Créateurs n°4 mar/avr/mai 2008
Créateurs n°4 mar/avr/mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de mar/avr/mai 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 330) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : convaincus, croyants ou fous, que sont-ils ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER - Analytique Selon vous, qu’est-ce qui pousse une personne à entreprendre ? Jacques Beaumont : A mon avis, s’il n’y a pas d’entrepreneur type, il y a deux styles de motivation qui peuvent éventuellement coexister. Tout d’abord, il y a la motivation passive. L’opportunisme. L’entrepreneuriat serait comme la solution qui s’impose par rapport à une situation ou à l’air du temps. La société dans laquelle on vit joue aussi son rôle car elle pousse de plus en plus, par les médias par exemple, les gens à se mettre à leur compte. L’entrepreneuriat est devenu respectable et bien valorisé. La deuxième motivation vient de l’inconscient et de l’archétype du héros. Selon les théories jungiennes, cet archétype, logé dans l’inconscient collectif, pousserait certaines personnes à vouloir s’imposer et créer leur propre cadre. Ils n’ont plus envie d’évoluer dans un cadre imposé, ils ont envie d’imprimer leurs marques. Ces personnes sont-elles folles ou inconscientes ? Il faut une dose d’inconscience pour se lancer. En effet, dans la vie de tous les jours, on voit surtout les risques et les difficultés et on a du mal à se projeter dans l’avenir. Pour monter son entreprise, il faut pouvoir faire le contraire. L’inconscience est donc nécessaire et l’archétype du héros, qui « aveugle », va mobiliser de l’énergie pour arriver à faire face aux problèmes. Le héros 16 Créateurs No 4 Un héros archétypique est porté par une force plus profonde avec des perspectives plus larges. Il peut mieux encaisser les chocs et affronter les difficultés. C’est pourquoi il ose se lancer dans cette aventure à haut risque. Pourquoi certains membres de l’entourage ressentent-ils le besoin de décourager un porteur de projet ? En fait, que ce soient des encouragements négatifs ou positifs, l’entourage – la famille, les amis, les collègues – va simplement projeter son propre équilibre sur le porteur de projet. « A mon avis, s’il n’y a pas d’entrepreneur type, il y a deux styles de motivation qui peuvent éventuellement coexister » En préparant ce dossier, nous nous sommes demandés s’il existait une typologie psychologique de l’entrepreneur, nous avons cherché à comprendre si son audace n’est pas, tout compte fait, de l’inconscience, si ses convictions ne sont pas le reflet d’une trop grande estime de soi. Pour y répondre, nous avons fait appel à Jacques Beaumont, spécialiste de la psychologie analytique, la méthode développée par le Suisse CarlGustav Jung, disciple dissident de Freud. C’est un comportement complètement dicté par l’inconscient. Les gens ne se mettent pas réellement à la place des autres. Ils donnent leur avis par rapport à leur vécu, leurs envies, leurs espoirs, leurs convictions, leurs peurs, etc. indépendamment des capacités et des possibilités de réussite du porteur de projet. En somme, ce dernier devient un support de projection pour les autres. Prenons un exemple : si l’un de vos amis décide de faire le tour du monde à la voile et que de votre côté vous avez toujours eu le désir de le faire mais que les possibilités vous ont manqué, vous allez encourager cette personne car elle va réaliser ce que vous n’avez pas pu ou pas osé faire. Si la mer vous faisait peur, vous le décourageriez. Y a-t-il des dangers à aimer prendre des risques ? Selon l’approche jungienne, lorsqu’une personne est « possédée » par l’archétype du héros, elle peut déployer une forme de démesure, appelée hybris. Le porteur de projet aura alors du mal à s’arrêter et va vouloir aller de plus en plus loin, au-delà de ses capacités. Cela se traduit, par exemple, par une incapacité à revenir à un rythme normal. Il en oublie jusqu’à sa famille. Il ne voit plus pourquoi s’arrêter, même si le but visé est atteint. En somme, l’aveuglement qui a permis de braver les difficultés lors des débuts empêche l’entrepreneur de revenir à une attitude plus sereine et moins néfaste pour sa santé, son équilibre. Je dirais, en conclusion, qu’un créateur d’entreprise doit comprendre et reconnaître, à un certain stade de sa trajectoire, face aux seuils de sa vie, ce qui l’a guidé à la réalisation de son projet. Afin d’éviter la démesure, l’insatisfaction et la spirale infernale qui peuvent le menacer. Une façon, certainement moins dangereuse que le burn-out, de se réapproprier sa vie. Profil : Propos recueillis par Leïla Kamel Jacques Beaumont, analyste jungien, a débuté son parcours professionnel en tant qu’ingénieur. Après plus de vingt années dans de nombreuses entreprises, son intérêt pour l’Homme devient primordial. Il suit pendant 6 ans des études de psychanalyse à l’Institut CG JUNG de Zürich. Aujourd’hui, il aide ses patients à (r)établir leur équilibre personnel.
Qu’est-ce que le speed flying ? Gaël Amman : Le speed flying est un sport qui existe depuis une dizaine d’année et qui mélange le parapente et le ski. On utilise des voiles de 8 à 14 m2, alors que celles pour le parapente font en tout cas 24 m2. Leur petite taille permet de rester près du sol et de skier facilement et très rapidement. Le but de l’exercice, du moins en compétition, est de skier très vite et de voler au dessus d’obstacles s’ils se présentent. Ces vols peuvent durer de quelques secondes à plusieurs minutes. Vu de l’extérieur ce sport peut sembler dangereux, pourtant vous en parlez avec une grande décontraction. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas plus dangereux qu’une autre activité. Le speed flying est encore nouveau et pas tellement connu du public. Tout ce que l’on ne connaît pas fait peur. Oui, il peut être dangereux mais seulement pour une personne qui n’aurait jamais fait de parapente et qui se jetterai sur les pistes. Si vous suivez un cours, si vous apprenez les bons gestes alors il y aura beaucoup moins de risque. De plus, en cas de problèmes, notamment d’avalanches, on peut toujours s’en tirer en décollant. Nous avons les airs comme voie de sortie. Quand à la sécurité des autres skieurs, elle n’est pas menacée car on n’a pas le droit d’aller sur les pistes. Nous ne pouvons que les survoler. Nous ne sommes autorisés que dans les zones de free ride. Vous prend-on pour un fou de pratiquer ce sport ? Non, je ne pense pas. D’ailleurs tous les gens que je côtoie sont soit des pratiquants eux-mêmes, soit font un sport qui les passionne tout autant. Quand vous êtes en train de voler vous ne pensez à rien d’autre. Vous êtes concentrés et rempli de joie. Une fois encore, les personnes qui nous prennent pour des fous sont des personnes étrangères à ce milieu qui surestiment les dangers et qui sousestiment notre technique. Vous n’êtes donc pas fou car vous avez confiance en vous et conscience des risques ? La première fois que je me suis lancé, je n’avais que confiance. Je skie bien et je pratique le parapente avec mon père depuis de nombreuses années. Je connaissais mes capacités sans connaître le speed flying. Au début, c’était très impressionnant. On descend la pente tout droit, on prend de la vitesse et à partir des 40 km/h on peut commencer à s’envoler. Petit à petit j’ai pris conscience de la vitesse qui peut aller jusqu'à 100 km/h dans les virages. Il faut savoir la maîtriser. La confiance je l’avais et j’ai appris la conscience. DOSSIER - Métaphorique Ce merveilleux « fou » volant dans sa drôle de machine Rien ne semble plus éloigné de l’univers de Gaël Amman que le monde des créateurs d’entreprise. Ce jeune homme de 18 ans appartient à l’élite du speed flying. Sa sélection aux côtés des meilleurs de la discipline au Red Bull Speed Ride à St. Anton am Arlberg, en Autriche, en témoigne. Ce sport extrême, qui combine le ski au parapente, nécessite sang froid, dextérité et un certain goût du risque. Il est considéré par beaucoup comme une activité dangereuse pratiquée par des fous. Autant dire que les similitudes sont nombreuses avec l’entrepreneuriat. Une interview légère qui devrait se lire comme la métaphore du lancement d’entreprise. Qu’est-ce qui vous pousse ? Bien sûr l’adrénaline, les belles sensations, la vitesse. Mais aussi l’ivresse de pouvoir aller où les autres skieurs ne peuvent pas passer, prendre des couloirs qui se terminent par des barres rocheuses et s’en sortir en volant. Faire des traces dans des endroits qui avant le speed flying étaient inatteignables. On ouvre quelque chose, on repousse des limites. Comment voyez-vous l’avenir de ce sport et le votre dans celui-ci ? Nous sommes peut-être dans les deux cents à le pratiquer aujourd’hui. Je ne crois pas que ça va faire un grand boum. De plus en plus de parapentistes vont s’y mettre mais ça va rester une discipline réservée à quelques personnes. Ce n’est pas pour le grand public qui préférera les belles images que ce sport a à offrir. « La confiance je l’avais et j’ai appris la conscience » Quant à moi, j’aimerais juste faire de bons résultats en compétition. Si ce n’est pas le cas ce n’est pas grave, je veux juste profiter de la bonne ambiance et continuer à prendre du plaisir. Propos recueillis par Frédéric Vormus Créateurs No 4 17



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