Créateurs n°9 jun/jui/aoû 2009
Créateurs n°9 jun/jui/aoû 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de jun/jui/aoû 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 330) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 7,1 Mo

  • Dans ce numéro : bon pour l'export.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Profils de créateurs Avec Ubanana, Paul Bays a la pêche ! A 40 ans, Paul Bays a estimé avoir l’expérience et la crédibilité suffisantes pour se lancer dans une nouvelle aventure et créer Ubanana, une entreprise spécialisée dans les produits électroniques pour le sport et les loisirs. Et pas question d’attraper la banane dans la pêche aux bonnes idées qui révolutionneront peut-être un jour la planète ! En janvier dernier, Ubanana lançait uCan, le plus petit baladeurmp3 au monde résistant à l’eau. Une innovation qui devrait permettre à son créateur, une fois les coûts couverts, d’aider les plantations de bananes dans le développement de leurs affaires. Rencontre… Paul Bays Paul Bays, « Ubanana », un petit pied de nez à SteveJobs, fondateur d’Apple ? Paul Bays : Disons qu’au lieu du « I », je me suis concentré sur le « U ». C’est vrai que j’ai aussi choisi un fruit, mais le meilleur pour faire du sport ! Le sport semble tenir une place importance dans votre vie… Depuis toujours, je baigne dans le sport ! J’ai étudié le développement et le design d’articles de sport à l’Université de York, dans le nord de l’Angleterre. Puis j’ai conçu des équipements, notamment pour l’exploratrice norvégienne Liv Arnesen – la première femme à avoir traversé à ski l’Arctique seule et sans assistance –, l’aventurier polaire norvégien Børge Osland, l’alpiniste norvégien feu Arne Naess et la nageuse française Laure Manaudou. A l’occasion des Jeux Olympiques de Lillehammer, je me suis beaucoup impliqué dans la création de produits outdoor. A ceux de Beijing, j’ai élaboré différents articles de sports aquatiques, pour le compte d’Arena Group. Et comment « uCan » a-t-il fait surface ? J’aime la musique. J’aime le sport. Et surtout les deux en même temps ! La musique a un impact extraordinaire sur la performance, car elle réduit la perception de l’effort et renforce le mental. Professeur en psychologie du sport à Londres, le Dr Costas Karageorghis mène de nombreuses recherches sur le sujet depuis une vingtaine d’années. Il a découvert que nous pouvions augmenter notre endurance de plus de 15% rien qu’en écoutant des morceaux bien choisis ! Restait encore à trouver le produit idéal… sans fil, 6 Créateurs No 9 étanche, simple d’utilisation et surtout confortable. Pour le coup, ce n’était pas gagné ! Aucun baladeur n’a été pensé pour le sport, tous lui ont été adaptés ! Il fallait donc un accessoire qui vous colle à la peau, vous laisse libre dans vos mouvements. A en oublier que vous le portez ! C’est ainsi que uCan est né ! De l’idée à la concrétisation, un parcours pour sportif endurant ? Effectivement. J’ai visité une vingtaine de manufactures en Chine avant de trouver la bonne. Depuis juin 2007, j’y suis allé 8 ou 9 fois de 3 à 4 semaines. Une année et demie plus tard, j’ai pu enfin lancer le produit sur le marché. Pas facile de trouver le bon partenaire quand on ne connaît personne… Et surtout quand on est « personne » ! Pour éviter de se faire copier, il a fallu protéger le produit. J’ai aussitôt déposé la marque et breveté mon projet. Pas à pas, j’ai gagné la confiance des Chinois. Aujourd’hui, ils m’ont même donné un nom, qui signifie « dragon de roi aux solides racines » … Vous vous êtes beaucoup investi dans ce projet, aussi bien personnellement que financièrement. On peut dire que vous n’avez pas froid aux yeux… Comme dit l’adage, « la chance sourit aux audacieux » ! Je ne veux pas regretter de ne pas avoir essayé. Vous vendez uCan uniquement sur internet. Vous avez connu, en l’espace de quelques semaines, votre première rupture de stock. Vous attendiez-vous à un tel succès ? Pas vraiment. Mais je suis content que le produit plaise. En février dernier, uCan a terminé finaliste au « ispo BrandNew Award », l’une des plus importantes compétitions mondiales de start-up dans l’industrie des articles de sport. Une des clés du succès réside dans le fait que nous sommes en Suisse. Car la Suisse a une excellente réputation d’innovation et un label de qualité, essentiels au développement de notre marque. Mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. Actuellement, nous nous attelons au déploiement d’autres canaux de diffusion, via des magasins électroniques et de sport. uCan, une étape d’une grande aventure ? Je l’espère ! Nous aimerions aller encore plus loin dans le développement de produits alliant sport et électronique. Nous réfléchissons déjà à différentes combinaisons possibles. Même si nous avons de nouveaux projets en perspective, nous devons maintenant trouver le chemin qui nous mènera vers les bons partenaires et investisseurs. Pour bâtir un édifice solide, il convient de ne pas bâcler les fondations ! Propos recueillis par Véronique Monney Infos : www.ubanana.com
Exploraction : vivre de sa passion Depuis 2001, Cédric et Yanick Gentil, deux frères chaux-de-fonniers, sont à la tête d’une société de production qui commence à bien se faire connaître dans le milieu très fermé des reportages « voyage et découverte » de grande qualité. Lors d’un retour en Suisse, ils ont accepté de répondre à quelques questions et de nous faire partager leur passion du voyage et leur expérience d’entrepreneurs. Comment est né « Exploraction » ? Yanick Gentil : Vers l’âge de dix-sept ans, nous avons quitté la Suisse dans le but de découvrir le monde. Ce voyage, qui a duré dix ans, nous a conduit dans plus de 50 pays. Nous avons travaillé dans les régions que nous parcourions acceptant toutes sortes d’activités : skipper, sommelier, ouvriers et même pilote d’avion, … après avoir passé la licence bien entendu. L’argent gagné nous permettait de financer notre déplacement jusqu’à la prochaine étape. Nous avions toujours une caméra avec nous avec laquelle nous réalisions de petits reportages amateurs pour notre propre plaisir et pour nos proches. En 2001, nous nous sommes demandés comment réussir à intégrer l’expérience que nous avions acquise, notre passion pour les voyages et les reportages dans une activité qui nous plairait. Nous avons alors décidé de créer notre propre société de production et sommes rentrés en Suisse pour organiser les prochaines expéditions et surtout pour trouver du financement. Comment vous y êtes-vous pris pour trouver le financement ? Lors de notre retour de Thaïlande, nous avions importé légalement 500 kg de Pokémon dans le but de les revendre, ce qui nous a permis, grâce à un bénéfice de presque CHF 40 000.-, de financer les premiers achats de matériel. Nous voulions ce qui se fait de mieux en équipement amateur. Nous avons alors réalisé un reportage en Amérique Centrale. Les télévisions ont trouvé notre travail très intéressant mais les images n’étaient malheureusement pas de qualité suffisante pour permettre une diffusion. Nous devions investir dans du matériel plus performant et professionnel. Durant une année, nous avons travaillé en Suisse pour économiser, rechercher le financement nécessaire et préparer l’expédition suivante. Finalement, une banque a accepté de nous prêter les fonds pour notre projet de reportage sur Madagascar, mais nous avons dû recourir à l’aide de l’organisme de cautionnement neuchâtelois (ONCM, aujourd’hui CRC-PME) et à des cautionnaires privés. Cédric et Yanick Gentil accroupis Quelle est pour vous la plus grande difficulté de votre métier ? Avant d’être reconnus comme de vrais professionnels dans ce domaine, vous devez faire vos preuves durant de nombreuses années, et continuellement trouver le financement pour vos prochains reportages. Entre chaque reportage, nous rentrons en Suisse pour gagner de l’argent. Nous réalisons des petits sujets locaux, mais devons aussi régulièrement travailler sur des chantiers. Il faut bien rembourser les emprunts ! Il faut beaucoup de temps avant de pouvoir vivre de sa passion, être prêt à vivre très modestement et à faire des sacrifices. Mais le travail et l’avenir ne nous ont jamais fait peur. Quelle est l’erreur à ne pas faire ? Avant de partir faire un reportage, il faudrait déjà avoir trouvé un ou plusieurs diffuseurs et producteurs pour assurer la revente de son produit. Mais ceci est impossible lorsque vous débutez. De plus, chaque chaîne de télévision a ses propres exigences qu’il faudrait pouvoir connaître avant même de commencer le tournage. Cela prend des années avant qu’une chaîne accepte de pré-acheter vos reportages ou même de les co-produire, comme cela a été le cas pour notre série de reportages en Papouasie. Quel est la particularité de l’équipe d’« Exploraction » ? Premièrement nous sommes des autodidactes, aucun de nous n’a fait une école d’audiovisuel. Ensuite, nous sommes très précis dans notre travail et surtout très méticuleux. Certains diront que c’est parce que nous sommes suisses ! Finalement, grâce à nos nombreuses années de voyages, nous avons appris à nous fondre dans la culture des peuples et pouvons réaliser des reportages de plusieurs mois dans des conditions et des climats extrêmes. Nous avons d’ailleurs passé sept mois en Papouasie avec pour but de faire découvrir au public, au travers de six documentaires et d’un livre, des lieux inconnus, des légendes oubliées et des peuples étonnants. Au niveau de nos reportages, nous cherchons avant tout à surprendre les téléspectateurs avec des sujets originaux et innovants (ex. reportage sur les requins blancs réalisé sans cage de protection), mais aussi à les faire rêver. team@exploraction.ch www.exploraction.ch Profils de créateurs Quels sont vos projets pour les prochaines années ? Nous avons des contacts avec l’équipe d’Ushuaïa Nature et avons également été contacté par Mike Horn, avec qui nous pourrions travailler sur des expéditions futures. Mais nous collaborons déjà, entre autre, avec ARTE. Nous allons poursuivre notre travail et prendre au vol les opportunités intéressantes pour parvenir à nous focaliser uniquement sur la production, sans avoir le souci de devoir trouver le financement nous-mêmes. Arriver à ce stade serait du pur bonheur. Propos recueillis par Sophie Haerri Créateurs No 9 7



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