COTE For Paris Visitors n°23 septembre 2011
COTE For Paris Visitors n°23 septembre 2011
  • Prix facial : 6 €

  • Parution : n°23 de septembre 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (238 x 298) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : Only Watch, la vente aux enchères caritative.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
RENCONTRE 4 COTE : Vous avez fait vos classes chez Thierry Mugler et Jean-Paul Gaultier, pouvez-vous nous parler de ces expériences ? Alexandre Vauthier : En fait, je rêvais de travailler avec trois personnes : KarlLagerfeld, Thierry Mugler et Jean-Paul Gaultier. J’ai commencé chez Mugler et j’ai tout appris de lui. Au-delà de la technicité du vêtement et du traitement des matières, ce perfectionniste m’a enseigné la curiosité, l’endurance, la réactivité. J’y suis resté durant quatre ans. Puis, je suis passé chez Gaultier, où j’ai développé, durant huit ans, le prêt-à-porter homme et femme, m’occupant des clientes couture et de l’événementiel. Par la suite, j’ai eu besoin de m’exprimer à l’extérieur de ces grandes maisons. Soutenu et parrainé par Thierry Mugler, j’ai eu le courage de monter ma propre société. Fonder votre maison était un rêve ? Je n’ai jamais fantasmé sur le fait d’être un créateur connu ! J’ai juste besoin d’un processus de création pour avancer. Le corps de métier que je connaissais le mieux étant la couture, il était donc logique de poursuivre sur cette voie. Aujourd’hui, je suis designer de mode, créateur, couturier – celui qui fait des robes en fait – mais pas seulement… Je suis à la tête de ma société, que je gère entièrement. C’est plaisant, mais c’est aussi le contexte dans lequel je suis le plus efficace ! Vous vous autofinancez. Cest un défi à notre époque ? Oui, cela coûte très cher. Mais voilà, j’en ai fait le pari et je voulais le réaliser avant la quarantaine. J’avais économisé de l’argent pour m’acheter un appartement et, finalement, j’ai investi dans ma société. Nous sommes une petite équipe de cinq personnes, renforcée pendant les collections. Nous avançons progressivement. Nous verrons ce que l’avenir nous réserve. Vous travaillez avec des artisans. Qui sont-ils ? Depuis le début, j’ai la chance d’être suivi par Nadja Swarovski, mais aussi François Lesage, Saga Furs ou encore la maison Lemarié… Bref, tous les métiers d’art de la maison Chanel. Grâce à eux, j’atteins un degré d’excellence dans les broderies et les accessoires. Je suis très honoré de leur collaboration. Sans eux, je ne serais pas vraiment moi [rires]… Christian Louboutin dessine mes chaussures chaque saison, par exemple. Je lui explique ma collection et nous élaborons ensemble chaque modèle. Si mes idées sont certes bien arrêtées en amont, les échanges avec Christian enrichissent considérablement mon travail. C’est indispensable pour progresser. La relève est-elle assurée dans ces métiers dart ? Ce n’est pas certain. Ces métiers, certes magiques, ne sont pas attirants car ils restent difficiles et exigeants. Quel dommage que très peu de maisons de couture les sollicitent au moment de leurs défilés, même pour quelques pièces d’exception… Dans votre discours, on sent votre indépendance. Vous navez pas peur de louer vos concurrents. Je crois qu’il faut être juste et dépasser les barrières. L’individualisme ne fait pas avancer les choses. Je trouve que c’est dans l’échange et dans le partage que l’on s’enrichit. Bruno Pavlovsky, chez Chanel, fait beaucoup pour sauvegarder tous ces métiers du luxe. Comme quand LVMH fait travailler un artiste avec Marc Jacobs ou quand PPR organise une biennale, à Venise… Je leur en suis reconnaissant et j’applaudis. Quelles sont vos sources dinspiration ? D’une collection en naît une autre. La façon dont j’ai travaillé les imprimés, les couleurs et les formes va me donner envie d’essayer autre chose la saison d’après. Il y a aussi des envies passagères : ma vie quotidienne, le contexte socioculturel… Je me balade les yeux grands ouverts, j’observe les gens, leur façon de se tenir, de manger… Je ne suis pas monomaniaque. J’ai des goûts très éclectiques en matière de cinéma, de peinture, de littérature, de musique… J’aime autant le style Napoléon III que Jean Nouvel par exemple ! Je pense que le monde possède de multiples facettes et je ne veux pas m’enfermer dans un seul univers. Pourquoi cette collection rouge ? Pour le rouge à lèvres, et notamment le rouge « baiser ». Pour moi, c’est le symbole de la féminité et de la sensualité. Pour les robes rouges de Valentino aussi… Je trouve que c’est une couleur extrêmement luxueuse, qui évoque à la fois la séduction et le danger. Cette dualité rejoint l’équilibre que je m’évertue de trouver dans mes créations, comme entre le très déshabillé et l’habillé, par exemple. J’essaie toujours de travailler en rupture, de traiter des matériaux classiques de façon moderne. Le principe de la couture n’est pas celui de faire du prêt-à-porter. C’est un moment de l’année où l’on peut se permettre des essais de laboratoire, mais aussi septembre 2011 www.cotemagazine.com COTE : You learnt your skills with Thierry Mugler and Jean Paul Gaultier. Can you tellus about those experiences ? Alexandre Vauthier : I used to dream of working with three people : KarlLagerfeld, Thierry Mugler and Jean Paul Gaultier. I started out with Mugler and learnt everything from him. Apart from the technical side of clothes and using materials, that perfectionist taught me curiosity, stamina and responsiveness. I stayed four years with him then went to Gaultier, where foreight years I developed the men's and women's ready-to-wear, dealt with the couture clients and organised events. Following that I needed to express myself independently so, with Thierry Mugler's support and backing, I took the plunge and started my own business. Was having your own fashion house a dream ? I never fantasised about being a well-known designer ; I just need a creative process so I can move forward. As couture was the trade I knew best, it was logical to continue down that road. Now l'm a fashion designer, creator, couturier, but I also own and run my own company. That's pleasant and it's also the context in which l'm most efficient ! You're self-financing, is that a challenge in today's world ? Yes, it's very costly. But I took the risk. I wanted to do it before I turned 40 and l'd saved enough money to buy a flat, so instead I invested in my company. We're a small team of five people, more during the collections. We're progressing step by step, so we'll see what the future brings. You work with craftspeople. Who are they ? l'm lucky in that Nadja Swarovski, François Lesage, Saga-Fur, Lemarié etc – all Chanel's artistic crafts – agreed to work with me from the start, which allows me to achievea level of excellence in embroidery and accessories. l'm very honoured by their collaboration, without them I wouldn't really be me ! [laughs] Christian Louboutin designs my shoes each season ; I explain
La collection automne-hiver joue avec le rouge « baiser », sensuel, luxueux et ultraféminin… accomplir des avancées technologiques. Par exemple, on peut créer, main dans la main avec les tisseurs, de nouvelles étoffes à partir de fibres naturelles, qui auront la même tenue que les matières nobles. Mon credo ? Servons-nous du passé pour mieux entrer dans l’avenir… Beyoncé vous a choisi pour la pochette de son nouvel album. Avant elle, Rihanna a également succombé. Cest un joli coup de projecteur, non ? On ne retient que Beyoncé, mais j’ai commencé avec Roisin Murphy sur mon premier show. J’ai aussi été le premier à habiller Mélanie Laurent. Il y a eu ensuite Beth Ditto, Isabelle Huppert, Isabelle Adjani ou encore Sophia Loren. Beyoncé, oui, c’est la visibilité assurée. Je sais que l’on a besoin de cela pour exister, mais j’aime surtout le côté très humain de ces rencontres. Les 3 Suisses, par exemple, m’ont assuré, eux aussi, une autre forme de visibilité. Les 3 Suisses ? Oui ! Quand on m’a appelé, j’étais inquiet. Faire la couverture juste après mon idole, KarlLagerfeld, m’effrayait un peu. Mais, heureusement, j’étais bien entouré. Cédric Buchet est un excellent photographe de mode et j’ai eu la chance que le top américain Sessilee veuille bien poser pour moi. Cela m’a permis de montrer à toute la France qu’il y avait un style Alexandre Vauthier. Les résultats m’ont bluffé et ça a été un véritable carton pour la marque. Ouvrir une boutique, cest votre prochaine étape ? Ce n’est pas d’actualité, car c’est trop coûteux. Il faut des salariés, un designer pour le lieu… Et il faut la remplir également ! Pour le moment, je me concentre sur le fait d’avancer, dans la tension et la bonne humeur, de payer mes employés et de progresser tranquillement. En France, nous sommes vendus au Bon Marché, chez Montaigne Market, chez l’Éclaireur, à Paris, mais aussi chez Vestale à Nice ou chez Martine Chambon à Saint-Tropez. Quels sont vos projets pour cette rentrée ? La rentrée va être chargée pour moi ! Je me concentre sur une prochaine collaboration, programmée en janvier. Je viens de signer l’architecture d’un cabinet d’avocats dans un immeuble de l’avenue Hoche, je travaille avec le parfumeur Francis Kurkdjian, je fais également de la musique et du sport avec mes amis… Si je ne prends pas vraiment de vacances, j’arrive tout de même à prendre plaisir, à droite et à gauche, toute l’année. Et ça, c’est déjà beaucoup ! [RENCONTRE] my collection to him and together we work on each model. I fix on some initial ideas but the interaction with Christian really enriches my work. Is the future of these artistic crafts assured ? Not really. These crafts are magical but people aren't attracted to learning them because they're difficult and demanding. It's such a pity that so few couture houses work with them for the fashion shows. Your independence comes acrossin the way you talk and you're not afraid of praising your competitors. I believein being just and not puttingup barriers. Individualism holds things back ; exchanges and sharing are what I find enriching. Bruno Pavlovsky at Chanel does a lot to safeguard all the artistic crafts, LVMH invites artists to work with Marc Jacobs, PPR organises a biennial in Venice… l'm grateful and I applaud them. What are your sources of inspiration ? One collection leads to another ; the way l've worked the patterns, colours and shapes makes me want to try something else the following season. Then there are passing fancies, my everyday life, the social and cultural climate. I keep my eyes wide open, I observe people, how they stand, eat etc. I have very eclectic tastes in films, painting, literature, music. In architecture I like the 19th-century style as much as Jean Nouvel. The world has many facets and I don't want to limit myself. What is this red collection about ? Lipstick, the vamp-red kind in particular, which for me symbolises femininity and sensuality. And Valentino's red dresses too. Red is an ultra-luxurious colour that evokes both seduction and danger. That duality mirrors the balance I strive for in my creations, the dressed/undressed for example. I always try to think outside the box, use classic materials in a modern way. Couture is based on a different principle from ready-to-wear. It's when you can experiment and incorporate technological progress ; for example, we can work with textile producers to create new fabrics from natural fibres. My creed ? Let's use the past to take us into the future. Beyoncé chose a creation of yours for her new album cover. Rihanna too wears your clothes. That puts you nicely in the spotlight ! Everyone knows about Beyoncé but in fact it started with Róisín Murphy. And I was the first to dress Mélanie Laurent ; then there's Beth Ditto, Isabelle Huppert, Isabelle Adjani, Sophia Loren. Of course Beyoncé means guaranteed visibility. I know I need that to exist but most of all I like the very human aspect of these encounters. Les Trois Suisses [a mail-order company] also brought me another kind of visibility. Les Trois Suisses ? When they asked me do their catalogue cover, just after my idol KarlLagerfeld, I was a bit scared. Fortunately I had Cédric Buchet, an excellent fashion photographer, and the top model Sessilee. So I was able to show France that Alexandre Vauthier is a style. The result was stunning and it gave the brand a real boost. Is opening a shop your next step ? That's not on the cards because it's too expensive. You need employees, a shop designer, and stock ! For now l'm concentrating on moving forwards, intently and cheerfully, and paying my staff. We're stocked by Le Bon Marché, Montaigne Market and Eclaireur in Paris plus Vestale in Nice and Martine Chambon in Saint-Tropez. Your plans for this autumn ? It's going to be very busy ! l'm concentrating on a new collaboration planned for January, l've just designed the architecture for the premises of a lawyers'practice on Avenue Hoche, l'm working with the perfume creator Francis Kurkdjian, I make music and practice sport with my friends. I don't really take holidays but I do enjoy myself in various ways throughout the year, and that's already quite something ! septembre 2011 www.cotemagazine.com MEET 5



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 1COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 2-3COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 4-5COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 6-7COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 8-9COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 10-11COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 12-13COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 14-15COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 16-17COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 18-19COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 20-21COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 22-23COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 24-25COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 26-27COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 28-29COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 30-31COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 32-33COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 34-35COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 36-37COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 38-39COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 40-41COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 42-43COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 44-45COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 46-47COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 48-49COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 50-51COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 52-53COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 54-55COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 56-57COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 58-59COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 60-61COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 62-63COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 64-65COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 66-67COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 68-69COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 70-71COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 72-73COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 74-75COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 76-77COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 78-79COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 80-81COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 82-83COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 84-85COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 86-87COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 88-89COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 90-91COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 92-93COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 94-95COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 96-97COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 98-99COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 100-101COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 102-103COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 104-105COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 106-107COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 108-109COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 110-111COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 112-113COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 114-115COTE For Paris Visitors numéro 23 septembre 2011 Page 116