CNews n°1175 6 nov 2012
CNews n°1175 6 nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1175 de 6 nov 2012

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Matin Plus S.A.

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,1 Mo

  • Dans ce numéro : l'Amérique au moment du choix.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 Grand angle N°1175 MARDI 6 NOVEMBRE 2012 WWW.DIRECTMATIN.FR ÉLECTIONS AMÉRICAINES LE NOM DU FUTUR PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS DOIT LE VERDICT VA TOMBER Entre le premier président afro-américain et le multimillionnaire mormon, la campagne électorale aura été particulièrement féroce. Au coude à coude dans les sondages, les deux candidats peuvent y croire. La bataille aura été longue et virulente. Après des mois de campagne électorale, avec ses attaques et ses gaffes, après trois débats présidentiels cruciaux et le passage d’un ouragan qui a bouleversé les derniers jours de lutte, les candidats à la Maison Blanche se retrouvent aujourd’hui face au verdict des urnes. Un scrutin au suffrage universel indirect agrémenté de suspense, puisque les deux candidats principaux, le démocrate Barack Obama (51 ans) et le républicain Mitt Romney (65 ans), sont au coude à coude dans les sondages depuis des semaines. Et ce, après avoir investi des moyens colossaux (selon les estimations, le coût de l’élection dépasserait déjà 1,6 milliard de dollars en 2012). © S. HONDA/AFP PHOTO Avec l’économie en tête Pour le président sortant, qui avait emporté 52,9% des suffrages en 2008 contre le républicain John McCain, il s’agit, comme il l’a fait comprendre, d’obtenir quatre années supplémen- Investiture de Romney à la convention républicaine, le 30 août dernier. taires pour mener à bien les réformes qu’il a engagées au cours de son premier mandat. Mitt Romney, lui, s’est engagé à être l’homme « du changement » pour redresser la situation économique du pays. Car la crise a douloureusement marqué le premier mandat d’Obama et c’est avec l’économie en tête que les Américains votent aujourd’hui. Le taux de chômage était de 7,9% en octobre, après être tombé en septembre à 7,8% (son niveau le plus faible depuis l’arrivée d’Obama à la Maison Blanche). A l’issue de l’élection, le prochain président des Etats-Unis doit prêter serment le 20 janvier prochain.• Mitt Romney et Barack Obama à Denver (Colorado), le 3 octobre dernier, au début du premier débat. DEUX CANDIDATS FACE À UN OURAGAN Les quinze derniers jours d’une campagne électorale sont un marathon éprouvant, lors duquel les candidats parcourent plusieurs Etats par jour pour convaincre les derniers indécis. Cette année, le sprint final a été une nouvelle fois chamboulé par la « surprise d’octobre », cet événement qui vient se greffer au dernier moment à la campagne. En 2008, ce fut la faillite de Lehman Brothers et l’effondrement des marchés que John McCain avait maladroitement minimisés, assurant que les fondamentaux de l’économie du pays étaient « robustes ». Cette année, la surprise s’appelait Sandy. Toujours à égalité L’ouragan, qui a fait plus de cent morts dans le nord-est du pays la semaine dernière, a contraint le président sortant à vider – du moins pour quelques jours – son agenda électoral afin de se consacrer à la gestion des secours. Il a Cette année, Sandy a été la « surprise d’octobre » de la campagne. ainsi endossé l’habit de « Commander in Chief » – plutôt à son avantage – face à un Romney qui a continué de sillonner le pays. Malgré Sandy, un sondage national publié dimanche par ABC News/Washington Post, plaçait les deux candidats à égalité (48%) , à deux jours du scrutin. Du coup, ces derniers sont repartis dans une course effrénée : entre vendredi et hier soir, Obama avait prévu de visiter quatorze villes dans huit Etats. Menace de l’abstention Si l’ouragan aura peutêtre un impact sur la participation électorale – notamment chez les électeurs de la côte Nord-Est qui avaient prévu de voter par avance – il bouleverse concrètement la tenue des élections. De nombreux bureaux de vote se retrouvent privés d’électricité, si bien que dans le New Jersey notamment, des camions militaires sont aménagés pour les remplacer. Mais Sandy n’est pas le seul facteur pouvant provoquer une forte abstention. Car il ne s’agit pas d’une élection de changement : un président sortant se représente et il n’y a plus la nouveauté, comme en 2008, de voir le premier Noir briguer cette fonction. En outre, l’engouement attisé par le « Yes we Can » d’Obama a disparu et il n’a pas réussi à rallumer la flamme. « Il n’a pas exprimé sa propre dimension, note Ghyslaine Pierrat, docteur en communication politique et économique. Selon elle, « ses « spin doctors » l’ont tellement mis en garde contre des gaffes éventuelles, qu’il ne s’est pas suffisamment « lâché » », face à un Mitt Romney qui suscitait peu d’enthousiasme, mais qui a su opérer un recentrage. Désormais, il ne reste plus qu’à savoir laquelle des deux stratégies était la bonne.• Sur ou en flashant ce code Un dossier complet (décryptages, interviews...) sur l’élection présidentielle aux Etats-Unis. © J. SAMAD/AFP
Grand angle WWW.DIRECTMATIN.FR N°1175 MARDI 6 NOVEMBRE 2012 7 ÊTRE DÉVOILÉ AU COURS DE LA NUIT PROCHAINE POUR OBAMA ET ROMNEY LES CLÉS POUR COMPRENDRE UN SCRUTIN COMPLEXE L’élection présidentielle américaine est un processus complexe, impliquant 215 millions d’électeurs répartis dans 50 Etats. Un système basé sur le suffrage universel indirect, inscrit dans la Constitution depuis 1787 et qui permet d’assurer la représentativité de chaque Etat selon sa population. Pourquoi le scrutin est-il organisé un mardi ? La présidentielle est fixée depuis 1845 au mardi qui suit le premier lundi de novembre. La raison est la suivante : le dimanche étant réservé au culte religieux, il était hors de question de voter ce jour-là. La journée du lundi était quant à elle réservée au trajet pour se rendre dans un bureau de vote parfois très éloigné. Depuis, la situation a évolué. Pour faciliter le vote à ceux qui ne peuvent pas se déplacer aux urnes le mardi, certains Etats permettent de voter jusqu’à un mois et demi avant le jour J. Le vote anticipé est possible dans 32 des 50 Etats, ainsi que dans le district de Columbia. De nombreux Etats proposent le vote par correspondance. En 2008, les électeurs étaient 30% à l’avoir fait en avance. Que signifie l’expression « Swing State » ? Il s’agit des Etats-bascules, où aucun des deux partis ne domine clairement le paysage politique. Ces Etats, comme l’Ohio (qui représente 18 grands électeurs) ou la Floride (29), peuvent faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre et créer la surprise. C’est pour cela que les candidats leur portent une attention particulière. Qui sont les grands électeurs ? Le mode de sélection de ces grands électeurs diffère d’un Etat à l’autre. Ce sont des personnalités locales (des élus, Les Américains votent aussi pour renouveler la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. des proches d’un candidat, mais pas des membres du Congrès) en général nommées par les partis politiques. Leur nombre varie d’un Etat à l’autre et son calcul s’appuie sur les recensements effectués tous les dix ans. Un candidat doit recueillir le vote de 270 grands électeurs (le fameux « Magic Number ») pour remporter la présidentielle. Gagne-t-on forcément si l’on obtient le plus de voix ? Avec le système du « winner-takes-all » (« tout au vainqueur ») appliqué dans tous les Etats (sauf le Maine et le Nebraska, qui pratiquent une dose de proportionnelle), le candidat qui récolte le plus de suffrages n’est pas assuré à 100% de remporter l’élection. L’exemple le plus récent fut la bataille de 2000, entre le démocrate Al Gore et le républicain George W. Bush. Al Gore avait 500 000 voix d’avance mais c’est le républicain qui l’avait emporté, avec cinq grands électeurs d’écart. N’y a-t-il que deux candidats à la présidentielle ? On ne parle que d’eux. Pourtant Barack Obama et Mitt Romney ne sont pas les seuls à briguer le poste. Parmi une dizaine de « petits », quatre sortent du lot, notamment Jill Stein, la candidate du Parti vert, Rocky Anderson, le représentant du Parti de la justice, Gary Johnson du Parti libertaire, ou le conservateur Virgil Goode, du Parti de la constitution. Les Américains ne votent-ils que pour la présidentielle ? Aujourd’hui, les Américains n’élisent pas seulement leur président. Ils votent aussi pour renouveler l’ensemble de la Chambre des représentants (435 sièges) et un tiers du Sénat (33 sur 100). Onze Etats élisent aussi leur gouverneur. Des référendums locaux sont par ailleurs organisés le même jour.•



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