COTE Marseille Provence n°118 avril 2009
COTE Marseille Provence n°118 avril 2009
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°118 de avril 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (240 x 300) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 23,6 Mo

  • Dans ce numéro : histoires d'eau dans la salle de bains.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Jean Viard Un piéton sur le Vieux-Port A pedestrian on the old harbour Par Olivier-Jourdan Roulot – Photo Jean-Michel Sordello « Photographes-Associés » Avec sa semi-piétonnisation, l’éditeur-politologue, désormais élu, veut mettre le centre-ville de Marseille à la vitesse du piéton. Il rêve d’un Vieux-Port transformé en agora, où Marseille se mettrait en scène. Pour entrer de plain-pied dans « la modernité urbaine ». Il a décidé d’infiltrer le monde politique qui, parce qu’il ne montre plus la voie, « ne remplit plus sa mission ». Le voilà, lui l’ancien baba-cool qui roulait autrefois en 2 CV, dans le costume du notable, l’écharpe tricolore autour de la taille. « Il fallait que je foute le bordel dans ma vie », se justifie-t-il. « Pour ne pas finir comme un vieux con qui répète toujours les mêmes choses ». Si le cheveu est resté en bataille et la chemise pas vraiment repassée, portée sans cravate, ce fils d’un prof du lycée Thiers est devenu vice-président de la communauté urbaine - en plus de son siège de conseiller municipal. Et la présidence d’Euroméditerranée lui était promise en cas de victoire de Guérini lors des municipales de 2008. Il a franchi le pas, donc. De l’autre côté du miroir. Parfois, lors des réunions, il se pince pour y croire. Comme si on l’avait laissé entrer, « sans faire gaffe », oubliant qui il est vraiment. « Je me retrouve à faire une étude de terrain à 60 ans », sourit-il. De cette plongée au cœur de son objet d’étude, il se dit frappé par la « sorte de solidarité » que les hommes politiques partagent, quels que soient le bord et le camp, avec des rapports « plutôt chaleureux ». Et, surtout, par leur obsession du pouvoir. « C’est très frappant », commente l’ancien élève d’Edgar Morin. « Dans les entreprises, les dynamiques sont différentes : il y a aussi ce goût du pouvoir mais, au final, si le bilan n’est pas bon, vous êtes mort. En politique, c’est beaucoup plus compliqué ». Dans ce monde singulier, lui se voit en passeur d’idées. Il entend pousser des projets. Explique que c’est l’influence qui l’intéresse. Si ses amitiés, à gauche, le portaient plutôt vers Michel Pezet, c’est pourtant Guérini, représentant du vieux système marseillais, qui est venu le chercher pour tendre la main au « nouveau peuple » de Marseille, mélange de populations aux racines arabo-musulmanes, de néo-marseillais venus du nord et de bobos au solide bagage universitaire. Pressenti comme co-président de la mission « centre ville Vieux-Port », l’auteur de Marseille, une ville impossible veut remettre le Vieux-Port au centre de l’échiquier, en le débarrassant en partie de cette circulation qui lui donne des airs « d’autoroute ». Il porte ce rêve depuis l’époque où, habitant rue de la République, il descendait avaler son petit noir au café du Soleil et enrageait de ne pas entendre le cliquetis des mâts des bateaux. « Il faut redonner aux villes leurs sonorités, qui sont un élément essentiel de leur identité », plaide-t-il, plus de vingt ans plus tard. Il parle de mise « en désir d’un territoire », qu’il adore paradoxalement les jours de grève, quand la voiture y est momentanément bannie, dans l’attente d’une manifestation. « Il faut des lieux totémiques en centre-ville », martèle-t-il. Mais pas question de se laisser écraser par le patrimoine. Ce totem, il veut y mettre la vie. Et espère allumer l’étincelle pour la parade inaugurale de Marseille 2013. Il rêve d’un « espace ludique », plein d’étudiants, capable d’attirer des « dizaines de milliers de personnes », favorisant les « rencontres aléatoires », avec « du théâtre de rue et de la sécurité ». A l’image de Barcelone et de ses ramblas ou de la place de la Comédie, à Montpellier. (1) Il est toujours directeur de recherches au Cevipof (centre d’étude de la vie politique française). Publisher and political scientist Jean Viard wants to hand central Marseille over to pedestrians. He's dreaming of transforming the Vieux Port into a Roman agora where Marseille will put itself on display. To really join the world of "urban modernity". He decided to infiltrate the political scene because he felt it was no longer fulfilling its leadership role or showing the way forward. So there he is, former hippy who used to drive a Deux Chevaux, in a smart suit with a tricolor sash across his chest. « I needed to shake my lifeup a bit, » he explains, « so as not to endup an old codger endlessly repeating the same things ». Son of a Marseille high school teacher, he's now not only a municipal councillor but also vice-chairman of the Communauté Urbaine that covers Marseille and surrounding communes. And he was promised the chairmanship of Euroméditerranée should Guérini win the 2008 municipal elections. So he's made the grade. Sometimes in meetings he has to pinch himself to be sure he's not dreaming. As if they had let him in out of carelessness, not realising who he really is. « I find myself doing a field study at 60 years of age, » he says with a smile. He says he's been struck by a "kind of solidarity » among politicians of all stripes, relations being « really quite warm ». And struck above all by the obsession with power. « It's remarkable, » says this former acolyte of Edgar Morin. « In business, the dynamics are very different : there too there's a taste for power but in the end, if the balance sheet's in the red, you're dead. In politics it's much more complicated. » In this singular milieu he sees himself as a conveyor of ideas. He means to drive some projects forward. He says what interests him is influence. His friendships being on the left, he would have gravitated naturally to Michel Pezet, but it was Guérini, representative of the old Marseille system, who sought him out to reach out to Marseille's new populations − a mix of people with Arab and Moslem roots, incomers from northern France and university-educated bobos. Appointed joint chair of the « city centre and Vieux Port » commission, the author of Marseille, une ville impossible wants to put the old harbour area back at the centre of Marseille life, getting rid of much of the traffic that makes it "like living on a motorway". He's had this dream ever since he lived on the Rue de la République and used to take his morning coffee at the Café du Soleil, enraged that he couldn't hear the clinking of the boats'masts. He speaks of encouraging a "desire for territory » and says he loves strike days when cars are momentarily banned to make way for the demonstrations. « We need totemic places in the city centre, » he insists. But there's no question of letting heritage crush all initiative. He wants his totem to be alive. And he hopes to light the spark for the Marseille 2013 inaugural parade. He dreams of a « fun place » full of students, one that will draw « tens of thousands of people » and foster chance encounters, with « street theatre and security ». Like the Ramblas in Barcelona or the Place de la Comédie in Montpellier. avril 2009 www.cotemagazine.com PORTRAIT 9



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