Direct Matin n°1192 29 nov 2012
Direct Matin n°1192 29 nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1192 de 29 nov 2012

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : Egypte : d'une révolution à l'autre ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Monde 18 N°1192 JEUDI 29 NOVEMBRE 2012 WWW.DIRECTMATIN.FR L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ONU VOTE AUJOURD’HUI UN PAS VERS L’ÉTAT PALESTINIEN ? C’est un grand jour pour Mahmoud Abbas. Le chef de l’Autorité palestinienne assiste aujourd’hui au vote de sa proposition à l’Assemblée générale de l’ONU : celle d’élever les territoires palestiniens du statut « d’entité observatrice » à celui d’« Etat observateur non-membre ». Contrairement à celui d’Etat membre, ce statut n’a pas besoin d’être validé au Conseil de sécurité, où les Etats-Unis, alliés d’Israël, auraient opposé leur veto. Aujourd’hui, la demande palestinienne a de fortes chances d’aboutir, les Palestiniens disposant d’un large soutien parmi les 193 membres de l’assemblée (une majorité simple est requise). La France votera pour, l’Allemagne et les Etats-Unis contre. « Un moment très délicat » Face à la « résistance » incarnée par le Hamas et les groupes armés de la bande de Gaza lors des affrontements avec l’armée israélienne, Mahmoud Abbas joue la carte diplomatique. Une manière de revenir sur le devant de la scène, d’autant qu’accéder à ce statut permettrait aux Palestiniens d’adhérer à la Cour pénale internationale et, comme l’a annoncé leur ambassadeur à l’ONU, de poursuivre Israël pour sa politique de colonisation. Ce vote intervient alors que les pourparlers avec l’Etat hébreu sont au point mort depuis deux ans. Et si le texte soumis aujourd’hui appelle à une reprise des négociations de paix, il apparaît aux yeux des Israéliens et de leurs alliés comme un coup de force. Les Palestiniens risquent ainsi des représailles de la part d’Israël et des Etats-Unis, notamment financières. « Si les Palestiniens utilisent cette résolution comme instrument de confrontation, nous agirons en fonction, a prévenu mardi une porte-parole de la diplomatie israélienne, Ilana Stein. Autrement, nous ne prendrons pas de mesure sévère. » • Mahmoud Abbas, dimanche dernier, à Ramallah, avant son départ pour New York. © ABBAS MAMANI/AFP « Le succès de cette opération est un devoir patriotique, c’est une question de crédibilité pour la Grèce. » Le ministre des Finances grec, Yannis Stournaras, annonçant hier que l’opération de rachat d’une partie de la dette du pays sera lancée « en début de semaine prochaine ». © Y. LOGGHE/AP/SIPA 703 000 PERSONNES sont séropositives en Russie, qui compte 143,1 millions d’habitants, a déclaré hier le chef du Centre fédéral russe de lutte contre le sida, Vadim Pokrovsky. Ce chiffre a fait un véritable bond : il est passé « de 370 000 à environ 703 000, c’est-à-dire qu’il a presque doublé en cinq ans », a-t-il indiqué. © S. SUPINSKY/AFP CENTRALE NUCLÉAIRE DE TCHERNOBYL LE SARCOPHAGE PROGRESSE Le nouveau sarcophage en construction. « C’est une étape significative et un pas important pour faire face aux conséquences de l’accident ». Suma Chakrabarti, qui préside la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), a salué avanthier dans un communiqué l’achèvement de la première partie du sarcophage de la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine), destiné notamment à réduire la menace de radioactivité sur le site. La structure achevée représente quelque 5 000 tonnes d’acier, et mesure environ 22 mètres de haut. Depuis l’accident nucléaire de 1986, le pire jamais survenu, les restes du réacteur accidenté – le numéro 4 – ont été recouverts d’une chape de béton, construite dans l’urgence, et aujourd’hui fissurée. Les travaux du nouveau sarcophage qui viendra peu à peu couvrir l’ancien (et que la Berd finance en partie), devraient s’achever en 2015. La structure pèsera alors 29 000 tonnes. Coût estimé de l’opération : 1,5 milliard d’euros.• Sur Retour en images sur les progrès de la construction du sarcophage de Tchernobyl. En bref ÉTATS-UNIS : OBAMA INVITE ROMNEY Le président américain Barack Obama a invité son ancien adversaire à la présidentielle, le républicain Mitt Romney, aujourd’hui à la Maison Blanche pour un déjeuner privé. Il se tiendra dans la salle à manger privée, qui sera fermée à la presse. RDC : DES PILLAGES SIGNALÉS À GOMA Le gouvernement de République démocratique du Congo a accusé hier les rebelles du M23 (Mouvement du 23-Mars) de se livrer à des pillages à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu (est) et d’emporter son butin au Rwanda. Sous la pression diplomatique, les rebelles ont accepté de quitter Goma, qu’ils occupent depuis le 20 novembre. RÉCHAUFFEMENT LES MERS MONTENT En raison du réchauffement climatique, le niveau des mers augmente 60% plus vite que ne l’avait projeté en 2007 le groupe d’experts de l’ONU sur le climat (le Giec). C’est ce qu’affirment des spécialistes dont l’étude est parue hier dans la revue britannique Environmental Research Letters. Selon eux, les mers montent en moyenne de 3,2 millimètres par an. De nombreux scientifiques estiment que l’élévation pourrait atteindre, voire dépasser, un mètre à la fin du siècle. Ces données sont discutées en ce moment à Doha, où se déroule le rendez-vous annuel sur le climat en présence de plus de 190 pays. L’Organisation météorologique mondiale a annoncé hier que les années 2001 à 2011 font partie des plus chaudes jamais enregistrées.•
WWW.DIRECTMATIN.FR N°1192 JEUDI 29 NOVEMBRE 2012 Monde 19 CAROLINE PIGOZZI, AUTEUR DU LIVRE « LE VATICAN INDISCRET » « UN ÉTAT OÙ LE SILENCE EST D’OR » Le Vatican, si discret, a fait mal - gré lui la une des journaux cette année, pris dans un scandale de fuite de documents confidentiels – dit « Vatileaks ». Caroline Pigozzi, grand reporter à Paris Match, plongée dans cet univers depuis seize ans, a suivi l’affaire de près. Dans son ouvrage Le Vatican indiscret (éditions Plon), qui sort aujourd’hui, elle entrouvre les portes de l’Etat pontifical et décrit un monde très codifié qui cultive le goût du secret. Votre livre démarre avec l’affaire du Vatileaks. En quoi a-t-elle bouleversé le Vatican ? Cette affaire a bouleversé le pape car il pensait qu’il n’avait pas à se méfier de son entourage direct, qui est devenu une sorte de famille pour lui. Après cela, au Vatican, le mot d’ordre a été de ne plus recevoir de journalistes, de faire attention à nous. On a été diabolisé. Vous décrivez la culture du langage codé qui règne au Vatican, pourquoi cette obsession du secret ? Il faut s’exprimer le moins possible, car tout ce qu’on dit peut être commenté et retenu contre soi. Tout est affaire de diplomatie. Cela fait vingt siècles que c’est ainsi. Le dicton « la parole est d’argent et le silence est d’or » convient parfaitement au Vatican. Vous évoquez un pape qui aime la solitude au quotidien. En quoi estil différent de son prédécesseur ? Il aime le cérémonial mais est viscéralement solitaire. Jean-Paul II voulait séduire, il aimait qu’on l’aime. Benoît XVI n’est pas du tout sur ce registre-là. © A. CANOVAS Il s’appelle Benedictus, ce n’est pas un hasard, il a l’instinct d’un moine bénédictin, d’un intellectuel qui rentre dans sa coquille. Mais en même temps, il est étonnamment ouvert à la communication pour un homme de 85 ans (le pape a désormais un compte Twitter,ndlr), il s’y plie et se rend compte que c’est important. Vous écrivez que la succession de Benoît XVI se prépare. Comment les cardinaux font-ils campagne ? Le Vatican est entré dans l’ère de la mondialisation. Les cardinaux étrangers comptent autant que les Italiens, il faut que les prétendants soient prêts à la diplomatie, à voyager de par le monde, qu’ils parlent plusieurs langues. On ne Caroline Pigozzi, spécialiste de la papauté. peut plus rester provincial. Par exemple, le cardinal Maradiaga, du Honduras, est président de l’ONG Caritas. Les ambitieuses éminences ont compris qu’il fallait avoir une tribune et ne pas rester chez soi. Ils doivent aussi écrire des livres, faire des conférences, publier pour se faire connaître, comme un professeur de médecine qui vise le prix Nobel. Sans se montrer dans les médias ? C’est un calcul subtil. Il faut apparaître, mais pas trop, pour ne pas irriter le Vatican. C’est là que l’intelligence, la prudence et le savoir-faire interviennent. Comment vous êtes-vous fait accepter en tant que femme ? Je me suis toujours habillée en noir, © V. PINTO/AFP © DR INDISCRÉTIONS Le numéro de vol de l’avion papal est toujours 4 000, quelle que soit la compagnie aérienne. La soutane que porte Benoît XVI se ferme grâce à 33 boutons, un chiffre qui symbolise les années de vie terrestre du Christ. Les armoiries du souverain pontife ont été gravées sur les interrupteurs de son appartement, à sa demande. Les plats préférés du pape sont les pâtes maison à l’italienne, les beignets aux pommes ou la cassolette d’artichauts. presque comme une bonne sœur, hormis le fait que je me maquille et porte des perles. Puis il faut avancer sans faire de vagues, pas à pas, avec patience, car le temps du Vatican est très long. Et il ne faut jamais se révolter. Par exemple, quand le pape Benoît XVI a été élu, j’avais envoyé très tôt un questionnaire pour une interview. Il a été transmis à un journaliste allemand qui l’a fait paraître à son compte dans un journal de son pays. N’importe qui aurait enragé, mais il n’était pas question pour moi de le montrer, cela aurait handicapé l’avenir.• Sur L’intégralité de l’interview de la spécialiste du Vatican, Caroline Pigozzi. © OSSERVATORE ROMANO/AFP DES ZONES D’OMBRE DANS LE SCANDALE « VATILEAKS » Paolo Gabriele (au centre), l’ex-majordome du pape, est aujourd’hui incarcéré. L’affaire sert de point de départ à l’ouvrage de Caroline Pigozzi. Et malgré deux procès publics en moins de deux mois, le scandale du « Vatileaks » recèle encore une grande part de mystère. Certes, le majordome du pape Benoît XVI, Paolo Gabriele, purge aujourd’hui sa peine dans une cellule de la gendarmerie vaticane, décrite dans Le Vatican indiscret. Lui qui a transmis les documents confidentiels au journaliste Gianluigi Nuzzi (que ce dernier a ensuite divulgués dans un livre, Sua Santita, paru en mai dernier) a été reconnu coupable de vol aggravé et condamné, le mois dernier, à dix-huit mois de prison. Un autre employé, l’informaticien Claudio Sciarpelletti, a quant à lui été condamné début novembre à deux mois de prison avec sursis pour avoir entravé le cours de l’enquête contre Gabriele avec des déclarations contradictoires. Mais le fond du scandale n’a pas encore été abordé. Soupçons de corruption, luttes intestines, autres implications éventuelles dans l’affaire. Rien de tout cela n’a été tiré au clair. Paolo Gabriele, l’ex-employé modèle, a démenti avoir eu des complices, mais le journaliste Nuzzi affirme dans son ouvrage avoir été en contact avec une vingtaine de « gorges profondes ». La thèse d’un grand complot organisé par des cardinaux semble peu vraisemblable, mais l’instruction sur « Vatileaks » n’est pas close et pourrait prendre des années.•



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