COTE For Paris Visitors n°26 fév/mar 2012
COTE For Paris Visitors n°26 fév/mar 2012
  • Prix facial : 6 €

  • Parution : n°26 de fév/mar 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (240 x 300) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 12,2 Mo

  • Dans ce numéro : spécial mode.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RENCONTRE 4 ALEX BAILEY Meryl Streep, totalement bluffante dans le rôle de Margaret Thatcher. La 69 e cérémonie des Golden Globes récompensait Meryl Streep pour sa performance dans La Dame de fer. L’actrice arbore ici sa cinquième victoire et porte une montre 101 Etrier Jaeger-LeCoultre à son poignet. La cote d’amour de Meryl Streep pourrait-elle pâtir de son choix audacieux d’incarner Margaret Thatcher dans le nouveau film de Phyllida Lloyd et lui coûter le troisième Oscar que sa nomination récente aux Golden Globes laissait présager ? La Dame de fer, visible sur les écrans français à partir du 15 février, a déjà provoqué une grosse tempête outre-Manche, où l’équipe de tournage s’était déplacée début janvier pour la première européenne du film. Si les critiques sont unanimes quant à l’incroyable performance de l’actrice américaine, totalement bluffante dans son interprétation ultraréaliste de Margaret Thatcher de 49 à 85 ans, la plupart des reproches se portent essentiellement sur le traitement singulier du sujet, volontairement plus mélodramatique que politique, voulu par Phyllida Lloyd et sa scénariste, Abi Morgan. À l’idée « d’un biopic conventionnel », les deux femmes ont préféré construire un véritable « film de fiction qui met en scène les dernières étapes du parcours de la femme la plus influente que le Royaume-Uni ait connue depuis Elizabeth Tudor ». Ou comment Margaret Thatcher, simple fille d’épicier, a conquis le pouvoir en 1979, puis l’a perdu dix ans plus tard, trahie par son propre camp. Cloîtrée chez elle, sénile, l’ancien chef d’État converse avec son mari défunt, se remémorant les grandes étapes de sa vie. Meryl Streep se souvient, elle aussi… Maggie, superwoman ? « Après Mamma Mia ! [le premier film de Phyllida Lloyd, qui a valu un grand succès à Meryl Streep, NDLR] Phyllida m’a proposé ce nouveau projet qui m’a immédiatement séduite. Je venais de perdre mes parents, et les questions du vieillissement et de la fin de vie m’intéressaient au plus haut point. Et, aussi, parce que ce n’était pas un biopic habituel. Le fil conducteur du film est bel et bien le rapport de la femme au pouvoir. Il existe peu de femmes chefs d’État, peu de grandes figures politiques féminines – et peu de réalisateurs s’intéressant au sujet [rires] ! Afin de me représenter les difficultés que Margaret Thatcher a dû surmonter pour devenir la dirigeante du Royaume-Uni, j’ai dû me replacer dans l’esprit d’une femme de la fin des années 70, où il était totalement inconcevable qu’une femme, issue d’une famille très modeste, parvienne à de telles fonctions ! Elle-même n’y songeait pas. À cette époque, je n’étais pas du tout partisane de ses idées, mais ce dont je me rappelle très bien, c’est d’avoir été particulièrement réjouie qu’un pays comme l’Angleterre, tellement homophobe, tellement soucieux de la séparation des classes, des sexes, ait pu choisir une femme comme Premier Ministre. Trente ans plus tard, les États-Unis n’en sont toujours pas là… février 2012 www.cotemagazine.com D.R. Meryl, recordwoman -/Meryl the record breaker Meryl Streep, qui vient de recevoir un Ours d’or d’honneur à la Berlinale 2012 est une recordwoman confirmée ! Dernier succès en date ? L’actrice américaine de 62 ans est devenue, depuis janvier dernier, « la femme la plus âgée à avoir fait la couverture du Vogue US » ! Elle vole ainsi le titre à Priscilla Presley qui avait fait la une de la célèbre revue en 2004, à 59 ans, en compagnie de sa fille et de sa petite-fille. Dans l’interview, la comédienne aux plus de 40 films et 35 ans de carrière – dans notre top 5 figurent Manhattan (Woody Allen), Kramer contre Kramer (Robert Benton), Le Choix de Sophie (Alan J. Pakula), Out of Africa (Sidney Pollack) et Sur la route de Madison (Clint Eastwood) – évoque un passage difficile de sa carrière au moment de ses 40 ans. À la lecture de trois scénarios où elle devait camper une sorcière (?), elle se souvient s’être tournée vers son mari pour lui dire : « Eh bien, qu’est-ce que je vais pouvoir faire ? C’en est fini pour moi le cinéma. » Meryl Streep n’a finalement jamais cessé de tourner. Elle a obtenu d’innombrables prix et pas moins de 16 nominations aux Oscars ! Quant au rôle de sorcière, elle n’y a pas échappé ! En 1992, elle a tourné La Mort vous va si bien, aux côtés de Goldie Hawn et Bruce Willis. -/Meryl Streep, who recently won an honorary Golden Bear at the 2012 Berlinale has broken a record : the 62-year-old American actress has become "the oldest person ever to be on the cover of US Vogue" In the Vogue interview, the actress with more than 40 films behind her mentions a tough moment when she was 40. She remembers that after reading three different screenplays in which she was offered the role of a witch, she turned to her husband and said "Well it's over. What should we do now ? " In fact Meryl Streep has never stopped acting, in good films and in bad ones that have never marred her aura as "the world's greatest actress". She has won innumerable awards and no fewer than 16 Oscar nominations. As to witches, she did play one – in 1992, in Death Becomes Her, with Goldie Hawn and Bruce Willis.
Sur le tournage de La Dame de fer, Meryl Streep et sa réalisatrice, Phyllida Lloyd. Icône ou démon ? « Le film accorde autant d’importance aux moments décisifs de la vie politique de Margaret Thatcher qu’à ceux de sa vie privée. Cet équilibre permet de la présenter comme un être aux multiples facettes. Ce que nous sommes tous, non ? Je ne me suis pas engagée dans ce film pour soutenir le programme politique de celle qui fut une icône pour la droite et un démon pour la gauche, mais pour essayer de trouver l’être humain qui se cache en elle, et notamment l’incarner à ce moment si délicat de la fin de vie, où les souvenirs nous hantent, le passé resurgit. Thatcher pense que ses décisions tranchées lui attirent la haine du peuple mais que les générations futures la remercieront. Elle est rude, intransigeante. Comment alors s’épanouir dans sa vie personnelle, trouver un juste équilibre ? J’ai adoré explorer ce contraste fulgurant en tant que comédienne. Le défi était de taille, d’autant qu’il est très difficile de jouer quelqu’un sur quatre décennies, même si, à mon âge, j’ai toujours l’impression d’avoir 20 ans [rires] ! Donc, finalement, ce n’était pas si compliqué… En revanche, le tournage non chronologique fut très éprouvant. Je me rappelle que, le deuxième jour, à peine descendue de l’avion en provenance du Connecticut, nous avons filmé la scène cruciale de réunion du Cabinet. Margaret Thatcher est au plus fort de son pouvoir, mais c’est aussi là qu’elle est la plus isolée, que tout s’écroule. Je me levais chaque matin en me disant « Merci mon Dieu, je ne suis pas le président Obama. Quel boulot ! » » Regarder derrière soi… « Moi aussi, j’arrive à un âge où l’on commence à regarder derrière soi et à repenser à sa propre histoire [à 62 ans, Meryl Streep a fait la une du Vogue américain (lire notre encadré)]. Montrer la Dame de fer souffrant d’une forme de maladie mentale n’est en aucune sorte un manque de respect de notre part, parce que c’est la vérité [il y a trois ans, sa fille Carol avait révélé que sa mère, aujourd’hui âgée de 86 ans, était atteinte de démence, NDLR]. Mais je peux comprendre cette réaction. Nous sommes tous terrifiés par ce processus incontrôlable de dégénérescence mentale. Si Margaret Thatcher avait un problème pulmonaire et que je toussais dans le film, ou même si elle se déplaçait sur une chaise roulante, je suis persuadée que personne n’aurait trouvé à redire. Cette maladie n’a pourtant rien de honteux. Ce qui me choque plutôt, c’est le manque de tact de l’actuel Premier Ministre, déclarant qu’il aurait été préférable d’attendre la mort de lady Thatcher pour faire ce film… Ce genre de remarque est autrement plus choquant, non ? » ALEX BAILEY [RENCONTRE] Might Meryl Streep's popularity suffer from her bold decision to take on the role of Margaret Thatcher in Phyllida Lloyd's new film ? The Iron Lady stirredup a stormin the UK in January, when the film crew were there for the European premier. While the critics are unanimous in their praise of Streep's incredible performance, many object to the way Phyllida Lloyd and scriptwriter Abi Morgan have chosen to treat the subject – as a human drama, skimming over the politics. Rather than a "conventional biopic" the two women wanted to make a real "fiction film featuring the last stages in the life of the most influential woman the United Kingdom has known since Elizabeth I" – or how Margaret Thatcher the grocer's daughter won power and then lost it, betrayed by her own camp. Cloistered at home, the now senile former Head of State talks to her deceased husband, looking back at the high points of her life. Meryl Streep casts her mind back too … Maggie, superwoman ? "Phyllida suggested her new project tome after Mamma Mia ! and it appealed tome instantly. I had just lost my parents and questions of ageing and the end of life were big issues for me then. And also because it wasn't the usual kind of biopic. The central thread is a woman's relationship with power. There are few women heads of state, few great female political figures – and few film makers interested in the subject ! [laughs] To portray the obstacles Margaret Thatcher had to overcome to become the leader of the United Kingdom I had to put myself into the mind of a woman of the late 70s when it was totally inconceivable for a woman from a very modest family to reach those heights ! Even she didn't dream of it. I wasn't at all sold on her ideas, but I do very clearly remember rejoicing that a homophobic, gender-biased, class-ridden country like England could elect a woman Prime Minister. Thirty years later the United States still haven't got there." Icon or demon ? "The film gives as much importance to the decisive moments in Margaret Thatcher's private life as those of her political life. This balance makes it possible to present her as a multi-facetted person. Which we allare, aren't we ? I didn't get involved in the film to support the political programme of a woman who was an icon for the right and a demon for the left, but to try to find the human being hidden inside her. Thatcher thought people hated her for her uncompromising decisions but that future generations would thank her. How then could she find fulfilment in her personal life, find the right balance ? I loved exploring the sharpness of that contrast in my acting. It was a big challenge, especially as it's very hard to play someone over four decades of their life, even though at my age I still have the impression l'm only 20 ! [laughs] But the non-chronological filming was very trying. I remember the second day, just off the plane almost, we filmedthe crucial scene of the Cabinet meeting. Margaret Thatcher is at the height of her power but it's also then that she's most isolated and it all collapses." Looking back "I too have reached an age when one starts to look back and think over one's life. [At 62 Meryl Streep is US Vogue's oldest ever cover girl – see box.] Showing the Iron Lady suffering from a formof mental illnessis in no way disrespectful on our part because it's the truth. [Three years ago Thatcher's daughter Carol revealed that her mother, now 86, was struggling with dementia]. But I can understand that reaction. We are all terrified of age-related mental deterioration. If Margaret Thatcher had a lung problem and I was coughing in the film, or even if she was in a wheelchair, l'm sure nobody would have objected. What shocks me rather is the current Prime Minister's tactlessness when he says it would have been better to wait until Lady Thatcher was dead. That's much more shocking, isn't it ? " février 2012 www.cotemagazine.com MEET 5



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