Créateurs n°8 mar/avr/mai 2009
Créateurs n°8 mar/avr/mai 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de mar/avr/mai 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 330) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : que faire du business plan ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 24 - 25  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
24 25
Fiche théorique Un quatuor pour ne pas détonner Quelques La gestion de micro groupes fait l’objet de règles de base et exige une tournure d’esprit qui n’a pas grand chose à voir avec la gestion des grand ensembles mastodontiques, celle Armand Lombard dite par Harvard ou d’autres Hautes Ecoles de management. Mais faut-il rappeler que 300 000 entreprises en Suisse rassemblent moins de 10 salariés et que seules 600 en comptent plus de 500. Les règles de la petite structure, extrêmement diverses et de consonances variées, sont donc immensément majoritaires dans le paysage industriel et des services. Elles sont à inventorier, à analyser, à décortiquer… et à pratiquer. En sus d’innombrables séminaires « ultra didactiques, avec support inclus » assez formels, il existe des instruments originaux capables, avec punch et surprise, de transmettre ce savoir. En observant un quatuor à corde par exemple, on apprend, règles universelles, qu’il faut écouter ses comparses avant d’imposer un tempo, qu’il faut évoluer en fonction des compétences individuelles des membres, composer avec les tensions et les humeurs de chacun, avec leurs bêtises et leurs traits de génie, jouer de la constance d’un tel ou de l’imprévisibilité d’un autre. « Pour une bonne musique, il faut une gestion d’écoute et de composition », expose en une causerie vivifiante le quatuor Annesci. Visant comme lui l’harmonie et la pérennité, les petites unités, qu’elles soient entrepreneuriales, politiques ou familiales, gagnent ainsi en qualité, « fabriquent du son » en le chargeant de sens avec des notes renouvelées. Un des musiciens est-il mal luné, mentionne le premier violon, le travail s’en trouve pénalisé. Il s’agit dès lors à ceux qui sont en bonne forme de poursuivre la route du son, comme si de rien n’était et, sans dramatiser, de tabler sur le retour inéluctable du « fâché » au bercail en de meilleurs sentiments ! La présence d’un chef dans une équipe semble évidente. Le pater familias a de tous temps été la pièce maîtresse, non ? Chez les romains, dans le féodalisme, dans le machisme des grandes structures, il est considéré comme l’évidence. Dans le nano groupe toutefois, il est négatif car il ne laisse pas se former une harmonie. Dans la quête d’une solution, il n’oblige pas chacun des participants à se sublimer et incite à la simple acceptation passive. L’adolescent non accepté par le père tout-puissant glisse en destruction. Le cadre que son patron écrase gère de façon grise et sans apporter au groupe ses compétences propres. Le « senior » tout puissant ne peut compter que sur l’effet limité de ses décrets, carrés et unilatéraux, et prive le groupe des accords qu’une gestion commune fait naître. 24 Créateurs No 8 aspects d’une causerie sur la gestion donnée récemment par le quatuor Annesci pour les cadres de DebioManagement à Lausanne. Accords et une musique ailée ! Un couple, cela fait 2, une équipe de chercheurs, ça peut commencer à 3, une famille de deux enfants ou bien alors un quatuor, on en est à 4, et dans les entités minimes et les petites entreprises cela ne va guère au-delà de 7 à 10 personnes, 7 membres d’un gouvernement ou 10 membres d’un conseil d’administration, par exemple. Tous ces ensembles de petit gabarit et souvent de grand pouvoir usent de procédures propres de gestion, analogues et ciblées, pour durer, pour aller de l’avant, pour délivrer de la qualité, pour assurer l’emploi et créer des revenus. Aurait-on songé à les aborder par le truchement de la musique ? Un métronome devrait, de l’avis de nombreux musiciens, être utile pour assurer un même tempo et atteindre ensemble la dernière mesure. Dans l’entreprise, on se réfère à des protocoles-métronomes « qui ont fait leurs preuves ». Pourtant, à y bien regarder, le métronome mène inéluctablement à une ritournelle sans âme, impropre à l’évolution, il est l’instrument des bureaucraties dont Charlie Chaplin a montré l’absurde répétitivité. Bridé par le tic-tac inflexible, où donc dès lors pourrait intervenir le « plus » que devrait apporter le quatuor à corde cher à Haydn, la petite équipe inventive ? Là où le quatuor devrait être un organisme vivant, il n’y aurait plus, avec un métronome régulateur, qu’une machine sans fraîcheur, une partition sans nuances, un rituel sans connivence. Place plutôt à l’écoute réfléchie ! Tout groupe, une fois sa voie bien tracée, a tendance à se mettre sur métronome, sur protocole fixe et sur « pilote automatique », alors que pour éviter le rabâchage sans charme, le violoncelliste affirme qu’il s’agit de faire retour sur soi-même, revenir à son intériorité pour retrouver le plaisir, pour être à même de faire chanter son moi interne, de réinventer demain. Approches durables du marché « Quoi qu’il en soit, remarquerait un chef d’entreprise ordinaire, on ne peut comparer les objectifs d’un quatuor à cordes avec ceux d’une entreprise. Cette dernière a ses objectifs de production et de vente, elle doit approcher son marché alors que les musiciens font de l’esthétique et de l’harmonie. » – Tout de travers, répond Annesci. Le quatuor a une exigence de qualité, pour le plaisir bien sûr, mais pour être demandé par un public et par des impresarios. Le quatuor veut durer, lui aussi, comme une entreprise. Milliers d’heures de mise au point pour 4 individualités à réunir, symbiose de 4 caractères et affinités à découvrir afin d’atteindre une présentation « goûteuse » sans qu’une œuvre ne devienne jamais routine. Une présentation transpirant l’ennui verrait s’éloigner le public/le client, et par conséquent les recettes. A l’image de l’entreprise en démarrage ou à celle d’une entité décisionnelle, il s’agit d’inventer, de tester, de saisir la compétence de chacun des acteurs. Sans une quête constante de l’offre la plus originale ou la plus adaptée, de la méthode et de l’approche, le jeune créateur ou le groupe entrepreneurial ne sauront atteindre leur marché ni trouver qualité et rentabilité. – Tout de même, interviendra une fois encore l’entrepreneur confit de normalité, en musique, il s’agit de suivre la partition et les indications de son compositeur. Ce sont eux qui imposent des procédures rigides, il n’y pas de liberté d’action, contrairement à l’entreprise ! – Eh bien non, répond Annesci, tout groupe a des indications obligatoires, des cheminements qu’il s’agit de suivre. Le mouvement d’une montre, irrémédiablement identique dans le monde, n’empêche pas de compo-
ser avec finesse pour les différentes types de clientèles, « grand luxe » ou « populaire », tout comme le compositeur a noté pour sa partition « fortissimo » ou à un autre passage « piano ». Musiciens et autres nano entités, jeunes entrepreneurs ou membres de famille, ne peuvent émettre chacun sa voix propre, inondant le marché sans coordination, lançant produits et publicités sans ordonnance. Le quatuor va analyser le projet et décider en commun de séquencer la partition, confiant la réalisation de chaque partie au meilleur de l’équipe, les trois autres musiciens agissant comme facilitateurs et révélateurs. Le Quatuor Annesci, 2 violons, un alto et un violoncelle, joue sur 16 cordes. D’après les directives de Joseph Haydn qui inventa cette forme d’expression, le quatuor à cordes doit s’efforcer de créer un cinquième son d’unisson, une expression meilleure, de nouvelles consonances, un « instrument collectif » qui va au-delà. Ce devrait être là l’objectif de tout groupe de nombre restreint. La quête de la perfection musicale apporte une image du management de toute nano entité, basée sur l’écoute et la valorisation des composants d’une équipe, méthode qui évite l’affrontement, l’échec et conduit à l’amélioration durable et à l’inventivité permanente d’une entité. La gestion du nano groupe a ses propres schémas, d’une tranquille simplicité, à l’abri des maxi théories et des procédures fixes. Elle repose sur le bon sens, sur l’approche claire, sur les brins de folie des acteurs, sur l’écoute et sur l’échange. Ca n’est décidément pas Harvard ni la systématique des macro structures mais une musique d’intelligente communion en groupes de bon sens. Armand Lombard Président du Réseau Genilem Suisse Fiche pratique L’accueil d’un investisseur financier : une possibilité pour financer sa croissance Dans certaines phases du cycle de vie de l’entreprise, assurer la croissance passe par des financements externes. Une alternative au recours unique à l’emprunt existe, il s’agit de l’accueil d’un investisseur financier qui apportera des liquidités supplémentaires en échange d’une partie du capital. Cette façon de procéder nécessitant une certaine prudence, arrêtons-nous sur les principaux éléments dont il faut tenir compte. L’investisseur financier, tel qu’un fonds d’investissement, se distingue de l’investisseur industriel. Contrairement à ce dernier, il ne cherche qu’à entrer provisoirement dans l’entreprise, pour en ressortir avec une plus-value. Pour l’entrepreneur, une décision de vente partielle ne se prend pas facilement. Elle est souvent chargée d’émotions et d’inquiétudes. Des entrepreneurs craignent de devoir partager une partie du pouvoir avec le nouvel arrivant. La réflexion qui aboutit à son accueil peut durer de nombreux mois. Pour ces raisons, l’appui d’un professionnel extérieur est utile pour accompagner le processus et en garantir la réussite. L’accueil de l’investisseur financier est une opération de type gagnantgagnant, win-win. En effet, il permet à l’entrepreneur de financer sa croissance et de donner un élan supplémentaire à son entreprise, tout en sachant qu’il pourra reprendre ultérieurement la part de sa société qu’il a provisoirement cédée. Pour l’investisseur institutionnel, cette prise de participation provisoire amène une rentabilité élevée pour une durée déterminée à l’avance. Préparer l’accueil : un exercice délicat Avant d’établir quelque contact que ce soit, il est essentiel de bien préparer l’accueil : préciser les objectifs de l’opération envisagée, déterminer la valeur de la société et établir un calendrier préliminaire. La question concrète étant : j’ai besoin de cet investisseur pendant combien d’années ? Si le calendrier est primordial, il faut cependant garder à l’esprit que le processus est, en général, long. L’objectif de l’investisseur financier est souvent de revendre les parts détenues dans un horizon de cinq à dix ans. Pour certains secteurs, la durée de détention est supérieure à celle du cycle économique. Des objectifs de sortie avec plus-value de l’investisseur financier trop importants entraînent une forte pression sur l’entreprise. La réflexion porte sur les conditions de marché, les modalités de sortie de l’investisseur. Il faut également analyser les forces et les faiblesses de l’entreprise : produits et prestations, situation financière et fiscale, ressources humaines, capacité du management. On en profitera pour tenter de corriger les faiblesses et développer les opportunités. Bien les identifier permet d’appréhender l’intérêt des investisseurs financiers et de fixer un horizon de prix en analysant le potentiel et la rentabilité réelle de l’entreprise, souvent supérieure à la rentabilité comptable. Bien choisir son futur partenaire L’entrée en contact avec les investisseurs financiers potentiels se fait de façon discrète, afin de ne pas créer d’inquiétude parmi les employés, les clients et les fournisseurs, qui pourraient craindre une vente totale de l’entreprise déguisée en prise de participation provisoire. L’idéal est bien entendu d’annoncer l’opération quand tout aura été déterminé. Le niveau d’information qu’on va donner aux candidats doit être bien réfléchi, afin de communiquer ce qui est essentiel à la prise de décision, sans toutefois divulguer des éléments confidentiels dont la transmission pourrait être dommageable si la transaction n’aboutit pas. L’entrepreneur aura la difficile tâche de garder la maîtrise des discussions. Il doit aussi déterminer s’il conduit plusieurs négociations en parallèle, notamment pour les mettre en concurrence et optimiser les conditions de la transaction. Les investissements peuvent prendre la forme de participations en capital ou de financement en mezzanine (renforcement des fonds propres, convertibles ensuite en actions ou options). L’apport des nouveaux fonds, sous forme de souscription de titres nouvellement émis (augmentation de capital), passe par l’établissement d’une holding. Concrétiser Quand les discussions se font plus précises, on peut aborder les conditions d’entrée (le prix exact, la nature des titres qui seront achetés, la date et les modalités de paiement), la communication interne et externe et les conditions de sortie. Le contrat inclura tous ces éléments et l’accueil de ces nouveaux fonds pourra se faire en toute sérénité. Olivier Schaerrer, BCGE Pour plus de renseignements : Banque Cantonale de Genève Maurice Pierazzi maurizio.pierazzi@bcge.ch Tél. 058 211 21 00 Créateurs No 8 25



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :