Dargaud le Mag n°1 sep/oct/nov 2012
Dargaud le Mag n°1 sep/oct/nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de sep/oct/nov 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Dargaud

  • Format : (170 x 230) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : découvrez toutes les nouvelles séries de la rentrée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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INTERVIEW JoannSFAR « La banane génétiquement modifiée, c’est le mec idéal. » JoannSfar signe chez Dargaud un nouvel album intitulé Tokyo. Sexe, violence et crocodile, ce titre ne laisse pas indifférent. Que raconte Tokyo, votre nouvelle bande dessinée ? C’est une histoire à la Rambo, celle d’un type qui a subi une terrible injustice : on lui a arraché la peau et il veut se venger (sourire). J’avais envie de retrouver le plaisir simple de dessiner : une mise en page très visuelle, très provocante ; et revenir aux choses les plus imbéciles et les plus puissantes que l’on a en BD : le sexe et la violence. Cet album est-il une distraction au milieu de votre agenda extrêmement chargé ? Je n’ai pas fait cet album pour rigoler ! Cela me tenait vraiment à cœur de faire ce récit. Par certains aspects, il tient du manifeste. Dans la profession, on a souvent le sentiment d’être mal compris, on entend beaucoup de gens qui se font l’avocat de notre travail et qui tiennent un discours très prétentieux, dans lequel je ne me reconnais pas. Certes, je peux 10 être très orgueilleux, mais il y a de petites joies simples dans ce métier que je ne veux pas perdre malgré toute une exégèse autour du travail de bande dessinée qui peut assassiner cette joie. Du coup, revenir aux types avec des flingues, aux filles en minishort et aux crocodiles, cela me semble intéressant (sourire)… Dargaud
pourquoi le choix du titre Tokyo ? J’essayais de trouver un nom qui évoquait tout ça (les flingues, les filles, les crocodiles - NDR). C’est devenu Tokyo car à l’époque où je dessinais l’album, il y a eu les événements de Fukushima et mon coloriste habitait Tokyo. Ce titre s’est donc imposé à moi. Cette nana (Tokyo – NDR) ressemble aux pin-up de maintenant. J’ai créé une espèce de Rihanna, avec les cheveux rouges, la peau sombre, de grands yeux bleus bridés, dont on ne connaît pas les origines. peut-on considérer cet album comme un roman-photo ? Ce n’est pas du roman-photo, mais il y a des personnages de romans-photos qui se sont échappés et qui viennent mettre le bordel dans cette histoire. Cela traduit bien ce qui se passe dans ma tête en tournage, (JoannSfar a notamment réalisé Gainsbourg, une vie héroïque, césar du meilleur premier film en 2011 - NDR) : on est tellement impressionné de voir de vraies comédiennes, de les filmer, de les photographier que revenir au dessin ensuite provoque un vrai conflit dans le crâne, on n’écrit plus les dialogues de la même manière… Tokyo : « un équivalent en BD au trash métal ou au rock le plus extrême. » Comment avez-vous dirigé les comédiennes pour les photos ? On a réalisé un shooting de 3 jours avec le photographe Philippe Charlot. Les comédiennes ont dû apprendre à jouer mal : le roman-photo ; ce sont des expressions outrées, très premier degré. Il n’y a jamais de second degré : c’est imbécile, brutal, une BD de drogué mais pas de second degré (sourire). Je me suis posé la question : y a-t-il un équivalent en BD au trash métal ou au rock le plus extrême ? Peut-on faire le Hellfest de la bande dessinée, revenir aux films d’horreurs que je regardais quand j’étais petit ? Je n’étais pas du tout dans la nostalgie, j’avais juste le sentiment que cette brutalité-là me manquait et que je voulais la mettre dans mon livre. Quelles sont vos influences pour cet album ? Il y a une référence omniprésente chez moi : les films de la Hammer et de Roger Corman, qui ont en commun d’être d’excellents films, réalisés très vite, sans aucun budget et qui ont des objectifs simples : faire peur, mettre mal à l’aise, faire vomir. Je me sens très heureux là-dedans, comme quand je lisais gamin le comics américain, traduit en France par : Il est minuit... l'heure des sorcières. Ça devait faire peur, ça devait être presque idiot, mais en même temps c’était très agressif, c’est une vraie référence pour moi. 11



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