Direct Soir n°112 16 fév 2007
Direct Soir n°112 16 fév 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°112 de 16 fév 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Nouvel an chinois un peuple en fête

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir t Vendredi 16 février 2007 4 EXCLUSIVITÉ INTERVIEW PIERRE MOSCOVICI Europe : l’oubliée de la campagne Spécialiste des questions européennes du Parti socialiste, l’eurodéputé considère que l’on ne parle pas assez de l’Europe. L’Europe politique est-elle morte ? J’ai une inquiétude, celle que l’Europe soit écartée des débats de la campagne. C’est pourtant la tâche la plus importante qui attendra le nouveau Président. Moins d’un mois après l’élection, c’est la France qui reprendra la présidence de l’Union européenne à la suite de l’Allemagne. Nous devrons reprendre la question constitutionnelle. Cela ne s’improvise pas. J’ai envie que les candidats disent aux Français ce qu’ils feront. L’Allemagne est-elle la clef de l’Europe de demain ? Avec le référendum, les Français se sont sentis un peu déclassés. Au fur et à mesure des élargissements, Berlin, la capitale géographique, devient la capitale symbolique, les Français ont pu avoir le sentiment d’être délaissés.Cela explique la montée de l’Allemagne. Mais le couple franco-allemand est central. Une page s’est-elle tournée avec le sommet de Madrid du 27 janvier dernier réunissant les 18 pays signataires du traité constitutionnel ? C’est la première réunion européenne depuis 50 ans où la France n’était pas présente. Imaginer que l’Europe puisse se faire sans la France est absurde. Il y a de la naïveté à imaginer que l’Europe puisse se faire sans les Français. Pourquoi les Français semblent-ils si détachés des préoccupations européennes ? Je n’imagine pas que l’absence de Paris à un sommet européen aurait pu se produire quand le Général de Gaulle, Giscard ou Mitterrand étaient au pouvoir.La France doit redevenir un pays proeuropéen. Faut-il faire les « Etats-Unis d’Europe » ? C’est une idée qui me tient à cœur, car je suis fédéraliste. Mais je suis aussi réaliste. Malheureusement, les Français ne me suivent pas sur ce terrain : si l’on oppose l’Europe et l’identité nationale, alors on ne parviendra pas à les réconcilier. Jacques Delors avait une formule aussi merveilleuse qu’incompréhensible,il entrevoyait une « fédération d’Etats-nations ». Jacques Chirac est-il un président anti-européen ? Jacques Chirac n’est ni anti, ni proeuropéen, il est a-européen. Il a dirigé une formation, le RPR, qui n’était pas très europhile, puis il a changé Il y a de la naïveté à imaginer que l’Europe puisse se faire sans les Français Repères J. F. DEROUBAIX/GAMMA R. DELALANDE/JDD/GAMMA DR au moment du traité de Maastricht. Il a ensuite pris une série de décisions plutôt pro-européennes : l’élargissement, le traité d’Amsterdam, le traité de Nice, la Constitution européenne, mais il n’y a jamais mis son cœur. L’échec du référendum, c’est en partie le sien. Il n’a pas su dire aux Français : « Voilà l’Europe que j’aime. » En matière d’Europe, son quinquennat s’est arrêté le 29 mai 2005. L’Europe peut-elle indéfiniment s’élargir ? L’élargissement a changé la nature de l’Europe. A 27, ce n’est pas la même chose qu’à 6 du temps de l’Europe de papa. Pour moi, nous pouvons aller jusque 35, avec les Balkans et puis la Turquie. L’élargissement dilue l’Europe autant qu’il la renforce. Nous sommes une puissance continentale à l’échelle du monde. P.OTHONIEL/JDD/GAMMA Si nous voulons bâtir un monde multipolaire, nous avons besoin d’une Europe forte et vaste. Nous vivons une aventure extraordinaire, et l’élargissement pour moi est une chance. Je suis content qu’il y ait des Polonais, des Tchèques dans l’Europe, même si nous ne sommes pas nombreux à penser cela. Je suis très fier d’avoir participé à cet élargissement. N’est-il pas trop tard pour la Turquie ? Peut-être. Mais je n’ai pas envie que la Turquie se trouve renvoyée dans la banlieue de l’Europe. La méthode Ségolène Royal peut-elle faire oublier l’échec de Lionel Jospin ? Lors des primaires du PS, j’ai choisi Dominique Strauss-Kahn.La « social-démocratie » est davantage ma culture que la « démocratie participative ». Je suis prof, fils de prof, j’aime être derrière une tribune à raconter une histoire à des gens qui m’écoutent.Au début, j’ai participé à ces débats participatifs avec scepticisme, et puis la parole s’est libérée. Contrairement aux réunions de partis, d’innombrables questions nouvelles sur les problèmes de chacun se sont posées. Le piège, c’est qu’on ne peut pas y répondre individuellement. UE : quelle Constitution ? À propos de Sarkozy Ses idées sur l’Europe « Le texte soumis aux Français le 29 mai 2005 n’existe plus. Les Français ont voté non. Je le regrette. Mais il n’est pas mort, car on va faire quelque chose de différent à partir de cette base. Il ne faut pas s’imaginer que l’on va inventer un texte complètement nouveau, ce n’est pas possible. » PROPOS RECUEILLIS PAR BORIS EHRGOTT ET CAROLINE ITHURBIDE AVEC XAVIER PLASSON PROFIL 16 septembre 1957. Pierre Moscovici naît d’un père roumain et d’une mère polonaise installés en France. 1982/1984. Elève de l’ENA, il suit les cours de DSK. En 1984, il quitte la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) d’Alain Krivine pour le Parti socialiste. 1997/2002. Lionel Jospin le nomme ministre délégué chargé des Affaires européennes. Depuis 1994. Eurodéputé et vice-président du Parlement de Strasbourg. Depuis 2004. Il préside le Mouvement européen-France. « Son idée de repartir d’un texte a minima offre un pragmatisme intéressant : un texte concret qui permettrait le rapprochement de tous. Mais cette approche valide celle des pays les plus eurosceptiques. Si l’on démarre sur le principe d’un traité peu exigeant, en pratique il sera tiré vers le bas ». « Je souhaite partir de la substance du traité actuel et y ajouter un peu de social, comme le SMIC pour chaque Européen, une politique énergétique, une politique environnementale… Mais la base doit être économique. La Banque centrale a besoin d’un vrai interlocuteur. »
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