Créateurs n°4 mar/avr/mai 2008
Créateurs n°4 mar/avr/mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de mar/avr/mai 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 330) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : convaincus, croyants ou fous, que sont-ils ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DOSSIER - Portraits d’entrepreneur Quelles sont vos convictions essentielles vis-à-vis de votre métier ? Sabine Scullari Bronzini : Pour moi il est crucial d’être passionnée par mon travail. Trouver l’objet qui correspond au client, c’est toujours un défi. Pour pouvoir le relever à chaque fois, il faut aimer ce métier et y prendre du plaisir. Myriam Hempler : Je suis convaincue qu’il faut aimer les gens pour s’investir dans ce travail. C’est un univers de contacts, de dialogue, de collaboration avec les clients. Il est essentiel de bien questionner nos interlocuteurs afin de trouver l’objet qui correspond le mieux à leurs attentes. 20 Créateurs No 4 Conviction idéale IdéElle, entreprise genevoise active dans la publicité par l’objet, est le fruit d’un duo de femmes dynamiques – Myriam Hempler et Sabina Scullari Bronzini. Issues de l’univers de la pub par l’objet, elles ont décidé de s’associer en 2006, avec l’aide de la Fondation d’Aide aux Entreprises. Portée par un nom aux consonances magiques la société connaît une belle réussite auprès de ses clients qui trouvent une écoute attentive à leurs besoins ainsi que des réponses innovantes. « A la fin de l’HEG (Haute Ecole de Gestion), en 1997 déjà, j’avais songé à devenir indépendant. Mais à l’époque, le courage et l’expérience me manquaient. Huit ans plus tard, je me suis senti prêt à le faire. Lorsque tu crées ton entreprise, tu dois être entièrement conscient des conséquences de ton acte. L’incertitude et l’insécurité financière imposent une grande pression psychique. C’est pourquoi, il est très important de pouvoir compter sur ses amis et d’avoir le soutien de son environnement proche. A ce stress s’ajoute la responsabilité du chef d’entreprise envers ses employés, ses actionnaires et ses clients. L’entrepreneur est donc constamment amené à réfléchir sur le bon fonctionnement de sa société. Quels étaient vos doutes lors du lancement de l’entreprise ? M.H. : Il y a toujours des moments d’angoisse mais notre force, dès le départ, était basée sur notre réussite passée dans le domaine de la publicité par l’objet. Nous avons toujours eu la conviction profonde de pouvoir y arriver. Pourtant, la mise au point du business plan a été une étape difficile, pleine de « montagnes russes », pleine de petits défis à relever. Heureusement nous nous complétons beaucoup et cela nous a donné la force d’avancer dans la mise au point de notre projet. S.S.B. : Il est important de souligner que notre conviction a été aussi renforcée par la confiance de nos clients qui nous ont suivis dans cette entreprise et qui nous confient de nouveaux mandats aujourd’hui. Si doutes il y a, je dirais que c’est surtout des questionnements vis-à-vis de la réussite de nouveaux projets : on cherche toujours la perfection. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur votre parcours en tant qu’entrepreneurs ? M.H. : Il ne faut jamais perdre confiance en soi. Dans chaque projet, il y a des obstacles, il faut essayer de faire les choses prudemment, d’explorer plusieurs pistes et, si nécessaire, rebrousser chemin si l’on voit qu'on fait fausse route. S.S.B. : Aussi, si l’on vient à douter, il faut absolument se souvenir des raisons de nos choix fondamentaux, c’est essentiel pour avancer. Il faut croire en ses rêves ! Propos recueillis par Irina Sakharova Quitt Des incertitudes existent Patrick Wicky a travaillé durant 14 ans à la Banque Cantonale de Fribourg en tant que responsable e-banking, puis comme responsable de l’informatique et des projets. En 2005, il fait le pas et se met à son compte. Son entreprise AICOM SA développe des solutions Web multilingues de dernière génération, innovantes et simples d’utilisation, destinées aux agences web et à leurs clients. Elles sont accessibles par Internet et sont commercialisées sous un système d’abonnement. A l’époque, certaines personnes n’ont pas compris ma décision. Pourquoi abandonner un poste de cadre dans une grande banque cantonale pour devenir indépendant ? Pourquoi quitter un poste sûr et stable pour un avenir incertain ? Mais qu’est-ce qui est sûr de nos jours ? Même les postes qui étaient considérés comme stables sont maintenant soumis à des changements. Finalement tout nouveau challenge comporte certains risques et incertitudes. Au moins, étant mon propre chef, je connais mes objectifs et je peux poursuivre le chemin que je souhaite parcourir. Si je devais choisir à nouveau, je re-choisirais la voie de l’indépendance. Depuis la création de ma société, j’ai appris à remettre régulièrement en question les décisions prises lors des débuts, afin de vérifier si je me trouve toujours sur le bon chemin. J’ai constaté que, notamment dans le domaine des nouvelles technologies d’information web, le risque de perdre l’objectif de vue est grand. En effet, pour réussir, on doit se concentrer sur ses atouts et ne pas se disperser. C’est la raison pour laquelle je reste confiant quant à l’avenir d’Aicom. » www.aicom.ch
Un monde Kiva mieux www.kiva.org Jusqu’à présent, lorsqu’on voulait aider un projet dans un pays en voie de développement, il fallait passer par une organisation qui se chargeait de redistribuer l’argent qui avait été déposé sur son compte postal. Souvent, pour « fidéliser » le donateur, on l’associait à un enfant qu’il parrainait ou à un projet dans lequel il endossait certaines responsabilités. Une structure circulaire de prêt Kiva, conscient de la valeur de cet engagement, maintient ce lien personnel tout en lui ajoutant des paramètres propres à Internet. L’organisation associe les facilités des connections personne-à-personne (one-to-one connection) au caractère ludique des réseaux sociaux (Facebook). En se rendant sur leur site, www.kiva.org, on découvre des profils de nanoentrepreneurs. Une photographie accompagne un texte qui décrit sommairement leur vie et l’utilisation qu’ils feront de l’argent récolté. Compris entre $300 à $1 500, cette somme servira la plupart du temps de fonds de roulement ou de capital d’amorçage. Le futur prêteur (il s’agit d’un prêt et non d’un don) s’inscrit, prend un pseudonyme, décide ou pas de mettre son portrait et commence à distribuer de l’argent (de $25 jusqu’au montant total demandé par l’entrepreneur). Le transfert pécuniaire se fait par carte de crédit à l’aide du système Pay Pal (comme sur eBay). Kiva transfère les fonds reçus à des partenaires locaux qui se chargent de les faire parvenir aux ayants droits. Il s’agit toujours d’institutions de microcrédits reconnues qui, selon les critères de l’organisation, doivent s’occuper de 1000 emprunteurs au D’ici et d’ailleurs D’un côté, il y ceux qui ont un ordinateur connecté, une carte de crédit et un compte PayPal (une solution de paiement par Internet sans transmission des coordonnées bancaires). De l’autre, il y ceux qui ont besoin d’une petite somme pour acheter un veau, un frigo ou ouvrir une épicerie. Au milieu Kiva, une organisation à but non lucratif, qui lie les prêteurs aux emprunteurs en utilisant Internet dans une nouvelle approche de la nanofinance ? minimum, être actives depuis au moins deux ans et être référencées par mix market (une plate-forme d’information sur les institutions de microfinance). Leur transparence est donc assurée. Cette volonté de transparence se retrouve également dans les informations qu’envoie Kiva aux prêteurs. Durant les 6 à 12 mois que dure l’emprunt, ils reçoivent régulièrement des nouvelles de l’entreprise qu’ils ont soutenue. A l’échéance du prêt, ces mêmes institutions de microfinance s’occupent de récupérer l’argent auprès des emprunteurs et de le rendre à Kiva, accompagné d’un rapport d’activité de l’« entreprise ». L’organisation recrédite la carte du prêteur qui décide soit d’empocher la somme, soit de la réinjecter dans un autre projet. Des résultats au-delà des espérances Depuis sa fondation en 2005, Kiva a pu mettre en relation 123 000 prêteurs avec plus de 18 000 nanoentrepreneurs dans près de 40 pays sous les conseils avisés de 77 institutions de microfinance. En une semaine (à la fin février), 3911 nouveaux prêteurs se sont inscrits et ont mis à disposition de 1228 entrepreneurs $583 473. 351 projets ont pu réunir la somme dont ils avaient besoin en 27,1 heures en moyenne. Le plus étonnant reste le taux de remboursement qui s’élève à 99,9% ! Ce résultat exceptionnel s’explique par les analyses poussées que réalisent les institutions de microfinance partenaires et sans doute aussi par le fait que l’argent est souvent prêté à des femmes qui affichent un meilleur taux de règlement que les hommes. Génération Internet L’organisation basée à San Francisco compte plus de 16 employés à plein temps et peut s’appuyer sur plus de 250 bénévoles. La raison de cet extraordinaire succès réside probablement dans l’utilisation que Kiva a fait d’Internet et dans sa compréhension de la génération qui l’a vu naître. L’organisation a bien senti qu’il fallait utiliser les mêmes canaux pour prêter de l’argent et pour acheter un cd sur la toile. A cela, elle a ajouté une dimension voyeuro-communautaire (savoir combien X a prêté à quel entrepreneur) qui séduit tant aujourd’hui. Elle a rendu le prêt d’argent tendance et amusant. Kiva a réussi la gageure d’unir le besoin des uns avec le plaisir des autres. Serait-ce le début d’un monde qui va mieux ? Frédéric Vormus Créateurs No 4 21



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