COTE Marseille Provence n°117 mars 2009
COTE Marseille Provence n°117 mars 2009
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°117 de mars 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (240 x 300) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 20,8 Mo

  • Dans ce numéro : gastronomie, les coquillages.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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IDÉES OPTIMISTE IDEAS 28 OPTIMISTES À TOUTE ÉPREUVE UNSHAKEABLE OPTIMISTS mars 2009 www.cotemagazine.com LE BONHEUR DANS LE PRÉ HAPPINESS COMES FROM WITHIN Boris Cyrulnik, pédopsychiatre. Par Olivier-Jourdan Roulot Dans la grisaille ambiante, pendant que le commun transpire son angoisse à grosses gouttes, ceux qui conservent le sourire peuvent passer pour des illuminés ou des provocateurs. Pourtant, le poète est formel : le jour vient toujours après la nuit et l’orage est annonciateur d’un arc-en-ciel. -/In the present doom and gloom, while anxiety makes common mortals sweat profusely, those still wearing a smile may be taken for cranks or provocateurs. Yet as the poet pointed out, night is always followed by day and storms herald rainbows. TOSHIMSELF
Ce sont des conquérants dans l’âme. Ils n’ont peur de rien ni de personne. Aucun territoire ne leur paraît trop lointain ou trop hostile. Aucun col n’est trop abrupt, aucun pôle trop extrême, aucune terre trop aride à leurs yeux ou simplement pas à leur mesure. Sûrs d’eux et de leurs moyens, ils affichent leur sérénité. Confiants dans le présent, dans leur capacité à avancer et affronter les évènements. Les prendre à bras-le-corps pour les plier à leur volonté. Avaler les épreuves. Ils croient en l’avenir et en des lendemains qui chantent. Chaque pas de plus est la promesse d’une herbe plus verte, chaque nouvelle journée annonce de nouvelles conquêtes. À les observer, ils paraissent un peu à part. Faits d’un autre bois. Jamais vaincus ni résignés, ils sont certains que la réussite sera là, fidèle au rendez-vous d’une liaison qui les lie à la vie à la mort. En un mot, le doute n’a pas de prise sur eux. Ils ne connaissent pas le fatalisme, la mélancolie leur est étrangère, la saudade et le blues ne sont pour eux que des musiques plus ou moins exotiques. Cette assurance les rend parfois agaçants. Leur attitude peut passer, au choix, pour de la morgue, l’expression d’un ego surdimensionné, de l’indifférence ou de l’insouciance. Dans la période de déprime actuelle, à un moment où il ne fait pas bon prêcher contre le troupeau, la singularité de ces surhommes et de ces superwomen dopés à la positive attitude n’en est que plus flagrante. Pour un peu, dans une hystérie aux accents millénaristes, on enverrait au bûcher tous ceux qui n’affichent pas la mine contrite de rigueur. L’optimisme, une histoire de génétique ? « L’optimisme, c’est quelque chose qui est en nous », détaille Boris Cyrulnik. Chaque ouvrage du célèbre pédopsychiatre est un évènement, se classant immanquablement dans le haut des listes des best-sellers. Son Autobiographie d’un épouvantail (Odile Jacob) n’échappe pas à la règle. Le Toulonnais est le chantre de la résilience. Une sorte de gourou, même s’il refuse le fauteuil que nous lui tendons. « J’espère que ce n’est pas vrai », sourit-il. Gourou ou pas, Cyrulnik sait mieux que personne combien nous sommes inégaux face aux difficultés de la vie. Une inégalité qui trouve deux origines. La première renvoie au patrimoine génétique : face à une situation potentiellement stressante, certains de nous secrètent dans le cerveau de nombreuses protéines favorisant la circulation d’un neuromédiateur (la sérotonine) qui procure une sensation d’optimisme. Si elles le favorisent, ces prédispositions génétiques ne suffisent pas à elles seules à expliquer ces comportements opposés. « Parce qu’il a trop confiance en lui, un gros transporteur peut finir par être touché, à force de prendre des coups et de se mettre dans des situations à risques », souligne le récent prix Renaudot (essai). « En sens inverse, un petit transporteur organisera sa vie de façon plus stable et routinière, en fonction de ses moyens. De sorte, il déprimera beaucoup moins. » En réalité, tout est loin d’être joué avant la naissance. En effet, l’acquis se superpose à l’inné. Et les premiers moments de la vie sont déterminants. « Les recherches démontrent que les bébés bien stabilisés affectivement, dans les derniers mois de la grossesse et les premiers de la vie, acquièrent un sentiment de confiance en eux. Plus tard, enfants puis adultes, ils réagiront avec plus d’optimisme. Au contraire, les enfants élevés dans la négligence affective deviennent des adultes aux réactions très vives, sans confiance. » En clair, être aimé aide à l’optimisme. Car, si ce sentiment ne s’apprend, il se cultive et peut s’encourager. Au niveau individuel, mais aussi collectif. « Les Finlandais l’ont très bien réussi », reprend Boris Cyrulnik. « En travaillant sur les interactions précoces et les conditions de développement de la grossesse, ils ont ainsi combattu avec efficacité les déficits scolaires. Ils n’ont que 1% de taux d’analphabétisme contre 14% pour les autres pays, et ils sont parvenus à faire chuter le taux de suicide très élevé chez les adolescents. Ce phénomène a disparu en une seule génération ». « Face à un même évènement, certains s’effondrent alors que d’autres trouvent la force et parfois même le plaisir pour affronter cette situation. -/Faced with the same turn of events, some people collapse while others find the strength to confront the situation, sometimes with pleasure even. « They are conquerors at heart, afraid of nothing and no one. No territory appears too distant or too hostile to them ; in their eyes no mountain is too steep, no pole too extreme, no land too arid, nothing beyond their capacities. Sure of themselves and their capacities, they flaunt their serenity, trusting in the present and in their ability to move on and confront events, tackling these head-on and bending them to their will, feeding on challenges. They believein the future and in a brighter tomorrow. Every step forward brings the promise of greener grass, each new day heralds new conquests. If you observe them they seem a little different, made of sterner stuff. Never beaten nor resigned, they are certain that success will be waiting, faithfully present in a liaison that binds them ‘til death they do part. They know nothing of fatalism, melancholy is foreign to them, saudade and blues are for them only relatively exotic music. Such assurance sometimes makes them irritating. Their attitude may be interpreted as arrogance, the expression of an oversized ego, indifference or irresponsibility. In the present depressing period, at a time when it isn’t a good idea to stand out from the flock, the singularity of these supermen and superwomen hypedup on positive attitude is all the more flagrant. There are some who in a resurgence of hysteria might not look askance at sending those not wearing the contrite face of belt-tightening to the stake ! Optimism, a question of genetics ? « Optimism is something inside us, » explains Boris Cyrulnik. Every book by this famous child psychiatrist is an event, his Autobiography of a Scarecrow (Odile Jacob) included. Toulon-born Cyrulnik is the eulogist of resilience, a sort of guru even though he refuses the accolade. « I hope it’s not true, » he smiles. Guru or not, Cyrulnik knows better than anyone just how unequal we are when it comes to confronting the difficulties of life. An inequality that stems from two origins. The first is a question of genetic heritage : faced with a potentially stressful situation, some of us secrete a number of proteins in our brain, which helps circulate a neuromediator (serotonin) that gives us a feeling of optimism. Although a genetic predisposition may favour this, it is not enough in itself to explain differing behaviours. « Because a big serotonin transporter has too much confidence in themselves, they can endup being damaged by taking knocks and putting themselves in risky situations, » emphasises the man who recently won the Renaudot prize for an essay. « Conversely, a small transporter will organise their life in a much more stable and routine way, in accordance with their capacities. Consequently they will suffer a lot less from depression. » The first moments in life are also a determining factor : « Research shows that babies affectively stabilised in the last months of pregnancy and the first of life acquire a feeling of confidence in themselves. Later, as children and adults, they will react with more optimism. On the contrary, children who experience affective negligence become adults who have no confidence and knee-jerk reactions. » In short, being loved helps you to be optimistic and although this feeling can’t be learnt, it can be cultivated and encouraged. mars 2009 www.cotemagazine.com IDEAS OPTIMIST IDÉES 29



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