CNews n°2385 15 mar 2019
CNews n°2385 15 mar 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2385 de 15 mar 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : grand débat, l'heure du bilan.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 CHAMUSSY/SIPA GRAND ANGLE N°2385 VENDREDI 15 MARS 2019 CNEWS.FR LA GRANDE CONSULTATION LANCÉE PAR L’ÉLYSÉE S’ACHÈVE AUJOURD’HUI DES DÉBATS À TRANCHER Emmanuel Macron est allé sur le terrain, à la rencontre des citoyens, en participant à une dizaine d’assemblées. Après deux mois de concertations sans accroc, les Français attendent désormais de vrais changements. Après le dialogue, place au bilan. Le grand débat national, lancé sur l’ensemble du territoire par Emmanuel Macron à la mi-janvier en réponse à la crise des gilets jaunes, prend officiellement fin aujour d’hui. Bien que critiqué, l’exercice, historiquement inédit à l’échelle du pays, a eu le mérite de remettre les revendications sociales et le renouveau démocratique au cœur des préoccupations. L’occasion, pour les citoyens, d’ajouter leur pierre à l’édifice national. Des réunions en nombre Optimiste, le gouvernement se félicite du succès de l’opération. « On regarde désor mais le grand débat comme une spécificité française », abonde le Premier ministre, Edouard Philippe. Au total, plus de 1,4 million de contributions ont été recensées sur le site, soit en moyenne quatre par répondant, et au moins 400 000 personnes ont participé aux 10 300 réunions organisées sur le terrain (mairies, gymnases, prisons…). Sans compter les 16 000 cahiers de doléances déposés par les mairies. Et, si le sud du pays s‘est davantage mobilisé, aucune région n’a été oubliée. Parmi les sujets mis sur table  : la justice fiscale, le maintien des services publics, le retour de l’ISF, ou encore l’écologie, mais aussi des thèmes moins attendus, comme les inégalités salariales, l’immigration, l’accès aux soins, la lutte contre la spéculation… Requête pourtant phare des gilets jaunes, le référendum d’initiative citoyenne (RIC) a été moins priorisé que prévu. Côté politique, LREM a elle-même émis des pistes de réflexion, dont la réindexation des retraites sur l’inflation et la prise en compte du vote blanc. Soucieux de montrer qu’il n’était pas « déconnecté », Emmanuel Macron a participé à une dizaine d’assemblées, en présence de maires et de particuliers. Un tour de France qu’il va poursuivre prochainement, notamment en Corse et en Bretagne. En outre, des conférences citoyennes sont lancées aujourd’hui en régions  : des centaines de Français, tirés au sort et représentatifs, vont délibérer lors d’ateliers participatifs avant de remettre leur diagnostic à l’Etat. « Ce débat est une victoire pour les gilets jaunes, qui ont réussi à imposer un dialogue sur des sujets épineux, mais surtout pour l’exécutif, qui a pu en encadrer les thèmes et conforter son assise électorale dans les territoires », estime le politologue Philippe Moreau Chevrolet. Attendu au tournant, le gouvernement se donne un mois pour trancher, précisant que des mesures seront dévoilées au compte-gouttes « jusqu’à l’été ». Une population sceptique Reste à savoir si les propositions séduiront. Car le débat est critiqué depuis ses débuts, qualifié aussi bien d’« enfumage » que de « manœuvre » en vue des européennes. Désignés par l’Etat, les garants du débat ont eux-mêmes déploré, cette semaine, les interventions répétées du président, qui ont permis de relancer sa popularité. L’opinion se dit aussi sceptique  : deux tiers des Français pensent I. HARSIN/SIPA REPÈRES LES GILETS JAUNES TOUJOURS LÀ 27 NOVEMBRE 2018. L’Elysée annonce une « grande concertation de terrain » pour répondre aux gilets jaunes, mobilisés depuis dix jours. 12 DÉCEMBRE. Le gouvernement retient quatre thèmes pour le débat  : transition écologique, fiscalité, organisation de l’Etat et citoyenneté. 13 JANVIER 2019. Dans une « lettre aux Français », Emmanuel Macron appelle à participer à la consultation, mais trace des lignes rouges, comme la suppression de l’ISF. 15 JANVIER. Le président donne le coup d’envoi des discussions, avec un échange-marathon devant 600 maires normands, dans l’Eure. 18 MARS. Ouvert à la mi-janvier, le site hébergeant les contributions des Français sera fermé, en vue d’analyser l’ensemble des réponses. que ce grand débat ne permettra pas dee sortir de la crise (70%), et que l’exécutiff ne tiendra pas compte de leurs contri-butions (63%), selon un sondage Elabe.. Pour Philippe Moreau Chevrolet, « lee mouvement des gilets jaunes a été unnavertissement. Si Emmanuel Macron n’en tire aucune leçon et ne fait pass d’actes forts, le risque est d’aboutir à unee crise encore plus grave ». n L’INFO EN PLUS Le débat le plus éloigné géographiquement a été organisé à Nouméa (Nouvelle-Calédonie). Soit à plus de 16 000 km de la métropole. Ils l’espèrent décisif. Pour leur acte XVIII, prévu demain, les gilets jaunes veulent rassembler « la France entière à Paris », pour lancer un « ultimatum » au gouvernement, après un acte XVII marqué par une mobilisation en forte baisse. Au vu des déclarations des leaders du mouvement (Maxime Nicolle, Eric Drouet, Priscillia Ludosky…), des violences pourraient éclater. « Le 16, il va se passer ce qu’il va se passer. J’en n’ai plus rien à foutre. [Je ne dirai plus] aux gens  : « Restez calmes » », a notamment déclaré Maxime Nicolle.
CNEWS.FR N°2385 VENDREDI 15 MARS 2019 7 SÉBASTIEN LECORNU, MINISTRE EN CHARGE DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES « LES RÉPONSES SERONT PRÉCISES » En première ligne. Coanimateur, avec la secrétaire d’Etat à la Transition écolo- Emmanuelle Wargon, du grand gique débat national, Sébastien Lecornu a suivi de près le déroulé des échanges durant deux mois. Une opération à grande échelle qui, pour le ministre chargé des Collectivités territoriales, a été une réus- et permettra de répondre aux reven- site dications de la population. La participation au débat a-t-elle été suffisante, selon vous ? Pour une première, c’est significatif. Jamais un tel débat n’avait été organisé à l’échelle du pays, donc il n’y a pas de référentiel. Et, dès lors, aucune raison de semer le doute sur la participation. Ce que je constate, c’est que 16 000 cahiers de doléances ont été installés dans les mairies, ce qui représente près d’une mairie sur deux. Et ce, alors que l’oppo- prédisait que les élus locaux ne sition joueraient pas le jeu. En outre, la carte des réunions locales montre que tout le territoire s’est mobilisé, pas seulement les régions les plus riches ou les indivi- les plus dus politisés. GRAND ANGLE Le membre du gouvernement met en avant l’utilité d’une telle concertation. Les contributions vont-elles vraiment se traduire en actes ? Personne n’a dit qu’il y aurait un changement de cap, mais personne ne songe un seul instant que l’on pourra continuer comme avant. Le président s’est engagé à bouger sur quatre thèmes (fiscalité, écologie, citoyenneté et organisation de l’Etat), mais d’autres, comme le pouvoir d’achat, l’emploi, l’éducation ou encore l’immigration, ont émergé. Une réponse politique précise sera apportée, avec des M BOUQUET/MINISTÈRE DE LA COHÉSION DES TERRITOIRES mesures concrètes, opérationnelles, des ajustements, voire des accélérations. Le gouvernement ayant déjà prévu de garder le cap, ne craignez-vous pas une grosse déception ? Difficile à dire, car nous commençons seulement le temps de l’analyse. Mais il n’y a pas de raison qu’il y ait de déception particulière  : nous cherchons à satisfaire tous les Français, pas seulement les gilets jaunes. Par exemple, on constate que chacun veut réussir la transition écologique, mais tous ne sont pas d’accord sur la manière d’y parvenir. Que répondez-vous à ceux qui reprochent au président de faire campagne pour les européennes ? Ceux qui l’accusaient d’utiliser le débat à des fins politiciennes lui reprochent aujourd’hui de ne pas aller assez vite dans les réponses. Ils feraient mieux de proposer des solutions. D’autant que la crise des gilets jaunes concerne aussi l’opposition. Si ces citoyens s’étaient sentis représentés par le RN, LFI ou LR, ils auraient moins été sur les ronds-points. n



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