Direct Soir n°139 5 avr 2007
Direct Soir n°139 5 avr 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°139 de 5 avr 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Nicolas Sarkozy s'engage pour la culture

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir t Jeudi 5 avril 2007 6 ACTU EN COUVERTURE NICOLAS SARKOZY/ « Démocratiser la culture » Depuis le début de la campagne, le thème de la culture n’a pas souvent été abordé. Hier, Nicolas Sarkozy a voulu exposer sa vision devant un parterre de professionnels. Le Showcase, boîte de nuit parisienne nichée sous le pont Alexandre III, tranche nettement avec les grandes salles où Nicolas Sarkozy a l’habitude de tenir ses meetings. Il est vrai qu’hier, c’est au monde de la culture que s’adressait le candidat de l’UMP. L’audience était au rendez-vous, car l’événement était de taille. Jusqu’alors, le mot « culture » semblait un peu ignoré dans la course à la présidence. L’ancien locataire de la place Beauvau avait des choses à dire sur ce thème. Une heure durant, il a exposé son « engagement pour la culture », décliné selon cinq principaux axes : la diversité culturelle, la valorisation du patrimoine, la promotion de l’art dans les quartiers, la rencontre entre culture et nouvelles technologies et l’enseignement artistique. Persuadé que les crises sociale et culturelle sont liées, Nicolas Sarkozy fait de ce dernier point sa priorité. Démocratiser la culture, ce n’est pas seulement faciliter l’accès aux œuvres, mais aussi à la création. Pour atteindre ces objectifs, il prône « un politique de l’effort, du travail, dans le domaine culturel comme dans les autres ». Ainsi, s’il ne compte pas remettre en cause le régime d’indemnisation des intermittents, il a réaffirmé son idée de les voir enseigner les arts Ce qu’ils en ont pensé « Que Sarkozy soit un homme populaire et un homme de culture, ça me va très bien. […] Culture et populaire sont deux mots qui vont très bien ensemble. Pour moi, la culture, c’est populaire. La culture, c’est donner au maximum d’entre nous du plaisir, des thèmes de réflexion […]. Quand la culture devient élitiste, elle a perdu son pari ». T. CAMUS/ABACAPRESS JEAN-BAPTISTE WERNER F. MORI/AP Elie Chouraqui, cinéaste Hier, dans une boîte de nuit parisienne, Nicolas Sarkozy a décliné ses cinq axes pour la culture. pendant leurs phases d’inactivité. Et comme tout effort mérite rétribution, le candidat est resté ferme sur les droits d’auteur. S’il devient président de la République, « il n’y aura pas de licence globale ». Plus à l’aise lorsqu’il lâche ses notes, Nicolas Sarkozy a tenté de convaincre une audience moins acquise à sa cause qu’à l’accoutumée. Les professionnels de la culture nourrissent généralement les rangs des électeurs de gauche. Pour les rallier, il s’est posé en rassembleur, affirmant qu’il ne se sentait « pas le candidat de la droite contre la gauche ». Les principaux candidats à l’Elysée, de droite, de gauche et du centre, s’accordent à dire que la France connaît une crise de son modèle social, de son économie, de son identité, de sa place dans le monde et dans la mondialisation. Il n’est pas évident que, dans ces conditions, la culture soit déterminante dans les urnes les 22 avril et 6 mai prochains. Mais ce n’était pas une raison pour que la campagne l’oublie. Nicolas Sarkozy a su exposer ses idées, comme l’avait d’ailleurs fait Ségolène Royal le 26 mars dernier à Nantes devant un autre parterre d’artistes. Véronique Genest, comédienne « Il était temps que ça parle de culture, un peu », a confié l’actrice, soulagée par la fin de ce silence, et séduite par certaines propositions de Nicolas Sarkozy. « Moi, la culture au niveau des écoles et des universités, c’est ce qui m’intéresse le plus ». Elle reconnaît que le monde culturel est fortement traversé par le clivage droite/gauche : « Il est très difficile de dire qu’on ne va pas voter pour Ségolène Royal quand on est un artiste ». SEBA/VISUAL PRESS VIM/ABACAPRESS C’est dit La culture, une affaire présidentielle « La place et le contenu de la politique culturelle ont toujours été directement liés à l’engagement personnel du président de la République. » Macha Béranger, animatrice radio La « reine de la nuit » a apprécié la prise de position de Nicolas Sarkozy sur le téléchargement : « Il ne faut pas abandonner le droit d’auteur ». Mais c’est surtout par l’homme qu’elle a été séduite : « Il a donné son point de vue personnel, c’est ce que j’aime. Il n’a pas fait un numéro de candidat. Mais j’étais convaincue d’avance, je suis sous son charme. »
R. PRATTA/REUTERS www.directsoir.net PRÉSIDENTIELLE/Les jeunes et la santé pour Royal h Après les vifs échanges de mardi soir, la candidate socialiste s’est recentrée hier, sur ses thèmes de campagnes. A l’attaque de Valérie Pécresse, porte-parole de l’UMP lui conseillant de ne pas « perdre son calme et sa sérénité », Ségolène Royal a laissé le soin à François Hollande de rendre le coup. Ce dernier a accusé Nicolas Sarkozy d’avoir fait de la surenchère verbale pour masquer son bilan. Hier, Ségolène Royal a axé ses déclarations sur la santé et les jeunes. Des jeunes à qui la candidate PS déclarait en début de journée vouloir rendre leur place. « Je veux construire une France qui leur fait Ségolène Royal. h Le candidat centriste a décidé de montrer un visage serein. La polémique entre Sarkozy et Royal ? « Tout cela ne ressemble pas à ce que doit être une campagne présidentielle », a-t-il déclaré hier à Blois. Celui qui se veut le champion d’une « république apaisante » tenait un meeting devant 2000 à 3000 personnes. Le Pen au deuxième tour ? Selon lui, les électeurs se sont aperçus « que l’extrême droite ne fait que renforcer le système en place ». Or, pour le 22 avril, François Bayrou promet « un vote de contestation constructive, positive ». Sa mauvaise passe dans les sondages, le président de l’UDF la relativise aussi. Interrogé hier sur i-Télé, il a redit sa défiance des enquêtes d’opinion faites « par téléphone (qui) ne touchent que les postes fixes. Les 35% (de Français) qui ont un portable et pas de postes fixes sont les jeunes, les gens de banlieue ». Quant au refus de Nicolas Sarkozy concernant un débat à quatre avec Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen, diffusé sur Internet : « Je n’ai pas compris », avoue François Bayrou. Selon lui, le candidat UMP et sa rivale PS cherchent à créer « une bipolarisation » afin d’exclure les autres prétendants. Ce qui ne l’empêche pas d’essuyer les critiques de ses rivaux. Il « se prétend exploitant agricole alors qu’il fait de la politique à plein-temps », a attaqué Ségolène confiance (…). La France doit se relever avec eux et pour eux. » Dans l’après-midi, lors d’un discours à l’école d’infirmières de Lyon, Ségolène Royal a dénoncé la proposition de Nicolas Sarkozy d’instaurer des franchises médicales. Ces déremboursements généralisés représentent pour elle la « première étape de la privatisation de la Sécurité sociale ». La candidate PS assurait par ailleurs que la France n’est pas condamnée à cette santé à plusieurs vitesses qui « semble gagner du terrain », affirmant « qu’une société se juge à la manière dont elle prend soin de tous ». Ségolène Royal a dénoncé dans le même élan « la mécanique de privatisation du service public hospitalier pour se déclarer en faveur d’un contrat social fort ». En meeting à Bordeaux, la candidate PS a livré sa solution pour attirer les praticiens libéraux vers les hôpitaux, et s’est dite prête à une réflexion sur les salaires, dénonçant au passage qu’un médecin puisse être payé trois à quatre fois plus dans le privé que dans le public, « sans obligation de faire des gardes » et « avec la possibilité de sélectionner ses patients ». Bayrou reste serein BENJAMIN FRANÇOIS,DAVID LEFORT,MARION SOUZEAU François Bayrou. Royal dans une vidéo diffusée hier le site internet du journal Sud-Ouest. Interrogé sur RTL au sujet de l’indemnité des députés, Patrick Ollier a accusé le candidat centriste de « démagogie ». « Quand on est dans les privilèges, on ne se rend pas compte du choc que fait l’exercice de ces privilèges sur la population », a répondu François Bayrou sur le plateau d’i-Télé. Quant à son « programme d’action », qu’il développe depuis quelques jours, il a apporté quelques précisions : création d’un gouvernement d’ouverture nationale, exonération de charges sociales pendant cinq ans pour les entreprises qui créent deux emplois, recours au référendum pour la réforme des retraites… De Jean Peyrelevade à Azouz Begag en passant par Corinne Lepage, François Bayrou a tenu à rassurer sur sa capacité à rassembler, à gauche comme à droite, à seize jours du premier tour de l’élection présidentielle. G. BASSIGNAC/GAMMA FRANCE Petites phrases entre candidats h Ségolène Royal avait pourtant promis qu’on ne l’y prendrait pas. « Vous n’entendrez de moi aucune attaque personnelle », assurait-elle en janvier, lors de ses « vœux aux Français ». Mardi soir, patatras. Les bonnes résolutions de la candidate socialiste n’ont pas résisté à une déclaration du candidat UMP qui l’accusait de l’avoir traité d’« ignoble ». « Monsieur Sarkozy a menti et un menteur est-il apte à devenir président de la République ? », lâche-t-elle alors sur le plateau de Canal+. A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, les prétendants à la magistrature suprême n’hésitent plus à s’échanger, par médias interposés, des noms d’oiseaux. Doit-on y voir le signe que le ton de la campagne se durcit ? « C’est le volume sonore qui augmente et qui rend inaudible le discours politique », nuance Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion publique de l’Ifop. Selon lui, les petites querelles entre personnes n’intéressent pas les citoyens et ne laissent pas d’empreinte durable. « Cela ne surprend plus personne », estime-t-il. Loin d’influencer leur vote, les électeurs ne prêteraient qu’une oreille distraite à ces fameuses « petites phrases ». « Au pire, cela peut se retourner ACTU contre celui qui les prononce. » Lors de la dernière campagne présidentielle, en 2002, Lionel Jospin avait tenu ces propos malheureux sur son rival Jacques Chirac : « Il est fatigué, vieilli, victime d’une certaine usure dans l’exercice du pouvoir ». « Beaucoup ont trouvé que ce n’était pas très fair-play », analyse Jérôme Fourquet. Lors des précédentes élections présidentielles les débats entre candidats ont souvent été l’occasion de « bons mots » ou « formules qui ont fait mouche ». Le fameux « Vous n’avez pas le monopole du cœur » lancé par Valéry Giscard d’Estaing à François Mitterrand, en 1974, est resté dans les mémoires. Ou, de même, ce dernier l’accusant, sept ans plus tard, d’être « l’homme du passif ». « Il s’agissait alors de joutes verbales.Aux yeux des téléspectateurs, celui qui avait eu la meilleure répartie sortait vainqueur du match. » A l’heure où ces débats télévisés sont réclamés par un nombre croissant de citoyens, relayés par certains candidats, on peut se demander si les prétendants réfractaires n’y voient pas le risque de perdre des voix. « Les attaques personnelles ne répondent pas aux attentes des Français, tranche Jérôme Fourquet. Ils veulent des échanges de qualité et surtout des propositions concrètes. »



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