Direct Soir n°152 16 mai 2007
Direct Soir n°152 16 mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°152 de 16 mai 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Cannes 2007 : Diane Kruger maîtresse de cérémonie

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°152/Mercredi 16 mai 2007 6 EN COUVERTURE Diane Kruger Le visage de Cannes DIANE KRUGER, 30 ANS, COMÉDIENNE ALLEMANDE, AUSSI PRÉSENTE DANS LE CINÉMA FRANÇAIS QU’INTERNATIONAL, TIENT CE SOIR LE RÔLE DIFFICILE MAIS TRÈS ENVIÉ DE MAÎTRESSE DE CÉRÉMONIE DU 60 E FESTIVAL DE CANNES. J. PELTEKIAN/GAMMA
N. KHAYAT/ABACA www.directsoir.net Diane Kruger, Heidkrüger de son patronyme originel, est une beauté germanique dans son essence la plus parfaite. Un regard bleu acier, un visage aux angles nets, les traits doucement émaciés, une chevelure solaire et une silhouette aussi déliée que charpentée. Tout dans son allure évoque un double personnage : la femme au caractère trempé dans la détermination et la créature fantasmée, femme fatale, inaccessible et parfaite. Leni Riefenstahl et Marlène Dietrich sont en germe dans cette comédienne qui pourrait passer du statut d’actrice talentueuse à celui de star incontestée. Allemande d’origine, elle a été mariée avec un Français et c’est le cinéma américain qui l’a fait connaître. Comme l’industrie, le cinéma s’est mondialisé. Mais Diane Kruger n’est pas le simple fruit de ce phénomène économique. Elle incarne une forme de cosmopolitisme dans tout les sens du terme — source de culture et de richesse — qui permet d’élever le cinéma au rang d’art universel. Le choix de cette femme de trente ans pour donner un visage au soixantième anniversaire du Festival deCannes ne relève pas du hasard. UNE ÉTOILE EST NÉE « C’est horrible de me projeter dans une petite vie bien rangée. Car je viens de là, de la banlieue avec ses petites maisons parfaites », déclarait récemment Diane Kruger dans une interview au magazine Femina. De tels propos, prononcés par une jeune femme à qui la vie semble sourire, peuvent paraître indécents. Pour le public qui aime écouter leurs idoles raconter avec émotion et tendresse la modestie de leur enfance, il est parfois de mauvais goût de renier ses origines quand on a connu un parcours aussi bref qu’étonnant. Mais Diane Kruger est ainsi. Elle ne s’embarrasse pas de fauxsemblant ou de discours lénifiants. Elle dit ce qu’elle pense et c’est comme cela qu’elle avance. L’enfance de la reine de Cannes se déroule sans fards. Originaire de la région de Hanovre, en Allemagne (alors la RFA), Diane Kruger est née en juillet 1976 dans une famille que le divorce fragmentera. L’une de ses deux grandsmères est d’origine polonaise. Petite fille, elle se découvre une passion pour la danse qui la conduit précocement à quitter son pays pour prendre des cours à la Royal Ballet School de Londres. Nous sommes en 1989. Le mur de Berlin s’effondre. Pendant trois années intensives, la jeune fille va souffrir à la barre, découvrir les pointes, apprendre les variations et la chorégraphie. Le petit rat est prometteur et la voie des étoiles lui semble ouverte. Mais un accident met un terme à ce parcours, sinon à cette vocation. Dépitée, elle revient en Allemagne en 1992. Le sort ne l’a pas abandonnée. A peine retournée dans cette Allemagne qui a tant changé, elle est repérée par l’agence de mannequin Elite. Diane Kruger, qui n’a jamais connu le sens du mot « casanier », n’a aucune hésitation : elle franchit le Rhin et se rend à Paris. PARIS EST UNE FÊTE C’est dans la Ville lumière que la jeune femme accumule peu à peu la somme des talents qui permettront d’éclore au métier d’actrice. La formation de mannequin, dès l’âge de seize ans, ne saurait être omise de cet apprentissage. Diane Kruger y confirme la grâce qu’elle avait développée dans l’académie de danse londonienne. Sans doute ce passage par les podiums lui a-t-il permis de ciseler cette allure altière qu’elle saura magnifier sur les écrans quelques années plus tard. Peut-être y découvre-telle aussi la puissance de son charme. Ce métier harassant lui permet de voyager, de multiplier les rencontres. L’une d’entre elles est déterminante car la jeune femme n’entend pas demeurer l’ambassadrice de la haute couture, aussi prestigieuse soit-elle. Après avoir exploré la grâce de la chorégraphie ou la technique du défilé, Diane Kruger connaît un fort attrait pour les arts dramatiques. C’est le réalisateur Luc Besson, qui l’aurait encouragée à suivre cette voie. Le cours Florent, la prestigieuse pépinière française de comédiens, l’accueille en 1999. De nouveau, Diane Kruger se donne totalement à cette nouvelle vocation. Première récompense qui marque son curriculum vitae : le prix Classe libre de la meilleure comédienne qui, dans le petit monde des acteurs français, récompense les meilleurs élèves du cours. EN COUVERTURE 7 C’est elle qui, ce soir, va animer l’ouverture du Festival de Cannes. Le choix de Diane Kruger vaut reconnaissance et permettra à la fête mondiale du cinéma – qui célèbre cette année son 60 e anniversaire – de se faire le reflet de la beauté, de la distinction et du talent de l’actrice. La comédienne pourrait passer du statut d’actrice talentueuse à celui de star incontestée Diane Kruger reconnaît avoir été un personnage « dur » avant de s’adoucir avec l’âge et l’expérience. Elle n’a pas revu son père depuis l’âge de 15 ans et a été élevée par sa mère. Elle conserve vivement l’empreinte d’une enfance peu souriante, éclairée toutefois par sa grand-mère à la personnalité truculente. Par bien des aspects, la jeune femme de Basse-Saxe s’impose comme l’une des plus françaises des actrices étrangères, à la manière d’une Kristin Scott Thomas. D’autant plus brillante que le coup de foudre de l’actrice pour la France ne s’arrête pas au seul pays, mais aussi à l’un des espoirs de son cinéma : Guillaume Canet. De trois ans son aîné, celui dont Diane Kruger tombe amoureuse partage un point commun avec elle : il a connu le déchirement d’un rêve interrompu par l’accident. Passionné d’équitation, amoureux des chevaux, une chute l’a empêché de devenir le cavalier qu’il aurait rêvé d’être. Qu’importe ! Le jeune homme est volontaire, lui aussi issu du cours Florent, il veut être acteur et réalisateur. L’avenir dira que son choix était le bon. Pour le moment - nous sommes en 2001 – les deux jeunes gens se marient et Guillaume Canet fait tourner son épouse dans son premier film, Mon idole, sorti sur les écrans en 2002 ; elle y partage l’affiche avec son mari et le comédien François Berléand. Le public français la découvre. Diane Kruger est nominée aux césars pour son interprétation. LES SENTIERS DE LA GLOIRE L’image de Diane Kruger, consacrée par sa sélection comme maîtresse de cérémonie du 60 e Festival de Cannes, se renforce. Pourtant sa carrière est encore ténue (cinq ans) et sa filmographie succincte (treize films). Mais le rapport entre ces deux chiffres – plus de deux films par an – témoigne d’une incroyable densité. A partir de 2002, on la repère dans plusieurs films hexagonaux comme Ni pour, ni contre (bien au contraire) de Cédric Klapisch (2002) qui s’essayait au genre du film noir, ou dans Michel Vaillant de Louis-Pascal Couvelaire (2003), produit par Luc Besson. Une carrière cinématographique ne saurait déployer sa pleine envergure dans la seule Europe. Le passage par la case Hollywood est obligatoire. Des femmes comme Sophie Marceau, Juliette Binoche ou Penélope Cruz en ont déjà fait l’expérience. Après deux ans de carrière et des succès encore éloignés du triomphe, Diane Kruger est repérée et passe de l’univers feutré du cinéma français à la superproduction hollywoodienne. En 2004, elle figure au générique de Troie avec Brad Pitt, Orlando Bloom, Eric Bana, Peter O’Toole, présenté au Y. HERMAN/REUTERS



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