COTE Marseille Provence n°131 mar/avr 2011
COTE Marseille Provence n°131 mar/avr 2011
  • Prix facial : 6 €

  • Parution : n°131 de mar/avr 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (239 x 302) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 23,7 Mo

  • Dans ce numéro : décoration, l'imagination au travail.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 78 - 79  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
78 79
BUSINESS CLASS 78 classaffair économie Alain d’Iribarne, socio-économiste, directeur de recherche au CNRS et Odile Duchenne, directrice générale d’Actineo, observatoire de la qualité de la vie au bureau. La commission des affaires sociales du Sénat a mis en place une mission d'information chargée d'analyser et de comprendre le phénomène du mal-être au travail. La situation est-elle si grave ? Alain d’Iribarne : C’est un problème qui se renouvelle régulièrement au fur et à mesure que se répète, au moins, une des 4 dimensions de l’organisation du travail au sens large c’est-à-dire la division du travail entre les salariés, l’organisation de l’espace productif, la gestion des ressources humaines et le renouvellement des générations. Et aujourd’hui, nous sommes face à une contrainte, dite d’efficacité productive, beaucoup plus forte. Dans ce contexte, quelle peut être l’influence de l’aménagement de l’espace professionnel ? Alain d’Iribarne : Pour l’heure, nous n’avons pas de preuves scientifiques qu’un bon aménagement a comme conséquence une efficacité productive plus élevée et un mieux-être au travail. Par contre nous savons que le mal-être des salariés dans un fonctionnement normal d’entreprise, crée une perte d’efficacité importante. Odile Duchenne : Nous avons essayé à Actineo de lancer des études sur ce sujet, mais nous nous sommes heurtés à la quantité de variables qui entrent dans la notion de la qualité de vie et de performance. On peut juger de l’effet de la lumière et de l’acoustique, par exemple. Mais ensuite, il y a de nombreux facteurs qui entrent en ligne de compte comme l’ambiance avec ses collègues, la pression des objectifs commerciaux, le temps passé dans les transports pour venir au bureau… Pourtant, l’organisation en open space est de plus en plus dénoncée. Alain d’Iribarne : Oui car sa mission première a été dénaturée. Le « Je fais des open spaces pour augmenter la qualité des coopérations » a été remplacé par « Je fais des open spaces pour réduire les coûts de mon mobilier ». Au début des années 80, le Taylorisme a été considéré comme contre-productif. Nous sommes donc passés à une entreprise de compétition qui met en place un nouveau modèle, dit de la compétence. On a donc demandé à tous les salariés d’être autonomes, responsables et créatifs. De ce changement est née l’idée qu’il fallait réaménager les espaces de travail. Odile Duchenne : Sauf que les chefs d’entreprise se sont occupés du temps de travail pas forcément de l’espace. Malheureusement, ces vingt dernières années, la variable économique a pris le pas sur le reste, notamment la qualité de l’équipement et le nombre de m2 attribués au salarié. Quels en sont les effets pervers ? Alain d’Iribarne : D’un point de vue psychosocial, cela ne peut fonctionner que si les gens s’entendent bien entre eux. Dans un espace ouvert, il s’établit un contrôle social qui est beaucoup plus violent que le contrôle hiérarchique. Le collectif opère une surveillance sur les membres du collectif. mars-avril 2011 www.cotemagazine.com OPEN SPACE enfer ou paradis du bureau ? -/office heaven or hell ? Créé dans les années 80, l’open space qui devait libérer la créativité des salariés s’est transformé peu à peu en machine infernale. Explication et solutions pour humaniser cet espace par Alain d’Iribarne et Odile Duchenne. -/Brainchild of the 80s, the open-space layout that was to liberate employees'creativity has little by little turned into an infernal machine. The explanation plus solutions for making it more human from social economist Alain d’Iribarne and Odile Duchenne. The Senate's social affairs committee has launched an information drive to analyse and understand discontent in the workplace. Is the situation that serious ? Alain d’Iribarne : It's a problem that resurfaces regularly, whenever at least one of the four aspects of work organisation as a whole is rethought :i.e. division of work between employees, organisation of productive space, management of human resources and the arrival of new generations. And today we have to deal with a much greater demand for efficient productivity. In this context, what influence can workplace layout have ? Alain d’Iribarne : At the moment we have no scientific proof that good space planning necessarily means more efficient productivity and improved wellbeing in the workplace. But we do know that in a normally functioning company, if the employees aren't happy they're considerably less efficient. Odile Duchenne : At Actineo we've attempted to study this but we cameup against the quantity of variables that enter into the perception of quality of life and performance. For example, we can judge the effects of lighting and acoustics. But then there are numerous factors that come into play, such as the ambience between work colleagues, the pressure of commercial goals, the time spent travelling to work etc. Open-space planning is increasingly being denigrated. Alain d’Iribarne : Yes, because its initial purpose has been distorted. We've gone from "I choose open space to improve cooperation" to "I choose open space to reduce my costs". In the early 1980s Taylorism was considered counter-productive and the "lean enterprise" appeared : competitive business based on a new model of competence. So all employees were asked to be autonomous, responsible and creative. From this came the idea that workplaces had to be redesigned.
Odile Duchenne : Nous avons de nombreux témoignages de salariés qui supportent de plus en plus mal cette situation. Mais au-delà du contrôle, l’open space fait uniquement dans une logique de réduction de coûts, est source de nuisances importantes, voire de souffrances physiques. Existe-t-il des solutions pour le rendre plus « humain » ? Alain d’Iribarne : Oui, fractionner ces espaces en sous-ensembles permettant de tenir compte de la géométrie variable de l’organisation du travail, depuis des besoins de confidentialité, voire d’isolement, à des besoins de fonctionnement en groupes plus ou moins larges. Transat, salon marocain, c’est un peu le bureau « comme à la maison » ? Odile Duchenne : Oui, c’est la grande tendance. Pour preuve, Orgatec 2010, Salon international de l'aménagement du bureau, présentait pour la première fois des collections proposées par des éditeurs de meubles de maison. Autre nouveauté, la présence de fabricants de cuisine dont les modèles semblaient sortir d’une maison particulière. Alain d’Iribarne : En effet, il existe désormais, une porosité totale entre l’univers de la maison et celui du bureau. Une première contamination s’était effectuée du bureau vers la maison avec le développement des réseaux informatiques. Il est donc évident qu’une contamination inverse se produise d’autant plus que la demande de bien-être, de territoire, d’intimité est de plus en plus forte de la part des salariés. Justement cette envie d’ambiance « comme à la maison » touche-t-elle tous les salariés ? Odile Duchenne : Pas forcément car dans chaque projet d’aménagement, il faut tenir compte des métiers que font les personnes dans l’entreprise. Si les salariés viennent au bureau uniquement le matin et le soir pour relever leurs mails et que le reste du temps ils sont sur le terrain ou en réunion, leurs besoins seront différents par rapport à ceux qui exercent une activité sédentaire et d’exécutant. Alain d’Iribarne : Au-delà de l’activité proprement dite, il y a de grands débats actuellement sur l’évolution des générations. Ces personnes nées entre la fin des années 70 et le milieu des années 90, utilisent Facebook, sont équipées d’iPad et de smartphones, travaillent sur Google. Donc qu’ils soient à un endroit ou à un autre, cela n’a aucune importance car leurs espaces professionnels ou personnels se situent sur un plan virtuel. Mais je reste quand même sceptique car un humain normalement constitué ne peut pas vivre totalement dans la virtualité. Espace de travail, lumineux et largement ouvert - Espace détente, chaleureux et plus intimiste. | PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE BENOIST Odile Duchenne : Except that business leaders have focused on work time but not necessarily work space. Unfortunately, over the last 20 years the economic factors have taken precedence over the rest, notably regarding quality of equipment and the size of space allowed each employee. What are the negative effects of this ? Alain d’Iribarne : From a psychosocial point of view it can only work if people get on well together. In an open-space office, a social control is established that is much more intense than the hierarchical control. The community has its members under constant surveillance. Odile Duchenne : We have numerous testimonies from employees finding this situation increasingly difficult to bear. But apart from the control aspect, open-space offices created solely with the aim of reducing costs are a source of major discomfort and even physical suffering. Are there solutions for making it more human ? Alain d’Iribarne : Yes, dividing the spaceup into sub-sections by creating work areas that allow the variable nature of work organisation to be taken into account, from people's needs for confidentiality and even isolation to those of functioning in large or small groups. And as wellas collective spaces, individual spaces too must be designated as we know a person at work needs their own territory. We're hearing of loungers, lounges and suchlike. Making the office a second home ? Odile Duchenne : Yes, that's the big trend, as we saw at the 2010 Orgatec, the international office equipment and facilities fair, that for the first time presented collections by manufacturers of home furnishings. New too was the participation of kitchen manufacturers whose models seemedto come straight out of a domestic setting. Alain d’Iribarne : In fact there's now total interpenetration between home and office. First it occurred from office to home with the development of IT networks. It's therefore obvious that the reverse is also occurring, particularly as employees are increasingly vocal in their demands for wellbeing, territory and privacy. So do all employees express this desire for a home-like ambience ? Odile Duchenne : Not necessarily, because in each space-planning project you have to take into account how the company's employees actually work. If they only come to the office in the morning and evening to pickup theiremails then spend the rest of their time out in the field or in meetings, their needs are different to those doing sedentary or executory work. Alain d’Iribarne : Over and above the work itself, there are now big debates about the way generations are evolving. Y born between the late 70s and mid-90s. These "digital natives" use Facebook, have iPads and smartphones, and work with Google, so it doesn't in the least matter where they are physically because their personal and professional spaces are on a virtual plane. But l'm still sceptical because a normally constituted human being can't live entirely in the virtual world. mars-avril 2011 www.cotemagazine.com BUSINESS CLASS 79



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 1COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 2-3COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 4-5COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 6-7COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 8-9COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 10-11COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 12-13COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 14-15COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 16-17COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 18-19COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 20-21COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 22-23COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 24-25COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 26-27COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 28-29COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 30-31COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 32-33COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 34-35COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 36-37COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 38-39COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 40-41COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 42-43COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 44-45COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 46-47COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 48-49COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 50-51COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 52-53COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 54-55COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 56-57COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 58-59COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 60-61COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 62-63COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 64-65COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 66-67COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 68-69COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 70-71COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 72-73COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 74-75COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 76-77COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 78-79COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 80-81COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 82-83COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 84-85COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 86-87COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 88-89COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 90-91COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 92-93COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 94-95COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 96-97COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 98-99COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 100-101COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 102-103COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 104-105COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 106-107COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 108-109COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 110-111COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 112-113COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 114-115COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 116-117COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 118-119COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 120-121COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 122-123COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 124-125COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 126-127COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 128-129COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 130-131COTE Marseille Provence numéro 131 mar/avr 2011 Page 132