Créateurs n°1 jun/jui/aoû 2007
Créateurs n°1 jun/jui/aoû 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de jun/jui/aoû 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Genilem

  • Format : (230 x 335) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : oser la différence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Et après le démarrage ? 52 Créateurs No 1 ELSAmetal la rencontre d’impératifs écologiques et économiques Le temps et l’argent. Ces deux « denrées » sont celles qui font le plus souvent défaut à tout patron en herbe. Celles qui sont susceptibles de reléguer l’idée la plus novatrice dans les tiroirs de la création d’entreprise avortée. Celles aussi autour desquelles la dichotomie entre les impératifs quasi vitaux des start-upers et ceux des détenteurs des leviers tant économiques qu’administratifs est la plus criante. Le temps et l’argent. Ces deux « denrées » sont celles après lesquelles ELSAmetal, comme la plupart des jeunes pousses, a le plus couru ces dernières années. Et si la satisfaction des espoirs de ses fondateurs n’a pas toujours été au rendez-vous – du moins pas aussi rapidement qu’ils l’espéraient – l’entreprise spécialisée dans « le traitement des métaux en solution » a su transformer l’essai. La société anonyme, créée en janvier 2000 et portée à bout de bras par François et Franck Lançon, est aujourd’hui un groupe industriel aux ramifications internationales. Du pilote à l’industrialisation ELSA, dont le siège social est à Genève, est désormais présente au Japon, au Chili, à Londres et en France. Elle dispose de ses propres sites de traitements d’effluents industriels, d’usines d’extraction de métaux. Elle a déployé des partenariats avec des instituts de formation, avec des industries de renommée mondiale. Et emploie plus de 40 personnes, dont sept ingénieurs dédiés à l’amélioration constante des équipements mis au point par ses soins. L’entreprise genevoise a su gérer le passage de la start-up technologique à la société industrielle aux ambitions mondiales. Elle travaille désormais aussi bien au Chili qu’au Japon. ELSA a su s’imposer sur des marchés de niches. Fournir des solutions là où les technologies conventionnelles ne fonctionnaient pas de façon optimale. Convaincre de Niederunnen (extraction de métaux dans des fumées et cendres d’incinération) à Hiroshima (dépollution des eaux de lavage d’un fabricant de plaques et tubes en cuivre). Elle maîtrise surtout l’intégralité du processus qui va de l’extraction de métaux à leur négoce, en passant par leur recyclage et leur valorisation (raffinage ou intégration dans des alliages). Bien sûr, le parcours de la start-up devenue entreprise industrielle n’a pas été un long fleuve tranquille. Le temps – toujours lui – nécessaire au lancement des affaires, la frilosité des instituts bancaires ou encore les lenteurs et lourdeurs administratives sont des écueils auxquels se réfère volontiers Franck Lançon. Il a fallu aussi passer du pilote à l’industrialisation : « Cela implique de résoudre des problèmes comme la longévité des installations, leur consommation énergétique, leur maintenance ou encore leur forme ». Il a fallu gérer le développement de la société, « accompagner la croissance avec de nouvelles compétences et donc anticiper sur des revenus futurs ». Franck Lançon, l’un des deux fondateurs d’ELSAmetal Besoins du marché Franck Lançon parle de chance, de beaucoup de travail. Il se reconnaît un certain pragmatisme. « Notre souci, explique-t-il, a toujours été de fournir des services, de produire des métaux que nous savions pouvoir vendre. Nous ne sommes pas partis d’une technologie, mais bien du marché, de ses besoins ». Le jeune patron évoque aussi la collaboration avec le Guichet pour Entreprises de l’Office de la Promotion Economique de Genève (OPEG). « Nous y avons trouvé, énumère-t-il, une oreille attentive, un appui à notre intégration dans le contexte genevois, une aide pour dépasser les blocages et pour l’obtention du permis d’exploitation de notre site de Vernier. » De même qu’une mise en contact avec le Réseau CCSO, un organisme de soutien aux PME, qui a accompagné ELSA sur la voie de sa création et de son développement. Franck Lançon n’oublie pas non plus la Fondetec, dont « la garantie financière a été, en son temps, essentielle ». Ni les Services Industriels de Genève, qui ont offert à la start-up son premier contrat. Mais ELSA est avant tout le fruit d’une rencontre entre des compétences et une invention « vieille comme le monde » – la cémentation optimisée, un procédé qui permet d’extraire le métal contenu dans des liquides, des effluents ou des fumées. Entre une technologie et un souci non seulement écologique (dépolluer des effluents) mais également économique (valoriser les métaux ainsi extraits pour les vendre au meilleur prix). ELSA est le fruit d’une « bonne équipe », soudée par une culture d’entreprise forte. D’une complémentarité entre un père et un fils, un expert-comptable et un trader. « Notre binôme est une grande chance et notre force », conclut Franck Lançon. Claire Kaplun
« Stéphane Lambiel. Non pas du triple axel piqué pour une fois, mais d’un sondage d’opinion publié en 2006 qui nous montre ceux qui « incarnent le mieux la Suisse Romande ». A côté du patineur valaisan, on trouve, entre autres, le skieur Didier Cuche, le mannequin Laurianne Gilliéron, le musicien Alain Morisod et l’humoriste François Silvant. Belle moisson pour un si petit coin de terre me direz-vous. Selon moi, le constat est ailleurs : on ne trouve malheureusement aucun créateur d’entreprise dans le lot, alors que notre région construit, produit et innove. Ce sondage est un symbole parmi d’autres qui révèle une Suisse romande frileuse et confrontée à un problème de mentalité : nous ne valorisons pas assez ceux qui prennent des risques, créent de la valeur ajoutée et des emplois. Ce manque de reconnaissance trahit un phénomène plus vaste et plus inquiétant. En ne valorisant pas ceux qui prennent des risques, la société suisse n’encourage pas nos jeunes à « tenter » leur chance et à entreprendre. Récemment, j’ai encore eu l’occasion de constater ce phénomène à travers l’histoire de deux amis. Ils avaient le projet de lancer une société informatique rentable qui devait fournir différents services aux étudiants. Je vous passe les détails. Ce qui m’importe ici, c’est que leur idée principale était bonne. Malheureusement, après avoir concocté un business plan, discuté avec des investisseurs et s’être fait longuement conseiller, la machine s’est grippée. Le temps du doute s’est installé et ils se sont mis à réfléchir à tout ce que cela allait impliquer. Il fallait quitter un emploi stable, investir et trouver des ressources humaines pour gérer le projet. Et puis l’éternelle question : est-ce que ça allait marcher ? Glacés par la peur de l’échec, ils se sont englués dans leurs réflexions et n’ont pas agi, incapables, selon la formule consacrée, de « tout tenter ». Fin de l’histoire ? Non. C’est une de leurs connaissances Parole à... Guillaume Barazzone And the winner is ? américaines qui a repris le concept et qui le développe actuellement. Est-il plus convaincu de la force de ce projet ? Certainement pas. Ayant simplement décidé d’assumer les possibles conséquences d’un échec, il a agi. Cette tête brûlée américaine, comme le surnomment mes deux amis, échouera. Probablement. Peut-être. Ou peut-être pas, et dans ce cas, ce qui est sûr, c’est que nos deux zigotos suisses n’auront que leurs yeux pour pleurer. Des histoires de ce type, il doit certainement en exister des centaines en Suisse romande. Des gens pleins d’idées mais paralysés par la crainte de devoir se jeter à l’eau. La société suisse semble refuser le risque et sa conséquence possible : l’échec. Pourquoi ? Vraisemblablement parce que nous avons encore une idée un peu vieillotte du parcours de vie normal : une personne qui réussit, c’est quelqu’un qui jouit d’un emploi stable, bien rémunéré et si possible dans une entreprise reconnue. Quand verra-t-on en Suisse un Chad Hurley, interrompant ses études dans la prestigieuse université de Stanford pour fonder YouTube, être porté, grâce à son audace et son culot, au panthéon des grands hommes par une population suisse enthousiasmée ? Quand cessera-t-on enfin de brandir le spectre de l’échec à tous ceux qui veulent entreprendre et créer des emplois ? Et quand verra-t-on un jeune entrepreneur à la tête des sondages ? « Guillaume Barazzone Député au Grand Conseil de Genève, Parti démocrate-chrétien Créateurs No 1 53



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