CNews n°2369 7 fév 2019
CNews n°2369 7 fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2369 de 7 fév 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : une main tendue à la jeunesse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 J. WITT/SIPA GRAND ANGLE N°2369 JEUDI 7 FÉVRIER 2019 CNEWS.FR UN DÉPLACEMENT STRATÉGIQUE D’EMMANUEL MACRON EN PROVINCE DES JEUNES À CONVAINCRE Le président sera accompagné de cinq ministres et secrétaires d’Etat pour la rencontre organisée en Bourgogne. Le chef de l’Etat s’adresse aujourd’hui à une génération qui boude le grand débat, mais aux nombreuses attentes. Une opération séduction. Emmanuel Macron, accompagné de cinq ministres et secrétaires d’Etat, se rend en Bourgogne aujourd’hui pour inciter les jeunes à participer au grand débat national, jusqu’ici boudé par cette génération. Une grande discussion avec 1000 d’entre eux (lycéens, étudiants, apprentis, élèves d’IUT, volontaires du service civique…) est notamment prévue dans la petite ville d’Etang-sur-Arroux (Saône-et-Loire). Le président, qui enchaîne les déplacements depuis mijanvier, va donc faire face à une population qui ne lui est pas acquise et qui a, jusqu’ici, été la principale absente des concertations. Un lien à retisser Depuis son élection, c’est avant tout par la forme qu’Emmanuel Macron s’est coupé d’une partie de la jeunesse. Et notamment avec quelques phrases maladroites. Comme lorsque, le 18 septembre dernier, il avait suggéré à un jeune chômeur de « traverser la rue » pour trouver du travail. Ces déclarations, couplées à des mesures polémiques, telles la réduction des aides au logement, la mise en place de Parcoursup ou la réforme de l’université, lui valent un certain désamour. S’ajoute à cela un désintérêt profond pour le grand débat national. Seuls 31% des 18-24 ans ont affirmé vouloir y participer, soit dix points de moins que le reste des Français, d’après un récent sondage Elabe. Un chiffre qui s’explique notamment par le choix des thèmes. « La justice fiscale ou la réforme de l’Etat ne leur parlent pas. Un thème comme l’engagement au quotidien pour réduire les inégalités aurait peut-être été plus suivi », explique Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof. Car si les jeunes s’engagent moins en politique, ils n’hésitent pas à le faire autrement. L’humanitaire ou la défense de l’environnement sont d’ailleurs très bien implantés, chez eux. Et dans d’autres domaines, ils n’hésitent pas à formuler des demandes concrètes, comme celles qui figurent sur la plate-forme destinée aux 15-25 ans, créée par un jeune de 17 ans. On peut par exemple y lire des propositions demandant une meilleure formation aux premiers secours, des aides pour ceux qui travaillent pendant leurs études ou encore de nouvelles actions en matière de laïcité dans les espaces publics. Des sujets sur lesquels l’exécutif reste muet, pour l’instant. Aujourd’hui, il devrait donc avant tout défendre les mesures qui ont déjà été enclenchées, comme le service national universel (SNU) ou le pass culture. Des visites en terrains minés La démarche s’inscrit au final dans une quête plus vaste visant à intéresser les franges du pays les moins enclines à participer au grand débat national. Après avoir visité des terres rurales d’Occitanie, Emmanuel Macron s’est rendu à Evry- Courcouronnes en début de semaine pour rencontrer les maires de banlieue, irrités par la mise au placard du rapport Borloo. « Il rencontre les catégories de UN CONTRE-DÉBAT PROPOSÉ CNEWS EN CHIFFRES 9,3 MILLIONS DE JEUNES âgés de 18 à 29 ans résidaient en France au 1er janvier 2016, d’après l’Insee. 21,3% DES ACTIFS de 15-24 ans étaient sans emploi fin 2018, contre 9,1% de la population active totale, selon les derniers chiffres de l’Insee. 8 JEUNES SUR 10 sont pessimistes pour l’avenir, selon un sondage OpinionWay, anticipant une hausse des écarts de richesse (87%) et du nombre de conflits (81%), ou encore une aggravation du climat (86%). 71% DES JEUNES (de 15 à 30 ans) se disent engagés, mais 52% considèrent que leur génération ne l’est pas, selon une étude CSA. 837,72 EUROS correspondent au coût mensuel moyen de la vie étudiante, selon un rapport du syndicat Unef, publié à la rentrée 2018. personnes avec lesquels les tensionss sont les plus aiguës », confirme Frédéricc Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.. Mais cela n’est pas uniquement symbo-lique. Il a par exemple promis un « grandd plan pour les petites associations » lundi en s’excusant d’avoir supprimé less contrats aidés, « une mesure qui a faitt souffrir », a-t-il admis. Reste à savoir sii cela sera suffisant. n L’INFO EN PLUS A la présidentielle de 2017, Macron est arrivé deuxième au premier tour chez les 18-24 ans, avec 22% des voix (derrière Mélenchon, 27%). Jugeant les thèmes du GDN trop éloignés des jeunes, Audran Demierre, 17 ans, a récemment lancé, sur une plate-forme en ligne destinée aux 15-25 ans, « le grand débat national des jeunes ». Au sommaire, un « grand formulaire » avec quatre thèmes  : démocratie, service national universel, éducation et transition écologique. Le lycéen d’Isère entend envoyer une synthèse de toutes les contributions à Gabriel Attal, secrétaire d’Etat à l’Education et la Jeunesse. « J’écoute toutes les initiatives portées par les jeunes, donc j’en prendrai connaissance », a promis ce dernier.
CNEWS.FR N°2369 JEUDI 7 FÉVRIER 2019 7 GABRIEL ATTAL, SECRÉTAIRE D’ÉTAT À L’ÉDUCATION NATIONALE ET LA JEUNESSE « UNE GÉNÉRATION CONCERNÉE » Il est en première ligne. Au gouver- depuis à peine quatre mois, le nement secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse, Gabriel Attal, accompagne aujourd’hui le chef de l’Etat pour son nouveau dé- en région, organisé dans le placement cadre du grand débat. En compagnie de son ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer, le benjamin du gouverne- 29 ans, a une belle occasion de ment, faire le pont entre les générations. Pourquoi les jeunes sont-ils peu mobilisés pour le grand débat ? Quand on est jeune, participer à une réunion avec des gens plus expérimen- peut être inhibant et, globalement, tés ils se mobilisent peu lors des élections. Le fait qu’ils vivent dans un environne- angoissant (chômage, pollution, ment terrorisme…) peut même décourager. Depuis des semaines, nous cherchons à faire connaître la plate-forme du grand débat. L’idée est d’assurer un cadre pour qu’ils puissent s’exprimer librement. Nous avons beaucoup travaillé avec les réseaux associatifs lycéens et étudiants pour organiser des consultations. GRAND ANGLE L’homme de 29 ans espère faire connaître la plate-forme du grand débat. Comment les inciter à s’investir davantage en politique ? Cela passe d’abord par l’enseignement moral et civique tout au long de la scolarité, mais aussi par d’autres initiatives, comme le service national universel, qui fera vivre les valeurs de la République, à la manière d’un rite de passage. L’envie de participation politique vient aussi avec l’intégration citoyenne, via l’emploi et l’engagement pour une cause. Notre pays a du mal à montrer J. SAGET/AFP aux jeunes qu’ils ont une utilité sociale. Pourtant, ils se sentent autant concernés que les autres par la transition écologique, les services publics ou la dette de la France. Voire davantage, car c’est d’abord leur avenir qui va en dépendre. Que répondez-vous à ceux qui reprochent à l’exécutif d’être trop éloigné de leurs préoccupations ? Ce qui compte, c’est ce que l’on fait, pour leur autonomie et leur émancipation. Nous serons jugés sur notre action, comme les 15 milliards d’euros investis sur la formation des jeunes, le pass culture, les transformations éducatives… Votre âge est-il un atout pour défendre la jeunesse ? Le contact se fait peut-être plus facilement, mais je ne prétends pas incarner la jeunesse au sein du gouvernement. La jeunesse est plurielle, diverse. En revanche, mon poste me confère une responsabilité particulière  : celle de montrer que les jeunes peuvent agir, avec un regard différent sur la société et une envie différente de faire. n



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