Créateurs n°14 sep/oct 2010
Créateurs n°14 sep/oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de sep/oct 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : les institutions dopent la création d'entreprises.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 PROFILS DE CRéATEURS Sociétés Créateurs No 14 - AUTOMNE 2010 Mais, en l’absence d’une structure juridique en France, nous ne pouvons avoir qu’un stock de marchandises en Suisse et livrer nos clients francais à partir de celui-ci ; ce qui augmente considérablement nos coûts de transport et frais de douane. Nous avons donc décidé d’établir une filiale à Paris d’ici la fin de l’année avec toutes les contraintes que cela suppose, tant organisationnelles qu’administratives, juridiques et financières. Recruter en France un associé qui partage la vision et les valeurs de l’entreprise fut une étape primordiale qui me permet aujourd’hui de me concentrer sur le dévelopement du marché suisse et de nouveaux pays. « Biocom Energy recycle la matière première là où elle se trouve. » Les choses prennent souvent plus de temps qu’on espère et on doit faire face à des imprévus. Biofire est un produit saisonnier et, par exemple, nous sommes entré en phase de commercialisation au printemps 2010, légèrement en retard pour profiter pleinement de la saison printempsété. Une planification au plus près de la réalité est un élément déterminant, mais il reste prudent de prévoir une marge de sécurité ! Certes, vous proposez un produit 100% naturel et écologique. Mais comment garantissez-vous le respect de l’environnement au niveau de votre approvisionnement ? Je suis souvent questionné sur ce point, notamment sur les raisons de produire en Europe de l’est. Il ne s’agit aucunement d’une contradiction entre économie et écologie, mais d’une simple réalité. Biocom Energy recycle la matière première là où elle se trouve. Les grands pays producteurs de noix en Europe sont la Turquie et la Roumanie. Et même les pays comme la France et l’Italie exportent en partie leurs récoltes vers ces pays pour y sécher et décortiquer leurs noix. Et dans le fond, l’Europe Biocom Energy produit et commercialise le produit Biofire, un biocombustible 100% naturel. Il s’agit d’une bûche à base de récupération de coques de noix broyées et compressées sous haute pression et sans aucun additif. Biofire est un excellent substitut au bois et au charbon de bois pour le barbecue, la cheminée et le poêle. Biofire est propre et non polluant. La bûche est densifiée et non carbonisée. de l’est est aux portes de la Suisse… Biofire reste un bien de consommation qui présente, globalement sur son cycle de vie, un impact environnemental nettement inférieur à celui de ses concurrents. Et c’est cela que nous proposons à nos clients ! Vos produits ne nécessitent pas de R & D très conséquente. On pourrait imaginer qu’il soient rapidement et facilement copiés. Comment défendez-vous vos intérêts ? Tout d’abord, précisons que Biocom Energy évolue dans un marché de niche qui offre peu de place à plusieurs acteurs. Dans ce contexte, la marque Biofire, déposée dans la plupart des pays d’Europe de l’ouest, est notre principale force. Par ailleurs, nous disposons de sérieux avantages concurrentiels. Tout d’abord, parce que nous avons une plantation de noix en Moldavie et avons mis en place des filières d’approvisionnement de coques de noix qui ne sont pas si simple à récupérer. Ces coques de noix doivent ensuite être nettoyées, séchées et broyées avant de passer dans une presse mécanique pour être transformées en briquettes puis refroidies, coupées et emballées. Cela nécessite un investissement en machines industrielles et plusieurs ajustements spécifiques. Le fait de produire sur place en Europe de l’est nous permet aussi de bénéficier d’un cout de main d’œuvre intéressant afin d’être compétitif en terme de prix. Biocom Energy ne doit cependant pas se reposer sur ses acquis. Il importe que nous déclinions rapidement notre gamme de produits pour répondre aux besoins spécifiques de nos clients. Nous allons lancer début 2011 de nouveaux produits, par exemple des petites briquettes à base de sarments et pieds de vignes pour un usage dédié aux barbecues. De même, nous continuons à travailler sur une diversification de la matière première et des sources d’approvisionnement, tels que d’autres types de coques et noyaux de fruits ayant un intérêt calorifique, voir gustatif, pour la cuisson.
Sociétés Professeur Dembiski Nouvelles entreprises - un diagnostic ambigu FINANCEMENT Au travers des statistiques officielles, la dynamique entrepreuneuriale apparaît comme assez terne : un florilège de micro-entreprises fort éphémères, sans incidence significative sur l’économie suisse, mue avant tout par les grands groupes. S’agit il d’une image fidèle, ou d’une simplification outrancière faute d’analyses plus fines ? Cet été l’Office fédéral de la statistique a rendu publique sa « statistique sur les nouvelles entreprises 2008 » Pour la huitième année consécutive, l’OFS ausculte sous la loupe les entreprises créées « ex nihilo »., c’est-à-dire celles qui ne résultent pas d’un changement de nom ou de raison sociale, d’une scission ou d’un déménagement. Chacun de ces événements génère du « bruit » statistique puisque, formellement il y a nouvelle entreprise, alors que tel n’est pas le cas du point de vue économique. Ainsi, les créations définies par l’OFS comme « ex nihilo » constituent 50% de l’ensemble des nouvelles entreprises apparues entre 2005 et 2008, date du dernier recensement fédéral des entreprises. En effet, 77’500 entreprises apparaissent en 2008 pour la première fois dans un recensement fédéral, alors que selon la statistique des nouvelles entreprises, 39’500 seraient nées « ex nihilo » entre 2005 et 2008 et auraient survécu jusqu’en 2008. « Sur les 11’596 créations nouvelles recensées en 2008, 2583 ont eu lieu dans la région lémanique (Genève, Vaud et Valais). » Sur les 11’596 créations nouvelles recensées en 2008, 2583 ont eu lieu dans la région lémanique (Genève, Vaud et Valais). En termes d’emplois, au niveau suisse, les nouvelles entreprises ont généré 21’779 emplois (dont les 2/3 à plein temps) soit 0,7 pour mille du total des emplois dans l’économie suisse. Sur les 11’956 nouvelles entreprises, seules 81 avaient plus de 10 emplois plein-temps, alors que plus de 1’700 n’occupaient même pas une personne à temps plein. Plus de 80% des créations démarrent avec entre 1-4 emplois plein temps. C’est dire que les nouvelles entreprises ne pèsent pas lourd en termes économiques. L’intérêt qu’on leur porte tient donc essentiellement à leur potentiel de développement futur. Les données statistiques obligent à poser un regard sans complaisance sur la dynamique du tissu économique suisse, sur les ressorts de croissance de la suisse et sur la trame sociale dans laquelle l’édifice économique est ancré. En effet, les chiffres mentionnés plus haut suggèrent que la croissance à moyen terme de l’économie suisse ne provient que dans une mesure (très) limitée des créations récentes car elle est tirée avant tout par la croissance des entreprises déjà solidement établies. Cela d’autant plus qu’à cinq ans, seule une entreprise sur deux survit. Pourtant, l’explication du paradoxe se trouve au-delà des chiffres : certes, parmi les dizaines de milliers de créations, il y a quelques cas d’exception qui « vont faire » la différence à l’avenir, mais peu d’entre elles survivront en tant qu’entreprises autonomes, la plupart étant destinées à être absorbées par de grandes structures que ces nouvelles pousses viendront dynamiser de l’intérieur. Si cette réalité est bien connue des opérateurs, elle n’est pas lisible au niveau des statistiques – dommage ! La répartition des nouvelles créations entre secteurs d’activité est stable depuis huit ans à raison, bon an mal an, de : 20% dans le secondaire et de 80% dans les services. En termes de branches, les activités spécialisées et scientifiques représentent environ 25% des nouvelles créations ce qui à première vue confirme la volonté de la Suisse de développer une économie basée sur la connaissance. Pourtant, à lire les chiffres de près, on peut se demander s’il s’agit vraiment d’entreprises – c’est-à-dire d’entités organisées visant un développement - ou seulement de la forme juridique ou organisationnelle la plus appropriée pour exercer un certain nombre d’activités d’expertise ou de conseil. En effet, il s’agit d’entités extrêmement petites (1,5 emplois en moyenne) qui sont systématiquement nettement plus petites que la moyenne des nouvelles entreprises (oscillation entre 1.9 et 2.2 emplois selon les années). On pourrait ainsi formuler l’hypothèse que ces créations ne sont que le reflet d’un changement intervenu sur le marché de l’emploi : dans les fonctions à haute composante d’expertise, les entreprises ont accru le recours aux consultants en baissant parallèlement les niveaux d’emplois correspondants. Les questions que suscite une lecture attentive des chiffres élaborés par l’OFS sont de première importance pour connaître en profondeur la véritable santé et solidité non seulement du tissu économique mais aussi du tissu social de la Suisse. Ce type de questions dépasse de loin le mandat de l’OFS et il devrait être confié à une entité que l’auteur de ces lignes appelle de ses vœux – un Observatoire du tissu économique suisse. Professeur Dembiski Directeur de l’Observatoire de la finance Créateurs No 14 - AUTOMNE 2010 11



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