COTE For Paris Visitors n°16 jun/jui 2010
COTE For Paris Visitors n°16 jun/jui 2010
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°16 de jun/jui 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (240 x 300) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 12,8 Mo

  • Dans ce numéro : Paris au vert.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RENCONTRE 4 Gustave Caillebotte (1848-1894), Les Périssoires, 1877, une œuvre très rare montrée au musée des Impressionnismes jusqu’au 18 juillet. Initié par Pierre Bergé et Laurent Fabius, le festival Normandie Impressionniste, qui se tiendra de juin à septembre sur l’ensemble du territoire haut et bas normand, propose de célébrer l’impressionnisme sous toutes ses formes. Grâce à la mobilisation inespérée d’une cinquantaine de collectivités, ce grand projet culturel, éducatif et touristique sans précédent rassemblera plus de 200 événements ! Parmi ceux-ci, notons l’exposition majeure du musée des Beaux-Arts de Rouen qui présente, du 4 juin au 26 septembre, une exposition (1) réunissant plus d’une centaine de tableaux, dont plusieurs chefs-d’œuvre jamais exposés en France. A Giverny, célèbre notamment pour abriter la Fondation Claude Monet – où le père du genre pictural séjourna quarante ans – le musée des impressionnismes propose depuis le 1 er avril dernier une exposition didactique (2) sur l’histoire du mouvement à travers ses principaux protagonistes (une cinquantaine d’œuvres) et leur rapport étroit avec la Seine. Et précisément le parcours de ce fleuve en région parisienne et en Normandie qui fut, dans la seconde moitié du XIX e siècle, le « berceau de la nouvelle peinture, le territoire de toutes les innovations », soutient Marina Ferretti Bocquillon, directeur scientifique-conservateur du musée de Giverny – mais aussi chargée de mission au musée d’Orsay et au futur musée Bonnard au Cannet – que nous avons rencontrée à cette occasion. Avec elle, nous évoquons ce moment où de nouveaux peintres pratiquent le « paysage en plein air » dans une société qui découvre les loisirs et les plaisirs liés à la Nature. Ce festival est-il une manière de rappeler que l’impressionnisme est bien né en Normandie et non à Paris ? Marina Ferretti Bocquillon : Né à Paris en 1840, Monet a passé une grande partie de sa vie le long de la Seine, et notamment en Normandie. Franchement, je ne pense pas qu’à son époque, il fut particulièrement attentif aux frontières topographiques… « Paris, Rouen, Le Havre sont une même ville dont la Seine est la grand-rue », déclarait d’ailleurs l’historien Jules Michelet en 1870. A Paris, déjà depuis des lustres ce fleuve retenait l’attention des artistes : Corot peignait la forêt de Barbizon dès les années 1820... A partir de 1867, les pré-impressionnistes prirent l’habitude de se retrouver dans « la banlieue » de la capitale ! Par la suite, peintres et écrivains furent nombreux à s’installer plus ou moins durablement sur les bords de Seine car, grâce aux progrès des transports, il n’était plus impératif pour un artiste de vivre à Paris. Poussés par le désir de se rapprocher de la nature, ils s’éloignèrent donc de la ville, quitte à prendre un train et plus tard une voiture pour visiter des salons, leurs marchands, acheter des fournitures, etc. NATIONAL GALLERY OF ART WASHINGTON L’impressionnisme est né d’un tableau de Claude Monet, Impression, soleil levant, peint en 1872 au Havre, où le peintre a passé sa jeunesse. « Cette toile reflète à merveille une manière de peindre qui cherche à saisir l’instant éphémère, qui privilégie la couleur par rapport à la forme et qui laisse l’œil du spectateur recomposer ce que la touche fragmentée du peintre avait dissocié. » (Jacques-Sylvain Klein, commissaire général du festival et auteur de La Normandie, berceau de l’impressionnisme). -/Impressionism was born with a painting by Claude Monet, Impression, Soleil Levant, painted in 1872 in Le Havre where Monet spent his youth. An initiative of Pierre Bergé and Laurent Fabius, the Normandie Impressionniste festival, running from June to September at venues throughout Normandy, is a celebration of Impressionism in all its forms. Thanks to the un-hoped-for involvement of some fifty local authorities this unprecedented cultural, educational and touristic project includes over 200 events. A major feature is the exhibition at the Musée des Beaux-Arts in Rouen, from 4 June to 26 September (1), with over a hundred paintings including several masterpieces never before displayed in France. Meanwhile in Giverny (where the father of impressionism lived for forty years and where the Fondation Claude Monet now celebrates his life and work) an educational exhibition on'Impressionism along the Seine'has been running at the Musée des Impressionnismes since 1 April (2). It covers the history of the movement through some fifty works by its leading members, highlighting their close relationship with the River Seine on its winding course through the Paris region and Normandy. In the latter half of the 19th century this was the "birthplace of the new painting, where all the innovations happened," says Marina Ferretti Bocquillon, scientific director and curator of the Musée de Giverny (and also project manager at the Musée d’Orsay and the future Musée Bonnard in Le Cannet), whom we met on the occasion of the Festival. She talked tous about that period, when artists began painting landscapes in the open air and society was just discovering the leisures and pleasures of the countryside. Is this festival a way of reminding people that the birthplace of Impressionism was Normandy, not Paris ? Marina Ferretti Bocquillon : Monet was born in Paris in 1840 and spent much of his life along the Seine, mainly in Normandy. Frankly I don't think that in his day he paid much attention to topographical boundaries. "Paris, Rouen, Le Havre are all one town of which the Seine is the main street," said historian Jules Michelet in 1870. In Paris the river had been drawing artists to its banks for many years : Corot was painting the forest at Barbizon in the 1820s, for example. From 1867 the Preimpressionists used to get together in what were then the leafy suburbs of Paris. Many painters and writers settled briefly or for long periods on the banks of the Seine ; improvements in transport meant they no longer had to live in Paris. They wanted to be close to nature so they moved out of town and took the train or, later, a car to visit salons, art dealers, buyers, suppliers etc. Can one properly speak of a "pictorial revolution" ? Undeniably. France was industrialising and urbanising at an ever faster pace, constantly on the move. Painters were adopting new techniques. The world was changing ; mental representations of the world were changing. What these painters
NATIONAL GALLERY OF ART, WASHINGTON A propos de l’impressionnisme, peut-on véritablement parler de « révolution picturale » ? Indéniablement. Avec une France qui s’industrialise et s’urbanise, toujours plus rapide, toujours en mouvement, les peintres changent également de technique. Le monde évolue, la représentation mentale qu’ils s’en faisaient aussi. Leur désir : casser les codes d’une composition trop strictement équilibrée et capter la saveur d’un moment fugitif, transposer une sensation de vivacité... Si l’étude en plein air se pratique depuis la fin du XVIII e siècle, il faudra attendre l’invention de la peinture en tube par l’Américain John Rand en 1841, et du chevalet portatif vers 1857, pour lui donner une véritable ampleur. Longtemps, la nature était restée dans le domaine du paysan et des activités pénibles qui lui étaient liées. L’essor considérable de la « peinture de paysage » va participer de ce fait à un goût plus général pour la nature. Ainsi, le nombre de parcs et des jardins publics croît considérablement dans les villes. Paris qui comptait dixneuf hectares d’espaces verts en 1848 n’en dénombrait pas moins de mille huit cents en 1870 – avec la création des bois de Boulogne et de Vincennes, le parc des Buttes-Chaumont, notamment. C’est l’ère de l’industrialisation mais aussi de l’appropriation de la nature par les hommes ? On la maltraite et on profite de ses charmes par la même occasion… Les peintres ne se situent ni en juges, ni en censeurs. Sur une nature qui est en pleine mutation, ils posent un regard qui se veut objectif. Les banlieues de la capitale offrent des contrastes saisissants : lieux de plaisir côté face, univers industriel côté pile. Pissarro, Sisley, Guillaumin décrivent le monde du travail. D’autres, Monet et Renoir privilégient l’évocation des joies dominicales et peignent les nombreux signes du progrès technique. Progressivement, la nature devient un lieu d’évasion, où les premiers trains de plaisir drainent massivement une « clientèle nouvelle », la bourgeoisie, qui découvre enfin les loisirs de plein air. Les Anglais, constructeurs de nos trains, ont importé le goût du sport en France... Dès les années 1830, la mode du canotage bat son plein : Maupassant, Caillebotte, Signac s’y adonnent d’ailleurs avec passion. C’est aussi le temps des déjeuners sur l’herbe, des guinguettes où, de Bougival à Chatou, les citadins découvrent à peu de frais les plaisirs de la promenade, de la baignade et du bal populaire. Les peintres en font l’écho, sans jamais négliger les effets de la mode qui se démocratise : les ombrelles et les robes des dames sont blanches, les canotiers des messieurs sont jaunes bordés de rubans bleus… Comment expliquer ce plébiscite toujours aussi fort pour l’impressionnisme ? D’abord parce que c’est un mouvement fondamental dans l’histoire de l’art et puis aussi, soyons honnêtes, parce que c’est un art plaisant, facile, qui décrit une société plutôt heureuse. Sisley écrit en 1892 que « le sujet, le motif, doit toujours être rendu d’une façon simple, compréhensible, saisissante pour le spectateur. » C’est une peinture attractive, qui illustre le « bon vieux temps » à la portée de tous, un art qui séduit d’emblée… Auguste Renoir, Les Canotiers à Chatou, 1879. wanted was to break the codes of a too strictly balanced composition, to capture the flavour of the fleeting moment and transpose to canvas a sense of aliveness. Although artists had been painting sketches out of doors since the 18th century, it did not become common practice until the American John Rand invented the paint tube in 1841 and the first portable easels came on the market in 1857. For centuries the countryside had been the domain of the farmer, a world of hard grind. The rise of landscape painting was part of a more general trend towards interest in nature. In towns, the number of public parks and gardens was growing fast. Paris had 19 hectares of green space in 1848 ; by 1870 it could boast no less than 1800, with the creation of the Bois de Boulogne, the Bois de Vincennes and the Buttes-Chaumont among others. It was the period of industrialisation but also a time when people were developing a taste for nature ? Ill-treating it but taking advantage of its charms at the same time ? The painters weren't setting themselvesup as judges or censors. They took what they intended to be an objective look at a countryside that was changing fast. In the Paris suburbs there were striking contrasts between leisure areas and industrial zones. Pissarro, Sisley and Guillaumin described the world of work ; Monet and Renoir preferred to focus on Sunday pleasures and the many signs of technological progress. The countryside was gradually becoming a place to escape to, as the first'pleasure trains'carried crowds of their newupper-class passengers to discover at last the delights of le plein air. The English, who built the trains, also brought their taste for sport to France. From the 1830s on, boating was all the rage : Maupassant, Caillebotte and Signac were keen rowers. Those were also the days of picnics and the open-air café-dance halls called guinguettes ; from Bougival to Chatou, city dwellers could now discover at little cost the pleasures of a stroll, a dip in the Seine and a local dance. The artists painted all this, as wellas the effects of the democratisation of fashion : the ladies'gowns and parasols are white, blue ribbons adorn the gentlemen's boaters. How do you explain Impressionism's unflagging popularity ? First of all it is a fundamental movement in art history and also, to be honest, it's a nice, easy kind of art that describes quite a happy society. Sisley wrote in 1892 that "the subject, the motif, must always be rendered in a simple, understandable way that is striking to the viewer". This is attractive painting which illustrates "the good old days". It's accessible to anyone ; it's art that gives one pleasure from the outset. (1) « Une ville pour l’mpressionnisme : Monet, Pissarro et Gauguin à Rouen ». (2) « L’impressionnisme au fil de la Seine : de Renoir et Monet à Matisse », jusqu’au 18 juillet. juin-juillet 2010 www.cotemagazine.com MEET 5



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