Créateurs n°9 jun/jui/aoû 2009
Créateurs n°9 jun/jui/aoû 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de jun/jui/aoû 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 330) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 7,1 Mo

  • Dans ce numéro : bon pour l'export.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Sociophile La Chaîne du Bonheur : un modèle d’économie humanitaire La Chaîne du Bonheur incarne depuis 63 ans la solidarité humanitaire et sociale suisse. Issue du monde de la radio et de la télévision de service publique SRG SSR idée suisse, elle vient en aide à toute personne en difficulté sans discrimination et sans instrumentalisation. Au début : la radio Sur l’initiative de Roger Nordmann, trois hommes de radio lancent en 1946 sur Radio Lausanne (aujourd’hui Radio Suisse Romande) une nouvelle émission. Créant des « chaînes de solidarité », elle a pour but de récolter fonds et matériel pour atténuer les souffrances des plus démunis de Suisse et plus tard pour les victimes de catastrophes ou de conflits dans le monde. Ce lien de solidarité « Chaîne du Bonheur » sera repris dans toute la Suisse puis en Europe (années 50). Fondation indépendante depuis 1983, elle a son siège à Genève. Que fait la Chaîne du Bonheur ? Aujourd’hui, la Chaîne du Bonheur intervient dans trois domaines:• aide humanitaire et à la reconstruction en cas de catastrophes naturelles ou causées par l’homme dans le monde et en Suisse (90% de son activité)• aide à l’enfance (env. 5%) dans le monde• aide sociale individuelle en Suisse (env. 5%). La Chaîne du Bonheur n’est pas opérationnelle sur le terrain, mais délègue l’intervention à des organisations d’entraide suisses ainsi qu’à des services sociaux. Les organisations partenaires de la Chaîne du Bonheur (30 à ce jour) passent par une procédure d’agrément rigoureuse qui leur confère le droit de soumettre des demandes de contribution. Un système opérationnel unique La Chaîne du Bonheur se place à l’intersection des mondes de l’humanitaire, des médias et des finances. La collecte est toujours émotionnelle tandis que l’aide apportée rationnelle et professionnelle. Les appels de fonds sont uniquement réalisés par le biais des médias. La Chaîne du Bonheur bénéficie d’un accès direct aux radios et télévisions de SRG SSR et collabore étroitement avec des médias privés. La Poste, Swisscom et Keystone soutiennent ses activités de manière déterminante. Une collecte n’a lieu que si la certitude de pouvoir aider existe (raisons politiques, logistiques, sécuritaires, etc. considérées). 90% de la totalité des dons est collecté durant les six premières semaines ; les dépenses s’échelonnent sur cinq ans ou plus. L’aide d’urgence absorbe, dans la règle, 15% des dons car les biens de première nécessité (nourriture, eau, articles sanitaires, abris, etc.) sont peu onéreux. L’aide à la reconstruction s’avère plus coûteuse, le nombre d’acteurs (locaux, militaires, ONG, etc.) diminuant. Cette phase absorbe 70% des dons. La Chaîne du Bonheur en chiffres• Depuis 1946, 115 appels pour un total de CHF 950 millions ont été lancés• En 2005, montant collecté record CHF 374 millions (dont 227 millions suite autsunami du 26 déc. 2004)• Aide humanitaire à l’étranger en 2008 : 86 projets soutenus pour CHF 11.4 millions• Aide à l’enfance en 2008 : 23 projets soutenus pour CHF 1.6 million• Aide sociale en 2008 : 3940 personnes soutenues pour CHF 1.2 million• Dépenses annuelles : CHF 30 à 70 millions• 19 collaborateurs occupent 14 postes à 100% à Genève, Berne et Lugano. S’ajoute un pool d’experts et des mandats à des entreprises d’audit ou de surveillance. 60 Créateurs No 9 L’aide au redémarrage économique, soit une forme d’aide au développement et aux PME (appuis techniques, équipements, formations ou crédits/microcrédits), représente 15% des dons. La succession des activités forme un socle financier fluctuant lentement. Les revenus de ce dernier permettent, en temps normal, d’assurer les frais de fonctionnement de la Fondation mais aussi une réserve pour la couverture de risques de fluctuations, une partie de l’aide à l’enfance et de l’aide individuelle en Suisse. Au cours des 25 dernières années, en plus de chaque franc reçu et reversé à un projet d’aide, un à deux centimes a pu soutenir des projets pour enfants ou l’aide sociale en Suisse. Ce système permet donc de ne pas imputer les frais de fonctionnement aux donateurs. Au fil des ans, l’aide humanitaire s’est professionnalisée. Tous les projets d’aide sont suivis et contrôlés par la Chaîne du Bonheur ou, pour de très gros projets, par des auditeurs internationaux (p.ex. PWC, KPMG,) voire par la SGS. Sur les plans technique et social, contrôles et évaluations sont réalisés en fonction des pratiques les plus performantes de la branche ainsi que de standards propres à la Chaîne du Bonheur. Au vu de ces considérations, on comprend mieux l’originalité de la Chaîne du Bonheur. Elle offre une pluralité d’accès aux victimes grâce à la collaboration avec plusieurs organisations d’entraide suisses de renommée. Félix Bollmann, directeur de la Chaîne du Bonheur Félix Bollmann
Bob Swanson et Herbert Boyer : Genentech La légende veut que Bob Swanson, capital-risqueur de 29 ans, ait rencontré Herbert Boyer, professeur à l’université de Californie à San Francisco (UCSF). L’argent du premier et les idées du second ont permis la création de Genentech en 1976, suivie d’une entrée en bourse en 1980. L’histoire mérite approfondissement : Bob Swanson n’est pas un vrai investisseur, c’est un entrepreneur. Il a été embauché par Kleiner et Perkins (KP) qui ont compris que la vraie valeur d’un fonds de capital-risque est dans la création de sociétés et pas seulement dans le soutien financier. Ils l’ont compris avec le succès de Tandem et de Jimmy Treybig qu’ils ont financés dès le premier jour, en 1974. Swanson et Boyer Bob Swanson est passionné par le potentiel de la biologie et de la génétique (il a une licence de chimie du MIT en plus d’un MBA). Après avoir aidé KP pour une de leurs sociétés, il quitte le fonds pour se consacrer à sa passion. Il rencontre professeur après professeur, qui tous lui font comprendre que tout cela est science de haut niveau, mais bien loin d’applications commerciales. Herbert Boyer n’est pas un professeur typique. Il est, avec Stanley Cohen, le co-inventeur d’un brevet, chose assez rare dans le monde académique des années septante. Ce brevet, appelé plus tard « Cohen Boyer », décrit le principe des manipulations d’ADN si bien que toutes les nouvelles technologies dans ce secteur nécessitaient son utilisation et donc le paiement de royalties à ses propriétaires : les universités de Stanford et UCSF se sont ainsi partagé plus de $250M en droit de licence. Difficile de séparer la légende de l’histoire Sur les débuts de Genentech, l’histoire et la légende se mêlent. Swanson appelle Boyer qui lui dit être très occupé mais qu’il pourrait lui consacrer dix minutes le vendredi après-midi suivant. Swanson n’a qu’une obsession : les applications de la recherche. Boyer lui répond qu’il y a évidemment un potentiel mais qu’il faudra encore dix ans de recherche fondamentale. « Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? » ne cesse de demander Swanson, au point que Boyer en arrive à penser : « Pourquoi pas ? Peut-être peut-on aller plus vite ». Les dix minutes deviennent trois heures. Genentech est née, du moins dans les deux têtes bien arrosées de bière. Il faut alors convaincre les sceptiques, les investisseurs n’étant pas les moindres. Une semaine plus tard Tom Perkins rencontre les deux hommes et se souvient : « le risque technique était énorme. J’étais très sceptique. Je ne connaissais rien à la biologie. » Très impressionné par l’énergie de Swanson et la compétence de Boyer, il se décide à avancer petit à petit, pour diminuer les risques à chaque nouvelle étape et en minimisant l’investissement. Kleiner investit $100’000 qui durent neuf mois. La suite fait partie de l’Histoire. Genentech clone l’insuline en 1978 et l’hormone de croissance en 1979. Genentech aura levé $10M auprès d’investisseurs privés avant une entrée en bourse au Nasdaq en octobre 1980. Une première : une société de biotechnologies séduit les marchés alors que son premier produit ne sera approuvé qu’en 1985. En 1990, Roche et Genentech signent un accord stratégique qui fait de Roche l’actionaire majoritaire de la start-up. L’histoire se conclut en 2009 lorsque Roche acquiert l’intégralité des actions de Genentech. Success story Les biotechnologies semblent être un continent à part sur la planète start-up. Elles donnent parfois l’impression d’être réservées à des scientifiques de pointe que les investisseurs financeraient pour le potentiel de leurs idées. Et l’entrepreneur dans tout cela ? L’histoire des débuts de Genentech est la plus belle illustration que l’entrepreneur visionnaire est aussi nécessaire dans les biotechnologies. Plus qu’une entreprise, c’est une industrie que Bob Swanson a créée. Pour en savoir plus : Internet Archive : http://www.archive.org/search.php ? query=genentech Le site web de Genentech, http://www.gene.com Swanson n’était pas un investisseur, mais un entrepreneur visionnaire. Boyer n’était pas un universitaire dans sa tour d’ivoire. Ils ont eu aussi la chance d’avoir le meilleur des mentors, Tom Perkins. De l’énergie, des idées, un peu d’argent. C’est à une conversation presque accidentelle que l’on doit l’émergence d’une industrie qui vaut aujourd’hui des dizaines de milliards de dollars. Hervé Lebret gère un fonds de soutien aux entrepreneurs à l’EPFL. Il est l’auteur du livre « Start-Up » (www.startup-book.com) Prochain article : Des femmes entrepreneurs, Carol Batz et Sandy Kurtzig Créateurs No 9 61



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