Créateurs n°9 jun/jui/aoû 2009
Créateurs n°9 jun/jui/aoû 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de jun/jui/aoû 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 330) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 7,1 Mo

  • Dans ce numéro : bon pour l'export.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Que sont-ils devenus ? Parcours sans faute Créé en 1959, racheté ensuite par Monsieur et Madame Kühnen en 1974, ce magasin genevois de vente et de fabrication de matériel d’équitation est devenu, en novembre 2008, la Sellerie Kühnen, Successeur Fabienne Panelati. Cinquante années d’un parcours sans faute d’un steeple-chase artisanal et commercial. Pourquoi – et comment – devient-on propriétaire d’un magasin comme la Sellerie Kühnen ? Fabienne Panelati : D’une façon toute naturelle. Genevoise d’origine, j’ai arrêté mes études durant le collège. Je voulais apprendre autre chose et devenir maréchal-ferrant. Il faut dire que mon père m’avait offert un poney qui a été pour beaucoup dans cette vocation. Ne trouvant aucun poste d’apprentie, je suis allée chez M. Kühnen qui m’a engagée pour trois années d’apprentissage. Trois années difficiles car il était très exigeant. Mais il m’a tout appris. Après cet apprentissage, je suis devenue stagiaire chez un peaussier genevois avant de faire un autre stage en bourrellerie (harnais d’attelage). Depuis 1980, je suis sellière diplômée. La seule et dernière diplômée genevoise. Je possède en plus la licence R de dressage et suis compétitrice en attelage degré 3 avec mes deux chevaux. Pour parfaire tout cela, j’ai également suivi la formation de moniteur de société en attelage auprès de la FSSE. Pour quelle raison avoir voulu prendre la succession de la famille Kühnen ? A la fin de mon apprentissage, mon amour de l’indépendance m’a décidée à monter mon propre atelier. L’aventure a duré vingt-quatre ans, durant lesquelles je me suis mariée et ai eu deux enfants. L’intérêt complémentaire de l’atelier, de cette indépendance, me permettait d’être très disponible pour ma famille. Pour en revenir à la sellerie, tout cela s’est fait par hasard. Un jour, ayant besoin d’un renseignement, je suis venue voir M. Kühnen. C’est là qu’il m’a demandé si cela m’intéressait de reprendre sa suite. Après concertation avec mon époux, j’ai accepté. Trois nouvelles années de travail avec les Kühnen. Puis, lors de leur départ à la retraite, une quatrième pour mettre en place la succession. Et maintenant ? Maintenant ? Je suis seule. Et je fais tout. Avec des horaires élastiques qui me conviennent, un mari qui m’aide, un emprunt que je dois rembourser en quatre ans, et plein d’atouts en main. Fabienne Panelati, Sellerie Kühnen 10 Créateurs No 9 On ne peut pas avoir un magasin de sellerie sans connaître les chevaux. Tous les matins, je m’occupe de mes chevaux et de ceux que l’on me confie. Et, à midi, je suis à la boutique, avec les clients. Implantée à Genève depuis que je suis gamine, le monde de l’équitation genevois me connaît. Et mes différents titres au niveau des championnats genevois et romands me donnent une place dans le monde du cheval. Et des atouts importants. Lors de ma demande d’emprunt, l’un de mes principaux arguments est que Genève possède la plus forte concentration de chevaux d’Europe. En y ajoutant les départements français de l’Ain et de la Haute-Savoie, vous obtenez la plus forte concentration de chevaux au monde ! Il y a donc ici un formidable potentiel ! Comment voyez-vous l’avenir ? Disons que « ma petite entreprise ne connaît pas la crise » puisque les gens décident à nouveau d’entretenir leur matériel. Ou, s’ils achètent un cheval, préfèrent investir dans la fabrication d’un équipement qui durera toute la vie de l’animal. Je me dois donc de continuer à investir. Du reste, je n’ai pas le choix. Avec l’emprunt que je viens de faire, aidée en cela par la Fondetec, je dois poursuivre la route. Le magasin aura cinquante ans cette année. Belle occasion de fêter cela, de poursuivre et dynamiser la transformation déjà entreprise. Lorsque mon emprunt sera remboursé, mon mari, Alain Panelati, écuyer diplômé, juge de brevet, viendra me rejoindre. Pour l’attelage, nous travaillons déjà ensemble. Nous sommes donc habitués à œuvrer en équipe, à nous faire confiance dans les situations difficiles. Du reste, la seule fois où je me suis « couchée » avec l’attelage, il n’était pas là. Un signe, n’est-il pas ? Face à la concurrence, comment vous positionnez-vous ? La concurrence n’est pas un problème. De la vingtaine de selleries à Genève, lors de la création de la Sellerie Blanchard, en 1959, je suis la dernière en activité. Et il y a quatre autres magasins d’équitation. Pour bien comprendre l’attente du client, il faut être au moins semi-professionnel afin d’apporter explications et solutions adéquates. Comme les hommes, les chevaux ont leur propre personnalité, difficile à cerner sans l’expérience. Comparativement à mes concurrents, je possède cet atout. Ma clientèle le sait. Le fait d’avoir été propriétaire d’une douzaine de chevaux me permet d’être « de bon conseil ». L’expérience est derrière. Je reste donc confiante en l’avenir, même avec cette crise. Pour le moment, l’objectif est de trouver quelqu’un pour tenir le magasin. Développer l’atelier. Trouver un apprenti, le former. Et même si j’ai encore vingt ans devant moi, penser à ma succession. Propos recueillis par Jean Michel Garnier Carte de visite de la Sellerie Kühnen en page 49
Que sont-ils devenus ? Largeur.com voit plus large Crise du marché publicitaire, transformation des modes de consommations, restructurations massives : les dix dernières années ont été particulièrement agitées dans le secteur des médias. L’agence de presse Largeur.com, fondée en 1999 et tout de suite soutenue par Genilem, a traversé les tempêtes malgré le vent défavorable des marchés et les multiples écueils conjoncturels. Pierre Grosjean et Gabriel Sigrist, les deux capitaines, racontent comment ils ont consolidé leur navire. Quelle est l’activité de Largeur.com ? Largeur.com : Notre activité historique reste la publication et l’animation de notre magazine en ligne, Largeur.com, un site internet d’informations et de chroniques. Mais nous fonctionnons surtout comme une agence de presse, qui vend du contenu éditorial à haute valeur ajoutée (enquêtes, interviews, articles de fond) aux grands éditeurs suisses, notamment pour des magazines comme L’Hebdo (Ringier), Bilan (Edipresse) ou PME Magazine (Axel Springer). Depuis un peu plus de 5 ans, notre croissance est essentiellement alimentée par le secteur du « custom publishing », c’est-à-dire la création de magazines clés en main pour des entreprises. Nous fabriquons une dizaine de périodiques, à plus ou moins large diffusion, dont le mensuel BabooTime de la compagnie d’aviation éponyme, la revue de luxe Trajectoire ou le magazine scientifique Reflex (pour le compte de l’EPFL). En 1999, vous semblez avoir fait œuvre de pionnier en anticipant le transfert de la presse papier sur le web. Comment vous êtes-vous lancés et pour quelles raisons ? Journalistes au quotidien Le Temps, nous avions participé au développement du site internet du journal, et nous avons rapidement réalisé le potentiel énorme des médias en ligne. Mais, comme beaucoup, nous avons surestimé la migration du marché publicitaire des médias traditionnels vers l’internet. Ce transfert budgétaire a eu lieu, mais de manière beaucoup plus lente et faible que nous l’avions anticipé ! En plus, avec la multiplication des sites, et la concurrence de géants nationaux (Bluewin) ou mondiaux (Google), les prix des annonces online se sont effondrés, rendant la rentabilité du secteur particulièrement difficile, en particulier sur un petit marché comme la Suisse romande. Paradoxalement, les prix de la publicité dans les journaux sont restés plutôt stables, malgré la baisse des volumes. C’est pour cette raison que vous faites aussi du papier ? Le marché nous a forcé la main ! Notre modèle économique initial ne fonctionnait pas. Nous avons réalisé que les compétences journalistiques de notre agence avaient une valeur en dehors de notre magazine online, et que contenu éditorial pouvait être vendu pour animer des sites d’éditeurs ou d’entreprises. Cependant, après l’explosion de la bulle internet, les investissements dans le contenu online ont considérablement diminué. Nous avons donc décliné cette activité d’agence de presse auprès d’éditeurs papier, qui achetaient nos articles pour alimenter leurs publications. L’étape suivante a consisté à développer, en plus des articles, la production complète de magazines et de suppléments : maquettes, photos, mise en page, traduction, correction, photo… Si besoin, nous coordonnons aussi, avec nos partenaires, la vente de publicité, l’impression et la distribution, afin de proposer un service complètement intégré à nos clients. En organisant une rédaction non plus autour d’un titre mais autour de plusieurs, vous avez considérablement changé la façon de travailler des journalistes, non ? La structure des éditeurs modernes consiste en effet à constituer une seule rédaction qui travaille pour plusieurs supports (mensuels, hebdomadaires, site internet, etc.). Nous avons, en quelque sorte, anticipé cette tendance. Dans notre équipe de 15 personnes, nous employons des journalistes spécialisés (notamment en sciences ou en économie) et généralistes, mais nous pensons que les rédacteurs doivent pouvoir s’adapter à des publications et des sujets très variés. Cela rend aussi leur travail plus diversifié et stimulant intellectuellement. Par ailleurs, une rédaction ainsi organisée permet d’augmenter la productivité. Dans les rédactions qui fonctionnent Gabriel Sigrist au premier plan, Pierre Grosjean au second ‘à l’ancienne’chaque article coûte relativement cher à l’éditeur. En faisant appel à notre agence, un rédacteur en chef bénéficie de la créativité et de la force de proposition de toute une équipe, à un tarif beaucoup plus avantageux que ce que lui coûte un salarié. Bref, notre modèle répond aux besoins des éditeurs modernes qui peuvent, en travaillant avec nous, maintenir une qualité éditoriale très élevée tout en réduisant considérablement leurs coûts fixes. Comment voyez-vous la suite ? Nous venons de créer LargeNetwork, une nouvelle identité pour notre agence de presse, car nos clients confondaient souvent notre activité de fournisseur de contenu et celle d’éditeur du magazine en ligne Largeur.com. Désormais, les deux identités seront distinctes. Par ailleurs, nous venons d’établir un partenariat avec l’agence alémanique Infel qui se spécialise, comme nous, dans la fabrication de magazines d’entreprise. Pour plusieurs grands clients nationaux, nous travaillons main dans la main avec Infel, ce qui nous permet de proposer une couverture nationale, et surtout bilingue. Nous travaillons déjà en russe et en anglais pour certains clients mais, en Suisse, il était indispensable de bénéficier d’une tête de pont en Suisse alémanique. Ce partenariat ouvre des perspectives très encourageantes pour notre activité. Le LargeNetwork va donc continuer de s’élargir ! Propos recueillis par Frédéric Vormus Créateurs No 9 11 Fred Merz/Rezo



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