COTE Marseille Provence n°123 décembre 2009
COTE Marseille Provence n°123 décembre 2009
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°123 de décembre 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (240 x 300) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 19,2 Mo

  • Dans ce numéro : la vogue des bars d'hôtels.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Par Olivier-Jourdan Roulot - Photo Charlotte Schousboe FTV Pole France 3 Patrick de Carolis sous l’écorce, l’enfance the poetry of childhood A 56 ans, le président de France télévisions porte beau. Grand, mince, bien dans sa peau, il affiche la prestance de ceux à qui la réussite colle à la peau. Il a gardé sa ville natale chevillée au cœur. Dans Refuge pour temps d’orage, nouvelle poétique qu’il publie chez Plon, il revient sur les traces de son enfance arlésienne. « Ici, je n’ai plus de famille. Que des souvenirs ». Il dit la chose d’une traite, dans un sourire désarmant. Avec cette façon si particulière qu’il a de vous dévisager. A la fois directe et incisive, comme souvent chez les gens de télévision, mais avec la distance et le velouté nécessaires pour ne pas vous écraser. A Paris, la question de sa succession est dans toutes les têtes, sur toutes les lèvres. Dans les coulisses et les cercles du pouvoir, certains fourbissent leurs armes, candidats plus ou moins déclarés à son fauteuil. Lui ne souhaite pas aborder le sujet. Trop tôt. Pas le moment. C’est un autre Patrick de Carolis qu’on découvre. Amoureux de poésie, parce que c’est « le terrain de la liberté, la transgression de tous les codes, grammaticaux ou sociaux ». Il en lit régulièrement, apprend des passages par cœur. « Quand on mène une vie trépidante », relève-t-il, « c’est une oxygénation extraordinaire ». Les romans, il les garde pour les périodes de vacances. Loin des soubresauts qui font le quotidien de la télévision, il nous tend la main, ou plutôt la plume, pour « s’aventurer sur la piste invisible de l’imaginaire ». A la recherche de ces voix de l’enfance, qui refusent de le lâcher et le suivent fidèlement. L’homme Des racines et des ailes allume une cigarette. Cite Saint Exupéry : « on est de son enfance comme on est de son pays ». Son pays à lui est fait de rencontres, de personnages, d’odeurs tenaces, d’épices et de lumière. Il y avait les fameux bonbons Carpentras - ceux que sa tante, qui tenait une mercerie rue de la République, lui offrait dans des boîtes de fer rondes. D’Arles, de Carolis connaît chaque porte, chaque façade. Chaque pierre. Dans chacune d’entre elles il a inscrit ses rêves de gamin. Parce que « l’Histoire était son espace de jeu, son bac à sable, son jardin d’enfance ». Il est resté très attaché à ce Midi, « son nord, sa boussole, son cap » écrit-il. Sa dernière visite, toute récente, il l’a faite pour remettre les insignes de chevalier des Arts et des Lettres à Jean-Luc Rabanel. De temps en temps, depuis son bureau de patron de la télévision publique, il décroche son téléphone et appelle Hervé Schiavetti, le maire d’Arles, pour prendre des nouvelles de sa ville. Il y revient une dizaine de fois par an. A l’Hôtel particulier, dans le quartier de la Roquette, sous les fenêtres de la maison où habitait autrefois sa grand-mère. Il cherche quelque chose à acheter. « Activement », précise-t-il. Un lieu à lui, en ville, pour cultiver ses souvenirs comme le plus précieux des trésors, se mettre à l’abri et écrire. En mémoire du gamin de sept ans qui « allait de platane en micocoulier, obsédé par sa quête d’écorce tendre sur laquelle il pourrait graver cœurs, flèches et prénoms de filles ». Patrick de Carolis, 56-year-old chairman of France Télévisions, is stilla good-looking man. Tall, slim, at ease with himself, he has the presence of someone in whom successis ingrained. His native city has always had a central place in his heart. In Refuge pour temps d’orage (Refuge for stormy weather), a poetic short story published by Plon, he looks back over his childhood years in Arles. « I no longer have any family here, only memories. » He says that in one breath, with a disarming smile. With that very particular way he has of looking at you, direct and incisive as often with television people, but with enough distance and mellowness not to make you feel small. In Paris, the question of who will succeed him is the talk of the town. Behind the scenes and in the corridors of power prospective successors, declared or undeclared, are sharpening their swords. It’s a different Patrick de Carolis that we discovered. A poetry lover, because poetry is « the domain of freedom, transgressing all poetic and social codes ». He reads poetry regularly, learns passages by heart. He keeps novels for the holidays. Far from the dailyupheavals of the TV world he holds out his hand – or rather his pen – tous to « venture out on the invisible trail of the imagination ». To seek out those childhood voices that follow him so faithfully, refusing to let him go. The man behind TV documentary series Des racines et des ailes (Roots and wings) lights a cigarette. He quotes Saint Exupéry : « I am from my childhood as I am from my country". His country was one of meetings, characters, tenacious smells, spices and light. There were those Carpentras sweeties in round metal tins – from his aunt, who had a haberdasher’s shop in the Rue de la République. De Carolis knows every doorway and house front in Arles. Every stone. In each one he has carved his boyhood dreams. Because « History was my playground, my kindergarten ». He’s still very fond of the region, which is « my North, my compass bearings ». His last visit, quite recently, was to present Jean-Luc Rabanel with the insignia of a knighthood, Chevalier des Arts et des Lettres. From time to time, in his office as boss of public television, he picksup the phone and calls Hervé Schiavetti, mayor of Arles, for news of his home town. He comes down about ten times a year − to the Hôtel Particulier in the Roquette district, within sight of the house his grandmother once lived in. He’s looking for something to buy − « actively, » he adds. A place of his own, in town, where he can cultivate his memories like the most prized treasures, hide away and write. In memory of the sevenyear-old brat who « went from tree to tree searching obsessively for soft bark where he could carve hearts, arrows and girls’names ». décembre 2009 www.cotemagazine.com PORTRAIT 15



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