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NEBINGER/ABACA 14 FILM DE LA VEILLE SPÉCIAL FESTIVAL DE CANNES A mi-chemin du palmarès INTERVIEW Mathieu Amalric Acteur dans « La question humaine » Comment définirez-vous votre rôle dans ce film ? Je joue un cadre, psychologue au service des Ressources humaines d’une grande entreprise, qui essaye de bien faire son travail. Mais quand la machine tourne, elle crée du déchet. Ce qui était aussi intéressant, c’est que ce personnage est double : il y a le Simon de jour, et le Simon de nuit, qui se lâche complètement. C’est un peu comme à Cannes. (Rires). Comment êtes-vous rentré dans la peau du personnage ? On cherche des sensations qui peuvent vous aider. Quand je me suis habillé en costume tous les matins, je me suis rendu compte à quel point ce geste pouvait être violent. Serrer son nœud de cravate tel un pendu, mettre de l’after-shave et les cheveux en arrière, ça me déshumanisait complètement. Pourtant, des millions de gens font ça. Cette année, vous vous démultipliez à Cannes avec trois rôles. Dans Actrices, de Valeria Bruni- Tedeschi, j’interprète un metteur en scène médiocre. Mais je sais qu’on propose les rôles de médiocre à des gens qu’on aime profondément. A. Beaupain (à g.),C. Mastroianni, G. Leprince-Ringuet,L. Sagnier,L. Garrel,C. Honoré etC. Hesne des Chansons d’amour. Qu’est-ce qui fait la saveur d’un bon Festival de Cannes ? Un savant dosage de paillettes et de cinéphilie, vous expliquera les habitués de la Croisette.A ce titre, My Blueberry Nights, présenté en ouverture mercredi dernier, aurait dû faire un parfait apéritif à ce festin cannois. La recette est connue : un grand auteur et des stars (Jude Law, Norah Jones). Hélas, la mayonnaise de Wong Kar-wai n’a pas pris. Ce faux pas initial a été cependant vite rattrapé. Ainsi, Les chansons d’amour de Christophe Honoré est un régal. Cette comédie musicale douce-amère évoque avec légèreté des thèmes graves, comme le deuil, où les émotions affleurent.A tel point qu’on se dit que c’est peut-être l’année de la France, vingt ans après Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat. Avec Zodiac, quête obsessionnelle de quelques individus sur les traces d’un tueur en série, David Fincher s’est lui aussi montré consistant : il signe son œuvre la plus mature. Le Sud-Coréen Kim Ki-duk, pour sa première sélection officielle, a confirmé tout son talent dans Souffle. Mais la surprise du chef pourrait bien s’appeler Cristian Mungiu. Dans 4 mois, 3 semaines et 2 jours, ce cinéaste utilise le sujet de l’avortement pour dresser un tableau âpre de la fin de l’ère communiste. Une Palme d’or récompenserait ainsi la vitalité du cinéma roumain. Les frères Coen, eux, se sont contentés de resservir les mêmes plats. Leur tragicomédie No country for old men, histoire d’une chasse à l’homme au Texas, manie habilement l’humour noir, mais n’apporte rien de nouveau à leur cuisine. Le film russe Izganie d’Andreï Zviaguintsev, à l’esthétisme un peu vain, a été carrément indigeste pour nombre de spectateurs. Tout pronostic reste cependant prématuré. Le menu du festival jusqu’à dimanche promet encore de belles surprises pour le palais des cinéphiles, avec On dit qu’avec votre rôle d’un paralysé, dans Le scaphandre et le papillon, vous êtes l’un des favoris pour le prix d’interprétation. C’est une connerie. Dès qu’on joue le rôle d’un alcoolique ou d’un paraplégique, on crie au génie. Mais en fait, c’est comme si on était dopé, c’est de la triche. Heureusement, il y a des acteurs dans le jury qui se rendront compte que c’est beaucoup plus facile de faire ce que j’ai fait dans Le scaphandre qu’interpréter le Simon de La question humaine. On a l’impression que vous avez agrandi votre palette d’acteur. Nous sommes tous multiples. Le plaisir d’un acteur, c’est de vivre différentes facettes. Actuellement, j’ai la chance de pouvoir brouiller les pistes. C’est insupportable de classer les acteurs dans des cases. Dans La chose humaine, que j’ai réalisée, des gens de théâtre comme Anne Alvaro et Jean-Quentin Châtelain ont ainsi travaillé avec Bernard Menez et Michèle Laroque. Quand allez-vous réaliser votre prochain film ? J’espère tourner en janvier. Depuis deux ans, j’ai reçu beaucoup de propositions irrésistibles en tant qu’acteur. AFP Gus Van Sant, Emir Kusturica, Quentin Tarantino, Béla Tarr… Sans oublier le très attendu We own the night de James Gray. En 2000, le réalisateur avait été boudé à Cannes pour le film The Yards. Une faute de goût et d’analyse : on s’est aperçu par la suite que le longmétrage était un chef-d’œuvre. We own the night dont le scénario est de nouveau basé sur un drame familial, utilise les mêmes ingrédients. On espère qu’il sera cette fois-ci récompensé. ■ Nicolas Klotz Réalisateur de « La question humaine » Comment résumeriez-vous La question humaine ? Un cadre, qui est le rouage d’une machine, découvre, à l’occasion d’une enquête, qu’il existe un autre homme en lui. Ça va changer la perception de son travail, de sa relation avec les gens. L’idée dérangeante et très discutable développée dans le film est qu’il y a un parallèle, à travers le langage technique, entre le monde de l’entreprise et l’Holocauste. On s’interroge sur une continuité entre la Shoah et le monde contemporain à travers un certain mode de pensée. L’Histoire a ainsi généré des choses très violentes. Quand on voit le langage technique utilisé par les ingénieurs allemands pour décrire l’extermination des juifs, il pourrait s’agir de n’importe quoi : marchandises, pièces, chargements… Aujourd’hui, la langue de l’économie moderne évacue l’humain de la même façon. Dans un licenciement, on élimine des chiffres, pas des hommes, ce qui est évidemment plus simple. Les cadres du film vivent dans deux mondes opposés : celui de l’entreprise, et celui de la nuit où ils se défoulent en dansant. La nuit, leur part humaine refait surface. C’est une manière pour eux de se libérer des rigidités de leur journée. C’est désobéir pour mieux recommencer à obéir le lendemain. La musique occupe une place importante dans le film. Il y a des choses qu’on peut dire par le chant qu’on ne peut pas exprimer par la parole. Le sens, après, c’est au spectateur de le construire. Définiriez-vous votre cinéma comme militant ? Godard disait qu’il était avant tout militant du cinéma. Je m’intéresse à ce que le cinéma peut révéler du politique. Ça n’a rien à voir avec la droite ou la gauche. Pourquoi avoir collaboré, pour la musique, avec Syd Matters ? J’ai d’abord pensé à Robert Wyatt, qui a énormément compté pour moi. Mais j’étais intimidé. Il se trouve que ma fille vit avec le guitariste de Syd Matters. Dès que je les ai entendus, je me suis dit : c’est eux qu’il me faut. La question humaine, de Nicolas Klotz, est présenté à la Quinzaine des réalisateurs. BENAINOUS-HOUNSFIELD-LEGRAND/GAMMA Directsoir N°153/Lundi 21 mai 2007 60 ans de festival, ça se fête ! ■ De nombreux cinéastes, parmi les plus prestigieux au monde (Wim Wenders, Michael Cimino, Nanni Moretti, Atom Egoyan…) étaient rassemblés ce week-end pour souhaiter un joyeux anniversaire au célèbre festival. L’occasion, d’abord, de visionner un film exceptionnel, Chacun son cinéma, auquel 35 cinéastes ont participé. Une œuvre collective, puisque chacun y a apporté une courte histoire de 3 minutes sur le thème de la salle de cinéma. A retrouver prochainement en DVD. D’autres personnalités ont gravi les marches hier soir, aux côtés des maîtres du cinéma. A noter, la présence d’Alain Delon et de la toujours plus sublime Sharon Stone. ■ « Merci de nous donner le goût des autres et de nous rapprocher de la vie des autres. » Cette phrase empreinte de références cinématographiques est signée Nicolas Sarkozy, et clôturait un discours lu hier soir au festival par la toute nouvelle ministre de la culture Christine Albanel. Pour sa première intervention sur le thème de la culture, le président de la République a rendu hommage à l’exception culturelle, et a promis de lutter contre le piratage de masse. L’éclipse Ian Curtis BRÈVES COUP DE CŒUR B. Summer (à g.), S. Riley, S. Morris et P.HooK. ■ N’en déplaise à Bono et sa bande, l’événement rock de ce Festival de Cannes n’aura pas été U2 3D, mais la présentation, jeudi dernier, de Control. Ce film revient sur le destin tragique de Ian Curtis, chanteur du groupe culte Joy Division qui s’est pendu à l’âge de 23 ans, en 1980. Le long métrage, programmé en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs, a été fortement applaudi. Le cinéaste Anton Corbijn retraduit avec justesse l’univers sombre et les tourments de Ian Curtis. Il a réussi à éclipser, le temps d’une projection, le soleil qui brillait sur la Croisette. Mais comme on est à Cannes, la journée s’est bien sûr achevée par une fête, accompagnée d’une diffusion d’un concert de Joy Division sur écran géant. Un groupe de cold-wave surplombant une plage et des festivaliers en smoking : l’image était pour le moins insolite. KCS PRESSE
DR DR www.directsoir.net Dans ce film qu’elle réalise, Sophie Marceau interprète une ancienne star de cinéma. Loser, ado et musique country de l’ex-RDA dans « Tout ira bien » L’arrivée de son fils Sebastian va changer la vie de Marcel. « Lady Chatterley », l’appel de la forêt pour Marina Hands Sorti en novembre 2006, le chef-d’œuvre de la réalisatrice Pascale Ferran, Lady Chatterley, est maintenant édité en DVD. En 1921, Constance (Marina Hands) vit dans le domaine des Chatterley avec son mari, lieutenant de l’armée britannique, revenu du front paralysé. Elle y coule des jours monotones, et s’occupe de son époux avec résignation. L’arrivée d’une infirmière au printemps bouleverse son quotidien. Le domaine des Chatterley se prête à de longues promenades. Constance va y faire la connaissance de Parkin, le garde-chasse. Ce film, récompensé par cinq césars, raconte leur histoire d’amour. L’histoire du retour à la vie d’un homme solitaire et de l’éveil à la sensualité d’une femme enfermée et lasse. La réalisatrice Pascale Ferran, hantée par la lecture du roman de D. H. Lawrence, Lady Chatterley et l’homme des bois, réalise une adaptation sur la « force utopique et révolutionnaire de l’amour ». Les compléments du ■ Avec un premier film prometteur, Robert Thalheim porte son regard sur les transformations qui sont allées trop vite dans l’ancienne RDA. Dans Tout ira bien, l’univers précaire de Marcel, quadragénaire inadapté, est bouleversé par l’arrivée de son fils de quinze ans, Sebastian. Dans ce film, tourné en dix-sept jours, une grande part d’improvisation a libéré le jeu des acteurs et mis en valeur le thème de la complicité père-fils. Tout ira bien, de Robert Thalheim, en salle. Marina Hands incarne Constance Chatterley. DVD sont consacrés à des entretiens croisés des acteurs et de la réalisatrice, un « making of » et des scènes commentées par Pascale Ferran et son équipe. Lady Chatterley, de Pascale Ferran, MK2 Diffusion, 25 €. La disparue de Deauville est le second long métrage de Sophie Marceau en tant que réalisatrice, après Parlez-moi d’amour. DR 15 Énigmatique Sophie Marceau Avec La disparue de Deauville, l’une des plus belles et talentueuses actrices françaises se révèle être aussi une grande réalisatrice. Un hôtel luxueux en plein cœur de Deauville, une disparition soudaine et mystérieuse, un policier malmené par la vie qui doit survivre au décès de sa femme, une ancienne star de cinéma qui refait surface tel un fantôme errant dans les rues de la station balnéaire, voici le décor de ce palpitant thriller au suspense hitchcockien. Sophie Marceau endosse pour l’occasion la double casquette de réalisatrice et de comédienne. Elle revient sur ses motivations : « Je m’intéresse beaucoup aux histoires humaines, aux destins, et je suis partie sur une histoire de famille. Ce qui m’a attirée, c’est l’envie de raconter la vie des gens, multiple, unique et à la fois universelle. L’hôtel permettait CULTURE CINÉMA de réunir des gens qui ne se croiseraient jamais ailleurs. » Sophie Marceau joue habilement avec les codes du genre, le scénario est bien ficelé et aucun détail n’est laissé au hasard. La réussite de ce film repose sans aucun doute sur le duo d’acteurs qu’elle forme avec Christophe Lambert. Sophie ne tarit pas d’éloges sur son partenaire : « Il s’est complètement approprié le rôle. Il est devenu Jacques à part entière. J’avais vu peu de choses de lui, c’est quelqu’un de très particulier mais je ne le connaissais pas. Il est venu au personnage avec son histoire, toute sa vie, son expérience. Quand il incarne, tout devient fragile, vivant, complexe, passionnant, parce que l’on découvre la personne en même temps que le personnage se construit. » La disparue de Deauville, de Sophie Marceau. Sortie le 23 mai.



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