COTE For Paris Visitors n°8 décembre 2008
COTE For Paris Visitors n°8 décembre 2008
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°8 de décembre 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (240 x 300) mm

  • Nombre de pages : 148

  • Taille du fichier PDF : 26,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'éloge de la gourmandise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ART GOURMANDISE 68 « dépasser le simple octroi d’un droit de popote », les gestionnaires du musée n’ont pas désiré poursuivre cette aventure gastro-artistique quasi unique en Europe. Aujourd’hui, « le restaurant nomade du Transversal » poursuit son action via des happenings événementiels et des programmes pédagogiques. Dans le cadre des Soirées Nomades organisées par la Fondation Cartier qui accueillait cet été l’exposition César, Anthologie par Jean Nouvel, il organisait un happening en sucre filé : la plus grande barbe à papa du monde réalisée dans le jardin du musée. En octobre dernier, les Cocottes Band du Transversal, inspirées du PianoCocktail de Boris Vian, participaient également au vernissage de Slick, l’une des foires Off de la Fiac. Gilles Stassart réfléchit en ce moment à un nouveau projet de restaurant pour la future école des Beaux-Arts de Caen, basée sur la presqu’île portuaire, qui ouvrira ses portes en février 2009. Transversalité des disciplines Aujourd’hui, la cuisine se pense plus qu’elle ne se mange. Nos riches sociétés se veulent minces, bio, cosmopolites. Près de 700 ouvrages liés aux arts culinaires paraissent en moyenne chaque année, on ne compte plus les émissions de télé liées à l’alimentation, les comestibles « esthétiques », les cosmétiques gourmands… Engloutir les savoirs plutôt que les calories. « L’acte qui consiste à se saisir de la nourriture, à l’avaler ou à l’utiliser de quelque autre manière conserve toujours une importance réelle dans les représentations mais également dans les actions conçues et menées par les artistes », analyse Maurice Fréchuret, l’actuel directeur des musées nationaux du XX e siècle de la Côte d’Azur, qui dirigea l’exposition Hors-d’œuvres, ordre et désordres de la nourriture au CAPC de Bordeaux en 2003-2004. En avril 2001, l’agence Aprifel (3) inaugurait la galerie fraîch’attitude, un lieu culturel inédit dédié exclusivement à la création contemporaine et au comestible, complété depuis par un Atelier-Laboratoire pensé par Matali Crasset et une foodothèque en accès libre. « Dévolu à la promotion de l’art contemporain sous toutes ses formes, explique Christophe Spotti, son directeur artistique, notre espace propose quatre expositions monographiques ou collectives articulées autour de thèmes ou de rencontres ainsi que des ateliers pédagogiques, des animations et quelques cours destinés au grand public. » Daniel Spoerri y a eu les honneurs d’une grande rétrospective en 2004. Toutefois, constate Christophe Spotti, « nous travaillons plus souvent aujourd’hui avec des designers ». Signe flagrant que la transversalité des disciplines est devenue aujourd’hui incontournable : Gilles Stassart l’a bien compris avec son concept de restaurant « sans domicile fixe » tout comme l’espace fraîch’attitude qui se définit également comme « le terrain d’expression de l’art culinaire contemporain ». L’exposition qui se tient jusqu’au 12 décembre propose ainsi un parcours découverte autour du livre Humeurs gourmandes du chef Bruno Viala qui s’est adjoint pour l’occasion les talents d’une styliste culinaire Garlone Bardel et du photographe Frédéric Nauczyciel qui travaille habituellement pour le cinéma et les arts du spectacle (cf. rubrique Livres). À l’ère du fooding, du slow food et autres expériences culinaires et artistiques qui rythment notre quotidien « parisien », quid des virtuoses de la gastronomie ? Ils sont à la traîne. Idem pour les autres professionnels « de la profession » : écoles de cuisine, industrie agroalimentaire, cuisiniers... On compte sur les doigts d’une main, les chefs français qui puisent leur inspiration ailleurs que dans les fondamentaux. La faute à qui ? Le poids d’une tradition culinaire française qui vit sur sa réputation ou le fait de passer dix-huit heures par jour derrière ses fourneaux sans la moindre perspective d’évasion. Il est bon de rappeler cependant que le « plus grand cuisinier du monde » actuel s’appelle Ferràn Adrià et qu’il est espagnol ! À la tête d’El Bulli, son restaurant situé à proximité de Barcelone, Adrià et ses collaborateurs (un architecte, des scientifiques…) sont parvenus à déstabiliser les principes classiques a priori inamovibles de la gastronomie pour lui donner une autre dimension. « Il y a encore trop de cuisiniers pour qui démarche artistique signifie uniquement décoration des assiettes, constatent à l’unisson Gilles Stassart et Christian Spotti. Guidées par la curiosité et le talent d’un grand chef comme Thierry Marx, on a tout à attendre des nouvelles générations qui sont déjà sur les starting-blocs. » Le chef étoilé et adepte de la cuisine dite déstructurée a d’ailleurs bien voulu répondre à nos questions. À suivre. décembre 2008 - janvier 2009 www.cotemagazine.com Imaginé et conçu par Matali Crasset, le laboratoire de la galerie fraîch’attitude situé à Paris. En bas à g. : le chef Bruno Viala y présente ses « humeurs gourmandes » jusqu’au 12 décembre.e. Transversal disciplines Nowadays cuisine is thought about more than eaten since our rich societies want to be slim, organic and cosmopolitan. On average around 700 books on the culinary arts come out every year and there are innumerable television programmes on food, aesthetic comestibles, gourmand cosmetics and heaven knows what. In April 2001, Aprifel inaugurated the Fraîch’attitude gallery, an unprecedented culture venue dedicated exclusively to contemporary creativity and foodstuffs to which a laboratory workshop designed by Matali Crasset and a food library have since been added. Daniel Spoerri was honoured by a big retrospective there in 2004. But as Christophe Spotti points out, « Now we more often work with designers. » A flagrant sign that discipline transversality has now become unavoidable, something Gilles Stassart with his concept of a restaurant with no fixed abode fully understood, as does Fraîch’attitude that also defines itself as « the place where contemporary culinary art can expressitself ». Its exhibition running until 12 December is a discovery trail based on the book of « gourmand humours » by chef Bruno Viala. So in this era of fooding, slow food and other culinary and artistic experiments, where do the virtuosos of gastronomy fit in ? Well they’re lagging behind. We can count on the fingers of one hand the French chefs who draw their inspiration from anything other than the basics. Why is this ? The weight of a French culinary tradition living on its reputation or the simple fact of spending 18 hours a day slaving over hot stoves ? Whatever, it’s worth remembering that presently « the greatest chef in the world » is called Ferràn Adrià and he’s Spanish ! With his El Bulli restaurant, Adrià and his colleagues (an architect, scientists etc) have succeeded in destabilising the classic and supposedly unalterable principles of gastronomy so as to imbue cuisine with another dimension. « There are still too many cooks who think the artistic approach simply means decorating plates, » chorus Gilles Stassart and Christian Spotti. « Guided by curiosity and the talent of a great chef such as Thierry Marx, our expectations of the new generation already on the starting blocks should be high. » This star-studded chef who is an adept of destructured cuisine was happy to be interviewed by COTE, as you can read below. (1) www.restaurant-transversal.com (2) Historienne de l’art, spécialiste du Eat Art in catalogue d’exposition Daniel Spoerri presents Eat Art, édité par Aprifel. (3) Aprifel, agence pour la recherche et l’information en fruits et légumes frais, sise 60 rue du Faubourg Poissonnière à Paris, 10 e – www.fraichattitude.com. MATALI CRASSET FRÉDÉRIC NAUCZYCIEL MATALI CRASSET
Michel Blazy, « Paysage gratté 4 », 2007. Bois, crème dessert chocolat, crème dessert pistache, chapelure. Collection Privée, Paris. Courtesy Art Concept, Paris Michel Blazy, « Afga rose », 2007. Bois, nouilles de soja, colorant alimentaire. Collection Privée, Paris. Courtesy Art Concept, Paris Fabrice Hyber, « M.I.T. Man », 2007 structure en métal, fruits et légumes dimensions variables (H : environ 180 cm) Fabrice Hyber. Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont Paris Damien Berthier, « Joyeux repas », vidéo, 2007. courtesy galerie Le Cabinet Paris. De l’usage de la nourriture dans quelques productions artistiques contemporaines... Food as incorporated into contemporary artistic creativity... DOROTHÉE SELZ, disciple du Eat Art initié par Daniel Spoerri, crée depuis la fin des années soixante des aliments colorés et des sculptures éphémères comestibles pour bousculer les conventions. MARTIN PARR, né en 1952 en Angleterre, publie British Food en 2005, des gros plans colorés d’assiettes de spécialités britanniques locales qui provoquent tout à la fois révulsion et ironie. WIM DELVOYE, né en Belgique en 1965, s’est fait connaître pour son installation Cloaca (2000), dite « machine à caca » qui reproduit le processus de digestion. Bluffé par le sérieux de sa réalisation, des industriels de l’agroalimentaire ont contacté l’artiste à plusieurs reprises. FABRICE HYBER, né en 1961 à Luçon, a fait planter deux cents arbres fruitiers dans la ville de Cahors en 2000 devant lesquels l’artiste a disposé des céramiques notifiant les dates de floraison et de récolte. Il réalisa par la suite des « confitures de ville » avec les fruits ramassés. Pour le Laboratoire à Paris, il réalisera plus tard le « M.I.T. Man »... (voir photo). MICHEL BLAZY, né en 1966 à Monaco, intervient beaucoup sur des matières biologiques pour révéler une nature relativement autonome. Il a réalisé des araignées en purée de légumes, des irruptions de betteraves, des vers en croquettes de chien, un chien en pâte de soja (photo). NATACHA LESUEUR, née en 1971 à Cannes, décore les corps de matières organiques : bas en crêpières de porc, bonnets de bain en jambon, chaussettes en brandade de morue, etc. DAMIEN BERTHIER, né en 1979 à Saint-Martin d’Hères, lauréat du Prix Marcel Duchamp 2007, déguste à sa façon le célèbre Happy Meal de McDonald, dans l’une de ses dernières créations vidéo. Hamburger, frites, ice-cream et coca sont mixés ensemble dans un saladier puis ingérés par l’artiste face caméra. DOROTHÉE SELZ, Eat Art disciple, has been creating coloured foodstuffs and edible ephemeral sculptures since the late 1960s. MARTIN PARR published British Food, big colourful close-ups of plates of local British specialities, in 2005. WIM DELVOYE became known for his Cloaca installation in 2000, a "shit machine" that reproduces the digestive process. FABRICE HYBER had 200 fruit trees planted in the town of Cahors in 2000 and later made "town jams" from the fruit gathered. MICHEL BLAZY has made spiders out of puréed vegetables, eruptions of beetroot, worms in dog biscuits and a dog in soy paste (photo). NATACHA LESUEUR decorates bodies with organic materials : stockings of pig’s membrane, socks of creamedsalt cod etc. MATHIEU MERCIER enjoys a McDonald’s Happy Meal in his own particular way in one of his latest video artworks. D.R. décembre 2008 - janvier 2009 www.cotemagazine.com ART GOURMANDISE 69



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