Créateurs n°3 déc 07/jan-fév 2008
Créateurs n°3 déc 07/jan-fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de déc 07/jan-fév 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 330) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : financement, pas de cadeau sous le sapin !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER - Etat des lieux Quelle est votre perception des entreprises suisses ? Xavier Comtesse : Il faut en premier lieu revoir leur classification. Je ne crois pas que les répartir en fonction de leur taille soit le moyen le plus pertinent. De minuscules sociétés sont des leaders mondiaux dans leur domaine car elles ont développé des activités de niche. Il me semble plus important de séparer celles qui sont actives uniquement sur le marché national et celles qui travaillent aussi à l’international. Ces deux catégories doivent encore être différenciées selon leur degré de technologie. Ces critères permettent de définir leur besoin en financement et donc leur capacité à en recevoir. Pouvez-vous expliquer votre classification ? Les entreprises présentes sur un marché étranger, de nature plus agressif et compétitif que le nôtre, ont une productivité et une tendance à l’innovation plus grande que celles qui cantonnent au marché national, trop protégé. Ces derniers perdent leur réactivité et sont en péril aussitôt que celui-ci s’ouvre à la concurrence étrangère. Parmi elles, un grand nombre à haute teneur technologique travaille comme sous-traitant pour de plus grosses entreprises. Cela implique que beaucoup développent leur savoir-faire en fonction des besoins de la société qui les mandate (b2b). Ces PME dépendent donc étroitement de la bonne santé de leurs mandataires. Ce n’est pas le 16 Créateurs No 3 L’analyste cas des PME « indépendantes » qui occupent des niches technologiques et exportent la majorité de leur production. Comment cela influence-t-il leur financement ? Une start-up ou une PME à haute technologie est beaucoup plus gourmande en terme de capitaux qu’une entreprise « normale ». Les besoins ne sont pas les mêmes si l’on fait de la bio-tech, de l’IT ou de la boulangerie. Les sommes « Les sociétés qui ont des gros besoins et des mauvais bilans sont des boîtes qui ne marchent pas ! » Xavier Comtesse est le bouillonnant directeur de l’antenne romande d’Avenir Suisse. Basé sur les « think tank » (boîte à idées) américains, ce groupe de réflexion réfléchit sur les conditions cadres à instaurer pour favoriser un essor socio-économique de qualité. en jeu sont très importantes et les investisseurs préfèrent des sociétés aux visées internationales et à la clientèle élargie. Le besoin de financement concerne surtout les entreprises de hautes technologies ou celles qui veulent mutés en haute technologie. Pour les autres, leurs fonds propres devraient suffire. Parfois pourtant, les entreprises ont juste besoin de CHF 50 000 et il leur est très difficile de réunir cette somme… Il est vrai qu’il n’est pas toujours facile de trouver de l’argent au démarrage. Mais, si après cette phase elles en ont encore besoin, c’est qu’elles ne vont pas bien, sauf dans le cas d’un changement technologique. Les banques octroient des crédits PME mais il leur faut de bon bilans ou des actifs qui puissent servir de caution. Si tel n’est pas le cas, les banques ne prêtent pas. Les sociétés qui ont des gros besoins et des mauvais bilans sont des boites qui ne marchent pas ! Quelles sont les mesures à prendre ? Il faut agir sur 4 points précis : 1. Lois sur les faillites. L’article 725 du CO oblige les entreprises à se déclarer en faillite, sauf cas particulier, si la moitié du capital action a été utilisé. Cet article s’oppose à la réalité de la start-up qui capitalise justement pour manger ce capital. 2. Il devrait y avoir un incitatif fiscal pour les investisseurs. Si vous avancez de l’argent, vous faites du prêt sur du capital-risque. Tous les pays européens l’ont défiscalisé, sauf la Suisse. Il faut donner une vraie incitation à celui qui investit. 3. La loi doit spécifier si l’argent gagné par les managers de ces fons s’apparente à des gains en capital ou à des revenus. S’il s’agit de revenu, il ne faut plus le taxer à 45% mais à 15% comme en Angleterre. Sinon, c’est du gain en capital et alors il n’est pas imposé en Suisse. 4. Les stock-options sont taxées comme un gain à leur émission. Or les bénéficiaires ne les ont pas encore exercées. Il ne s’agit que d’une valeur théorique au moment de la transmission. Toute la problématique du financement réside dans le système égalitaire de la Suisse, le même pour tous, alors qu’on devrait avoir un système différent pour chacun mais équitable pour tous. Or en Suisse, on pratique des systèmes globaux. Les conditions pour les start-up et les PME technologiques doivent être modifiées sinon nous accuserons toujours un certain retard.
Quelles sont les possibilités de financement pour les petites sociétés, innovantes ou pas, en démarrage ? Armand Lombard : Il faut scinder ce groupe en deux. Il y a d’abord les nanoentreprises (ou les très petites entreprises), qui comptent de 1 à 10 personnes et les PME dont la taille peut varier de 250 à 500 employés, selon le type de classification. Pour ces dernières, les possibilités de financement existent. Si l’on cherche un crédit de CHF 500 000 ou plus, on peut le trouver. En effet, les banques sont plus enclines à prêter de telles sommes à des entreprises de taille moyenne que de moindres montants à de petites sociétés, en raison du risque et des coûts d’étude de dossier plus élevés. Les nano-entreprises doivent remplir entre autres trois critères pour bénéficier d’un financement : 1. Offrir un cautionnement ou une garantie suffisante 2. Etre installées dans une activité reconnue qui génère un chiffre d’affaires constant 3. Etre globalement dans les chiffres noirs Or c’est aberrant pour une entreprise innovante naissante. Il est très rare qu’elles disposent des garanties suffisantes. De plus, ces critères excluent les structures qui misent sur l’innovation et sur de nouveaux axes de marché. Que dire enfin des chiffres noirs : la jeune entreprise innovante est en développement ; elle est donc forcément dans les chiffres rouges… Ces conditions démontrent un véritable inintérêt pour le Le praticien DOSSIER - Etat des lieux Armand Lombard, fondateur et président du réseau Genilem, est l’une des personnes incontournables dans le domaine de la petite entreprise en Romandie. Il nous livre son constat sur les possibilités d’emprunt pour ce type de structure. milieu « nano » et l’inexistence de réelles sources de financement bancaire. Que faire ? Il faudrait mettre en place des infrastructures spécifiques de microfinancement. Il n’y en a pas en Suisse romande, à l’exception de la Fondetec ou d’ASECE sur une base limitée. Les investisseurs s’intéressent à un stade ultérieur du développement entrepreneurial, par le venture capital, bien représenté mais n’entrant pas en matière pour des sommes inférieures à 1/2 million CHF. Compétences et moyens en nano-finance font simplement défaut. Deux formes de financement seraient nécessaires:• Investissement (seed money) : CHF 25 000 000 seraient nécessaires en Suisse romande pour permettre une prise de participation dans une centaine d’entreprise. Une fois encore, aucune structure ne s’y emploie. Il faudrait donc imaginer une forme de banque, non soumise aux directives de Bâle II.• Des micro-crédits, dont les montants s’échelonneraient de CHF 3000 à CHF 50 000, insuffisants pour un « Compétences et moyens en nano-finance font simplement défaut » développement durable mais qui permettraient de franchir une marche, pour acheter un camion ou un ordinateur par exemple. Les montants peuvent paraître ridicules en macro finance, mais ils sont vitaux. CHF 2 500 000 de crédit annuel pour toute la Suisse romande, autoriserait une aide subséquente. Malheureusement, il n’existe pas d’organe de micro-crédit pour gérer cet argent sinon des clubs actuellement en formation. Comment organiser ce micro-crédit ? De deux façons : 1. Création d’organismes de micro-crédit dans les communes (ou un regroupement de communes) de plus de 30 000 habitants. Comme ce sont des institutions de proximité, elles ont un rapport plus personnel aux gens, leur travail en serait donc d’autant plus facilité et répondrait à un besoin essentiel de création de revenus et d’emplois. 2. Des clubs de micro-crédit doivent être encouragés. L’initiative doit venir d’entreprises citoyennes ou philanthropiques qui veulent développer le pays en soutenant son tissu économique. Ces clubs procéderont à leur propre sélection de crédits, se concentrant sur une région (territoire de la commune X) ou sur une thématique (crédits en matièree d’environnement). Ils restent légalement limités à 20 participants pour des montants allant au max à CHF 2 000 000 à 4 000 000. L’Etat doit-il davantage soutenir les entreprises en démarrage ? A mon corps défendant : oui ! L’Etat est un magnifique membre de la communauté économique, c’est la plus grande entreprise d’un canton. Il est donc normal qu’il agisse comme tel et qu’il intervienne comme une entreprise citoyenne. Soit de façon directe par des fonds ciblés, soit sous forme indirecte en introduisant des facilitateurs : déductions fiscales, couverture des risques, réduction des tracasseries, prise en charge des assurances, promotion de formations. Il y a une multitude de possibilités qu’il vaudrait la peine d’éprouver pour établir un réel marché financier de démarrage. Créateurs No 3 17



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