COTE Marseille Provence n°116 décembre 2008
COTE Marseille Provence n°116 décembre 2008
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°116 de décembre 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (240 x 300) mm

  • Nombre de pages : 164

  • Taille du fichier PDF : 33,0 Mo

  • Dans ce numéro : bijoux exquis.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 22 - 23  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
22 23
CULTURE ESSENTIELS 22 Avec ou sans sucre ? Par Olivier Marro Les Japonais défrayèrent la chronique en créant le Tamagotchi, deux jeunes Français vont plus loin avec Sacha, un sucre de compagnie qui met l’art contemporain au régime capitaliste. Do you take sugar ? The Japanese swept the boards with their Tamagotchi but now two Frenchmen are going even further with Sacha, a « pet » sugar cube that puts contemporary art on a capitalist footing. Le Pavillon de l’eau (Paris 16 e) a accueilli du 19 septembre au 19 octobre Do It Yourself, une exposition post-punk et abstract design de Cédric Carêmel et Julien Lévy, deux artistes de 26 ans. Do it Yourself (DIY) est une compression monumentale de 5 m de haut réalisée à Nice dans les atelier JLB, une fonderie d’art qui participe à la création d’œuvres hors norme pour des artistes et galeristes de renom (Enrico Navarra, Guy Pieters…). Cette sculpture en forme de sucre, vendue 49 000 € à Tokyo en juin 2008, commémore le deuxième anniversaire de Sacha, un produit de consommation hybride qui intégra en 2006 la select shop Printemps Design du Centre Pompidou dans sa sympathique boîte ronde sous vide. À l’intérieur, un gant en plastique transparent et un sucre qui est, en fait, un corail synthétique. Une fois trempé dans l’eau il prend forme, devenant rose le jour et bleu la nuit. « Pour lancer ce sucre de compagnie, nous avons dû créer la SarlSacha à la fois moteur de l’œuvre et œuvre elle-même. Chaque sucre représente un échantillon de l’œuvre, dont le capital augmente au même rythme que la demande », explique Julien Lévy, cogéniteur de cet avatar à mécanique libérale évoluant aujourd’hui comme un poisson dans l’eau trouble de l’art, du design, de la mode et du marché des jouets virtuels. Tout débute quand Julien et Cédric mettent au point ce produit dérivé du ready made et du Tamagotchi. « Nous voulions créer un objet dont les propriétés matérielles deviendraient émotionnelles ». Fort de ce concept Emodesign, ces enfants de Warhol donnent d’abord du fil à retordre aux galeristes, avant de trouver une niche pour leur animal de compagnie virtuel. « Aucune étiquette ne nous collait vraiment, on les acceptait toutes ! Au Japon cette philosophie étant bien assimilée, nous avons évolué en chefs d’entreprise et cela a marché. Aujourd’hui, Sacha est validé comme œuvre en France et le ministère de la Culture nous a même demandé un rapport sur l’objet ». La Sachabox, véritable mère porteuse du sucre, est déclinée en huit modèles. Sacha y est conservé dans Eau de Paris, partenaire officiel. Après son premier baptême on peut emporter Sacha partout avec soi, à condition de lui donner un bain quotidien. Sacha objet concept révolutionnaire ne salit pas, ne griffe pas, mais aime en soirée mettre les pieds dans le plat tout comme ces jeunes papas dont le slogan est : « Sugar them all » (sucrez-les tous !). Toujours à la conquête de la planète consommation, Julien et Cédric qui reviennent de la Design Week de Tokyo exposeront Sacha, dans sa version grand gourmand, en mars 2009 à Marseille, non loin de là où il est produit. www.mysacha.com décembre 2008 - janvier 2009 www.cotemagazine.com Cédric Carêmel et Julien Lévy, les créateurs du sucre Sacha. From 19 September to 19 October Pavillon de l’Eau in Paris’s 16th arrondissement hosted Do It Yourself (DIY), a post-punk abstract-design exhibition by 26-year-old artists Cédric Carêmel and Julien Lévy. The centrepiece of DIY was a monumental compression five metres tall produced in Nice at JLB, an art foundry that participates in creating non-standard artworks for renowned artists and galleries (Enrico Navarra, Guy Pieters and suchlike). This sculpture in the formof a sugar cube (sold for € 49,000 in Tokyo in June 2008) commemorates the second birthday of Sacha, a hybrid consumer product vacuum-packed in a cute round tin that in 2006 took its place on the shelves of Centre Pompidou’s select Printemps Design shop. Inside the tin is a transparent plastic glove and in that is the sugar cube (in fact a piece of synthetic coral) ; when you place this in water it turns pink during the day and blue at night. « To launch this good company sugar we had to setup SarlSacha as both the engine of the artwork and the artwork itself. Each sugar represents a sample of the artwork, the capital of which increases at the same pace as demand for it, » explains Julien Lévy, co-creator of this liberal avatar now swimming with the tide in the (troubled) waters of art, design, fashion and the virtual toy market. The whole thing started when Julien and Cédric took the concepts of ready-made and Tamagotchi further and cameup with this by-product. « We wanted to create an object whose material properties would become emotional. » With their emotional-design concept these children of Warhol initially had gallerists scratching their heads before finding a ‘kennel’for their virtual pet. « In Japan this philosophy is wellassimilated so we acted as businessmen and it worked. Now Sacha has been validated as an artwork in France and the ministry for culture has even asked us for a report on it. » The Sachabox, the sugar cube’s surrogate mother, comes ineight different versions and you keep Sacha in it immersed in Eau de Paris spring water, the operation’s official partner. After Sacha’s first baptism you can take it with you everywhere provided you give it a daily bath. A revolutionary concept object, Sacha doesn’t make you dirty or scratch you but at night likes nothing better than going out for a few drinks, just like its young fathers with their slogan : « Sugar them all ». In their bid to conquer Planet Consumption, Julien and Cédric have just returned from Tokyo Design Week and in March 2009 are exhibiting Sacha in its full-scale gourmand version in Marseille, not far from where it is produced.
DENNIS HOPPER Le héros de la contre-culture seventies américaine fait l’objet d’une expo-rétro à la Cinémathèque française. Au chapitre de l’Amérique et de ses contradictions, voici Dennis Hopper. Natif du Kansas, acteur, réalisateur, artiste et grand collectionneur d’art, il symbolisa la contre-culture de son pays du début des années 60 jusqu’au début des années 80 mais n’hésita pas à donner son vote à la dynastie Bush – père et fils – lors des élections présidentielles américaines (« le tout premier de ma famille à devenir républicain ! »). L’information nous laisse perplexe même si, en octobre dernier, l’icône du nouvel Hollywood et de l’underground artistique californien se proclamait pro-Obama lors d’une rencontre avec la presse française, organisée dans le cadre de la rétrospective que lui consacre la Cinémathèque française jusqu’au 19 janvier 2009. Cinq semaines et cinq amis L’homme est complexe parce qu’il est multiple et que sa vie est tout sauf un long fleuve tranquille. Dennis Hopper a fait un trait sur les subs tances – cocaïne, alcool et acides en tous genres – qui, avoue-t-il aujourd’hui à 72 ans, lui ont ouvert un temps « les portes de la perception », mais sans lesquels il se sent mieux vivre « depuis vingt-cinq ans d’abstinence ! » Aujour - d’hui, cette exposition nous donne surtout l’occasion de découvrir un artiste complet, excédant largement son image d’acteur et de réalisateur sulfureux, devenu célèbre grâce à son Par Mireille Sartore Dennis Hopper, un artiste complet Dennis Hopper, a complete artist The hero of Seventies American counter culture is the subject of a retrospective/exhibition at the Cinémathèque Française. premier film Easy Rider qu’il réalise à l’âge de trente et un ans, « en cinq semaines et avec cinq amis qui débutaient dans le cinéma, et une caméra 16 mm ». On est en 1969 et Hollywood va bientôt changer de visage. Le « road-movie nihiliste et métaphysique à la bande-son explosive est le premier film indépendant à avoir été distribué par un grand studio », rappelle-t-il fièrement. Anticonfor - miste, militant, certes, Dennis Hopper apparaît aussi dans cette exposition comme un diamant à multiples facettes qui s’intéresse très tôt aux plasticiens underground de son temps comme Andy Warhol à qui il achète pour 75 $ sa première peinture de boîte de soupe Campbell ! En 1963, il cosigne un ready-made avec Marcel Duchamp de passage en Amérique et collectionne très tôt les toiles de Lichtenstein, Rauschenberg, Jasper Johns... à l’époque où Hollywood n’achète que des impressionnistes. Ses propres peintures et sculptures présentées ici en grand nombre s’inspirent d’ailleurs largement du Pop Art. Dennis s’adonne également à la photographie depuis son adolescence, plus tard, il shoote les artistes émergents de son époque et ressent une admiration sans bornes pour Cartier-Bresson et les reporters de guerre. Sinon, Dennis Hopper déteste la moto… Cinémathèque française 51 rue de Bercy, Paris 12 e Tél. 01 71 19 33 33 - www.cinematheque.fr ANDY WARHOL FOUNDATION FOR THE VISUAL ARTS/ADAGP, PARIS 2008 À gauche : Dennis Hopper, « Irving Blum and Peggy Moffitt », 1964. Tirage argentique, 40,6 x 60,9 cm. Collection Dennis Hopper, Los Angeles. À droite : Andy Warhol, « Dennis Hopper », 1971. Composition mixte. Sérigraphie faite à partir de polymère synthétique et d’encre sur toile, 101,6 x 101,6 cm. Collection Dennis Hopper, Los Angeles. In the chapter « The US and its contradictions », here’s Kansas-born Dennis Hopper, actor, director, artist and enthusiastic art collector, who symbolised his country’s counter culture from the early 1960s to the early 80s but nevertheless voted for the Bush dynasty – father and son – at American presidential elections (« the very first in my family to vote Republican ! »). A nugget of somewhat perplexing information, especially since in October this icon of new Hollywood and California’s underground arts movement stated he was pro-Obama at a French press conference held for the retrospective the Cinémathèque Française is devoting to him until 19 January. Five weeks, five friends This man is complex because he’s multi-faceted and his life has been anything but tranquil. Dennis Hopper, now 72, has givenup the cocaine, alcohol, acid and what have you that he says for a time « opened the doors of perception » but without which he now, « after 25 years of abstinence ! », feels he lives better. This exhibition above allaffords an opportunity to discover a very complete artist whose accomplishments go way beyond the image of the brazen actor and filmmaker who became famous thanks to the first film he made, Easy Rider, at 31 years old « in five weeks and with five friends starting out in movies and a 16mm camera ». That was in 1969 when Hollywood was soon to change. The « nihilistic metaphysical road movie with its explosive sound track was the first independent movie to be distributed by a big studio, » he reminds us proudly. Nonconformist and militant indeed, but in this exhibition Dennis Hopper also comes over as a multi-faceted diamond who very early on took an interest in the underground artists of his time, such as Andy Warhol whose first Campbell soup can he bought for $75 ! In 1963 he co-authored a ready-made with Marcel Duchamp, who was visiting the States, and from early on collected paintings by Lichtenstein, Rauschenberg, Jasper Johns and others, at a time when Hollywood was buying only Impressionists. His own paintings and sculptures on view here, in large numbers, are indeed largely inspired by Pop Art. Dennis Hopper has also been into photography since a teenager ; later he photographed theup-and-coming artists of his day and he has an unbridled admiration for Cartier-Bresson and war-zone photographers. Apart from that, Dennis Hopper detests motor bikes ! décembre 2008 - janvier 2009 www.cotemagazine.com CULTURE ESSENTIELS 23



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 1COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 2-3COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 4-5COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 6-7COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 8-9COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 10-11COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 12-13COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 14-15COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 16-17COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 18-19COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 20-21COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 22-23COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 24-25COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 26-27COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 28-29COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 30-31COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 32-33COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 34-35COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 36-37COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 38-39COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 40-41COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 42-43COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 44-45COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 46-47COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 48-49COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 50-51COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 52-53COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 54-55COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 56-57COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 58-59COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 60-61COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 62-63COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 64-65COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 66-67COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 68-69COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 70-71COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 72-73COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 74-75COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 76-77COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 78-79COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 80-81COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 82-83COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 84-85COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 86-87COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 88-89COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 90-91COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 92-93COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 94-95COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 96-97COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 98-99COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 100-101COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 102-103COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 104-105COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 106-107COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 108-109COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 110-111COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 112-113COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 114-115COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 116-117COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 118-119COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 120-121COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 122-123COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 124-125COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 126-127COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 128-129COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 130-131COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 132-133COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 134-135COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 136-137COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 138-139COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 140-141COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 142-143COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 144-145COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 146-147COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 148-149COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 150-151COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 152-153COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 154-155COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 156-157COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 158-159COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 160-161COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 162-163COTE Marseille Provence numéro 116 décembre 2008 Page 164