COTE Marseille Provence n°118 avril 2009
COTE Marseille Provence n°118 avril 2009
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°118 de avril 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (240 x 300) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 23,6 Mo

  • Dans ce numéro : histoires d'eau dans la salle de bains.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ÉCONOMIE 68 ARCHITECTURE Par Olivier-Jourdan Roulot LE POOL HOUSE PREND SES AISES/THE POOL HOUSE COMES INTO ITS OWN Invité de dernière minute, on le tient un peu à l’écart, confiné à son statut de dépendance. Dans un coin, en retrait, au fond du jardin, à côté de la piscine. Chez Rudy Ricciotti, c’est la maison entière qui se transforme en pool house. Usually a pool house is added almost as an afterthought. Set apart from the house. A mere outhouse. But with architect Rudy Ricciotti, the house itself becomes a pool house. Traditionnellement, ses dimensions sont variables. Du simple auvent à la paillote, en passant par le cabanon de plusieurs dizaines de m2, avec douche, bar, cuisine intégrée, coin canapé (pour la lecture, la sieste ou les câlins) et parfois même sauna. Ainsi équipé, le pool house prend des allures d’annexe de la maison. Fidèle à sa singularité, Rudy Ricciotti a choisi de voir les choses différemment. A sa façon. Avec lui, la piscine joue en première ligne. Pour un peu, elle en perd presque sa fonction initiale pour devenir élément constitutif de la maison, au même titre que le toit, la terrasse, le ciel ou l’horizon, dans lesquels elle se confond. « Ce sont parfois d’abord des volumes d’eau puis accessoirement des maisons », lance l’architecte, au sujet de ses villas. « Vous y voyez un inconvénient ? » Non. Avec Ricciotti, il faut d’abord s’entendre sur les mots. Tout commence par le verbe, le dire, avant de se matérialiser dans le béton, l’acier, le bois et l’eau. Lui ne parle pas de piscines, d’ailleurs, mais plutôt de volumes, de barres ou de poutres d’eau. Ca donne des bassins étroits, étirés dans la longueur, qui font corps avec ses maisons, avec le vide, le large, le ciel et les rêves. Une radicalité qui ne triche pas et dit bien ce qu’elle est. La barre d’eau, pour employer la vulgate ricciottienne, est ici plus qu’une pièce rapportée malgré elle. Elle n’est pas accessoire, mais plus simplement indispensable. Au cœur et au centre de tout. Ricciotti le méditerranéen, dont les villas regardent les yeux dans les yeux cette mer d’où tout peut arriver, face à face, ne fait pas dans la fioriture ni dans l’ornementation. Il laisse la place aux autres, généreusement, sur ce terrainlà. Son langage à lui s’adresse directement aux éléments, il questionne l’habitat, le paysage, pas dans le sens du poil mais dans un rapport franc, direct et brutal. Résultat, le plan d’eau joue les passe-murailles, renonce aux frontières classiques, s’invite sous les murs, se mire, provoque et reflète les baies vitrées, le ciel ou la mer, entre dans les maisons, refusant d’être assigné à résidence. Les espaces et les éléments se toisent, se perdent, se confondent, entre intérieur et extérieur, lumière du jour et ombre, l’eau, le vide, le béton et la nature. La piscine fait littéralement corps avec la maison, dans une relation d’une fragilité et d’une simplicité à toute épreuve. A Toulon (villa Cleenewerck), elle est presque dans le salon - à moins que ce ne soit celui-ci qui plonge dedans. En Normandie, le baigneur observe ces drôles d’humains restés au sec. Il ne reste plus qu’à plonger, nu ou presque, c’est au choix. Sortir du bain, un peignoir sur les épaules, s’asseoir un instant, réfléchir au monde, un verre à la main, un livre dans l’autre, ou contempler. « C’est un paysage disponible qui réinvente le paysage absent disparu », souffle encore Ricciotti. « La piscine est un espace comme une terrasse ou un séjour. Sa géométrie écrit l’idée que l’on se fait de la question environnementale. Autant que l’architecture bâtie, elle permet de réinventer un site. Elle compose une terrasse imaginaire pour une radicalité nécessaire ». avril 2009 www.cotemagazine.com Dans cette ferme normande restaurée par Rudy Ricciotti, entre intérieur et extérieur, la piscine offre le spectacle d’un espace dédié au sport et aux spiritueux. The traditional pool house can be a simple open-sided shelter, a hut with barely room to change, or a cabin with shower, bar, kitchen corner and a settee for a read, a siesta or a cuddle. There might even be a sauna. Once it’s fitted out like that the pool house starts to look like an annex of the house. But architect Rudy Ricciotti, true to his inventive nature, has taken a different view. He’s put the pool right in the spotlight, making it an integral part of the house itself, the same as the roof, the deck, the sky and the horizon. « Sometimes they are volumes of water and only secondarily houses, » says the architect of his villas. With Ricciotti, you first have to be clear about words. It all begins with words before taking practical shape through concrete, steel, wood and water. In fact he doesn’t speak of pools, he talks of volumes, bars and beams of water. His pools are long and narrow, at one with the house, sky, distance, space and our dreams. These pools are not add-ons, second thoughts or extra luxuries, they are quite simply indispensable. Right at the heart of it all. Ricciotti, whose villas meet the azure expanse of the Mediterranean face to face, does not go in for frills or ornamentation. His language is one that directly addresses the elements, questioning habitat and landscape, tackling them frankly, directly, bluntly. So that a stretch of water can break free of the usual conceptual boundaries to blend with the walls, reflected in the picture windows it reflects in turn, echoing sky and sea, appearing even inside the home. Spaces and elements merge, inside and out, daylight and shadow, water and emptiness, concrete and nature. At the Villa Cleenewerck in Toulon the pool is almost inside the lounge, unlessit’s the lounge that has taken a plunge in the pool. In a Normandy villa, the swimmer observes those strange people who’ve stayed on dry land. So tempting to plunge in, naked or almost. Climbout of the pool, throw a bathrobe over your shoulders, sit awhile reflecting on life with a glassin one hand and a book in the other, or just contemplating. « It’s an available landscape that reinvents the absent landscape of the past, » murmurs Ricciotti. « The swimming pool is a space just like a patio or a lounge. Its geometry expresses one’s ideas about environmental issues. As long as architecture builds, it allows one to reinvent a site. To be radical, as it must be, it creates an imaginary terrace. » PHILIPPE RUAULT



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