COTE For Paris Visitors n°12 octobre 2009
COTE For Paris Visitors n°12 octobre 2009
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°12 de octobre 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (240 x 303) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 38,2 Mo

  • Dans ce numéro : Jean Dujardin, self-made man.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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RENCONTRE 4 Sur le tournage de Lucky Luke, Jean Dujardin et le réalisateur James Huth, amis depuis Brice de Nice. traîne dans les toilettes, un placard ou un grenier. Enfant, mon père m’amenait voir les John Ford, les John Wayne... Côté BD, le seul véritable héros à mes yeux ne pouvait être que ce cow-boy français improbable, censé tirer plus vite que son ombre... Je me souviens longtemps avoir grifonné sa silhouette dans les marges de mes cahiers d’école... Avoir la chance de l’incarner un jour sur grand écran ne pouvait donc pas représenter un danger, mais bel et bien un véritable cadeau ! Un danger ? Oui, pas mal de personnes autour de James (le réalisateur,ndlr) et de moi-même nous ont fortement déconseillé de faire Lucky Luke. Les mêmes qui me recommandaient de ne pas faire Brice (Brice de Nice de James Huth qui a fait de Dujar din la star qu’il est,ndlr) ou même OSS 117 (rires)... Quand James m’a annoncé que le projet était réalisable, pas une seconde je ne me suis imaginé passer à côté de cette formidable opportunité. Vous pensez, jouer dans un western français ! Un rêve de gosse dites-vous… Il semble qu’une grande part de votre enfance sur vit en vous et qu’elle dicte pas mal de vos choix ? C’est vrai. Je garde un pied dans l’enfance, incontestablement. J’ai conscience de la chance que m’offre ce métier, à savoir prolonger cette période de ma vie où, bizarrement, je ne rêvais que d’une chose : devenir enfin grand ! Quand on se retrouve sur les plateaux salés d’Argentine, tout près de la Cor dillère des Andes, sur un cheval, habillé en cow-boy, et qu’un talkie-walkie placé dans votre sacoche se déclenche en disant « tu peux y aller, galope ! », je peux vous dire qu’on est le plus heureux des hommes. C’est comme si je me r etrouvais quelques décennies en arrière, dans le jardin de mes parents, à jouer avec mes petits camarades aux cow-boys et aux Indiens. Sinon, pour choisir mes rôles, j’écoute principalement mon cœur et mon plaisir. Je suis un comédien sans aucun plan de carrière, qui se fiche pas mal de l’image qu’il reflète dans un milieu qu’il fréquente peu, et qui ne l’intéresse que pour des raisons strictement professionnelles. Mes priorités sont ma famille, ma femme et mes enfants. Ma richesse, c’est mon entière liberté. Si, après Lucky Luke, j’ai enchaîné avec le drame amoureux de Nicole Garcia (Un balcon sur la mer,ndlr) c’est uniquement pour la qualité de son scénario et non pour son étiquette « film d’auteur ». Le grand écart qui existe entre les deux long-métrages me convient parfaitement. N’y avait-il pas un risque à se frotter à cette icône mondiale de la BD ? Le projet était casse-gueule, certes, mais tellement jouissif. Avec James, nous avons décidé de prendre des libertés tout en respectant ce personnage emblématique : Lucky est loyal, intègre, mutique, parfois sombre, condamné à avancer seul vers le soleil couchant... Pour autant, il fallait bâtir un scénario qui ne reposait pas sur une transposition mais sur une véritable adaptation personnelle. La première étape a donc consisté à donner vie et forme à notre héros, à le sexualiser aussi. Qui est-il ? D’où vient-il ? Qui sont ses parents ? Pourquoi combat-il l’injustice sans jamais tuer personne ? A l’arrivée, on obtient une « comédie western d’aventure » vraiment singulière, mêlant des références au cinéma de John Ford, aux westerns spaghetti de Sergio Leone, à la série Les Mystères de l’Ouest et à l’incroyable fantaisie de James Huth. octobre-novembre 2009 www.cotemagazine.com or attic. When I was a child my father took me to John Ford and John Wayne movies, so when it came to comic books, as I far as I was concer - ned the only real hero had to be the improbable French cowboy supposed to be the fastest gun in the W est. I remember sketching him in the margins of my schoolbook s for many years. S o being lucky enough to one day play him on the b ig screen, I couldn't consider perilous, just a fabulous gift ! Perilous ? Yes, quite a few people around James (the director ; ed.) and I strongly advised us not to make Lucky Luke. The same ones who told me I shouldn't do Brice (James Huth's Brice de Nice that made Dujardin the star he is now ; ed.) or even OSS 117 (laughs). When James announced that the project was going ahead, I couldn't for a second imagine missing out on such a fantastic opportunity. Just think, to act in a French western ! A childhood dream, you say. It seems that a big part of your childhood is stillalive in you and dictates a lot of your choices. That's true. I definitely still have one foot in childhood. l'm conscious of the luck my profession brings me in being able to prolong that period in my life, when strangely enough I dreamt only of at last being grownup ! When you find yourself on the Argentinian plateaux with the Cor dillera de los Andes close by, on horseback dressed as a cowboy, and the walkie-talkie in your saddle bag tells you : "Of you go, gallop ! ", I can tell you, you're the happiest of men. It took me back several decades to my parents'garden, playing at cowboys and Indians with my little pals. When I choose my roles I listen essentially to my heart and accept what l'll really enjoy. l'm an actor with no car eer plan who really couldn't give a damn about the image he projects in a milieu he fr equents very little and that only interests him for strictly professional reasons. My priorities are my family, my wife and children. Being totally free is my greatest wealth. When after Lucky Luke I went straight on to make Nicole Garcia's dramatic love story (Un balcon sur la mer ; ed.) that was solely because of the quality of the screenplay and not for its "auteur film" label. The huge dif ference between those two films suits me perfectly. Wasn't there a risk in tackling a comic-book icon ? The project was indeed risky, but we got such a kick out of it. W e decided to take some liber ties while respecting Lucky Luke's emblematic character as loyal,upright, silent and sometimes sombre, condemned to ride off alone into the setting sun. But we had to construct a scenario that wasn't based on transposition but on a genuine personal adaptation. So the first stage was to flesh out our hero's character, give him some sexuality too. Who is he ? Wher e does he come fr om ? Who are his parents ? Why does he fight injustice without ever killing anyone ? W e endedup with a one-of-a-kind "adventure western comedy" that mixes references to John Ford's cinema, Sergio Leone's spaghetti westerns and the Wild Wild West series with the product of James Huth's incredible imagination. Did you prepare for the film shoot in any special way ? To start with I had to learnto ride very quickly. Apart from that, I arrived in Buenos Aires a week before we started shooting so I could meet the crews, visit the workshops where they were making the costumes, have costume fittings, find the right lock of hair for Lucky etc. The film shoot lasted nearly four months and was physically demanding but I had some really great times with my mates (Alexandra Lamy, Jean-François Balmer, Melvil Poupaud, Sylvie T estud, Michaël Youn et al), even though
« Je garde un pied dans l’enfance... La chance que m’offre ce métier, à savoir prolonger cette période de ma vie où je ne rêvais que d’une chose : devenir enfin grand ! -/I still have one foot in childhood. The luck my profession brings De gauche à droite : Melvil Poupaud, Jean Dujardin, Sylvie Testud et Michaël Youn. me in being able to prolong that period in my life, when I dreamt only of at last Avez-vous suivi une préparation spéciale pour ce tournage ? being grownup ! J’ai surtout dû apprendre très vite à monter à cheval. Sinon, une semaine avant le tournage, je suis arrivé à Buenos Aires afin de rencontrer les équipes, visiter les ateliers de confection, faire des essais de costume, trouver la bonne mèche de Lucky… T rès « physique », le tour nage a duré près de quatr e » mois : j’y ai vécu de grands moments de bonheur avec mes petits camarades (Alexandra Lamy, Jean- François Balmer, Melvil Poupaud, Sylvie Testud, Michaël Youn, etc.), même si, tous les après-midi, le vent soufflait à 180 km/h et qu’on manquait d’oxygène à près de 4 000 mètres d’altitude… there was a 180kph wind blowing every afternoon and we felt the lack of oxygen as we were nearly 4000m above sea level. Aujourd’hui, y a-t-il d’autres territoires de la comédie que vous aimeriez explorer ? Oui, l’humour cynique d’un Bertrand Blier par exemple. Ce qui pourrait se faire très bientôt grâce à Albert Dupontel qui m’a permis de rencontrer ce très grand réalisateur. Blier nous a déjà présenté un bout de scénar’qu’il a écrit pour nous deux, 40 pages de pur bonheur, dans le style de Buffet Froid, très noir, très cynique. Une bombe ! Toutefois, rien n’est encore signé car le film a beaucoup de mal à tr ouver son financement. C’est pourquoi j’en parle avec vous… Si cela peut faire avancer les choses… (demisourire) Are there other types of comedy you'd now like to explore ? Yes, cynical humour like that of Ber trand Blier, for example. Which might happen very shortly thanks to Alber t Dupontel through whom I met that very great director. Blier has already shown us a bit of screenplay he's written for the two of us, 40 pages of sheer enjoyment in the Buffet Froid style, very black, very cynical. A killer ! But nothing's fixed yet as it's proving very difficult to find financing. That's why l've mentioned it to you, it m ight get Vous êtes-vous senti à un moment de votre carrière comprimé dans la catégorie « acteur de comédie » ? things moving... (a little smile). Quand Lino Ventura faisait un Melville, puis un Lautner, ça ne posait aucun problème, non ? Sans me comparer à Ventura, je pense qu’il ne devrait pas y avoir de barrière entre les genres, ni de snobisme. Manifestement, j’ai la tête de tout le monde et le public semble apprécier de me voir dans des r egistres très différents. Cette proximité date d’Un gars, une fille, qui m’a per mis de rencontrer le succès. Have you ever during your career felt limited by being categorised as a comedy actor ? When Lino Ventura made a Melville film then a Lautner film that wasn't a problem, was it ? l'm not comparing myself to Ventura, I just think there Je ne ressens aucune gêne à ce que l’on m’arrête dans la rue pour me parler encor e de Loulou et shouldn't be any barriers between genr es, nor any snobbism. It's pr etty Chouchou. Ça me va très bien, au contraire ! obvious that I look like an or dinary guy and audiences seem to enjoy seeing me in very different types of films. Qu’est-ce qui vous contrarie alors ? Qu’on me prenne pour quelqu’un de malhonnête, qui ferait des « coups » dans sa carrière... Lucky Luke représentait un véritable challenge, une aventur e fabuleuse à laquelle je suis extrêmement fier d’avoir participé. Le véritable héros dans l’histoire, c’est James Huth qui a passé trois ans de sa vie à travailler sur ce film ! La deuxième chose qui m’agace, c’est qu’on me colle l’étiquette d’acteur « bankable », qu’on me réduise strictement à une valeur marchande. Quid du travail ? Du talent ? Gagner plus d’argent me permet de choisir mieux, de travailler six mois dans l’année et de m’occuper des miens le reste du temps. So what doesupset you ? If people take me for someone dishonest who would pull tricks just for their career. Lucky Luke was a real challenge, a fabulous adventure in which l'm extremely proud to have taken part. The real hero of the stor y is James Huth, he spent three years of his life working on that film ! The other thing that annoys me is when people stick the "bankable actor" label on me, reduce me to nothing but a marketable commodity. What about the work ? Talent ? Earning more money means I can choose better, work six months of Avant le Blier, quand vous revoit-on sur les écrans ? the year and spend the rest of my time with my nearest and dearest. Dans le film de Nicole Garcia, tourné dans le Sud de la France et en Algérie, aux côtés de Marie-Josée Croze et Sandrine Kiberlain. Cet été, j’ai également par ticipé au film de Guillaume Canet, Les Petits Mouchoirs, une histoire sur une bande de potes réunis au Cap Ferret, avec François Cluzet, Marion Cotillard, Benoît Magimel, notamment. Before the Blier, when will we next see you on screen ? In Nicole Garcia's film, shot in the south of France and Algeria with Marie- Josée Croze and Sandrine Kiberlain. This summer I also worked on Guillaume Canet's film Les Petits Mouchoirs about a group of friends who get Des projets avec Alexandra, votre chère Loulou ? Oui, bien sûr. La grande fr esque historique sur les camisar ds et Jean Cavalier qu’écrit et réalisera together on Cap Ferret, with François Cluzet, Marion Cotillard and Benoît Magimel, among others. Alexandra ayant été repoussée, nous préparons ensemble un autre film qu’Alex mettra également en scène. Mon héros ne sera surtout pas une transposition d’Un gars, une fille, mais promis, on retrouvera tout de même un ersatz du couple fétiche. And the American dream ? Sorry, that's not one of mine. Being a popular French actor suits me perfectly. Et le rêve américain ? Je ne l’ai pas, désolé. Être un acteur populaire français me convient parfaitement. octobre-novembre 2009 www.cotemagazine.com MEET 5



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