Culture et Recherche n°140 sep à déc 2019
Culture et Recherche n°140 sep à déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°140 de sep à déc 2019

  • Périodicité : annuel

  • Editeur : Ministère de la Culture et de la Communication

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 104

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : recherche culturelle et sciences participatives.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RECETTES DE GRAMMAIRE 1. http://bisame.paris-sorbonne/recettes Voir  : A. Millour et K. Fort. À l’écoute des locuteurs  : production participative de ressources langagières pour des langues non standardisées. Traitement Automatique des Langues, ATALA, 2018. hal-01995758. 92 CULTURE ET RECHERCHE n°140 hiver 2019-2020 Recherche culturelle et sciences participatives malaise des participants face à la production d’un contenu aussi structuré qu’une recette de cuisine, d’autant plus dans le cadre d’un projet de recherche, alors qu’ils ne sont pas sûrs d’écrire « correctement » (ce qui, dans le cas d’une langue non standardisée, n’a pas de sens). Nous avions sous-estimé cette réticence, conséquence à la fois de l’importance donnée à l’ortho - graphe lors de l’apprentissage du français et de la relégation historique des langues régionales. Le sondage mené nous enseigne également que la majorité de la production écrite en alsacien concerne des commentaires et conversations sur les réseaux sociaux. Si pour des raisons éthiques et légales, ces contenus ne peuvent pas être exploités, les futures versions de nos plateformes permettront de produire des contenus plus variés. SCIENCES PARTICIPATIVES ET LANGUES NON STANDARDISÉES ALICE MILLOUR Doctorante et attachée temporaire d’enseignement et de recherche Sorbonne Université KARËN FORT Maîtresse de conférences EA 4509 - Sens Texte Informatique Histoire (STIH), Sorbonne Université Recettes de Grammaire 1 est une plateforme permettant d’impliquer les locuteurs dans la production de ressources linguistiques pour leur langue. La première instance, développée pour l’alsacien, permet de produire trois types de ressources linguistiques  : des textes, des annotations et des graphies alternatives des mots. Celles-ci sont ensuite utilisées pour développer des outils automatiques. Traiter automatiquement l’alsacien… mais lequel ? Le terme « alsacien » décrit un continuum dialectal dont la variation spatiale est visible à l’écrit, celui-ci n’étant normalisé par aucune orthographe standard consensuelle. À cette variabilité dialectale non lissée s’ajoutent les habitudes graphiques de locuteurs aux parcours linguistiques différents, résultant en une multitude de graphies possibles pour un mot donné. Comme c’est le cas pour nombre de langues à tradition principalement orale, l’arrivée de l’alsacien sur Internet (en particulier sur les réseaux sociaux et dans les courriels) donne un nouveau souffle à sa forme écrite, qui ne se cantonne plus à des productions littéraires ou à des articles de presse. Aussi, si nous voulons développer des outils que les locuteurs d’une telle langue puissent effectivement utiliser (moteurs de recherche, claviers numériques adaptés, dictionnaires en ligne, par exemple), ceux-ci doivent pouvoir analyser toutes ses variantes et graphies potentielles. Les locuteurs, collectivement détenteurs de l’information linguistique En permettant aux locuteurs de saisir leurs propres textes, nous recueillons un corpus varié. Un des objectifs de la plateforme étant de faire associer des termes alsaciens à leur catégorie grammaticale, nous nous assurons par la même occasion que les participants contribuent sur des textes correspondant à leur pratique de l’alsacien. Les graphies alternatives, troisième ressource recueillie, nous permettent quant à elles d’engranger de la connaissance sur les mécaniques de la variation Outils et données De la nécessité de rester à l’écoute des locuteurs Cette expérience de production participative nous a convaincues de l’importance de nous inscrire dans un dialogue avec les locuteurs. Notamment, s’il existe une communauté motivée, celle-ci pourrait être davantage mobilisée grâce à une meilleure pédagogie sur les enjeux de la présence numérique des langues. Ce sondage sur les pratiques linguistiques a également été un moyen efficace d’entrer en contact avec les locuteurs. Enfin, les canaux officiels de communication se sont révélés décevants, il est donc fondamental d’identifier les « influenceurs ». Ainsi, la publication de l’enseigne alsacienne Geht’s in concernant notre sondage a été partagée plus de 130 fois en quelques jours. Vielmols merci ! à l’écrit. Malgré une participation encore en deçà de nos attentes (163 inscrits, 9 recettes, 347 variantes scripturales), les résultats obtenus jusqu’à présent ont montré que l’intégration des connaissances des locuteurs permet d’améliorer les performances de nos outils de traitement automatique, ce qui confirme l’intérêt de rester à l’écoute des locuteurs, tant de leurs besoins numériques que de leur pratique linguistique réelle. Ce projet a été développé dans le cadre d’une thèse réalisée à Sorbonne Université. Il a bénéficié d’un financement du ministère de la Culture. La plateforme elle-même est indépendante des langues et a été également instanciée pour les créoles guadeloupéen et mauricien. Les ressources créées sont librement disponibles sous licence Creative Commons, directement sur les sites concernés.
Outils et données ArkeoGIS Partager les données des professionnels en archéologie Si des milliers de données archéologiques issues d’études menées dans diverses disciplines sont d’ores et déjà agrégées dans la plateforme ArkeoGIS, le partage de ces informations entre chercheurs de même que l’ouverture de la plateforme à la participation du public se heurtent à des freins, notamment légaux, qui restent à lever. Le projet ArkeoGIS 1 est à l’origine une initiative visant à partager les données des différents inter - venants de l’archéologie et des sciences paléoenvi - ronnementales (géomorphologues, pédologues, palynologues...), dans un contexte multilingue et transfrontalier afin que tous les acteurs de la recherche aient un accès dynamique aux données produites par leurs collègues. Après un premier financement de la Maison des sciences de l’Homme-Alsace (MISHA), l’obtention d’un projet INTERREG a permis de développer une première version stable de plateforme en ligne, accessible en quatre langues (allemand, anglais, espagnol et français). Plusieurs financements ont permis de maintenir le projet depuis. Les bases de données agrégées dans ArkeoGIS sont issues de travaux de chercheurs institutionnels, d’étudiants avancés, de sociétés privées, de services d’archéologie mais aussi de travaux de paléoenvironnementalistes, d’historiens ou de géographes. L’interdisciplinarité est encouragée, ces données étant partagées (via un protocole d’import), accessibles et requêtables en ligne (WebSIG) par les utilisateurs d’ArkeoGIS. Chaque utilisateur dispose d’un espace projet personnalisable, peut interroger tout ou partie des bases disponibles, afficher ses résultats sur plusieurs fonds de carte, les archiver et les exporter vers d’autres outils (export.CSV). Chaque auteur mettant à disposition des informations géoréférencées au format ArkeoGIS reste maître de celles-ci et peut seul décider de les modifier. Il peut accéder aux informations des autres contributeurs afin d’implémenter sa base. L’étendue chronologique de l’outil est ouverte et multiple, permettant d’agréger des informations depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours concernant toutes les régions. Plusieurs dizaines de milliers de sites, objets et analyses sont d’ores et déjà accessibles, ce qui fait d’ArkeoGIS un outil puissant pour tout travail de recherche. De plus, ArkeoGIS offre à ses utilisateurs une structure stable via l’hébergement des données au sein de la TGIR Huma-NUM. ArkeoGIS fait aussi le lien vers d’autres outils numériques, ses utilisateurs peuvent ainsi avoir connaissance de différents projets numériques en ligne. Enfin, un annuaire facilite les contacts et les échanges entre chercheurs, entre pays et entre institutions. Le partage de données encouragé par ArkeoGIS a toutefois fait apparaître plusieurs freins  : les habitudes des chercheurs, la « culture du projet » et la mise en concurrence des institutions de recherche, ou encore l’absence de crédits récurrents qui rend caduque la participation à long terme ou l’actualisation des bases partagées. Existent aussi des freins légaux quant à l’ouverture ou non des données de la carte archéo - logique nationale, étant donné le risque de pillage des sites archéologiques. Si l’expérience d’ArkeoGIS montre que la communauté scientifique est mûre pour un échange de données brutes, la question de l’ouverture des données au public reste posée. Une ouverture complète des données archéologiques, telle que tentée depuis quelques années par la région Bretagne, permettrait d’implémenter cette base de travail, accessible en l’état aux seuls professionnels, et de partager les données citoyennes. En effet, aussi bien les associations locales que des particuliers de bonne foi souhaitent partager leur connaissance de leur passé, souvent à une échelle très locale, diffi ci - lement appréhendable par des services centralisés dans les grandes régions. L’ouverture d’une plateforme comme celle d’ArkeoGIS à l’ensemble des citoyens intéressés permettrait à ces derniers de profiter d’un état de la recherche actualisé, et d’approfondir leurs connaissances grâce aux nombreuses ressources en ligne. Cela offrirait à la communauté des archéologues professionnels la possibilité d’accéder à une somme de connaissances disparates dont ils ignorent souvent jusqu’à l’existence. Les freins à lever afin de permettre cette inter - vention citoyenne dans la production de connaissances en archéologie sont avant tout légaux. Une fois ces questions résolues, la mise en œuvre et le contrôle de la qualité des données ainsi que l’alignement nécessiteront des personnels formés et qualifiés pour partager ces savoirs et attirer l’attention sur les plateformes et outils de partage des données scientifiques. LOUP BERNARD Maître de conférences à l’université de Strasbourg UMR 7044 ArcHiMedE 1. http://arkeogis.org CULTURE ET RECHERCHE n°140 hiver 2019-2020 Recherche culturelle et sciences participatives 93



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