COTE For Paris Visitors n°21 avr/mai 2011
COTE For Paris Visitors n°21 avr/mai 2011
  • Prix facial : 6 €

  • Parution : n°21 de avr/mai 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (240 x 302) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : Arielle Dombasle, l'inclassable.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CREATIVITY CREATIONS 48 LE MAGASIN DES SUICIDES DE PATRICE LECONTE PATRICE LECONTE S’Y MET ! Le réalisateur des Bronzés, Tandem et Ridicule passe lui aussi à lanimation, avec un très attendu Magasin des Suicides, daprès le roman de Jean Teulé. Le pitch ? Une famille vous propose de réussir votre mort si vous avez raté votre vie ; en vente dans leur magasin, une foultitude darticles pour vous y aider. Ouverture au printemps 2012… Patrice Leconte nous parle de son film, et nous fait part de son point de vue sur lessor du genre en France. Comment est né le Magasin des suicides ? Patrice Leconte : Souvent, il suffit qu’on me suggère des idées pour sauter au plafond de bonheur et d’enthousiasme. Ce n’est pas moi qui ai eu cette ambition ; jamais ça ne m’aurait effleuré. J’aimais beaucoup le roman de Jean Teulé, mais je pensais vraiment qu’il était inadaptable. Gilles Podesta, jeune producteur, en a acheté les droits, et m’a proposé d’en faire un longmétrage… d’animation ! Et là, tout s’est éclairé : j’ai entrevu en l’espace de quelques secondes la pertinence absolue de cette idée, et je lui ai répondu que je m’y mettais tout de suite. L’animation vous offrait une plus grande liberté de création ? Elle place d’emblée les choses dans un univers virtuel et imaginatif, donc on peut raconter des histoires lugubres, sordides, avec un humour très noir, tout en restant gai et joyeux, car on n’est pas dans la vraie vie. On est donc plus libre, oui. Quelles ont été les recherches graphiques pour définir le style des dessins ? Nous avons feuilleté plein de bouquins, pour essayer de délimiter un univers graphique. Au début il n’y avait trois personnes sur le projet, puis dix, puis soixante, et maintenant beaucoup plus ! Il n’y a pas qu’un seul créateur : tellement de monde travaille sur un projet pareil, qu’il est vraiment nécessaire de définir un univers graphique à l’avance. Vous avez vous-même dessiné ? Je m’entends comme larron en foire avec les deux concepteurs artistiques. Quand ils me soumettent un dessin, disons, une voiture, et que moi je l’imaginais autrement, il m’arrive de faire des croquis, même si je dessine moins bien qu’eux (autodidacte, il a tout de même dessiné pendant cinq ans pour le magazine Pilote,ndlr). Ça permet de préciser mes idées plus rapidement, mais ça reste leur dessin. avril-mai 2011 www.cotemagazine.com PATRICE LECONTE AT IT TOO ! The director of the Bronzés films, Tandem and Ridicule is also doing animation, with a much anticipated The Suicide Shop, based on the novel by Jean Teulé, in cinemas next spring. Patrice Leconte talks to COTE about his film and how he sees the French boom in this genre. How did The Suicide Shop come about ? Patrice Leconte : Often it's enough for someone to suggest ideas and I jump for joy with enthusiasm. It wasn't my ambition, would never have occurred to me. I loved Jean Teulé's novel but really thought it impossible to adapt. Then young producer Gilles Podesta bought the rights to it and suggested I turn it into an animated feature film. A light bulb went on in my mind ; within a few seconds I could see how absolutely pertinent the idea was and I told him l'd start right away. Does animation offer greater creative freedom ? It automatically places things in a virtual, imaginative world, so you can tell gloomy, sordid stories with very black humour while still being bright and cheerful because it isn't real life. So yes, you have more freedom. What kind of scenes would have been impossible to film in the usual way ? I really took advantage of the staggering freedom animation offers. One example is the scene with the pancake smell. Downstairs in the shop they're cooking pancakes ; on the first floor, Mishima, the father, is lying on his bed. The smell of pancakes comesup the stairs, the camera following it. Now just try following a smell in a normally shot film ! So we follow this smell, represented by a little cloud, as it slips under the bedroom door and reaches the bed, then with it and the camera we enter Mishima's nose ! Told like that it may seem strange but in fact the film is so freely inspired that it works perfectly. Those are the kind of stunts you've no chance of pulling off in a normal film. DR
Quel genre de scènes aurait été impossible à filmer en prises de vues réelles ? J’ai vraiment profité de la liberté ahurissante qu’offre l’animation. Un exemple parmi tant d’autres : la séquence de l’odeur de crêpes. En bas dans le magasin, les personnages préparent des crêpes. Au premier étage, Mishima, le père de famille, est allongé sur son lit. L’odeur de crêpe monte l’escalier, on la suit avec la caméra. Déjà, allez suivre une odeur dans un film en prises de vue réelles ! Donc on suit cette odeur, matérialisée par un petit nuage, elle se glisse sous la porte de la chambre, elle arrive sur le lit, et on finit par pénétrer avec elle, et avec la caméra, dans le nez de Mishima ! Dit comme ça, ça peut paraître bizarre, mais en fait le film est tellement libre d’inspiration que ça passe comme une lettre à la poste. Voilà le genre de trucs que vous ne risquez pas de pouvoir faire dans un film normal… Pourquoi la « 2D relief », au lieu de la 3D ? Je ne voulais pas qu’on fasse de la 3D relief car je trouve que, même si c’est l’avenir et qu’on obtient des résultats spectaculaires, le dessin assisté par ordinateur donne un côté un peu standardisé. Je voulais absolument qu’on sente la main du dessinateur, qu’il y ait du graphisme. Donc pour ce film, un logiciel a été mis au point, permettant de faire de la 2D relief. Il n’y a pas l’effet de « jaillissement » inhérent à la 3D, comme quand un joueur de baseball lance sa balle et que vous avez l’impression de la prendre entre les deux yeux. C’est juste pour donner un effet d’ampleur, de volume, et de profondeur de champs… absolument saisissant. Toutes les personnes à qui on fait visionner ces plans en tombent de leur fauteuil ! La France est à la pointe dans le domaine de l’animation… En effet, il y a vraiment des petits génies… Il y a de très bonnes écoles pour apprendre la technique, c’est vrai, mais je remarque qu’il y a surtout une envie, un appétit dévorant de la part de ces jeunes gens de se plonger là-dedans. J’ai fait partie du jury du festival d’Annecy en 2010, pour la section courts-métrages. C’est là que les films sont les moins formatés, les plus créatifs, que les auteurs sont libres dans leur inspiration. J’ai vu des travaux vraiment bourrés de talent, Je me suis régalé. La plupart des films français étaient d’une imagination graphique très culottée ; et sans faire de « cocorico », ils avaient pris en compte l’évolution ultrarapide de l’animation, alors que d’autres pays d’Europe, comme les pays de l’Est ou du Nord, me semblaient faire du surplace, voire régresser. Chez nous, les jeunes sont à l’affût de la moindre nouveauté, ça réagit au quart de tour. C’est vraiment très pointu. Les univers de ces auteurs français sont parfois très sombres, en témoigne la sélection officielle du festival d’Annecy 2011. C’est vrai. Mais regardez Logorama qui a remporté l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation… Pour moi c’est un chef-d’œuvre absolu, une pure merveille de technologie, d’imagination, de drôlerie. Ces mecs-là ont tout compris ! C’est joyeux, hirsute, iconoclaste… C’est parfait. Quelles autres œuvres vous ont marqué ces dernières années ? J’ai été sensible à L’Illusionniste, comme étant le dernier film représentant du passé… Si Sylvain Chomet lit ça, il va m’arracher les yeux mais tant pis ; c’est un peu comme de la copie d’ancien, c’est-à-dire qu’il y a un côté survivance du passé, et ça m’a touché pour cette raison. J’ai aussi adoré Persépolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, et Valse avec Bashir, d’Ari Folman, tout simplement magnifiques. Le grand public s’éveille lentement mais sûrement à toutes ces œuvres. Enfin ! LE MAGASIN DES SUICIDES DE PATRICE LECONTE DR CHRONIQUE DE LA POISSE D’OSMAN CERFON Why stereoscopic 2D instead of 3D ? I didn't want to use 3D because I think that, although it's the future and spectacular effects can be obtained, computer-generated images give a rather standardised result. I absolutely wanted the feel of hand-drawn animation, graphics. So we developed a software program for stereoscopic 2D. There isn't the "in your face" effect inherent in 3D, as when a baseball player throws the balland you feel it'll hit you between the eyes. Stereoscopic 2D just creates a sense of roundness, volume and depth of field – it's truly stunning. Everyone we've shown the sequences to thinks they're jaw-dropping ! France is at the cutting edge of animation ? Indeed, we have some real little geniuses. There are excellent schools, it's true, but what I notice above all is the desire, the insatiable appetite, of these young people to plunge right in. I was on the jury judging the short films at the 2010 Annecy festival. Those films are the least formatted, the most creative, and the authors'inspirations are very free. I saw work that was really packed with talent, I revelled in it. Most of the French films were audaciously imaginative in their graphics ; I don't mean to crow but they'd integrated the ultra-rapid evolution of animation whereas other European countries, in the East and North for example, seemedto me to be standing still or even regressing. Young French filmmakers seize on the slightest new development and react immediately. It's truly groundbreaking. Sometimes. But look at Logorama that won the Oscar for best animated short. I think that's an absolute masterpiece, a pure marvel of technology, imagination and comedy. Those guys have really got it. It's joyful, trippy, iconoclastic – perfect ! DR CREATIVITY CREATIONS 49



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