Créateurs n°14 sep/oct 2010
Créateurs n°14 sep/oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de sep/oct 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : les institutions dopent la création d'entreprises.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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26 Les institutions dopent la création d’entreprises Dossier Mathias Paquier Une entreprise-école à la conquête du monde La société Secu4 vient d’être primée dans le Top 100 des meilleures start-up mondiales selon le classement de la société américaine Red Herring. Ce beau projet n’aurait peut-être jamais vu le jour sans les outils de soutien mis en place par la Haute Ecole Spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) et l’Etat du Valais. Ralph Rimet www.secu4.com Créateurs No 14 - AUTOMNE 2010 Dans un train, sur une terrasse, il suffit d’un bref moment d’inattention pour qu’un voleur s’empare d’un sac ou d’un ordinateur portable. C’est pour lutter contre ce type de vols, devenus malheureusement de plus en plus courants, que Ralph Rimet a développé un produit révolutionnaire, le BlueWatchDog. Concrètement, il s’agit d’une carte à insérer dans l’objet à protéger, qu’il s’agisse d’un ordinateur ou d’un sac à main. Via une connexion Bluetooth, la carte communique en permanence avec le téléphone mobile de l’usager. Si, pour une raison ou une autre, la carte, et donc l’objet protégé, s’éloigne trop de son propriétaire, celui-ci est averti sur son téléphone mobile. Si rien n’est fait, une alarme de 110 décibels se déclenche alors au bout d’un temps prédéfini sur la carte, avec pour objectif de faire fuir un éventuel voleur. L’idée du BlueWatchDog est née en 2004 à la HES-SO Valais à Sierre. Ralph Rimet, alors étudiant à la Haute Ecole de Gestion du Canton du Vaud, participe au programme « Business Experience » grâce à une collaboration entre les deux écoles. Il réalise ensuite une étude de marché dans le cadre de son travail de diplôme. La société est finalement créée en 2007 avec un important soutien de « The Ark, la fondation pour l’innovation en Valais ». Rencontre avec Ralph Rimet, fondateur et CEO de Secu4. Que vous ont concrètement apporté l’option Business Experience et la HES-SO ? Cette formation est incontestablement à l’origine du projet. Au départ, je n’avais pas eu l’idée de ce produit, mais quand j’ai commencé cette option c’était clair pour moi que je voulais faire partie d’un groupe qui allait démarrer quelque chose en vue d’en faire une société. Les 10’000 francs de financement que notre groupe a reçu de la part de la Business Experience nous ont permis de réaliser un travail de recherche afin d’évaluer les opportunités de marché. La phase de développement du prototype a duré environ une année, toujours dans le cadre de la HEVs. Ce développement a été financé par un contrat de royalties avec la HEVs. Pouvez-vous nous parler des prestations offertes par The Ark ? Durant trois mois, j’ai bénéficié de la bourse The Ark qui comprenait un capital de 10’000 francs. D’autre part, des locaux sont mis gratuitement à disposition dans l’incubateur du TechnoArk pendant 3 ans, jusqu’au jour où la société génère suffisamment de revenus pour rembourser la moitié des loyers économisés. Durant cette phase d’incubation, des financements jusqu’à hauteur de 35’000 francs ont pu être obtenus ponctuellement pour des frais de brevets ou d’avocats par exemple. Mais l’aide principale est vraiment le coaching. Le coach Cimark, qui nous a été attribué dès la Business Experience, nous a apporté une précieuse aide, notamment en matière de networking. Il nous a également permis de trouver rapidement des solutions à des problèmes en tout genre. Cette personne a d’ailleurs continué à nous suivre et fait aujourd’hui partie de notre conseil d’administration. Selon vous, les mesures étatiques sont-elles adaptées aux besoins des start-up ? Aujourd’hui, en Valais, le modèle est bien rodé et les mesures d’aides étatiques aux start-up sont adéquates. Ce qui manque encore ce sont des possibilités de financement « early stage », une phase très critique. Mais dans l’ensemble, le soutien me semble cohérent avec les besoins des jeunes entrepreneurs. Quelle(s) différence(s) y a-t-il entre une start-up HES et une start-up issue de l’EPFL ? On doit se battre davantage. A la fin de mes études, j’ai même dû m’inscrire au chômage pour pouvoir continuer à développer mon projet. A l’université ou à l’EPFL, les projets sont parfois déjà financés à l’interne et les porteurs d’idées sont en général assistants et gagnent relativement bien leur vie. Ils ont une fibre scientifique plus développée que celle d’entrepreneur. Les créateurs d’entreprise issus des HES sont selon moi souvent plus concrets et efficaces dans la mise en place de leur projet. D’où l’importance de créer des équipes complémentaires et de mélanger les savoir-faire ! Vous tenez un blog (ralphrimet.com) que vous mettez régulièrement à jour. Est-il important pour vous de partager votre expérience d’entrepreneur ? Je prends toujours le temps pour les jeunes qui viennent me demander des conseils. J’estime que cela fait partie de mon devoir de retransmettre le plus rapidement possible mes expériences. Il est fondamental de créer un tissu d’entrepreneurs dans ce pays. En Suisse, nous sommes de vrais professionnels compétents et nous avons développé de vraies technologies, il faut arrêter de faire nos petits suisses dans notre coin, encourager la prise de risque, se donner un peu d’envergure. Une bonne technologie, un bon projet, une bonne équipe et on fait des miracles ! Justement, quels conseils donneriez-vous à un étudiant souhaitant devenir entrepreneur ? Il ne faut pas avoir peur de l’entrepreneuriat. C’est un métier difficile mais extrêmement enrichissant. On apprend beaucoup sur soi-même et sur ses limites personnelles. Il faut également croire en soi et se convaincre que ce que l’on est en train de faire est quelque chose d’unique et qu’on est capable d’aller jusqu’au bout. Finalement, il faut toujours rester concentré sur son idée, ne pas se laisser décourager.
Dossier Les institutions dopent la création d’entreprises 27 Stanislas Cavalier L’aide de l’IMD ? Un cadeau extrêmement précieux L’International Institute for Management Development (IMD) de Lausanne développe des projets avec les entreprises romandes. Une collaboration qui profite aussi bien aux sociétés qu’aux étudiants. Explications. « Lors de nos programmes de cours, nous collaborons avec une vingtaine de start-up sur des projets précis, explique AlessandroSofia, responsable de la communication de l’International Institute for Management Development (IMD) à Lausanne. Concrètement, nos étudiants, qui sont pour la plupart des décideurs qui viennent suivre une formation complémentaire, travaillent sur un dossier pendant plusieurs mois en essayant de fournir des réponses concrètes aux entreprises qui ont soumis un projet. Ce travail est bénéfique autant pour nos étudiants, qui peuvent ainsi se pencher sur des cas concrets, que pour les start-up qui s’affranchissent ainsi de recherches fastidieuses. » L’entreprise JMC Lutherie, basée au Brassus, a bénéficié de ce soutien. « Pour nous, l’aide de l’IMD a représenté un cadeau extrêmement précieux, souligne Céline Renaud, cofondatrice et directrice de JMC Lutherie. Enfin, je devrais dire deux cadeaux puisque l’IMD nous a aidé deux fois ! » La première fois, c’était il y a quatre ans. L’entreprise, fondée en 2005, qui fabrique des guitares acoustiques, se demandait comment promouvoir l’usage de cet instrument. Les étudiants de l’IMD ont planché sur le sujet. La deuxième est plus récente : c’était l’année dernière. « Nous avons inventé une enceinte acoustique révolutionnaire, le Soundboard JMC, explique Céline Renaud. Problème, nous ne savions pas comment le commercialiser et nous avons décidé de soumettre ce questionnement à l’IMD. Notre projet a été retenu. » « Chaque année, nous recevons plusieurs dossiers de start-up qui souhaitent collaborer avec nous, explique AlessandroSofia de l’IMD. Nos professeurs les étudient puis ils sélectionnent les projets sur lesquels il est le plus intéressant de faire travailler nos étudiants. Concrètement, six étudiants se sont penchés pendant six mois sur le cas du Soundboard JMC. « Durant toute cette période, nous nous sommes rencontrés toutes les deux semaines, afin de discuter de la problématique. Comme il s’agit d’une technologie d’un nouveau genre, nous hésitions à commercialiser le Soundboard via les réseaux de distribution traditionnels. Cet objet n’étant pas connu, il ne s’y serait pas forcément bien vendu. » Le Soundboard est une enceinte révolutionnaire. Formé d’un simple panneau d’épicéa de résonance de 89 centimètres de côté, qui vibre librement grâce au cadre de suspension situé à l’arrière, l’appareil offre « un son saisissant », comme dit Céline Renaud. Où qu’il soit dans la pièce, l’auditeur a l’impression d’être au cœur du concert ; des notes distinctes et chaudes en lieu et place du message brouillé et métallique que rend souvent la stéréo. Restait à le faire savoir et, bien sûr, à le vendre. « Chaque année, nous recevons plusieurs dossiers de start-up qui souhaitent collaborer avec nous. » « Après six mois de travail, les étudiants nous ont rendu un dossier extrêmement complet, où ils nous recommandaient de distribuer le Soundboard via la vente directe et les cabinets d’architectes, puisqu’il s’agit d’un objet design, tout en essayant de positionner le produit dans des lieux privilégiés comme les hôtels, les salles d’exposition et les restaurants afin de le rendre visible. » Des conseils que la jeune entreprise a suivis. En 2007, l’année de sa création, il ne s’est vendu que deux Soundboard. En 2008, 27 ont trouvé preneur, puis 63 en 2009. Grâce aux conseils des étudiants de l’IMD, Céline Renaud espère écouler 110 appareils cette année. Mais l’aide de l’école lausannoise ne s’arrête pas là. « Le dossier de l’IMD est beaucoup plus complet que ces conseils de vente, poursuit Céline Renaud. A chaque fois que j’ai du temps, je me replonge dedans afin de dénicher de nouvelles idées ou pour retrouver l’un des nombreux contacts fournis. » Car l’IMD agit aussi au niveau du réseau : « Les étudiants ont pris contact avec de nombreuses personnes qui figurent dans le dossier. Ils ont même fait le déplacement jusqu’à la foire de design de Milan afin de rencontrer des personnes de ce milieu susceptibles d’être intéressés par notre produit. En cas de besoin, nous pouvons les solliciter. » Autre avantage de taille : « Le soutien de l’IMD s’est révélé très utile lors de notre recherche de financement. De nombreux investisseurs ont été rassurés de pouvoir consulter un avis objectif d’une école aussi prestigieuse que l’IMD. » Un coup de pouce bienvenu lorsqu’on sait la difficulté pour les start-up à trouver des financements. Créateurs No 14 - AUTOMNE 2010



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