CNews n°1583 14 nov 2014
CNews n°1583 14 nov 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1583 de 14 nov 2014

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 42

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : le sommet s'ouvre demain à Brisbane, en Australie... un G20 capital.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 Editorial 6 N°1583 VENDREDI 14 NOVEMBRE 2014 WWW.DIRECTMATIN.FR 6 LA SEMAINE DE PHILIPPE LABRO ALEXANDRA DE CSABAY DU SON À BERCY, DE LA LUMIÈRE AU HAVRE Philippe Labro est écrivain, cinéaste et journaliste. Chaque vendredi, pour « Direct Matin », il commente ce qu’il a vu, vécu et observé pendant la semaine. Un bloc-notes subjectif et libre. JEUDI 6 NOVEMBRE Il est vingt heures et quelques lorsque je retrouve Johnny Hallyday dans sa loge, à Bercy, avant la deuxième représentation des « Vieilles canailles ». Il est détendu, fume beaucoup moins qu’avant (« J’ai réduit, je suis descendu à dix par jour, pas plus ») , a perdu du poids, (« Je fais de la salle, de la muscu tous les jours ») et évoque avec une voix douce le bonheur que lui procurent ses deux filles, et, naturellement, sa femme, Laeticia. Le calme règne autour de l’artiste. Mais quand, une quarantaine de minutes plus tard, il va, accompagné d’Eddy Mitchell et Jacques Dutronc, entamer un spectacle très au point, carré, terriblement bien construit, c’est un autre Hallyday qui s’exprime. La voix est puissante, elle monte au-dessus des vingt-cinq cuivres d’un excellent « big band » et quand il livre Le pénitencier ou Gabrielle, on a l’impression de voir un autre homme que celui, presque assagi, qui me recevait dans sa loge. Le travail accompli avec Eddy et Jacques relève d’un grand professionnalisme. C’est du solide, il y a beaucoup de rythme, les trois artistes ont l’intelligence d’enchaîner leurs vingt-trois tubes sans entracte, sans trop d’interruptions, c’est comme un long ruban sonore de chansons que tout le monde connaît et aime, et qui rappellent les innocentes années 1950, et 1960, avec quelques incursions en 1970. Mais il ne règne aucune nostalgie autour d’un trio complice, rodé, à l’aise, sachant très bien se distribuer les chansons. Des play-boys de chez Castel à la fille dont les yeux avaient une couleur menthe à l’eau, du rocker et des boogiewoogies à l’ode au quelque chose en nous de Tennessee, du noir qui est noir jusqu’à Paris qui s’éveille à cinq heures, c’est tout un paysage sonore, familier, talentueux, porteur de souvenirs, évocation d’images, réminiscences d’autres concerts ou de nuits sur la route quand Eddy Mitchell, Johnny Hallyday et Jacques Dutronc ont enflammé le POPB en mêlant leurs tubes sans nostalgie aucune. DR on part en tournée, mais cela ne sent jamais la naphtaline. A les voir, vêtus sobrement, se déplaçant avec leurs dégaines si différentes les unes des autres, le public (ils furent plus de 75 000 en l’espace de six soirées à guichets fermés) en redemanderait  : « s’il vous plaît, donnez-nous encore des tubes », du rock, de la mélodie, de la gravité aussi (j’ai redécouvert la voix de Dutronc, la densité de Mitchell). J’ai rarement vu et entendu, au niveau de la variété française, quelque chose d’aussi réussi et qui donne une apparence d’aisance, de décontraction, voire d’improvisation, alors que tout, en réalité, a été ordonnancé, organisé, répété et rodé. C’est la loi du spectacle  : il faut que ça ait l’air simple, alors que c’est compliqué, il faut que ça semble facile, alors que c’est une élaboration très difficile. DIMANCHE 9 NOVEMBRE Les hasards de mes déplacements font que, ce jour-là, j’ai la chance de passer un après-midi au musée André-Malraux, au Havre, pour le dernier jour de l’exposition des paysages dans l’œuvre de Nicolas de Staël. Plus de 100 000 visiteurs en l’espace de cinq mois, ce qui, selon les responsables, est un chiffre record pour ce beau musée qu’on appelle le MuMa. Les « cassé-bleu » de Staël, ses ciels, ses nuages, ses mers, les « lumières du Nord et lumière du Sud », de ce peintre français d’origine russe, qui mit fin à ses jours, à Antibes, à l’âge de 41 ans, arrêtent le regard et suscitent l’admiration. Une foule silencieuse, très diverse, réfléchie et fascinée par les verts, mauves, gris et bleus des formes, se meut, lentement, face à des tableaux d’une beauté inouïe. Staël disait  : « Ma peinture est fragile comme l’amour. » Philippe Labro Figures au bord de la mer, une huile sur toile de Nicolas de Staël, 1952. CLICHÉ WALTER KLEIN/ADAGP, PARIS 2014
L’œil de Slate.fr WWW.DIRECTMATIN.FR N°1583 VENDREDI 14 NOVEMBRE 2014 7 A. REAU/SIPA Jean-Marie Colombani, cofondateur et directeur de la publication du magazine en ligne Slate.fr, sélectionne, du mardi au vendredi, plusieurs sujets au centre de l’actualité. International, France, économie, politique, high-tech, sciences… Le site d’information pose son regard acéré sur le monde pour Direct Matin ÉTATS-UNIS LE GRAND FLOU DES BIENS SAISIS Aux Etats-Unis, la loi qui permet aux policiers de confisquer des biens est historiquement liée à la saisie de contrebande dans les navires. Elle a été réutilisée en 1970 pour lutter contre les trafiquants de drogue. Pouvoir confisquer les biens liés au trafic (voitures, argent liquide, drogue, bijoux) affaiblit un réseau. Dans les faits, ce sont rarement les barons de la drogue qui sont touchés. Selon le Washington Post, les histoires de confiscation ressemblent plutôt à celle-ci  : un automobiliste est arrêté en Alabama pour excès de vitesse ; il transporte 75 000 dollars pour acheter un restaurant chinois (grâce à l’aide de sa famille). Comme les policiers ont un « soupçon raisonnable » qu’il s’agisse d’argent lié à la drogue, ils sont autorisés à confisquer les billets. Le restaurateur récupérera son argent dix mois plus tard, après avoir dépensé des milliers de dollars en frais d’avocats et avoir loupé l’achat du restaurant. Cet exemple a un dénouement positif. Mais dans 80% des cas, les personnes n’engagent pas de poursuites, car un avocat coûte souvent aussi cher que le bien confisqué. Depuis une loi de 1984, les commissariats locaux ont le droit de garder une partie des biens saisis par les policiers. Dans certains Etats, ils peuvent dépenser cet argent comme ils le souhaitent. Ces affaires sont juridiquement assez étranges. Techniquement, ce n’est pas l’individu qui est accusé de crime, c’est l’objet. D’où des noms de procès farfelus, comme  : « Etats-Unis contre une Mercedes-Benz 2003 », ou « Etats-Unis contre 25 000 dollars en liquide. » Le procureur accuse par exemple votre voiture d’être utilisée pour vendre de la drogue et c’est à vous de prouver que ce n’est pas le cas. Les objets saisis sont accusés, et c’est à leur propriétaire de prouver leur innocence. M. ALTAFFER/AP/SIPA PAKISTAN LA JOURNÉE ANTI-MALALA HIGH-TECH CLAVIER PUNCHING-BALL Les ordinateurs sont souvent victimes d’agressions. Aux Etats- Unis, des chercheurs en psychologie de l’Université du Maryland ont récemment recueilli des centaines de témoignages pour une étude sur la colère contre les ordinateurs  : « Je fais souvent un bras d’honneur à mon PC », « Une fois, j’ai tiré sur mon ordinateur avec un fusil », « J’ai donné de gros coups de poing à mon clavier, la lettre A a sauté et les touches de la rangée du haut ont cessé de fonctionner. » Deux designers ont créé un ordinateur punching-ball où chaque caractère du clavier est un punching-ball qu’il faut activer avec ses poings ou ses pieds. Ecrire devient une séance de boxe intensive. SIPA La jeune fille est accusée par ses détracteurs d’être anti-islam et anti-Pakistan. Une fédération d’écoles privées pakistanaises représentant environ 150 000 établissements a lancé une journée anti-Malala, le 10 novembre dernier. Elle a été consacrée à la critique de Malala Yousafzai, la jeune militante anti-taliban et lauréate du prix Nobel de la paix 2014 et appelée la journée « Je ne suis pas Malala » (« I am not Malala day » ) en référence au titre anglais de son autobiographie, I am Malala (« Moi, Malala » en français). Le directeur de la fédération d’écoles, Mirza Kashif Ali, accuse la jeune fille d’être anti-islam et anti-Pakistan. Cet ordinateur, créé par deux designers, illustre le côté défouloir de l’appareil. DESIGNBOOM



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