Créateurs n°8 mar/avr/mai 2009
Créateurs n°8 mar/avr/mai 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de mar/avr/mai 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 330) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : que faire du business plan ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER - Pour ou contre POUR Créée en 2005, Primequal est une jeune société active dans la création, la fabrication et le commerce d’articles médicaux et dentaires, ainsi que l’exploitation de brevets y afférant. A ce jour, son produit phare est un consommable destiné à la dentisterie : le PreciquantTM, première seringue jetable pour l’anesthésie dentaire, en plastique recyclable. Pour son fondateur David Weill la rédaction d’un business plan s’est révélée capitale. Pour vous, le business plan a été l’un des éléments moteurs de la construction de votre entreprise. Vous êtes donc de fervents partisans de cet important document parfois décrié, souvent négligé. David Weill : A notre avis, un entrepreneur sans business plan est un guerrier sans armes, sans bouclier et sans chaussures ! Difficile de faire pire pour démarrer une société. L’entrepreneur est le premier concerné par le business plan. Il est l’outil qui va lui garantir le succès. Par expérience, nous pouvons donner six bonnes raisons de rédiger un business plan. La première est que la rédaction de ce document permet au créateur d’entreprise de fixer clairement son but. Cette phrase semble anodine ? Elle ne l’est pourtant pas. Car un rêve n’est pas un but, juste un désir. Et transformer un simple désir, plus ou moins vague selon les cas, en un but clair, précis et réalisable est un premier challenge. La seconde raison est que si « toutes les routes mènent à Rome », selon le dicton populaire, très peu d’entre elles mènent au succès. De ce fait, ce dossier permet de structurer son « business model » et l’ensemble de son travail. Une fois le but fixé, il faut réaliser une rapide synthèse de « comment y arriver ». La troisième, soyons réaliste, est que c’est l’une des rares occasions où l’entrepreneur aura le temps et la tranquillité d’esprit pour établir une stratégie. David Weill 22 Créateurs No 8 Deux entrepreneurs autour du business plan. L’un ne conçoit pas la Pour l’autre, le business plan ne fait que Non seulement « sa » stratégie principale, mais aussi des stratégies de secours, de repli « au cas où ». C’est là qu’il est important d’avoir de bonnes chaussures pour courir vite ! Une fois lancé, il est difficile et dangereux de se catapulter dans de nouvelles manœuvres, parce qu’un changement de stratégie est tout simplement une complète et profonde remise en cause… que l’on n’a ni le temps ni les moyens de mettre en place ! La quatrième de ses bonnes raisons, elle, est vitale. Car le business plan est, pour le créateur d’une entreprise, son seul et unique outil de planification. Il faut être conscient que la planification est l’un des éléments essentiels du succès d’une start-up. Il s’agit d’un travail difficile, périlleux, dans lequel se mêlent des éléments tangibles et mesurables, des spéculations et des espérances. Planifier demande une vue claire de l’ensemble de ces données, des durées, des jalons, des diverses disciplines, des coûts et de la connaissance des capacités de chacun des intervenants. Que ce soit le capitaine Nemo du Nautilus ou le capitaine Kirk de l’USS Enterprise, aucun des deux ne quitte sa base sans avoir clairement tracé son parcours sur la carte, calculé ses besoins en carburant, en nourriture. Et préparé quelques solutions de repli en cas de péril. Cinquièmement, la réalisation du business plan impose à l’entrepreneur de faire face à ses concurrents, lui indique les dangers qui le menacent et les problèmes qu’il est susceptible de rencontrer. Les tous découvrir est nécessaire et important. Et donner une solution à chacun d’entre eux, c’est déjà le premier pas vers la réussite ! C’est ici qu’il faut identifier ses forces et ses faiblesses. C’est là qu’il faut travailler ses faiblesses et les transformer en forces. La sixième et dernière de nos bonnes raisons n’est autre que… la trésorerie. L’argent, comme tout le monde le sait, est l’oxygène de la startup. On peut manquer de beaucoup de choses, s’en accommoder, « faire avec ». Mais, sans oxygène, combien de temps pensez-vous tenir ? La réponse est simple : quelques secondes. Indispensable donc, bien calculer ses besoins : quand, où et combien. Pour résumer notre propos, disons que celui qui réalise correctement et consciencieusement son business plan peut sereinement lancer sa start-up. Rien ne pourra l’arrêter. Et il aura face à lui un investisseur heureux et confiant. Ce sont donc ces six bonnes raisons que vous avez mises en pratique lors de la création de Primequal ? Oui. A Primequal nous avons, sur la base d’un coaching efficace de Venturelab et de la CTI, suivi scrupuleusement ce parcours. Pour être totalement franc, il est vrai qu’à l’époque, nous avons franchi « à reculons » certaines de ces phases. C’est un travail parfois pénible, long et difficile mais, au final, payant. Et aujourd’hui ? Primequal SA est un leader mondial de l’anesthésie dentaire avec son système d’anesthésie indolore. Nos produits sont disponibles dans plus de 40 pays à travers le monde. Chaque jour, grâce à Primequal SA, des enfants et des adultes bénéficient d’anesthésies sans douleur. L’entreprise a reçu de très nombreux prix et autres certifications, dont nous ne vous citerons que les plus prestigieux : Prix de l’innovation 2008 par l’Association Dentaire Française, International Reddot Design Award 2008, Label CTI, Venturelab Ventureleader 2008, « From an Idea to a Successfull Company » CTI Invest 2009 et IMD Start-Up Competition. Ce qui est prometteur pour une jeune société d’à peine trois ans d’âge. Primequal SA a réussi à lever des millions de financement pour la création et la mise sur le marché de ses futurs produits. Tout ce travail et les résultats qui en découlent sont le fruit de l’acharnement de Pierre-Yves Chassot, Sacha Nikolic, Jean-Pascal Budliger et moi-même. Comme vous l’aurez calculé… quatre personnes et un business plan « en béton » suffisent. C’est cela la beauté de la start-up. De plus, quel plaisir ! Propos recueillis par Jean-Michel Garnier PRIMEQUAL SA/Rue des Pierres-du-Niton 17/1207 Genève Tél. 022 354 05 50/Fax 022 354 05 51/www.primequal.com/info@ primequal.com
réussite d’une société sans que cet outil ne stabilise la fondation de l’édifice. retarder le créateur dans sa véritable mission. Que pensez-vous du business plan ? Laurent Potestat : Dans le business plan, la table des matières peut être un très bon guide, elle reprend des questions qui requièrent des réponses claires. Mais la forme qu’on lui donne en Europe est très chronophage pour les créateurs d’entreprise. Or cette dépense de temps est, dans la phase de démarrage, complètement inappropriée. Pour répondre à ces questions, il faut aller sur le terrain et non pas être en train de rédiger un business plan. Mais c’est malheureusement un cercle vicieux. Un créateur a une idée et la première chose qu’on lui demande, c’est d’écrire un business plan. Je ne suis pas tout à fait d’accord. La première démarche est d’aller sur le terrain, de confronter ses idées au marché et d’essayer de faire signer des contrats, ensuite seulement d’écrire son business plan. Je connais nombre d’entrepreneurs qui ont passé six mois à le rédiger et qui, pendant ce temps, ne sont pas allés voir des clients parce qu’ils pensaient que le business plan était prioritaire. Cette défiance est-elle venue à la suite d’une mauvaise expérience ? Pas vraiment car lorsque j’ai rédigé un business plan, j’ai réussi à lever des fonds. Cependant, une personne a dû y travailler une année à temps plein. Certains investisseurs nous demandaient de changer l’ordre des pages faute de quoi ils n’accepteraient pas le dossier. La somme de travail était double. Non seulement on perdait du temps à faire un business plan mais en plus il fallait le remanier en permanence. Bon, c’était en 2002. A l’époque il y avait énormément d’investisseurs sur le marché, la conjoncture était différente. Aujourd’hui, ça c’est épuré. Ceux qui sont restés ont une vraie connaissance de leur métier. Pour trouver du financement, il reste donc un mal nécessaire ? Est-ce qu’aujourd’hui un investisseur va poser de l’argent uniquement sur la base d’un business plan ? Non, il lui faudra d’autres justifications, il cherchera d’autres réalisations. CONTRE Laurent Potestat a l’entrepreneuriat dans le sang. Fondateur de plusieurs sociétés, il connaît bien la problématique des business plan. A force d’en rédiger, il a commencé à s’en méfier. Pour moi c’est un problème de mauvais timing. Il faut commencer par rencontrer des clients, des partenaires, des prospects et essayer de générer des revenus. Aujourd’hui, les investisseurs européens, à quelques rares exceptions près, n’ont pas de connaissances particulières. Ce sont des financiers qui n’ont qu’une vision partielle du marché et qui exigent des preuves. Il faut tester le produit, trouver l’équipe, développer le marketing et obtenir la signature d’un client. Cette dernière va déclencher l’investissement. Si les investisseurs vous disent : « revenez nous voir quand vous aurez un client », alors pourquoi passer de six à neuf mois à rédiger un business plan ? Si le business plan n’est pas utile pour lever des fonds, l’est-il au moins comme outil de gestion ? Il peut en effet s’avérer très utile pour faire évoluer la réflexion. Dans la phase de démarrage, toutes les connaissances nécessaires ne sont pas forcément détenues par le créateur, le business plan va alors l’aider à se faire une idée plus précise. Ecrire permet de se rassurer, de se poser les bonnes questions. Par contre, toujours dans cette phase initiale, le créateur va chercher le positionnement de son entreprise. Il va tâtonner, adapter son produit. A chaque discussion avec un nouvel acteur, il va soulever des points et des besoins différents. Finalement, il va orienter son produit d’une autre façon car il aura décelé des opportunités différentes. Ce qui implique que le business plan, très formel, aura une validité très courte en raison des multiples repositionnements. La forme n’est donc pas valide non plus ? La forme du business plan n’est valable que depuis le premier client. Il existe ainsi une preuve du besoin, le prix est arrêté, la stratégie marketing développée. A partir de là, on peut chercher des fonds et commencer la rédaction d’un business plan. Il devra faire moins de vingt pages, sinon personne ne le lira. Il doit être succinct et concentré sur l’executive summary, car c’est ce qui va attirer l’œil d’un investisseur. La forme qui me semble la plus adaptée est une présentation Powerpoint qui reprenne la table des matières et qui réponde aux DOSSIER - Pour ou contre Laurent Potestat questions qu’elle soulève. A laquelle s’ajoutent une projection financière à 2-3 ans et l’executive summary, pour pouvoir accrocher le business angel. Ce type de présentation a le grand avantage de s’adapter plus facilement à un contexte extrêmement changeant. De plus, elle permet de sortir du caractère alambiqué du business plan. Quelle idée défendez-vous ? Le business plan, comme tout outil, doit s’utiliser d’une certaine façon au bon moment. Trop tôt, ce n’est pas optimum. Il est utile lors d’une vraie levée de fonds, pour aborder la discussion avec des business angels ou des organismes étatiques d’aide. Le message que je veux faire passer, c’est qu’il est plus facile d’obtenir des investissements et de rédiger un business plan quand on a des clients. Il ne faut pas se perdre ni perdre de vue l’objectif : gagner des clients ! Propos recueillis par Frédéric Vormus Carte de visite de Get More TV en page 41 « La première démarche est d’aller sur le terrain, de confronter ses idées au marché et d’essayer de faire signer des contrats » Créateurs No 8 23



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