COTE Marseille Provence n°125 mar/avr 2010
COTE Marseille Provence n°125 mar/avr 2010
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°125 de mar/avr 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (238 x 297) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 35,4 Mo

  • Dans ce numéro : in & out.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RENCONTRE 4 Résultat de vos premières recherches, la création de dix objets thérapeutiques – médicament au centimètre, verre à air, baguette de sommeil… – aujourd’hui, exposés au Moma de New York. C’est pour vous une reconnaissance ? C’est flatteur et si j’avais été artiste, ce serait un grand bonheur. Mais je suis designer et ces produits ont été pensés pour être utilisés, pour résoudre des problèmes liés à la prise de médicaments dans le cadr e d’un protocole de soins et ce n’est donc pas leur place. Je préfér erais les voir dans les phar macies ou dans les supermarchés. Et c’est certainement ce qui est le plus difficile à faire. Pourtant, avec Bel Air vous y êtes arrivé. Oui, c’est un projet qui fait suite à une carte blanche du VIA en 2006 et qui est, depuis quelques mois, commercialisé sous le nom d’Andrea. Il s’agissait de répondre au problème de pollution de l’air à l’intérieur des maisons dû, notamment à la multiplication des produits manufacturés. J’ai eu l’idée d’utiliser des plantes dépolluantes dans un système qui permet d’optimiser leurs pouvoirs de filtration. Andrea, objet hybride où nature et technologie se marient, aspir e l’air ambiant et en absorbe les composés toxiques. L’air est successivement nettoyé par les feuilles et par les racines de la plante. Il s’agit là encore d’une visée thérapeutique. Oui, ce n’est pas une ode à la natur e pour célébrer la nature en tant que telle. La plante est ici utilisée à l’image d’un microprocesseur. Seul, il ne sert pas à grand-chose. Associé à un ordinateur, il devient efficace. Mais j’ai voulu aussi apporter du sens. Nous vivons dans un système où la conscience de nous-même n’est pas possible ou du moins pas de façon intense. Andr ea renvoie à l’utilisateur le sentiment d’êtr e vivant. On prend conscience de respirer. Avec Local River, vous utilisez encore la nature mais cette fois-ci à des fins alimentaires. mars-avril 2010 www.cotemagazine.com RAPHAËL GIANNELLI-MERIANO The medical sphere doesn't in fact attract a lot of designers. It was an open door and I find it's always more exciting and enticing to head off the beaten track. And from a personal viewpoint, I felt I didn't want to be seen as just a target, a consumer or a backside for a chair, but as a person with a brain, a respiratory system, feelings etc. In the medical field, the predominance of scientific knowledge over belief systems has brought about a loss of human relations, a breakdown between patient and health workers. It's too important a field to be left only to scientists and doctors. Your initial research led to you designing 10 therapeutic devices – medicine by the centimetre, air glass, sleep wand etc – now in the New York MoMA's permanent collection. Do you see that as recognition ? It's flattering and if I were an artist it would make me very happy. But l'm a designer and these pr oducts were conceived to be used, to r esolve problems to do with taking medication as par t of treatments, so it isn't the place for them. l'd prefer to see them in pharmacies and supermarkets, which is definitely the most dificult thing to achieve. But you succeeded with Bel Air. Yes, that was developed as a r esult of a VIA Car te Blanche in 2006 and has recently been commercialised under the name Andr ea. It's a solution to the pr oblem of air pollution inside the home, caused mainly by the increasing profusion of manufactured goods. I had the idea of using depol luting plants in a system t hat optimises their filtering powers. Andrea is a hybrid object in which nature and technology work together ; it draws air in and absorbs the toxic elements from it. The air is purified by the plant's leaves and roots. So again the aim is therapeutic. Yes, this isn't an ode to natur e celebrating the natural world as such. Here the plant is used as if it were a microprocessor. By itself it isn't ver y useful but when it's hookedup to a computer it becomes efficient. But I also wanted it to have meaning. In the system we live in, being conscious of ourselves isn't possible, or at least not intensively so. Andr ea makes its user feel consciously alive because they become aware of their breathing. For Local River you again use nature but this time for food purposes. Yes, Local River is a home fish farm. This project came about in 2008 following an invitation by a New York gallery influenced by the Locavor movement that encourages consumers to eat only foods pr oduced within a radius of 100 miles. In creating this storage unit for freshwater fish combined with a mini vegetable patch, I
En effet, Local River est une ferme piscicole domestique. Ce projet est né en 2008 suite à l’invitation d’une galerie new-yorkaise influencée par le mouvement Locavor, cette tendance qui incite le consommateur à n’utiliser que des aliments produits à moins de 100 miles. En créant cette unité de stockage de poissons d’eau douce combinée à un potager, je voulais montr er qu’il était possible de réduir e encore plus les distances entre l’homme et sa nourriture. Local River fonctionne comme un écosystème autonome, les plantes sont alimentées par l’eau des poissons chargée de déjections riches en nitrate. Les plantes jouent, elles, le rôle de filtre naturel en retenant ces nitrates et participent à maintenir une eau équilibrée pour les poissons. Flacon de parfum Paco Rabanne ou Issey Miyake, scénographie d’exposition, installation pour Christofle, écrin pour Cartier, vous participez à des projets très différents. C’est important pour vous ? C’est pour moi indispensable. J’essaie de préserver un spectre large car toujours faire la même chose, c’est s’autoennuyer. Intervenir sur des projets différents, c’est la preuve d’une bonne santé mentale ! Des projets hétéroclites mais reliés par une signature identifiable ? Ce n’est pas ce que je recherche. Je veux bien que l’on me reconnaisse mais pas à travers une forme ou par une photo. Vouloir être reconnu par son style, c’est le degré zéro de la création. Plutôt au niveau d’une narration alors ? Exactement. Je suis aux antipodes du système qui consiste à prendre, en toute première étape, une feuille blanche et un crayon. Je ne passe pas mon temps à reproduire ce que la main sait dessiner. Je travaille sur des scénarios, dont le premier rôle est donné à l’utilisateur. J’imagine ensuite comment tous les éléments d’un projet peuvent interagir ensemble. C’est avec la maîtrise de ce fonds qu’émergera la for me la plus adaptée. Prochains projets ? La paroisse de Melle dans les Deux-Sèvres m’a demandé de redessiner le cœur de son église romane, le pupitre, l’autel et l’assise du prêtre. L’idée est de faire émerger du sol une masse minérale, en l’occurrence de fines strates de marbre qui sembleraient palpiter. Une structure à la forte énergie tellurique, autour de laquelle on aurait construit l’église. Sinon pour le Centr e Pompidou, je suis en train de refaire l’atelier des enfants qui existe depuis la création du centre tout en créant, aussi, un espace ado ouvert à tous et où chacun pourra être à la fois spectateur et acteur du lieu. Avec Local River, Mathieu Lehanneur propose une unité de stockage de poissons d’eau douce combinée à un potager. wanted to show it was possible to reduce the distances between people and their food even more. Local River functions as an autonomous ecosystem : the plants extract nutrients from the fish's nitrate-rich excreta in the water and in so doing act as natural filters that purify the water and maintain a balance vital for the fish's ecosystem. Perfume bottles for P aco Rabanne and Issey Miyake, exhibition designs, an installation for Christofle, display design for Cartier… you work on very diverse projects. For me that's vital. I try to work on a very broad spectrum of projects because if you always do the same thing you get bored with yourself. W orking on different things keeps you mentally healthy ! Eclectic projects linked by an identifiable signature ? That's not what l'm after. I don't mind being r ecognised but not for a look or a through a photo. Wanting to be recognised for one's style is the lowest formof creativity. Your next projects ? The parish of Melle in the Deux-Sèvr es dépar tement has asked me to r edesign the hear t of its Romanesque chur ch : the lectern, altar and priest's seat. The idea is for a mineral mass that emerges fr om the floor, specifically, thin strata of marble that would seem to palpitate. A structure with strong telluric energy around which the church might have been built. Then for the Centre Pompidou l'm in the process of overhauling the children's workshop and also cr eating a space for teenagers, open to alland where everyone can engage in the place as both spectator and actor. mars-avril 2010 www.cotemagazine.com MEET 5



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