Créateurs n°8 mar/avr/mai 2009
Créateurs n°8 mar/avr/mai 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de mar/avr/mai 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 330) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : que faire du business plan ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Profils de créateurs Une inflation basse pour rassurer la classe politique ? Prof. Dr. Hans Wolfgang Brachinger Docteur Brachinger, vos compétences sont reconnues bien au-delà de nos frontières. On dit même que, dans le monde des statistiques, vous êtes la nouvelle coqueluche… Comment le Professeur est-il devenu chef d’entreprise ? Docteur Brachinger : Votre compliment me flatte, mais je ne pense pas être devenu la nouvelle coqueluche du monde des statistiques. J’en veux pour preuve mes recherches sur l’inflation perçue, jugées beaucoup trop provocatrices par certains de mes collègues… Face à la demande actuelle en matière de consultation statistique économique et de développement, notamment suite au renchérissement, je n’ai eu d’autre choix que de créer une nouvelle structure, une spin-off à l’Université, hébergée, et accompagnée par Fri Up. Pour rappel, la tâche principale de l’Université est la recherche, non la mise en pratique de connaissances scientifiques ! Vous avez mesuré l’inflation perçue du fonds de commerce en introduisant le paramètre subjectif (loss aversion), introduit par le Prix Nobel 2005, Daniel Kahneman. Pour ce faire, vous avez effectué une pondération des différents biens selon leur fréquence d’achat puis doublé le montant de la hausse effective des biens qui ont augmenté. En quoi cette méthode de calcul a suscité la polémique, notamment Outre-Sarine et en Allemagne ? Notre indice de l’inflation perçue (IIP) quantifie l’ampleur de l’inflation perçue par l’acheteur lors de ses achats quotidiens. Il est basé sur les hypothèses que vous avez mentionnées. En 2004, nous avons formulé ces hypothèses ad hoc pour la première fois dans un article de la NZZ, sans toutefois vérifier leur validité empirique, ce qui a suscité les foudres de la banque nationale allemande. Aujourd’hui, des études empiriques montrent que nos hypothèses sont raisonnables. Et je constate que les taux d’inflation élevés, indiqués ces derniers mois par notre IIP, ne plaisent pas forcément aux politiques… 6 Créateurs No 8 Avec le soutien du Réseau Economique Fribourg et de Fri Up, le Prof. Dr. Hans Wolfgang Brachinger et son statisticien Rolf Kaufmannont lancé l’an dernier CEStat.ch, un centre de recherche en statistiques économiques. Eclairage sur leurs recherches statistiques dans un monde économique en crise. Vous avez critiqué ouvertement le baromètre officiel du renchérissement qui évolue, selon vous, dans un nirvana psychologique. Pour Monsieur Prix, Rudolf Strahm, le problème principal n’est pas l’évolution des prix mais la problématique actuelle des prix élevés. Que lui répondez-vous ? J’ai critiqué les indices officiels des prix à la consommation, car ils ne prennent pas en considération la perception de l’inflation par les acheteurs. Il faut distinguer le problème de la hausse des prix de celui du niveau des prix. La cherté en Suisse est un problème récurrent, qui ne date pas d’hier. Le problème des taux d’inflation élevés n’a fait son apparition que récemment. Depuis l’année dernière, les prix ne cessent de grimper, relativement fortement. Ils sont aujourd’hui au centre des préoccupations des consommateurs. Au niveau élevé des prix vient maintenant s’ajouter une forte inflation ! Ce n’est pas pour rassurer les consommateurs… Fin 2007, Rudolf Strahm a dit haut et fort que le renchérissement devrait rester en-dessous de 2% en moyenne annuelle. L’Office fédéral de la statistique (OFS) l’avait même estimé à 1,7%. En juin dernier, il a été révisé à 2,5%… Pile dans vos prévisions ? Exact. Nous avons pronostiqué à la fin de 2007 une hausse des prix pour 2008 beaucoup plus importante que tous les instituts et institutions politiques à l’instar de l’Office fédéral de la statistique (OFS), du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) et de Monsieur Prix. La politique a tout intérêt à ce que l’inflation soit basse. Pour moi, il était clair que les espoirs d’une baisse rapide de l’inflation étaient prématurés. Quel regard portez-vous sur 2009 ? Il ne fait aucun doute que l’année 2009 s’annonce difficile pour l’économie mondiale. La crise bancaire et financière nous occupera encore longtemps. Comme expert en inflation, j’y vois toutefois une lueur d’espoir : cette dernière n’a pas été aussi basse depuis longtemps. Au début de l’année, nous avons constaté en Allemagne que les prix des cinquante biens de consommation les plus achetés, allant des denrées alimentaires au carburant, ont baissé de plus de 1%. Une première depuis que nous observons l’évolution de leurs prix, à savoir 1996 ! A la même époque en Suisse, Migros, Coop et Manor ont baissé le prix de ces biens. Une bonne chose pour le moral des consommateurs de ces pays… Vous avez intégré la pépinière de Fri Up au début de l’année 2008. Que vous apporte cet organisme de soutien ? Une excellente infrastructure nous est mise à la disposition par Fri Up à des conditions très favorables, avec secrétariat central et moyens logistiques appropriés. Plus important, le conseil avisé en gestion d’entreprise de notre coach personnel, M. Eric Schmidt. Cela concerne en particulier l’administratif, l’orientation stratégique et toutes les tracasseries financières (impôts, assurances, forme juridique, etc.). Propos recueillis par Véronique Monney Carte de visite de CEStat.ch en page 37
Tout est difficile mais tout est réalisable Titulaire d’un certificat de technicien architecte et chef de chantier, d’une licence en botanique et en géologie ainsi que d’un MPA (master en administration publique), Daniele Oppizzi a un parcours professionnel peu banal qui l’a conduit à la création de la société ILAND green technologies SA à Neuchâtel. Daniele Oppizzi, vous avez travaillé plusieurs années à l’Office fédéral de l’environnement avant de lancer votre propre entreprise. Quel a été l’élément déclencheur ? Daniel Oppizzi : Au début de ma carrière, j’ai intégré des bureaux d’architectes et surtout géré des chantiers. L’arrivée des solutions solaires pour les bâtiments m’a permis un premier contact avec cette technologie. Pendant mes années à la Confédération, j’ai gardé un poste à temps partiel comme co-directeur et chargé d’enseignement à la formation continue en écologie et sciences de l’environnement à l’Université de Neuchâtel. En 2006, j’ai eu envie de revenir à l’entrepreneuriat. J’avais besoin de matérialiser mes idées, notamment mes projets de solutions photovoltaïques. Daniele Oppizzi Profils de créateurs Et qu’avez-vous conçu ? Un kit prêt à l’emploi et facilement transportable. Un tube d’un mètre de long et de vingt centimètres de diamètre dans lequel sont inclus quatre à huit lampes de technologie LED, un panneau solaire souple, une pompe à eau ainsi qu’une série de prises pour charger entre autres un téléphone portable, un ordinateur ou même un GPS. Comment vous est venue l’idée ? Un programme étatique marocain, qui visait à apporter de l’électricité à tous les foyers hors du réseau électrique, avait permis de les équiper de panneaux solaires. Ce programme allait s’étendre à d’autres zones en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud mais le système devait être amélioré. En effet, les panneaux solaires rigides et lourds étaient difficiles à installer, sensibles aux intempéries et sujets aux vols. Il fallait trouver un système capable de produire de la lumière mais également de charger un téléphone portable tout en étant facile à utiliser et à ranger. J’ai immédiatement pensé que concevoir un tel produit serait le challenge de ma vie. Comment s’est passé l’année précédant la commercialisation du kit photovoltaïque ? Elle a été très intense. Il fallait tout d’abord trouver un financement pour réaliser le premier prototype. Heureusement, mon projet a été très bien accepté. Les banques m’ont soutenu et j’ai reçu l’aide d’organismes de soutien comme Finergence, Neode et CCSO. Une fois les fonds obtenus, la charge de travail augmente de manière exponentielle. Il faut développer le produit et en parallèle travailler sur la gestion, le marketing, la stratégie de pénétration des marchés. Cela représente 15 heures de travail minimum par jour. Lorsqu’on lance sa start-up, tout est difficile mais tout est réalisable. Pour vous, quelle est la clé du succès d’un entrepreneur ? Premièrement, il faut avoir une très bonne idée. Puis établir un business plan solide et crédible avant de contacter les financeurs potentiels. Finalement avoir un bon réseau. Ce travail est facilité avec les années, car on connaît beaucoup plus de monde. Le réseau est souvent la clé du succès. Et il ne faut jamais oublier de se vendre autant que l’on vend son produit. Les financeurs suivent l’idée et le porteur de projet en même temps. Et maintenant ? Le kit photovoltaïque est commercialisé depuis février, il faut savoir être réactif et innovant. Je dois gérer l’évolution de mon entreprise et je garde en mémoire qu’un seul produit ne suffit pas à faire perdurer une société. Pour cette raison, je travaille déjà sur de nouvelles idées. Propos recueillis par Sophie Haerri Carte de visite de Iland green technologies en page 34 Créateurs No 8 7



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