Direct Soir n°150 14 mai 2007
Direct Soir n°150 14 mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°150 de 14 mai 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Catherine Frot ce soir aux Molières

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°150/Lundi 14 mai 2007 10 ECONOMIE Jeux vidéo Game Boy : l’enfant chéri de Nintendo Le 21 avril 1989, le monde du jeu vidéo a changé à jamais. En lançant sa Game Boy, Nintendo crée la console la plus vendue de l’histoire. Elle a fait le bonheur de dizaines de millions d’aficionados, et a sauvé Nintendo à un moment crucial de son existence. Aujourd’hui, Nintendo caracole en tête des ventes de consoles (voir graphique). Fer de lance de la marque, la machine portable de la marque, la DS, s’est déjà écoulée à plus de quarante millions d’exemplaires depuis sa sortie fin 2004 au Japon. Dans ce secteur, très concurrentiel sur le plan technologique, Nintendo se distingue par une stratégie axée exclusivement sur le jeu. Privilégier le jeu par rapport à la machine, c’est le vieux credo de Nintendo. En 1989, en lançant la Game Boy, première console portable grand public, la firme basée à Kyoto avait changé le quotidien des amateurs de jeux vidéo. À L’ORIGINE, UN HOMME En 1969, Nintendo embauche un ingénieur tout juste diplômé : Gunpei Yokoi. Elle ne le sait pas encore, mais l’entreprise vient de faire basculer son destin. Car c’est sous l’impulsion de Yokoi que Nintendo, qui fabriquait au début des jeux de cartes destinés aux adultes, recentre son activité sur les jeux pour enfants. C’est encore l’ingénieur qui flaire l’ère de l’électronique, et fait de Nintendo un leader sur le marché des jeux électroniques à écran LCD, en DR 4 questions à… RÉGIS MISEROLLE La DS de Nintendo est en tête des ventes de console. Elle prend dignement la succession de la Game Boy. Gear, modèle réduit de sa console de salon Master System. Plus tard, la Lynx d’Atari voit le jour. Techniquement, la Game Boy est plutôt moins évoluée. Quatre couleurs à l’écran, pas de rétroéclairage, il est donc impossible de jouer dans le noir. Mais Nintendo mise sur un produit moins cher et doté d’une plus grande autonomie. Pari gagnant, c’est un jeu qui fait exploser les ventes du petit boîtier : Tetris. Le jeu créé par le russe Alexei Pajitnov, vendu avec la console, lui assure la gloire. Ce casse-briques, basé sur la réflexion et l’agilité, est l’archétype du jeu addictif, et installe la Game Boy au sommet des ventes de consoles. La réputation et le succès de Nintendo sont bâtis autour de jeux emblématicréant les jeux Game&Watch. Les consoles de salon apparaissent ensuite, et Nintendo en est le leader mondial incontesté. Mais en imaginant la Game Boy, Gunpei Yokoi révolutionne l’univers des jeux vidéo. Avec cette console portable, les jeunes peuvent désormais jouer partout et tout le temps, dans leur chambre ou sur le trajet de l’école. A cette époque, combien se sont cognés dans un lampadaire, ou ont raté leur arrêt de bus, absorbés par leur jeu ? Les parents, eux, récupéraient du même coup l’usage de leur téléviseur. Pour autant, la conquête du marché n’est pas gagnée d’avance, car la concurrence est rude. Sega, grand rival de Nintendo, lance la Game Le retro-gaming, pourquoi ça marche ? Régis Miserolle, directeur de Retrogame Shop LE RETRO-GAMING, C’EST UNE MODE ? Non, c’est un phénomène qui existe depuis une dizaine d’années. Mais ça a pris de l’ampleur en 2003, avec les vingt ans de Super Mario, qui ont remis à la mode les premières consoles Nintendo. Et puis, il y a une tendance passéiste qu’on retrouve partout, comme dans la mode. QUI SONT LES RETRO-GAMERS ? Le cœur de cible, ce sont les 25-35 ans. Il y a les collectionneurs, bien sûr, mais aussi ceux qui, il y a quelques années, se sont bien amusés avec un jeu et veulent retrouver cet état. Sans compter ceux qui ne sont pas satisfaits des jeux récents, qui ressemblent souvent à des films. COMMENT EXPLIQUER QU’ON PRÉFÈRE PARFOIS LES JEUX ANCIENS ? Déjà, l’univers en deux dimensions a très bien vieilli, et ces jeux apportent un plaisir immédiat et très ludique. On retrouve ça aujourd’hui avec la DS, et je crois que ça participe de son succès. 120 millions C’est le nombre de Game Boy vendues, depuis le lancement en 1989, tous modèles confondus. ques. Shigeru Miyamoto, directeur artistique de la firme nippone, donnera corps à cet univers. Il est le père de Donkey Kong, Mario et Zelda. NINTENDO SAUVÉ PAR LA GAME BOY Au début des années quatre-vingt-dix, la suprématie de Nintendo sur le marché vidéoludique est mise à mal par Sega, mais c’est un nouveau venu sur le marché qui change la donne. La Playstation de Sony, sortie en 1995 en Europe, rencontre un immense succès auprès des adolescents et jeunes adultes, mettant à mal les pionniers du secteur. Sega, éternel rival de Nintendo, ne s’en re- Nintendo est toujours très basé sur le plaisir de jouer, et c’est déjà ce qu’ils faisaient à l’époque. CE MOUVEMENT SIGNIFIE-T-IL QUE LA TECHNOLOGIE NE FAIT PAS TOUT ? Exactement. Beaucoup de joueurs considèrent que l’époque des premières consoles Nintendo et Sega était l’âge d’or des jeux vidéo. www.retrogame-shop.com N. TAVERNIER/REA
DR DR www.directsoir.net lèvera pas. Face à cette déferlante, c’est la Game Boy qui permet à Nintendo de survivre, une nouvelle fois grâce à un jeu : les Pokemons. Les enfants se passionnent pour ces petits monstres, qu’il faut entraîner afin qu’ils affrontent les Pokemons de l’adversaire. Une nouvelle fois, avec ce jeu à mi-chemin entre un jeu de combat et un tamagochi, Nintendo bouscule les conventions du genre. Les ventes de la petite console repartent à la hausse. Aujourd’hui, avec ses cent vingt millions d’exemplaires vendus, ce petit boîtier tout simple est la console de jeux la plus vendue de l’histoire, devançant même la VENTES DE CONSOLES EN FRANCE (1 ER TRIMESTRE 2007) 260000 195000 130000 65000 0 260 000 DS 144 000 Wii 92 000 PS2 Playstation de Sony. La DS, nouvelle console portable de Nintendo sortie en 2005 en Europe, assure la relève de la Game Boy. Avec son stylet et son écran tactile, elle révolutionne une nouvelle fois les modes de jeu. Nintendo reste fidèle à sa tradition. La DS est technologiquement moins performante que la PSP de Sony, sa concurrente, mais elle est aussi moins chère, et développe de nouvelles façons de jouer, ce qui attire de nouveaux publics. A dixhuit ans, la Game Boy, aînée de la famille portable chez Nintendo, peut tranquillement tirer sa révérence, satisfaite des services rendus. 90 000 PSP 81 000 PS3 43 000 X360 ■ Les deux consoles de Nintendo, la Wii et la DS, occupent les deux premières places de ce classement. La firme de Kyoto est donc en passe de réussir son pari. En misant non pas sur la technologie, mais sur les modes de jeu, Nintendo parvient à séduire de nouveaux publics. C’est d’ailleurs la DS qui tire la croissance du secteur. Plus de 40 millions de DS ont été vendues depuis sa sortie fin 2004. ■ Derrière, les divers modèles de Playstation maintiennent Sony en tête des constructeurs de consoles de salon. ■ Mais la Wii fait un véritable carton, et Nintendo peine même à approvisionner ses réseaux de distribution. A l’échelle mondiale, les tendances sont similaires à celles du marché français. H. HILAIRE/HAPPYSHOOTING DS La relève ■ Sortie en 2004 au Japon et en 2005 en Europe, la DS prend la suite du Game Boy. Grâce à l’écran tactile, Nintendo crée de nouvelles manières de jouer. Avec des jeux de stimulation intellectuelle comme le « programme d’entraînement cérébral du Dr Kawashima », Shigeru Miyamoto se tourne vers les non-joueurs comme les filles et les adultes. Pouvant utiliser les cartouches de jeu Game Boy Advance, la DS ne renie pas pour autant son illustre aînée. Elle en prend dignement la suite, puisqu’en 2005, elle fut la console la plus vendue sur le marché français, devançant la Playstation 2 de Sony. PSP La concurrente Une véritable console de salon miniature. ■ Dans les années quatre-vingt, Nintendo souhaite développer une console sur support CD, mais rencontre des difficultés techniques. L’entreprise décide de s’allier avec son compatriote Sony pour mettre au point la technologie. Mais Sony décide de développer parallèlement sa propre console. Nintendo se sent floué, et décide de rompre l’association. En juin 1989, lors du Consumer electronics Association (CES) de Las Vegas, ■ Retro-gaming. Derrière cet anglicisme un peu barbare, se cache un véritable phénomène de mode dans l’univers du jeu vidéo. Les retro-gamers sont ces amateurs de jeux vidéo qui préfèrent s’amuser avec d’anciens jeux. Qu’ils soient passéistes, collectionneurs, ou qu’ils trouvent les jeux modernes trop faciles, moins divertissants, ces nostalgiques sont de plus en plus nombreux, et donnent une seconde jeunesse aux jeux qui ont fait le succès des vieilles consoles comme la Game Boy. ECONOMIE 11 ACTEURS DU MARCHÉ ■ Au moment où Nintendo lance la DS, Sony met sur le marché la PSP, sa première console portable. Elle se situe sur un créneau radicalement différent des produits Nintendo. Très puissante, la PlayStation portable est une console de salon miniaturisée. Le public et l’engouement sont ainsi les mêmes pour la PSP que pour le modèle de salon. La sortie d’une nouvelle Playstation, savamment orchestrée par Sony, est toujours un événement. Lors du lancement de la PSP en France en septembre 2005, plus de 100 000 exemplaires ont été écoulés en seulement quatre jours, soit deux fois plus que pour la PS2. PLAYSTATION Un acte manqué La DS a séduit de nouveaux publics. le grand raout annuel du jeu vidéo, Nintendo devait annoncer le lancement prochain de sa console CD. C’est en fait, à la surprise des professionnels, la fin de la collaboration entre Sony et Nintendo qui a été annoncée. Six ans plus tard, Sony sortira sa console. L’arrivée de ce concurrent est vécue comme un coup bas chez Nintendo. L’entreprise saura rebondir, mais Sony est désormais solidement implanté sur le marché. NOSTALGIE Le retro-gaming Tetris et Pac-Man, des classiques « rétros ». DUO GAGNANT Yokoi-Miyamoto Shigeru Miyamoto. ■ Gunpei Yokoi l’ingénieur et Shigeru Miyamoto, le créateur, ont longtemps formé le tandem moteur de Nintendo. Grâce à l’association de leurs créativités respectives, la marque a su faire évoluer les modes de jeu. Dans les années quatrevingt, avec Donkey Kong, Miyamoto donne aux jeux portables Game&Watch imaginés par Yokoi l’univers ludique qui leur manquait. Par la suite, le génial concepteur enfantera Mario et Zelda, figures de proue des jeux Nintendo. En 1995, le Virtual Boy créé par Yokoi est un échec, et l’ingénieur démissionne. Il mourra deux ans plus tard dans un accident de voiture. Mais avec la Wii et sa manette révolutionnaire, la DS et son écran tactile, la capacité de Nintendo à renouveler l’univers vidéoludique est toujours bien vivante. DR -C. KARNOW/COSMOS DR



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