Créateurs n°4 mar/avr/mai 2008
Créateurs n°4 mar/avr/mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de mar/avr/mai 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 330) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : convaincus, croyants ou fous, que sont-ils ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DOSSIER - Organique Quel est le rôle que vous attribuez aux convictions des entrepreneurs qui consultent la FAE ? Serge Nouara : En laissant de côté les éléments de la concurrence, du marché, financiers et autres aspects rationnels dont se préoccupe la FAE, je pense que les convictions représentent un aspect indispensable à la réussite entrepreneuriale. En effet, ce sont les hommes et les femmes qui font une entreprise et leurs convictions sont donc au centre de la réussite d’un projet. Ceci est particulièrement vrai pour les entrepreneurs qui nous consultent car il s’agit surtout de créateurs d’entreprises de petite taille. On doit pouvoir trouver chez ces personnes un caractère fort et indépendant. Ils vont, en effet, avoir souvent un chemin semé d’embûches et doivent pouvoir faire preuve de conviction pour faire face à divers problèmes. Y a-t-il pour vous un équilibre entre éléments rationnels et convictions ? A mes yeux il est important d’avoir des convictions et un brin d’inconscience, tout en gardant la capacité de recul et d’écoute. La capacité de recul est essentielle car l’entrepreneur peut être amené, à tout moment, à remettre en question le cadre de son projet ou certains paramètres importants. Quel est le rôle des convictions dans l’entourage d’un entrepreneur ? Au-delà de la conviction du dirigeant, il nous semble parfois important de 18 Créateurs No 4 Convictions convaincantes Serge Nouara œuvre au sein de la Fondation d’Aide aux Entreprises (FAE). Cet organisme offre une garantie pour l'accès au crédit ou peut souscrire une participation dans les PME existantes ou en création dont le développement présente un intérêt pour le canton de Genève en termes d'emplois et de savoir-faire. cerner celle de ses proches et de sa famille. C’est pourquoi il est intéressant d'avoir l'occasion de rencontrer le conjoint ou le partenaire. Cela nous permet d’évaluer le soutien dont bénéficie l’entrepreneur dans son cercle privé et de voir si ses proches ont des réticences particulières qui peuvent, le cas échéant, influencer le succès et la viabilité du projet d’entreprise. S’il y a absence de soutien dans l’entourage de l’entrepreneur, alors il est essentiel que l’individu se considère clairement libre d’agir malgré ce manque. Quelle action avez-vous vis-à-vis des convictions des entrepreneurs qui vous consultent ? A la FAE, nous essayons de pousser les porteurs de projets dans leurs retranchements. Notre objectif est justement de connaître les motivations profondes, de mesurer la force des convictions qui animent les individus ou encore de cerner leurs éventuelles réticences et objections. Cet exercice a pour objectif ultime de permettre d’avancer ensemble dans l’élaboration d’une entreprise, d’en solidifier les fondements et d'amener les personnes à faire des réflexions supplémentaires, si nécessaire. Nous jouons, en effet, le rôle de partenaire et aussi un peu celui de l’avocat qui va plaider la cause de l’entrepreneur pour pouvoir le soutenir correctement. Pour cela nous avons besoin de connaître tous les tenants et aboutissants du projet et d’être, nous aussi, convaincus de sa solidité. Quelles sont vos réflexions sur le rôle des convictions dans le succès entrepreneurial ? En tout premier lieu, il faut constater que quand on est entrepreneur, on prend en main son destin, personne d’autre ne va le faire à la place du porteur de projet. C’est pour cela qu’il est capital, à mes yeux, d’aller jusqu’au bout de ses convictions. Par ailleurs, il me semble qu’il y a de bonnes et mauvaises raisons pour devenir entrepreneur. Si cette condition et réfléchie et voulue, il s’agit d’une « En effet, ce sont les hommes et les femmes qui font une entreprise et leurs convictions sont donc au centre de la réussite d’un projet » excellente raison de se lancer dans l’entrepreneuriat. Ainsi, la conviction profonde de vouloir entreprendre joue pour moi un rôle capital. Enfin, il me semble qu’il est essentiel d’aimer ce que l’on fait pour réussir dans une entreprise. C’est encore un aspect qui plaide en faveur des convictions et de la passion. Propos recueillis par Irina Sakharova Quitt
Comment avez-vous commencé ? Elodie Primo Amado : J’étais logisticienne et responsable commerciale pour un transitaire. J’avais envie de me lancer dans le marché de la formation, que j’avais un peu pratiquée dans le cadre de mon emploi, et je ne voulais plus travailler pour la nouvelle structure issue du rachat de mon employeur. La fondation de mon entreprise, avec deux autres partenaires, répondait donc à cette double motivation. J’ai commencé à préparer mon projet. J’avais pleinement confiance en mes capacités de vendeuse. Je savais que j’allais trouver des clients. En revanche le concept n’est pas venu immédiatement, nous l’avons affiné avec Genilem. Etiez-vous consciente des difficultés ? Mes parents ont créé des entreprises. J’ai pu me rendre compte de la difficulté d’un parcours d’entrepreneur. Cela ressemble à un plongeon dans la mer depuis un rocher. Avec eux, j’avais barboté dans la mer mais je ne connaissais pas les sensations liées au plongeon. On a beau vous l’expliquer, tant que vous n’avez pas lâché prise et décollé du sol, vous ne le comprenez pas. Pensez-vous avoir pris un risque ? Il y a toujours le risque de perdre ce que l’on a déjà acquis. J’avais économisé de l’argent. Si je m’étais ratée, j’aurais dû recommencer à zéro avec des dettes sur le dos. Je n’avais pas de famille à l’époque ce qui a joué en ma faveur car je n’engageais que moi. Au pire, qu’est-ce qui aurait pu m’arriver ? Je n’avais besoin que d’un toit et de pouvoir manger à ma faim. L’appel DOSSIER - Pratique Elodie Primo Amado est la radieuse directrice de MindOnSite, une société d’édition de logiciels pour la formation en ligne. Après plus de six ans d’activité, sa société vient d’être rachetée par le groupe Demos, l’un des leaders de la formation continue en France. Excellente occasion de revenir sur les convictions qui ont précédé son engagement entrepreneurial. Y a-t-il une part de folie dans la création d’entreprise ? Pour moi, c’était un appel ! La folie, c’est faire quelque chose de dangereux dans lequel on peut se faire mal. Dans mon idée, je me serais toujours relevée. J’avais la résistance suffisante pour passer des épreuves. Je savais que ça pouvait être dur, qu’on pouvait toucher le fond, mais qu’on pouvait remonter et recommencer. Il n’y avait que de l’argent en jeu. J’ai appris à ce moment-là que : « ce ne sont pas les choses qui sont difficiles mais c’est l’idée qu’on s’en fait ». J’ai eu des moments où j’étais angoissée, voire très angoissée, et je me suis dit : « attention, attention, c’est juste ta manière de voir les choses, ce ne sont pas les choses elles-mêmes ». Les angoisses sont là pour être surmontées. A des moments on se dit que ça ne va pas mais je savais que j’en rirais plus tard. Est-ce que des personnes ont essayé de vous dissuader de monter votre entreprise ? Mon père m’a encouragé alors que ma mère voulait plus de sécurité pour moi car elle a vécu les difficultés liées à l’indépendance du point de vue d’une maman. Certaines personnes ont besoin des autres pour se sentir en sécurité. Je n’avais pas peur d’être devant, toute seule. Plus les gens ont à perdre, plus ils ont peur. Je n’avais rien à perdre et je possédais une grande force. Vous la décririez comment ? Il s’agit d’une manière particulière d’aborder la croyance. Je crois en moi. Je me dis qu’une fois qu’on met de la bonne énergie dans quelque chose alors l’extérieur la renvoie. C’est comme un circuit où l’énergie, tant qu’elle est positive, revient en positif. Tout démarre de soi et revient à soi. Ce que je donne, je le reçois en retour. Croyez-vous plus en vous qu’en les conditions qui vous entourent ? C’est d’abord en soi qu’on trouve, ensuite à l’extérieur, chez les autres. C’est comme la vente. Tant qu’on n’est pas en face du client pour l’aider à résoudre un problème, on ne vend rien ! La démarche consiste à apporter une solution et de l’aide. « Ce ne sont pas les choses qui sont difficiles mais c’est l’idée qu’on s’en fait » J’ai développé une confiance en moi et dans ma manière de faire grâce à mon côté respectueux. J’ai appris à me connaître et ainsi à connaître le mode de fonctionnement des gens. Propos recueillis par Frédéric Vormus Créateurs No 4 19



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