Créateurs n°2 sep/oct/nov 2007
Créateurs n°2 sep/oct/nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de sep/oct/nov 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 330) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : le juste équilibre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Profils de créateurs SpineArt l’art de sublimer et de simplifier Jérôme Ventura 6 Créateurs No 2 Comme l’indique son nom, cette société genevoise, soutenue par l’Office de la Promotion Economique, va bien au-delà d’une réflexion classique. «Avec SpineArt, nous avons cherché à créer une différentiation qui passe notamment par l’innovation, la simplicité et la mise en scène de nos produits», souligne Jérôme Ventura, l’un des trois fondateurs de l’entreprise, active dans le domaine des implants pour la chirurgie du «spine», autrement dit de la colonne vertébrale. Les implants développés sont innovants et souvent protégés par des brevets. Leurs concepts datent des années 80-90 mais SpineArt les a significativement améliorés en y intégrant les demandes des praticiens. SpineArt est partie d’une feuille blanche et a mis en A priori, quel peut être le lien entre une start-up et un géant mondial de la restauration rapide? Gérald Chambon: Durant mes études de chimie d’abord, puis d’ingénieur en microtechnique ensuite, j’ai eu, comme beaucoup d’autres étudiants une activité professionnelle «alimentaire». J’ai travaillé dix ans chez Mc Donald’s, gravissant les échelons jusqu’à devenir coordinateur de quart. L’entreprise américaine applique les plus hauts standards de qualité et de procédures d’hygiène alimentaire. J’ai énormément appris chez eux et me suis rendu compte que, dans cette activité, la question de la sécurité alimentaire est primordiale, notamment pour les huiles. Malheureusement, les procédures existantes sont contraignantes et mal adaptées à l’exploitation d’un restaurant. Confronté à cette réalité du marché, je me suis interrogé: pourquoi n’existe-t-il pas de moyen intégré de mesure de la saturation des huiles de friture, tels les thermomètres? J’en ai fait le sujet de mon travail de diplôme à l’EPFL. Je me suis naturellement tourné vers Mc Donald’s Suisse. Il s’agissait de développer un capteur capable de détecter le moment exact où pratique ses connaissances en mécanique rachidienne, ses techniques opératoires et des matériaux jusqu’alors utilisés dans des domaines dits de très haute technologie. Ceci a permis à la société de se développer rapidement dans un secteur pourtant réputé prudent. S’impliquer dans ce domaine, Jérôme Ventura n’y pensait pas vraiment. Spécialiste de la finance, il souhaitait réorienter sa carrière dans une fonction intégrant la stratégie d’entreprise. L’opportunité se présente en 2005, quand on lui propose de rencontrer deux personnes qui possèdent les droits d’exploitation d’un brevet dans le «spine» et qui souhaitent fonder une entreprise. Dans un premier temps, Jérôme Ventura accepte une collaboration comme consultant pour assurer la levée de fonds. Le dossier monté, la société est créée en mai 2005. C’est à cette époque que le consultant accepte la proposition de participer à l’aventure SpineArt. «Je ne cherchais pas vraiment à devenir indépendant mais il y a eu une convergence de facteurs favorables. J’ai été convaincu par le potentiel du secteur, le professionnalisme des personnes et par la bonne entente sur le plan personnel. Le professionnalisme est crucial. Pour moi, cela représente une grande capacité de travail mais aussi une aptitude à comprendre Alpsens le «petit Suisse» au pays du hamburger – frites l’huile de friture devait être changée, selon les règlements en vigueur, sans pour autant devoir interrompre le travail. Tout était à inventer: cahier des charges, capteur, système d’étalonnage, procédures, tout. On l’a fait! Une fois mon diplôme en poche, j’ai poursuivi mes expériences en parallèle à mon doctorat et, quand une grande entreprise s’est intéressée à mes travaux en 2003, je me suis interrogé: vais-je leur donner une licence ou créer ma propre entreprise? Aventurier dans l’âme, fort du soutien de mes proches et de mon directeur de thèse, j’ai décidé d’interrompre mon doctorat et de créer Alpsens. Comment s’est passé le démarrage de votre projet? N’ayant pas de moyens, j’ai eu la chance de découvrir la Fondation pour l’Innovation Technologique (FIT). Je leur ai soumis le dossier (au stade du croquis 3D du capteur!) et ils m’ont fait confiance. Ce premier soutien a été déterminant car il m’a permis de retourner vers mon partenaire-client pour négocier une exclusivité mondiale. Ça a été une période très éprouvante. Cette étape était déterminante pour la survie du projet et, alors
le secteur et à anticiper les évolutions futures. C’est primordial dans le domaine des technologies médicales», commente-t-il. Au-delà des spécificités du domaine, il souligne l’importance de la philosophie de l’entreprise: «Elle se base sur trois valeurs: qualité, innovation, simplicité. Il est évident qu’en matière de qualité nos produits doivent répondre aux plus hauts standards. Chez SpineArt, nous allons au-delà des questions réglementaires et sécuritaires en travaillant l’esthétique de nos implants et de nos instruments. C’est une philosophie qui, je le crois, correspond aux attentes des médecins et valorise leur travail.» que l’affaire devait se régler en trois mois, il en a fallu douze! Vous n’imaginez pas ma grande émotion quand j’ai pu signer l’accord de partenariat avec le PDG de Mc Donald’s Suisse, moi, son ancien employé! Et puis tout s’est enchaîné: j’ai reçu un financement de la CTI pour réaliser plusieurs travaux de recherche, j’ai obtenu le label CTI Start-up qui m’a ouvert les portes d’un coaching professionnel, la région lausannoise m’a remis le Trophée PERL en 2005, la FIT a encore été sollicitée par deux fois, en 2006 et cette année, avec succès, pour finaliser le démonstrateur. Enfin, ce printemps, après huit mois de tests dans un restaurant en Suisse, j’ai appris que mon partenaire déclarait le capteur «bon pour le service». Et demain? Cette dernière étape a permis l’ouverture de négociations avec la direction générale du groupe aux USA. Certains fabricants de friteuses sont dans les starting-blocks pour intégrer cette technologie dans ce qui sera votre friteuse de demain… Aujourd’hui, Alpsens Technologies SA emploie 5 personnes et se charge de l’assemblage final, de la calibration et des tests de qualité des capteurs. Notre partenariat avec Mc Donald’s Suisse est donc profitable à tous puisque la société s’est trouvée mise en lumière au niveau du groupe, qui apprécie sa capacité d’innovation. Bien sûr, Alpens n’en restera pas là: nous planchons sur la prochaine génération de capteurs qui intégreront plus de fonctions, mais ça c’est une autre histoire… propos recueillis par Régis Joly carte de visite d’Alpsens en page 30 Profils de créateurs L’innovation est aussi au cœur de SpineArt. «Mais elle peut être néfaste si elle aboutit à des choses compliquées», fait remarquer Jérôme Ventura. Dans les instruments de chirurgie. il faut être innovant et simple, c’est cette combinaison qui est difficile. Il faut viser cet objectif afin de faciliter la vie du chirurgien et, in fine, la pose de l’implant. Nous réussissons dans cette stratégie car nous arrivons à avoir un nombre d’instruments nécessaire à une intervention chirurgicale deux fois moindre que celui de la concurrence.» «Notre force est dans la confiance que nous nous portons mutuellement» Il souligne également l’importance de certaines valeurs humaines pour la réussite du projet: «Notre force est dans la confiance que nous nous portons mutuellement. Cette confiance n’est pas aveugle mais basée sur le fait que nous sommes tous professionnels dans nos domaines respectifs et autonomes dans notre travail». C’est devenu l’une des bases du business modèle de SpineArt et, Jérôme Ventura en est convaincu, «engager des gens qui ont entre 10-15 ans d’expérience, confiance en eux et qui possèdent une solide connaissance de leur secteur est un bon point de départ. Dans une start-up, il faut savoir faire les choses bien et rapidement, l’expérience a donc un rôle important à cet égard.» Irina Sakharova Quitt carte de visite de Spineart en page 40 Gérald Chambon, 34 ans, chimiste et ingénieur EPFL en microtechnique, est le fondateur d’Alpsens Technologies, une entreprise qui, depuis 2003, développe un système de mesure de la qualité des huiles de friture dans la restauration rapide Créateurs No 2 7



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