COTE Marseille Provence n°116 décembre 2008
COTE Marseille Provence n°116 décembre 2008
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°116 de décembre 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (240 x 300) mm

  • Nombre de pages : 164

  • Taille du fichier PDF : 33,0 Mo

  • Dans ce numéro : bijoux exquis.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 30 - 31  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
30 31
GOURMANDISE 30 Utile ou futile ? Manger, pour quoi faire ? Le pragmatique vous répondra sans sourciller : pour vivre, tout simplement. Fournir à son organisme les aliments nécessaires à son fonctionnement. Bref, l’alimentation relève de la physique-chimie : on mange et boit pour régénérer son énergie vitale. Les mêmes vous diront sans doute que la sexualité n’a pas d’autre but que la reproduction. Et vivre, alors, pourquoi ? Dans quel but ? Est-ce que tout cela a une utilité ? Bôf, s’exclamera notre pragmatique, pourquoi se poser la question ? On vit, c’est tout. N’allez pas lui parler de plaisir, de bonheur, tout cela est futile et du futile, il ne voit pas l’utilité. À ce rythme, beaucoup finissent pourtant par devenir dingos et se réveillent un beau matin fort dépourvus, se demandant ce qui leur arrive. Ils croyaient avoir tout juste et leur vie quotidienne accouche tout faux. L’éthique du désir. Car l’homme est plus complexe. Il n’est pas que morale et raison au service de l’utilité productrice de biens et de richesses. Il est un mélange d’utilité et de gratuité, de sérieux et de fantaisie. C’est ainsi que sont nées les philosophies du désir qui placent le bonheur individuel au centre de la vie. Et le bonheur passe par le plaisir, cette satisfaction du corps et de l’esprit qui procure une sensation de satiété et d’euphorie. La gourmandise, loin d’être un péché, redevient un art nécessaire à l’équilibre mental d’un humain décidément trop humain pour entrer au forceps dans les moules trop carrés de l’utilitarisme et de la morale. décembre 2008 - janvier 2009 www.cotemagazine.com ∂ L’ÉLOGE DE LA Gourmandise IN PRAISE ∂ OF GOURMANDISE Par Michel Franca Quel esprit tourmenté a fait de la gourmandise, un vilain défaut ? Ne procure-t-elle pas le plus salutaire des plaisirs ? -/What tormented minds see in gourmandise the unpleasant vice of gluttony ? Isn’t it the healthiest of pleasures ? Useful or trivial ? Why do we eat ? Without batting an eyelid the pragmatics answer : to live, quite simply to supply the body with the nourishment it needs to function. Put succinctly, food is a physical/chemical necessity : we eat and drink to regenerate our vital energies. Those same pragmatics will doubtless tell you that sexuality’s only raison d’être is to reproduce. So living itself, why, with what aim ? Does it serve any useful purpose ? Bah, exclaim our pragmatics, why ask the question ? We live, that’s all there is to it. Don’t talk to them about pleasure and happiness, all that is trivial and they see no usefulnessin triviality. But that kind of thinking eventually leads many to lose the plot a bit and wakeup one fine morning feeling bereft and wondering what’s happening to them. They thought they had it all sussed yet their daily life seems to be missing the point. The ethics of desire. For man is more complex than that, he isn’t just morality and reason serving the utilitarian production of goods and wealth. He’s a mixture of the useful and the gratuitous, of seriousness and fantasy. Hence the advent of philosophies founded on desire that place individual happiness at the core of life. Happiness that is brought about by pleasure, the satisfaction of body and spirit that leads to a feeling of repletion and euphoria. Far from being a sin, gourmandise becomes an art that is necessary for the mental equilibrium of human beings decidedly too human to be forced into the too-rigid moulds of utilitarianism and morality.
Arrêt buffet. La vie moderne en fournit la confirmation. On bosse, trime, travaille pour être en règle avec la morale et la raison dominantes. On consomme, dépense, accumule pour se donner la sensation d’être heureux. Et pourtant, ce bonheur a un goût amer. Beaucoup de managers stressés, de décideurs surmenés, de politiques au bord de la crise de nerfs, se jettent sur le buffet. Ils boulottent pour compenser, mal bouffent, se goinfrent comme des damnés. Cette gourmandise, ce plaisir des sens, qu’ils avaient refoulés au nom du travail et de la raison, font retour. Et les enfants, de même. Ils bâfrent et grignotent devant leur écran TV ou leur ordi, au point que l’obésité devient un mal endémique et un phénomène sociétal. Bien manger. Il est temps de faire retour à des valeurs saines : l’équilibre et la santé du corps. Qui revendiquent le futile comme antidote à l’utile. Le plaisir de manger contre la tempérance à courte vue. Rien à voir avec la goinfrerie, l’avidité, la gloutonnerie : on ne bâfre plus, on savoure ; on ne s’empiffre plus, on se délecte. On retrouve les saveurs vraies d’aliments authentiques, choisis pour leur qualité. Et avec la nourriture, la vie aussi se remet à prendre du goût, tandis que l’esprit, dans un corps apaisé, retrouve sérénité et sagesse. Food halt. Modern life provides confirmation of this. We knuckle down, slave, strive in order to fulfil the requirements of the predominant moral code and rationale. We consume, spend, accumulate in order to give ourselves the impression of being happy. Yet this happiness has a bitter edge. Many stressed executives, overworked decision makers and politicians flirting with nervous breakdowns throw themselves on food, gorging to compensate, eating badly, stuffing themselves as if they were damned. The sensual pleasure of gourmandise that they had repressed in the name of work and reason resurfaces. The same happens with children, who nibble and guzzle in front of TV or computer to such an extent that obesity is becoming an endemic evil and a phenomenon of modern society. Eating well. It’s time we reconnected with the positive values of a balanced and healthy body, one that needs the trivial as an antidote to the useful. The pleasure of on occasion eating for sheer enjoyment. Nothing to do with greed, gluttony or guzzling ; not gorging but savouring, not stuffing but relishing, rediscovering the true flavours of authentic foods chosen for their quality. And through good food life too starts to take on a new taste, while in a soothed body the spirit rediscovers serenity and wisdom. décembre 2008 - janvier 2009 www.cotemagazine.com GOURMANDISE 31



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 1COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 2-3COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 4-5COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 6-7COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 8-9COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 10-11COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 12-13COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 14-15COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 16-17COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 18-19COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 20-21COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 22-23COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 24-25COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 26-27COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 28-29COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 30-31COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 32-33COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 34-35COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 36-37COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 38-39COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 40-41COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 42-43COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 44-45COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 46-47COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 48-49COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 50-51COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 52-53COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 54-55COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 56-57COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 58-59COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 60-61COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 62-63COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 64-65COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 66-67COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 68-69COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 70-71COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 72-73COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 74-75COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 76-77COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 78-79COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 80-81COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 82-83COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 84-85COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 86-87COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 88-89COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 90-91COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 92-93COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 94-95COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 96-97COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 98-99COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 100-101COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 102-103COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 104-105COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 106-107COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 108-109COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 110-111COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 112-113COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 114-115COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 116-117COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 118-119COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 120-121COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 122-123COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 124-125COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 126-127COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 128-129COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 130-131COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 132-133COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 134-135COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 136-137COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 138-139COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 140-141COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 142-143COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 144-145COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 146-147COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 148-149COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 150-151COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 152-153COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 154-155COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 156-157COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 158-159COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 160-161COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 162-163COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 164