Direct Soir n°130 23 mar 2007
Direct Soir n°130 23 mar 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°130 de 23 mar 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Ségolène Royal fait vibrer « la Marseillaise »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir t Vendredi 23 mars 2007 4 EXCLUSIVITÉ ENKI BILAL Dans sa bulle A 9 ans, Enki Bilal jouait pour les besoins d’un film le rôle d’un petit garçon dessinant à la craie sur les trottoirs. A 55 ans, il publie le nouveau volet de sa trilogie, « Le sommeil du monstre » *. Comment est née cette trilogie ? Ce sont les événements liés à l’éclatement de l’ex-Yougoslavie qui m’ont incité à écrire cette trilogie. Je ne voulais pas un album ponctuel sur cette guerre. C’est pour cela que j’ai choisi un regard du futur. Un personnage d’une trentaine d’années qui tout à coup se souvient. Cette mémoire est le fil conducteur du cycle. Il a commencé dans la douleur, dans la violence, d’une profonde déception humaniste. Puis, j’ai eu envie de sauver mes personnages et de leur donner cette force d’échapper à leur destin. Vous sentez-vous dépossédé de vos personnages après ce point final ? A la fin de La trilogie Nikopol, j’étais très mélancolique car les personnages de Nikopol et Jill se séparent sur une forme d’échec, ils se sont ratés. Là, c’est différent car Nike, Leyla et Amir ne se sont pas perdus mais retrouvés. L’ouverture me permet d’être serein et puis cela me donne la possibilité dans cinq ou six ans de refaire un tour avec eux. Comment définir votre travail ? L’acte de création procure une certaine plénitude. Le rôle de l’artiste est de devancer les évé- nements. J’ai toujours considéré que l’engagement artistique était important, notamment en laissant filtrer mes sentiments. Ma démarche n’est pas celle de quelqu’un qui gère sa carrière, qui flatte un air du temps ou une mode. Elle dépasse le cadre national, peut-être parce que je suis né ailleurs et que je voyage beaucoup. L’idée d’enracinement m’apparaît dangereuse. Finalement, j’ai l’impression de parler des choses qui me font peur, je prends position sur la montée du religieux au niveau planétaire ou encore la peur de l’obscurantisme. J’ai la chance de pouvoir jouer avec mes obsessions. Il faut que l’artiste soit visionnaire. Vous faites dire au personnage de Warhole : « La matière des créateurs est souvent accidentelle ». Est ce le cas de votre propre parcours ? Oui, et je le revendique. Chaque œuvre a sa part d’accident, ne serait-ce qu’au moment où elle est faite. Une œuvre abordée par un jour de pluie ou de grand soleil, et votre perception est modifiée. Il y a donc une part d’accident. Quel artiste ne s’est pas dit un jour : « Comment en suis-je arrivé là ? » Il y a quelque chose qui s’est produit. Mon engagement artistique n’est pas celui de quelqu’un qui gère sa carrière Repères A. BENAINOUS/GAMMA PROD DB CIBY 2000/DR J. DOMINE/GAMMA Vous êtes aussi cinéaste. Y a-t-ilune complémentarité entre la BD et le cinéma ? La complémentarité existe car j’ai conçu ces univers par le graphisme. Je joue avec la même matière en essayant de l’adapter avec des outils et des moyens d’expression différents. Le cinéma m’a fait évoluer dans mon rapport à la bande dessinée et curieusement, réaliser des films m’éloigne de la BD traditionnelle. Je n’éprouve plus le besoin de surdécouper mes dessins. En créant des films, mes albums s’approchent plus du roman. Cela joue sur mon choix des images et leur rapport au texte. J’ai l’impression de porter la même casquette mais ce sont les outils qui changent. Dans le cinéma et le dessin, je cherche quelque chose. C’est peut-être cela la quête de l’infini et par là même de l’art. DR En 1987, vous obtenez le grand prix du Festival d’Angoulême. Une consécration ? Je ne cours pas après les « trucs », et en même temps, ce fut une libération. Peut-être que cela m’a donné plus de liberté dans mon travail. Souvent membre du jury d’Angoulême, je me rends compte que c’est d’une extrême cruauté. Vous vous tournez à présent vers l’art contemporain, est-ce une suite logique à votre travail de dessinateur ? Oui. J’ai décidé de vendre certains de mes tableaux, ce qui me fait entrer sur le marché de l’art contemporain. Mais j’ai toujours considéré que la bande dessinée en faisait partie. Et puis vendre, ce n’est pas se déposséder. Je ne vis pas avec ces images au mur, elles sont imprégnées en moi. * Le sommeil du monstre, Quatre ? - Dernier acte, tome 4, Casterman, 14 €. Le marché de l’art Le cinéma La bande dessinée Enki Bilal expose depuis plusieurs années ses œuvres à l’international. Du 22 au 27 mars, l’artiste présente un panel de ses peintures à l’occasion du 27 e Salon du livre. Il mettra aux enchères 32 tableaux, le 24 mars, à 14h, à la galerie Artcurial. PROPOS RECUEILLIS PAR AMÉLIE FOUCAULT PROFIL Né à Belgrade en 1951, Enki Bilal arrive en France à l’âge de dix ans. En 1972, il publie son premier ouvrage, Le bol maudit. S’ensuivent un cycle d’albums politiques puis La trilogie Nikopol, début d’une longue série. Cinéaste, Enki Bilal a réalisé trois films. Considéré comme l’un des plus grands dessinateurs du monde de la BD, son art n’est pas linéaire. Il prend des risques dans sa création et aime sortir des canevas traditionnels. En 1989, Enki Bilal réalise son premier film, Bunker Palace Hotel, avec Jean-Louis Trintignant et Carole Bouquet. Expérience rééditée en 1997 avec Tykho Moon puis Immortel en 2004. « Le cinéma a toujours été un stimulant, une passion. Il est un écho à mon travail de dessinateur et inversement. » Enki Bilal vient de signer le dernier volume de sa trilogie, Le sommeil du monstre. « Cet album est lié à un besoin d’espoir. Il est donc plus intimiste, plus proche des sentiments humains, plus positif aussi. J’y ai mis beaucoup de moi. »
LE DIVERTISSEMENT DE LA 8 Tous les vendredis en direct à 22h15 1h30 de rires, de parodies et de sketches où des célébrités viennent en aide à 2 candidats sélectionnés parmi le public. Un jeu complètement déjanté ! LA NOUVELLE GRANDE CHAÎNE GÉNÉRALISTE Alexandre Carré et François Barré reçoivent ce soir Christian Karembeu pour sa marque de vêtements Kenza Braiga qui écrit un livre sur les relations mères-filles Manu Payet pour son one-man show au Splendid à Paris Stéphanie Bataille en tournée avec son one-woman show « Les Hommes » et au théâtre Michel à Paris pour « Les monologues du vagin » *Direct8 est accessible gratuitement via la TNT (canal 8), le satellite (CanalSat - canal 38 - CanalSat Horizon, canal 16), le câble (Noos UPC France/Numéricâble - canal 28), l’ADSL (canal 8), la téléphonie 3G et sur Internet (www.direct8.fr). MERIA/O.G./DIRECT8



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