Créateurs n°3 déc 07/jan-fév 2008
Créateurs n°3 déc 07/jan-fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de déc 07/jan-fév 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 330) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : financement, pas de cadeau sous le sapin !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER - Financement Qu’est-ce qu’un business angel ? Joseph Kuettel : Un business angel, comme je l’entends, est plus un accompagnateur qu’un investisseur. Beaucoup le voient avant tout comme un investisseur de première heure, ce qui est souvent vrai car il met un peu d’argent. Mais l’aspect le plus important reste le soutien, le partage de son réseau et la mise à disposition de compétences que le créateur ne possède pas. Bien sûr, il investit car il y voit une opportunité à long terme, mais aussi pour prouver qu’il croit au projet. Le BA est avant tout un gage de réalisme, d’expérience et de crédibilité. Pour être un business angel, faut-il être un manager ? Je pense que oui, car le BA doit, entre autres, comprendre le monde du business, des finances, des différents stades de développement, que l’entreprise va traverser. Il joue aussi le rôle de relais entre la start-up et les investisseurs professionnels. Il doit savoir où trouver les bons partenaires, quand les contacter et comment rédiger un business plan qui parle leur langage. Le venture capital (VC) est une industrie qui se base sur des critères universels d’investissements où les calculs de risque avant de s’engager dans une entreprise nouvelle sont primordiaux. Comment faites-vous pour trouver le bonnes entreprises, comment faites-vous pour trouver les bons VC et combien investissez-vous ? Je n’ai pas de baguette magique ou de recette toute faite. Les projets sont relativement faciles à trouver car il y a beaucoup de jeunes entrepreneurs qui émanent des universités, hautes écoles, etc. Il est en revanche plus difficile de faire le tri et de trouver un projet intéressant. Il ne s’agit pas de mettre CHF 100 000 et d’attendre pour voir combien ça va rapporter dans les 3 ans. 18 Créateurs No 3 Le business angel Licencié en économie de l’Université de Saint-Gall, Joseph Kuettel a fait carrière dans plusieurs multinationales. Indépendant depuis 10 ans et également actif dans le cadre du « capital risque », il s’est investi en parallèle dans une fonction de business angel (BA) pour projets d’entreprises en phase de démarrage. Pour ce qui est des VC, il suffit d’en connaître certains, d’avoir des portes d’entrée. Quand aux montants, personnellement je n’ai jamais investi plus de CHF 100 000, je mets CHF 10 000, 20 000. A ce niveau je suis un des 3 f (family, friends and founders). Dans le cadre d’un club d’investisseurs, les sommes peuvent augmenter, mais elles ne dépassent jamais le million car il s’agit de diversifier le risque qui est énorme. Comment gérez-vous ces risques ? Il faut diversifier le risque entre plusieurs projets et multiplier les interventions. Au début du processus, le déchet est de plus de 50%. Cela nécessite plusieurs investissements, alors on espère toujours toucher « le jackpot » qui permettra de compenser les pertes. Mais il ne faut pas penser devenir riche en étant un BA. D’ailleurs, comme d’autres BA, je considère cette activité davantage comme un « hobby ». Personnellement, j’aime pouvoir faire profiter une entreprise de ma compétence, de mon savoir-faire, de mes contacts. En même temps, j’apprends quelque chose et je fais partie d’un développement. C’est donnantdonnant, on s’enrichit mutuellement ! En parlant de développement, comment expliquez-vous le remplacement du management lorsque les VC prennent une participation dans une entreprise. Les BA ne laissent-ils pas entrer le loup dans la bergerie ? Cette image des venture capitalistes en flingueurs est erronée. Ce ne sont pas des sauvages mais plus souvent des sauveurs. Il s’agit en fait d’un passage de témoins ; l’entreprise connaît plusieurs stades de développement, comme un enfant qui devient adulte. Un entrepreneur de première heure n’a que rarement les qualités d’un directeur de multinationale. C’est un rêve de penser cela ! Il faut changer le management à chaque stade de l’entreprise. Il en va de sa survie. Les créateurs devraient avoir le courage de céder leur place ; bien sûr contre rémunération et sans nécessairement quitter l’entreprise. Quelle est la situation du financement en Suisse ? D’une façon générale, les conditions de travail et le cadre légal pourraient être meilleurs. On a potentiellement beaucoup de projets intéressants en Suisse mais trop « finissent à l’étranger ». Il faut encourager les Suisses à prendre des risques, soit comme créateurs soit comme investisseurs. Malheureusement nous avons une mentalité d’employés. Peut-être parce que les exemples montrés sont toujours faramineux, au lieu de promouvoir des projets à portée de tout un chacun. L’investissement ne doit plus être montré seulement sous l’aspect du système capitalistique, de l’appât du gain et de multiplication de la fortune. Il y a de l’argent dans ce pays, il y a du savoir-faire aussi et des gens qui aiment le partager. La Suisse a besoin de développer son goût du risque ! Les étapes fondamen Financement de départ (amateur) FFF (Friends, Family, Founders) Budgets de Recherche et Développement Fonds publics Business angels Capital d’amorçage
Comment décririez-vous Index Ventures ? David Rimer : Index Ventures est un groupe basé à Jersey, Londres et Genève, qui investit dans des petites sociétés de technologie de l’information et de biotechnologie, principalement en Europe, en Europe de l’est, aux USA et en Israël. Nous recevons environ 1200 projets par année. Les opportunités, le management et les attentes de l’équipe sont analysés. Nous voulons savoir si le produit qu’elles développent cherche un problème ou si le problème est résolu par ce produit. Nous nous penchons aussi sur l’équipe de gestion et sur sa capacité à réaliser le plan qu’elle s’est fixée. Sur ces critères, nous retenons entre 6 et 12 entreprises que nous aidons à devenir des leaders mondiaux dans leur branche. Qu’est-ce que cela signifie en terme d’argent ? Nous allons de l’idée (le seed money) jusqu’à EUR 20 millions. Cela représente un large éventail d’investissements. tales du financement Financement de développement (professionel) Trade sale IPO (Initial Public Offering=mise en bourse) Venture capitalist Fonds de venture capital DOSSIER - Financement Le venture capitalist David Rimer est l’un des trois fondateurs d’Index Ventures, l’une des compagnies les plus actives dans le venture capital. Investissant dans la technologie de l’information et la bio- technologie, Index est connue pour sa participation dans Skype, My SQL, Betfair et, plus récemment, dans Joost. Notre dernier fonds, Index Venture 4, pèse EUR 350 millions. Les investisseurs institutionnels nous connaissent et nous font confiance car nous leur assurons une bonne performance. Est-ce pour cette raison que vous vous concentrez sur la technologie de l’information et la biotechnologie ? Je donnerais deux réponses : D’une part, le private equity est divisé en deux : le buy out et le venture capital. Les deux demandent aux investisseurs de donner de l’argent pendant une longue période, souvent plus de 10 ans, sans aucun contrôle et avec très peu de liquidités initiales. Ces trois paramètres auxquels s’ajoute le risque, nécessitent que cette industrie génère des performances supérieures aux investissements plus liquides et moins risqués. Ce degré de performance ne peut s’atteindre que par effet de levier et par l’ingénierie financière (le buy out) ou par une très grande croissance interne des sociétés (le venture capital). Le venture capitalist va donc investir dans des sociétés qui peuvent produire de telles performances. Malheureusement, peu d’industries peuvent le faire. Historiquement, il n’y a que la technologie de l’information, la science de la vie et le système de franchise. D’autre part, chez Index, on sait que c’est un business dur qui demande un travail intense et continu. Pour bien le faire, il faut être spécialisé, raison pour laquelle nous avons privilégié ces deux domaines. Que pensez-vous du financement des start-up en Suisse ? Il faut modifier les conditions cadres car la Suisse est vraiment en retard sur 4 points : 1. Les gains en capitaux investis dans des petites entreprises ne devraient jamais être considérés comme du revenu de l’activité professionnelle. Que vous soyez un investisseur, un des fondateurs ou l’un des employés engagés, le risque est immense. La majorité des sociétés fait faillite, les salaires sont plus bas. Il s’agit vraiment d’un investissement en capital. 2. Les options devraient être taxées, si ce n’est comme du gain en capital à 0%, à moins de 20%. Cette taxation devrait intervenir à l’exercice et non à l’octroi. La durée de détention devrait avoir une influence sur le taux d’imposition. Il faudrait faire une différence entre l’option d’une société cotée et l’option d’une société privée qui n’a pas de valeur de marché. 3. Au niveau étatique, la mise en service d’un guichet unique qui aide les entreprises à s’établir est urgente. Si vous êtes tout seul, pas formé pour traiter de l’administratif, c’est très dur. 4. L’entrepreneur est mal perçu. Le système capitaliste est le système qui existe. Si quelqu’un veut créer quelque chose, on ne devrait pas le condamner. Pour moi, le dirigent d’entreprise a une dimension sociale essentielle. Quels conseils donneriez-vous à un jeune entrepreneur suisse ? Avant de se lancer dans l’entreprenariat, le créateur doit trouver des modèles dans l’industrie, les analyser, dénicher les meilleurs acteurs, les innovateurs et aller travailler avec eux, même s’ils sont à l’étranger. Une fois qu’il a bien appris, il peut s’établir. Le plus important reste la passion. Si l’on est passionné, on peut faire son analyse distincte, spécifique et individuelle. Créateurs No 3 19



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