Créateurs n°8 mar/avr/mai 2009
Créateurs n°8 mar/avr/mai 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de mar/avr/mai 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 330) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : que faire du business plan ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Que sont-ils devenus ? Rencontrer les bonnes personnes au bon moment Depuis 1971, la Société FRERI fabrique et assemble des composants mécaniques principalement tournés vers plusieurs secteurs d'activités : médical, horlogerie, hydraulique/pneumatique et machines outils/composants pour le sport automobile, l'aéronautique et diverses autres applications. Freri Industries réalise des pièces allant du prototype à la grande série, de la pièce seule au montage complet. L’entreprise propose également la gestion de la totalité des opérations de sous-traitance telles que le polissage, le traitement thermique, le traitement de surface et l’assemblage. Son service méthodes guide le client dans ses choix technologiques en collaborant dès la prime conception du produit. La grande force de Freri est d’avoir une parfaite maîtrise de toutes les tâches. Malgré son professionnalisme et trente sept ans d’existence la société a traversé une forte bourrasque dont elle vient de sortir vainqueur. Marco Freri, son directeur et Audrey Schmidt de Quest Partners livrent leur témoignages. Que s’est-il passé ? Marco Freri : Tout s’est bien déroulé jusqu’en 2003/2004. L’entreprise était orientée vers la production de grandes séries pour deux clients principaux mais, devant les pressions de délocalisation, nous avons dû baisser nos prix. L’erreur à ne pas commettre. Durant huit mois, nous avons tout fait pour tenir. En 2004, il nous a fallu réorienter l’entreprise vers une production à forte valeur ajoutée de petites séries, très spécifiques. Pour ce faire, nous avons dû changer tout le parc machine et former de nouveaux opérateurs à ces nouveaux produits de niches. Ces choix stratégiques font qu’aujourd’hui nous avons le potentiel technique et le portefeuille clients que nous avons. Mais ce genre d’évolution est lourd à mener. Et long… Ces lourds investissements et ce changement drastique d’orientation ont conduit l’entreprise à des difficultés financières auxquelles nous n’aurions pas survécues si je n’avais pas été mis en contact, en mai 2008, avec Audrey Schmidt, de Quest Partners, qui a réagi en quelques jours. Audrey Schmidt : Il est vrai que l’entreprise se trouvait dans une situation financière difficile. La société était quasiment en faillite, les pertes engrangées importantes. Mais l’outil de production était excellent et les employés très motivés. Il fallait donc réagir extrêmement vite. Engager une restructuration, certes, mais surtout développer l’apport de nouveaux clients. Avant tout, il a fallu vérifier les bonnes dispositions de la clientèle. En effet, nous devions déterminer si, une fois le problème réglé, nous pourrions compter sur le renouvellement de leur confiance. En faisant le tour de la clientèle, nous avons bénéficié d’un incroyable soutien. Un client important est même allé jusqu’à nous écrire une lettre contenant une prévision de chiffre d’affaires sur les douze prochains mois. Extraordinaire ! Mais le succès de cette visite des clients, nous le devons à Marco Freri, qui eut l’honnêteté de leur dire en début d’année ce qui se passait, de ne jamais cacher la vérité, de jouer « carte sur table » avec eux. Nous avons ensuite étudié l’ampleur de la dette et du passif. Il était important et menaçant. D’où la mise en place d’un sursis concordataire extrajudiciaire qui permettrait de réussir la recapitalisation indispensable pour la remise en route de Freri. Les créanciers ont tous accepté d’abandonner 50% de leurs créances contre un engagement de notre part de travailler avec eux dans l’avenir. Mais il fallait retrouver des fonds supplémentaires pour assurer le développement futur de l’entreprise. C’est ici qu’est intervenue la FAE. Là encore, il faut saluer ces gens. Nous étions début juillet. Ils partaient en vacances. Quand nous leur avons dit « il y a une superbe entreprise dans le canton de Genève, qui fait de la sous-traitance, et 23 emplois à sauver… que peut-on faire ? » … ils ont été incroyables. Ils ont étudier le dossier et, à la rentrée, ont mis à disposition les fonds sous la forme d’une augmentation de capital et sous celle de cautionnement d’un prêt auprès du Crédit Suisse qui, lui-même, a joué le jeu en maintenant la ligne de crédit et en octroyant ce prêt supplémentaire. Ainsi, nous avons pu repartir sur des bases plus saines, une grande partie du passé apurée, le reste étalé sur le futur. Les très lourds investissements en machines outils arrivent à échéance en 2009 et les commandes sont toujours là. Par rapport à juin 2008, nous avons triplé leC.A. dès septembre de la même année. Qu’est-ce qui a été important ? A.S. : Dans tout ce processus, le plus important est l’équipe mise en place et le partage des tâches. A Marco Freri la production. A Quest Partners, la finance et le démarchage commercial, des tâches qui n’étaient pas le point de M. Freri mais le terrain avait été déjà superbement bien préparé avec la relation clients 54 Créateurs No 8 et fournisseurs qu’il avait réussi à instaurer. Et puis, la rôle de la FAE qui a fait un superbe travail dans son rôle d’actionnaire actif « à valeur ajoutée » de Freri Industries. Elle le fait encore, en nous aidant à augmenter nos relations clients par exemple. Elle n’est donc pas pour nous un simple investisseur. Avec eux, c’est un travail d’équipe très appréciable que nous avons accompli. Quelle a été la fonction de Quest Partners ? A.S. : Je vais d’abord vous dire qui nous sommes. Quest Partners a été créée en 2000 par des personnes principalement issues du milieu de la finance, de l’industrie et de l’entrepreneuriat, Quest Partners a initialement déployé une activité de services, aidant des gens qui souhaitaient vendre leur entreprise, ou des investisseurs voulant entrer dans des start-up ou des reprises. En 2004 et forts de plusieurs missions accomplies avec succès pour des clients, nous avons décidé d’agir pour notre propre compte. C’est ainsi que nous avons démarré une activité de prise de participations dans laquelle nous investissons tout ce que notre activité de service génère. Nous détenons actuellement cinq entreprises. Sur le plan industriel, Freri Industries est notre première société. Mais ce n’est qu’un début. Monsieur Nicolas Aune, Secrétaire Général de l’UIG, nous a approchés dans le cadre d’une reprise de Freri. Comprenant qu’il fallait régler un problème ponctuel par un apport de fonds et un engagement proactif au sein de l’entreprise, nous avons investi. Nous étions confiants de pouvoir, avec Marco Freri, redresser la barre et assurer la pérennité de Freri c’est pourquoi nous nous sommes lancés dans l’aventure. Et actuellement, quelles sont les perspectives de Freri Industries ? M.F. : Dans la mécanique le marché demande de plus en plus un produit fini. Le client ne veut plus ventiler sa production entre plusieurs fournisseurs ce qui implique que le fournisseur doit augmenter son niveau de qualité, de structure d’encadrement, de suivi des opérations, etc. Avec l’aide de Quest Partners et de la plateforme mise en place, nous avons accès à des donneurs d’ordres que, tout seul, Freri Industries ne pouvait pas avoir. Ils me permettent, en allant dans ce sens, d’avoir des donneurs d’ordres plus importants, de participer au développement de leurs produits et, en montant à niveau, de devenir dépositaire de leurs produits pour la fabrication. Chose quasiment impossible auparavant. A.S. : C’est pourquoi la certification est indispensable. Raison, chez Freri Industries, des certifications ISO 9001 et ISO 13485. Dans l’horlogerie par exemple, sans cette certification il est quasiment devenu impossible de travailler pour les très gros clients. Nous réfléchissons même à une étape supplémentaire ; d’autres certifications arrivent. Et nous essayons de nous diversifier le plus possible. Aujourd’hui, nous sommes assez fort dans le médical, ce qui nous permet de passer la crise actuelle. Nous allons poursuivre dans ces marchés de niche de développement puisque nous voyons, principalement dans le médical, que nos clients veulent faire la R&D, travailler leurs concepts et avoir quelqu’un qui s’occupe de toute la production. Plus on peut leur offrir cette possibilité, plus ils sont satisfaits. Et plus nous aurons de commandes. Propos recueilli par Jean-Michel Garnier FRERI Industries Pré-de-la-Fontaine 15 1217 Meyrin/GE Tél. 022 782 82 96 Fax 022 782 95 03 Quest Partners SA Rue de Candolle 14 1205 Genève Tél. 022 322 16 00
T&D Groupe : dans l’investissement T&D procède à une augmentation de capital pour investir dans des sociétés technologiques. Rencontre avec YannBoulbin, l’un de ses quatre principaux actionnaires. Quel type d’entreprises recherchez-vous ? Quel montant comptez-vous investir et sous quelle forme ? Yves Boulbin : Nous recherchons des entreprises actives dans l’élaboration de software et/ou dans la prestation de services à forte valeur ajoutée dans les domaines du conseil, de l’expertise technique, de l’assistance à maîtrise d’ouvrage, de l’architecture des systèmes d’informations, de l’administration système et réseaux, de progiciels de gestion intégrée, de l’aide à la décision et du web collaboratif et marchand, c’est-à-dire qui génèrent des revenus récurrents et engagent leurs clients sur une assez longue période. Les sociétés devraient idéalement se situer dans l’arc lémanique, mais la France dispose de pôles technologiques intéressants tels Sophia-Antipolis, Poitiers ou Nancy. Au niveau des sommes, nous n’allons pas investir des montants supérieurs à CHF 500 000, ils oscilleront plutôt entre CHF 100 000 et 200 000. L’investissement prendra la forme d’une augmentation de capital, ce qui nous permettra d’entrer dans la société. Nous souhaitons accompagner les entreprises sur une période de trois à cinq ans, afin de participer à leur développement et à leur projet. Souvent, nous rencontrons des produits ou des services mais pas une notion de projet d’entreprise forcément bien définie. Les créateurs ont des difficultés pour se projeter dans l’avenir. Nous voulons les aider dans leur stratégie industrielle, commerciale et marketing. Est-ce facile de trouver de telles entreprises ? Non, sûrement pas, mais nous cherchons bien. Il s’agit de trouver trois entreprises par an. Nous visons des sociétés de cinq à dix personnes, qui ont déjà des clients et dont les produits fonctionnent. C’est pour nous une notion importante. Nous n’entrons pas sur des brevets, car il y a déjà beaucoup de demandes pour ce type de projets. Nous préférons aller vers des sociétés positionnées un peu en-dessous, mais dont les produits et compétences sont intéressantes. Yves Boulbin D’ici et d’ailleurs Vous n’arrivez qu’au deuxième stade de financement ? Pourquoi ? Notre but est de financer et accompagner le développement commercial, parce que c’est ce que nous savons faire. Avec mes associés, nous avons réalisé ce parcours du créateur. Nous avons fondé puis dirigé notre société Aubay technologie pendant vingt ans. Elle est passée d’une petite start-up à une grande entreprise cotée en bourse, qui occupe 2000 employés. Nous avons tous des compétences complémentaires. Patrick Prévost, qui est ingénieur, sait prendre son temps pour analyser les sociétés, Eric Bocquet est le financier rigoureux, Pierre-Henri Froidevaux est le juriste. Quant à moi, je m’occupe des relations avec les investisseurs. Nous voulons partager notre expérience avec des gens qui pourraient se développer mais qui n’en ont pas les moyens. Il s’agit parfois d’une somme minime. On leur apporte du financement et notre expérience. En fin de compte, c’est ce qui nous importe. De son côté, T&D Groupe cherche aussi de l’argent, dans quel but ? Nous avons nos fonds propres mais, pour continuer à investir, nous avons décidé de faire une augmentation de capital de CHF 3 millions, ouverte à nos actionnaires actuels et aussi au grand public. Nous la lançons au mois de mai. C’est une démarche classique d’entrepreneur que de faire entrer des capitaux pour conforter ses fonds propres et ensuite investir dans des sociétés. Vous promettez 10% de rendement annuel. Quel est votre business model ? Nous prenons des participations dans des entreprises dans lesquelles nous restons au minimum trois ans. A la fin de la période prédéfinie, elles peuvent nous racheter nos parts. C’est là que nous réalisons notre plus-value. Je pense que les entreprises auront besoin de nos services car les banques sont devenues encore plus frileuses. Dans le quotidien, rien n’a changé : les sociétés continuent de travailler, d’inventer et de préparer l’avenir. Il faut être optimiste. Le négativisme engendre la crise. Il faut sortir de ça. Nous nous mettons à la place des jeunes entrepreneurs et voulons aller vers eux. Du coté des actionnaires, ils viennent de prendre une grande claque. Ils achètent des produits, des fonds sans s’impliquer réellement. Les comportements vont changer. Les investisseurs vont davantage s’impliquer. C’est pourquoi ils voudront investir dans l’économie réelle, dans l’innovation, dans la création d’emplois et de valeurs. Votre taux de rendement est aussi lié aux risques. Comment faites-vous pour les juguler ? Le risque, c’est se tromper d’homme. Il y a bien sûr le produit mais nous misons essentiellement sur l’entrepreneur. Nous devons voir si cette personne sera capable d’amener son entreprise d’un point à un autre. Peutêtre que dans une phase prochaine, il y aura d’autres gens mais c’est lui qui va faire ces trois ans. Nous ne cherchons pas à nous en débarrasser, au contraire nous cherchons à le consolider. Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une attente. Les entrepreneurs recherchent des conseils et de l’écoute, plus que de l’argent. Il y a un côté vieux combattant qui nous amuse. Nous partageons notre expérience mais nous ne sommes pas des philanthropes. Nous faisons ça pour gagner de l’argent et aussi pour en faire gagner ! Propos recueillis par Frédéric Vormus Créateurs No 8 55



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