COTE Marseille Provence n°115 novembre 2008
COTE Marseille Provence n°115 novembre 2008
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°115 de novembre 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (240 x 300) mm

  • Nombre de pages : 118

  • Taille du fichier PDF : 39,2 Mo

  • Dans ce numéro : immobilier, l'avenir des villes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PORTRAIT 18 Avec Lacrimosa (*), le romancier natif de Marseille prouve si besoin en était qu’il est bien un des tout meilleurs écrivains français. N’en déplaise au jury du Goncourt, qui a préféré l’ignorer. Il n’a pas totalement perdu son accent. S’il pense à la lumière quand on évoque sa ville natale, son Marseille n’est pas celui des galéjades. « Je ne crois pas que les Marseillais soient des gens drôles », confie-t-il comme pour s’excuser. Il voit plutôt Marseille comme une ville tragique, « tournée vers la mer et le lointain, finalement vers quelque chose qui fait peur et d’assez grave ». Il n’habite plus Marseille depuis longtemps mais y revient par l’intermédiaire d’un livre-événement. Qui débute sur le quai de la gare Saint Charles, dans les pas d’une femme. Pour un aller sans retour, direction l’au-delà, au bout d’un geste fou et d’une de ces journées où « la sueur prend sa source à la base du cou et ruisselle jusque dans la rigole des fesses pour aller se perdre Dieu sait où ». Ce suicide – celui d’une compagne –, Jauffret l’a vécu. Il en a fait un roman. Un an plus tard. Le délai pour savoir s’il pouvait faire ce livre. Et comment le faire. Il n’épargne personne, à commencer par lui-même. La plume est précise, quand il s’agit de toucher sa cible et d’inciser l’âme, frappant avec une justesse chirurgicale, sans afféterie ni pathos. Dans cette consciencieuse entreprise, tricotée avec une abnégation et une constance qui forcent le respect, on trouve des phrases aussi vraies que crues : « quand leurs filles meurent, les femmes redeviennent grosses jusqu’à la fin de leur vie », écrit Jauffret. Ou ceci, encore : « on bâcle toujours les obsèques au petit matin pour que les croque-morts puissent passer l’après-midi à la plage ». Dans une saisissante relation épistolaire post-mortem avec la défunte, Jauffret retourne l’arme contre lui et s’attaque à l’écrivain, ce Dieu tout puissant, cet être double, schizophrène et chronophage par nature, qui jouit en éjaculant sa prose, recycle tout et tous, pour qui rien ne se perd et surtout pas le malheur – jusqu’à s’autoriser à déranger les morts. Au fond, Jauffret déshabille l’écrivain. Et sort grandi de cette féroce mise en abyme. (*) Gallimard. Régis Jauffret Ni fleurs, ni couronnes/No flowers, no wreathes novembre 2008 www.cotemagazine.com Par Olivier-Jourdan Roulot Photo Faustine Cornette de Saint-Cyr With Lacrimosa*, the Marseille-born novelist proves (if he needs to) that he really is one of France’s top writers. With all due respect to the Prix Goncourt jury, which chose to ignore him. He hasn’t completely lost his accent. Although he thinks of the light when we mention his birthplace, his Marseille isn’t one of tall stories. « I don’t think the people of Marseille are funny », he confides as if to excuse himself. He sees Marseille more as a tragic city, « facing the sea and the distance, which is something scary and quite serious in the end ». He hasn’t lived in Marseille for a long time, but revisits it in this epic book. Which begins on the platformat Saint Charles train station, in the steps of a woman. On a one-way journey to the beyond, after a crazy gesture and on one of those days when « sweat pours from the base of the neck and runs right down between the buttocks, disappearing God knows where ». This suicide – that of a companion – has been experienced firsthand by Jauffret. He has made it into a novel, one year later : the period of time needed to know whether he could do this book, and how to do it. He spares nobody, starting with himself. His nib is accurate when it comes to hitting its target and slitting open the soul with surgical precision, without affectation or pathos. In this conscientious undertaking, produced with selfsacrifice and a loyalty that command respect, we find sentences that are as true as they are blunt : « when their daughters die, women become fat again until the end of their lives », writes Jauffret. Or « funerals are always a rushed affair in the early morning so that the undertakers can spend the afternoon on the beach ». In a striking letter-writing relationship with the deceased beyond the grave, Jauffret turns the weapon on himself and attacks the writer, this all-powerful God, this dual being who is by nature schizophrenic and time-eating, who orgasms by ejaculating his prose, recycles everything and everyone, and whom nothing escapes, above all misfortune – even allowing himself to disturb the dead. In fact, Jauffret undresses the writer – and comes out of this savage mise en abyme with increased stature.
Avec l’automne et le retour du Mistral, entre Port-Saint- Louis et Fos, Alain Thébault espère battre le record du monde de vitesse à la voile à bord de son Hydroptère. Un incroyable vaisseau volant sur la mer. Windsweapt With the autumn and the return of the Mistral, between Port-Saint-Louis and Fos, Alain Thébault is hoping to beat the world sailing speed record on board his Hydropter. An incredible flying sea vessel. Face à la plage Napoléon, les runs ont repris début octobre, le bolide atteignant les 52,86 noeuds à l’entraînement. Il n’en démord pas. Alain Thébault, qui est né sous le signe de la vierge, qui se présente comme « moitié fou, moitié sage, selon les marées », est sur le pied de guerre avec la quinzaine de personnes qui composent son équipe. Tout au long de l’été, ils se sont consacrés à la mise au point du bateau, qui sortait de neuf mois de chantier. Si les conditions de vent n’ont pas été optimales (entre 25 et 30 nœuds sont requis), ce check-up a tout de même permis plusieurs améliorations, apportées aux chantiers de La Ciotat en septembre. Entièrement réalisé en matériaux composites (titane et carbone), intégrant des systèmes de mesures installés sur les voitures de F1, l’hydroptère a vu son mât abaissé d’un peu plus de six degrés, de façon à lui donner une meilleure prise au vent. L’hydroptère, c’est une aventure qui dure depuis près de 30 ans. Une idée – inventer un bateau qui vole – qui avait germé dans les années 70 dans le cerveau d’Eric Tabarly, et ensuite mise en œuvre par Alain Thébault. Depuis 1994, date de la mise à l’eau de sa première version, l’engin n’a cessé de progresser, passant de 35 nœuds en 1995 à 40 en 2004, puis à 47 en 2007. Cette fois, l’objectif est de franchir les premiers le mur du vent, soit les 50 nœuds (93 km/h), pour tutoyer les 55 noeuds (102 km/h). A pleine vitesse, le corps central du bateau décolle et s’élève à près de 5 mètres audessus de la mer, comme en suspension. Ainsi campé sur deux ailerons, la surface au contact de l’eau est alors réduite au strict minimum. Tous les soirs, du côté de Port-Saint-Louis-du-Rhône, les spécialistes météo de l’équipe scrutent le ciel, analysant et recoupant les bulletins des météos françaises, allemandes et américaines, dans l’espoir que les conditions optimales soient réunies pour porter leur tapis volant. Thébault et les siens espéraient toucher le graal d’ici la mi-novembre. En priant que le dieu Mistral entende leurs prières. Sous le signe du vent Par Olivier-Jourdan Roulot He’s sticking to his guns. Alain Thébault, whose star sign is Virgo, who describes himself as « half mad, half cunning, depending on which way the wind blows », is about to set sail with his fifteen man crew. They’ve spent the whole summer getting the boat ready, once it surfaced from 9 months under construction. Although the wind conditions weren’t the best they could be (between 25 and 40 knots are required), this check-up never the less provided an opportunity to make some improvements, implemented in the boatyards of La Ciotat in September. Entirely constructed of composites (titanium and carbon), incorporating measurement systems used on F1 cars, the Hydropter’s mast was lowered by just over six degrees to give it a better hold on the wind. The Hydropter has been an adventure that’s so far lasted nearly 30 years. An idea – to invent a flying boat – which was planted in the 1970s in Eric Taberly’s head and then made reality by Alain Thébault. Since 1994, the date its first version first dipped its toes into water, the engine has just been getting better and better, going from 35 knots in 1995 to 40 in 2004, then to 47 in 2007. This time, the aim was first to hit 50 knots (93km/h), and then 55 knots (102 km/h). At full throttle, the central body of the boat takes off and rises to nearly 5 metres above the sea, as though hanging in mid-air. So, set on two fins, the surface that is in contact with the sea is reduced to an absolute minimum. Every evening, on the coast of Port-Saint-Louis-du-Rhône, the team’s weather experts will be studying the skies, analysing and taking note of weather reports from France, Germany and America, in the hope that the best conditions come together to liftup their flying carpet. Thébault and co. are hoping to reach their Holy Grail between now and mid-November. So let’s hope that the Mistral gods are listening to their prayers. novembre 2008 www.cotemagazine.com EXTREME ESSENTIELS 19



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