Créateurs n°8 mar/avr/mai 2009
Créateurs n°8 mar/avr/mai 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de mar/avr/mai 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 330) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : que faire du business plan ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Sociophile Trajets, une Entreprise Sociale d'Insertion (ESI) Les ESI Durant ces dernières décennies, la pression à la concurrence est devenue si forte que la plupart des entreprises ont dû limiter leur part d’action sociale directe : disparition des « petites mains », des personnes affaiblies avec une productivité devenue restreinte pour cause de maladie ou de problèmes personnels. L’optimisation des coûts et le souci de rentabilité ne permettent plus, trop souvent, d’assurer cette part intégrative naguère dévolue aux entreprises traditionnelles. La montée du chômage, la diversification des populations marginalisées (migrants, jeunes sans formation et désinsérés socialement, etc.) a révélé des besoins nouveaux. Pour les professionnels de l’insertion, il est apparu absolument indispensable de créer des structures ponts entre le monde de l’emploi – donc de l’entreprise – et celui des institutions sociales : les entreprises sociales d’insertion. Bref, passer d’une prise en charge caritative à une action intégrative, basée sur la responsabilité individuelle et un réel partenariat avec la personne demandeuse d’une insertion professionnelle. Une nouvelle vision de la répartition des tâches s’est progressivement imposée entre les services publics et les organisations privées en fonction de critères d’efficacité de l’intégration et d’efficience. Ces passerelles vers le marché de l’emploi ou comme emploi adapté s’avèrent être aujourd’hui en Europe la stratégie la plus efficace pour assurer l’intégration des personnes en difficulté, relevant de statuts administratifs très différents (chômeur, invalides, etc.) et ayant en commun le besoin et la volonté de travailler pour exister. L’ESI se veut un outil performant de formation, d’expérimentation et de réhabitude progressive à un environnement pas toujours simple – le monde du travail –, ni forcément accueillant ou facile à appréhender. Ce lieu est donc calqué sur les entreprises normales de production de biens ou de services, mais y intègre ses propres « amortisseurs » adaptés à des usagers en difficulté s’inscrivant dans une volonté d’accession ou de retour dans le monde du travail. Il faut une marge de tolérance aux irrégularités des débuts de démarches pour des personnes éloignées généralement depuis longtemps du monde de l’entreprise et confrontées à leurs propres difficultés face à un emploi et des responsabilités. C’est pourquoi les ESI sont au bénéfice d’un double financement, avec une part essentielle de ressources générées par sa propre production et une subvention de complément. La typologie de l’ESI est par conséquent très spécifique, à mi-chemin entre le monde de la production et celui du social. Elle a pour caractéristiques:• L’insertion par l’activité économique• Des outils spécifiques (emplois adaptés, méthodologies d’intégration et d’évaluation, soutien et coaching en entreprises, formation, stages internes et externes)• Une part d’autofinancement structurel de l’entité (entre 50 et 80% de couverture des charges de fonctionnement)• La gestion des risques liés à l’exploitation industrielle ou commerciale• Une base de développement pour la transformation de plusieurs mesures actives du chômage en entreprises d’insertion (Emplois de Solidarité, p.ex.)• Des structures d’approche entrepreneuriale, donc plus à même de développer des outils efficaces de retour à l’emploi (réactivité, évaluation de l’employabilité in situ, etc.)• Une palette de places de travail et d’activités qui offrent à la personne un champ d’expérimentation et de formation• Des organisations privées, sans but lucratif et sans actionnariat, fournissant des prestations commerciales 56 Créateurs No 8 Michel Pluss La Fondation Trajets Active depuis 30 ans à Genève, elle accompagne les politiques sociales autant d’intégration que de prise en charge de personnes souffrant de troubles psychiques. Trajets propose, pour les personnes demandeuses d’améliorer leurs compétences en emploi, 102 places de travail au sein de dix micro-entreprises intégrées à leur quartier, ainsi qu’une pré-entreprise (maillon entre l’atelier occupationnel et le monde de l’entreprise). En complément, elle offre 41 places d’hébergement adaptées avec soutien et un secteur « Loisirs » pour aider les personnes à se retisser un réseau social au travers d’activités sportives et culturelles. Afin d’optimiser les potentiels des usagers, l’ensemble des prestations de Trajets s’inscrit dans ce que nous appelons un « processus dynamique d’acquisition de compétences » basé sur un « parcours d’intégration », incluant:• Des évaluations de l’employabilité et des apprentissages• Une évolution progressive et adaptée par paliers• L’expérimentation, la formation et la responsabilisation de la personne comme axe central du parcours d’insertion L’identité de Trajets est fondamentalement celle d’une entreprise qui propose une dynamique croisée entre la souplesse d’une offre de travail adaptée, liée à des exigences de productivité et de rentabilité financière. Ce double objectif, loin d’être paradoxal, participe au contraire à restaurer le sentiment d’utilité sociale, essentiel pour des personnes qui, malgré une perte de confiance en eux-mêmes, veulent retrouver une place active dans la société. www.trajets.org Michel Pluss, Directeur de Trajets
John Warnock et Charles Geschke : Adobe Les start-up sont très souvent associées à leurs créateurs. Les noms de SteveJobs ou Bill Gates sont inséparables de leur entreprise. Moins connus, John Warnock et Charles Geschke ont pourtant un parcours des plus édifiants. Sans avoir le profil de l’entrepreneur typique (ce ne sont pas des « school dropouts » qui se lancent dans l’aventure entrepreneuriale avant leur 30 ans), John Warnock et Charles Geschke fondent en 1982, à quarante ans passés, Adobe Systems, l’entreprise à l’origine d’Acrobat et Photoshop, deux des logiciels informatiques les plus utilisés au monde. John Warnock De l’imprimante au programme d’imprimante Tout commence dans les années 70, au célèbre Palo Alto Research Parc de Xerox, le fabricant de photocopieuses. Les deux ingénieurs ressentent une frustration de plus en plus grande car, si la recherche de Xerox a permis le développement de la souris, du traitement de texte, de l’email ou du protocole Ethernet, la société est incapable d’en faire des réussites commerciales. Warnock et Geschke ne parviennent pas à convaincre Xerox du potentiel de leurs travaux. « Par peur ou par incompréhension de leur direction » pensent-ils, mais aussi en raison de « leur naïveté de chercheurs devant la difficulté à passer d’un concept ou d’un prototype à un projet commercial ». Ils quittent donc Xerox en 82 et lèvent 2,5 millions de dollars pour développer leur projet : des imprimantes de haute qualité et un système qui permet de les connecter à des réseaux d’ordinateurs. En rencontrant leurs clients potentiels (DEC, Apple), ils découvrent que personne ne veut de leur machine. SteveJobs leur explique qu’il a besoin de leur protocole d’impression, PostScript, pour le Macintosh qu’il développe. Ils changent immédiatement leur business plan. Adobe devient alors une société de logiciel avec la réussite qu’on lui connaît. De bons conseils Leur vision de l’entrepreneur est toute aussi passionnante. S’ils le sont plus devenus par accident que par destin, ils peuvent aujourd’hui conseiller les futurs créateurs. Il faut être toujours flexible, essayer, explorer de multiples solutions, les confronter aux clients, abandonner rapidement les fausses pistes. Constat qu’ils appliquent également à la personnalité du chef d’entreprise : « 99% des fondateurs échouent car ils ne savent pas évoluer et veulent plutôt contrôler. » Passion, prise de risque et confiance en soi semblent les ingrédients majeurs tout comme l’intelligence et le travail : « mais cela n’est pas suffisant. La chance joue aussi un très grand rôle. » ajoutent-ils. Quand il aborde son « grand » âge lors de la fondation d’Adobe, Geschke dit : « Je ne crois pas que diriger une société soit mystérieux. Le fait d’avoir plus de quarante ans a sans doute aidé du point de vue de l’expérience, mais l’essentiel est la vision. » Il faudrait toujours en avoir une, ce qui permet d’avoir un temps d’avance sur le marché, élément nécessaire à la réussite, selon lui : « Je ne suis pas un chasseur mais l’on m’a dit que pour viser un canard, il faut Success story tirer là où il sera, pas où il est. C’est la même chose avec la technologie. Si l’on reste focalisé sur le marché actuel, la solution ne sera pas adaptée aux problèmes au moment de son lancement et la compétition sera très grande ». Les ingrédients du succès De la frustration originelle, cause de leur départ de Xerox au succès d’Adobe, les leçons à tirer sont variées : ne jamais devenir une « one-product » compagnie, la technologie n’est pas simplement transférable. Il faut lui ajouter de la matière grise, engager de bons professionnels et en tant que fondateurs avoir « le potentiel intellectuel, l’honnêteté, l’éthique et les principes qui gouvernent aussi bien vie privée que vie professionnelle ». Quelques lignes pour résumer les ingrédients du succès qui sont multiples, complexes tout en étant simples mais certainement communs à tous les grands entrepreneurs. Hervé Lebret gère un fonds de soutien aux entrepreneurs à l’EPFL. Il est l’auteur du livre « Start-Up » (www.startup-book.com) Prochain article : Bob Swanson : Genentech Créateurs No 8 Charles Geschke Pour en savoir plus : The Revolutionaries : www.thetech.org/exhibits/online/revolution Adobe Systems, Computer History Museum : www.computerhistory.org Founders at Work, J. Livingston, Apress (2007) 57



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