Direct Soir n°153 21 mai 2007
Direct Soir n°153 21 mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°153 de 21 mai 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Rachida Dati la révélation

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Hermès Le sac « Kelly » Interview de la Directsoir N°153/Lundi 21 mai 2007 10 ECONOMIE Symbole d’élégance et de raffinement à la française, le sac Kelly incarne le savoir-faire et la philosophie d’excellence de la maison Hermès, cultivée depuis l’écrin du 24, rue du faubourg Saint-Honoré. La dynastie Hermès est toujours restée fidèle à l’esprit insufflé par son fondateur, il y a 170 ans, alors qu’il ouvrait la première manufacture de la maison devenue aujourd’hui une multinationale. AVANT DE DEVENIR LA RÉFÉRENCE ABSOLUE EN MATIÈRE D’ÉLÉGANCE, LE « CULTISSIME » SAC KELLY A CONNU UNE LONGUE HISTOIRE. En 1892, la sellerie Hermès lance son sac « Haut à courroies », destiné à porter la selle et les bottes de sa clientèle. L’accessoire ne mettra ensuite pas moins d’une quarantaine d’années pour se hisser de la main des cavaliers à l’épaule des femmes. Dans les années 1930, la maison du 24, rue du faubourg Saint- Honoré, reconvertie dans la maroquinerie, lance ainsi une version plus petite de son sac, sur laquelle une bandoulière pourra bientôt être attachée. C’est en 1956 que l’accessoire gagne à la fois son nom et sa notoriété. Cette année-là, un magazine américain immortalise la princesse Grace Kelly cachant sa grossesse non officialisée derrière un grand sac. La photo fait le tour du monde. S’habillant de cuir, d’autruche ou de crocodile, décliné en une multitude de couleurs, le « Kelly » devient le grand classique de la maison de luxe. A cause des ruptures de stock, les femmes doivent parfois patienter plusieurs mois avant d’accrocher la version de leurs rêves à leur bras. Au-delà d’une pièce de luxe, le « Kelly » incarne à lui seul tout l’esprit d’Hermès. Un esprit qui allie technologie de pointe et savoir-faire traditionnel. Un esprit que l’on retrouve dans les finitions raffinées de ses sacs, comme dans la brillance et la légèreté de ses carrés. En 170 ans d’existence, cette philosophie est restée la même. Peu importe le coût d’un cuir ou d’une autre matière première, la griffe ne vise que l’excellence de ses produits. Une récente décision illustre la permanence de DÉLÉGUÉE GÉNÉRALE DR HO/AFP cette stratégie. En juillet 2005, l’entreprise a ainsi abandonné la commercialisation du « fourre-tout » en toile, rentable, mais jugé non conforme à l’image de luxe véhiculée par la marque. Pour imposer cette exigence de qualité d’un bout à l’autre de la chaîne, la maison Hermès a progressivement acquis ses sous-traitants : maroquiniers, parfumeurs, porcelainiers ou gantiers. La constance de la stratégie d’Hermès a sans nul doute pour origine le caractère familial de l’entreprise. Depuis l’ouverture de sa première manufacture par Thierry Hermès, en 1837, les hommes COMMENT PEUT S’EXPLIQUER LE SUCCÈS D’HERMÈS ? Hermès, comme les 68 marques que représente le Comité Colbert, est une marque identitaire, qui porte l’image de la France et qui fait partie intégrante de notre patrimoine culturel. A travers le temps, nos marques ont su créer des imaginaires qui leur sont propres, alliant tradition et innovation, création et patrimoine. Elisabeth Ponsolle des Portes, Déléguée générale du Comité Colbert de la famille se sont succédé à la tête de la maison, préservant l’esprit insufflé par son fondateur. Dans l’exercice de son premier métier de sellierharnacheur, celui-ci avait compris les exigences de clients fortunés, dont les équipages luxueux se croisaient sur les Champs-Elysées. Reconnu et récompensé à maintes reprises dans les grandes expositions internationales de la fin du XIX e siècle, le savoir-faire Hermès attirait déjà une clientèle prestigieuse : rois de Roumanie et d’Espagne, empereurs du Japon et de Russie, présidents de la République française, du Pérou, des Philippines et autres grands noms de la finance, de l’industrie et QUELLE EST AUJOURD’HUI LA PLACE DE LA FRANCE DANS L’INDUSTRIE DU LUXE ? La France conserve bien entendu son image et son statut de champion de cette industrie. Plusieurs raisons expliquent ce leadership : la diversité des métiers (l’argent et le bronze, la couture et la mode, le cristal, le cuir, l’édition et la décoration, la faïence et la porcelaine, l’hôtellerie et la gastronomie, l’or et les matières précieuses, ainsi que le parfum et la vigne), le maintien des savoir-faire d’excellence, la créativité renouvelée et la gestion dynamique de nos marques. Grace de Monaco et Rainier. Entre les mains de la princesse, le « Kelly ». La maison Hermès s’est affirmée dans sa singularité d’entreprise industrielle se nourrissant des valeurs artisanales de ses métiers de la politique venaient se fournir au 24, faubourg Saint-Honoré. La disparition progressive des voitures attelées a sellé la reconversion d’Hermès dans la maroquinerie « cousue sellier ». Après la Première Guerre mondiale, l’entreprise s’est naturellement orientée vers la voie du luxe de qualité. Elle propose sacs, ceintures, gants, couture, bijoux, bracelets-montres, nécessaires de voyage et accessoires pour le sport et l’automobile. Les années 1930 donnent naissance aux pièces qui deviendront rapidement des créations mythiques de la maison. Au côté du fameux « Kelly », l’agenda, le « Sac à dépêches », le COMMENT SE PORTE LE SECTEUR DU LUXE ? Les maisons du comité Colbert ont réalisé 20 milliards de chiffre d’affaires en 2005, dont 82% à l’étranger. Nous sommes le secteur industriel français qui exporte le plus hors d’Europe. Les nouveaux marchés sur lesquels nos marques s’implantent – la Chine, la Russie ou l’Inde – ouvrent à nos maisons de vastes perspectives. De jeunes marques de luxe continuent à émerger, comme Frédéric Malle, le parfumeur que nous avons récemment fait entrer au Comité Colbert. RUE DES ARCHIVES/AGIP VB
P.VERDY/AFP www.directsoir.net 44% c’est la part du chiffre d’affaires d’Hermès réalisée en Asie en 2006. bracelet en argent « chaîne d’ancre », la veste et la tenue de cavalière prennent place dans la vitrine du 24, rue du faubourg Saint-Honoré. Sans oublier le Carré, pour lequel Hermès détourne la soie utilisée dans la confection des casaques de jockeys. Fidèle à sa philosophie, la maison s’est diversifiée autour des seuls critères du luxe que sont la qualité et le raffinement. Une stratégie séduisant de nouveau les célébrités de l’époque, dont Grace Kelly, le duc et la duchesse de Windsor, Sammy Davis Jr, Ingrid Bergman, Jackie Kennedy. A chaque passation de pouvoir, l’arrivée d’une nouvelle génération, bien qu’immergée dans la tradition familiale, insuffle un nouvel élan. Il s’agit de permettre à cette entreprise, forte de ses succès indémodables, de saisir encore l’air du temps. Au cours des dernières décennies, la griffe spécialisée dans la maroquinerie et la soie s’est transformée en une multinationale de plus de 6 000 personnes et présente dans une quinzaine de métiers. La Maison Hermès s’est affirmée dans sa singularité d’entreprise industrielle se nourrissant des valeurs artisanales de ses métiers. Tout en réussissant à préserver son image de référence absolue en matière de luxe. CHIFFRE D’AFFAIRES ET RÉSULTAT NET (en millions d’euros) ■ Au cours des dix dernières années, les ventes du groupe Hermès ont plus que doublé. ■ Source : www.hermes-international.com D. MARAT Le 24, rue du faubourg Saint-Honoré. ECONOMIE 11 Les vitrines ■ Le 24, rue du faubourg Saint-Honoré est la vitrine d’un groupe qui ne compte pas moins de 252 magasins, dont 145 sous contrôle direct. L’année 2006 a vu l’ouverture de la Maison de Dosan Park à Séoul et de neuf autres nouvelles boutiques, dont celles de Venise, Amsterdam, Bangkok et Hangzhou. Et plus de vingt magasins seront ouverts, ou rénovés, cette année, le groupe ayant décidé de renforcer sa présence aux Etats-Unis et de poursuivre son développement en Chine. Hermès emploie aujourd’hui près de 7 000 personnes à travers le monde. La maison a acquis la dimension d’un groupe international, tout en restant une entreprise à taille humaine, fidèle à un savoir-faire artisanal. Patrick Thomas, qui a succédé à Jean-Louis Dumas l’année dernière, est le premier gérant extérieur au cercle des héritiers, mais il maintient la tradition. ■ Des sacs au cristal en passant par les parfums, au fil des années, Hermès a ajouté de nouveaux métiers aux techniques traditionnelles. La griffe signe aujourd’hui une quinzaine de produits : cuir, carrés, cravates, prêt-à-porter homme, mode femme, parfums, montres, papeterie, chaussures, gants, émail, art de vivre, arts de la table et bijouterie. Cette croissance, qui a connu une forte impulsion dans les années 1980, s’est faite par l’acquisition Dans un atelier parisien, les sacs en cuir sont cousus à la main. de filiales. Le groupe est notamment propriétaire de la cristallerie Saint-Louis, de l’orfèvrerie Puiforcat, du chausseur John Lobb ou des tissages Perrin. Il détient aussi, entre autres participations, 35% du couturier Jean-Paul Gaultier, créateur de la collection de prêt-à-porter féminin chez Hermès depuis 2004. Le Carré LES PILIERS DE LA MAISON Les métiers ■ Une collection de clés anciennes, un harnachement de cheval mongol ou une mosaïque à Pompéi : avec ses histoires, ses motifs et sa palette de couleurs, Hermès illustre le Carré comme un livre sur soie. Depuis sa première édition, « Le jeu des omnibus et des dames blanches » – inspiré du jeu de l’oie – en 1937, plus de mille modèles différents ont été lancés. Le processus de création de ces 90 cm 2 de soie, depuis les premières esquisses du dessinateur jusqu’à la disposition du carré dans le papier de soie des fameuses boîtes orange de la maison, demande environ deux ans. Ce qui n’empêche pas la maison d’éditer une quinzaine de nouveaux modèles chaque année et ce, depuis plus de 60 ans. Et chacun d’entre eux est au minimum proposé dans une douzaine de combinaisons de couleurs. Le carré a donné naissance à une grande famille. Dans les années 1980, il se réduit à la taille gavroche (45x45 cm), s’agrandit en châle (140x140 cm), se tisse en cachemire, s’allège en mousseline et se parfume de Calèche. Plus récemment, la maison a lancé le foulard losange en crêpe de soie et le « Twilly », un ruban de soie. A Lyon, les ateliers d’impression sur tissu Hermès. CORBIS SOUDAN/LYONGMAG/ANDIA



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