COTE Genève n°22 novembre 2008
COTE Genève n°22 novembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de novembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (237 x 300) mm

  • Nombre de pages : 172

  • Taille du fichier PDF : 17,8 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial égoïste.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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portrait Par LEA CRESPI Olivier-Jourdan Roulot
Frédéric Beigbeder TÊTE DE GONDOLE PRIME MOVER L’OMNIPRÉSENT PUBLIC S’AFFICHE PARTOUT  : ÀLATÉLÉ, DANS LES LIBRAIRIES, AU CINÉMA, DANS LE MÉTRO, LES JOURNAUX ET, BIEN SÛR, DANS LES BOÎTES DE NUIT ET LES SOIRÉES CHIC. À 43 ANS, CE DANDY PROVOC’N’A TOUJOURS PAS SU TRANCHER. -/THE UBIQUITOUS WRITER, COMMENTATOR, CRITIC AND PUNDIT TURNS UP EVERYWHERE  : ON TV, IN BOOKSHOPS, IN CINEMA, ON METRO WALLS AND OF COURSE AT NIGHTCLUBS AND CHIC PARTIES. AT 43 THIS PROVOCATIVE DANDY STILL HASN’T CHOSEN HIS CAMP. Il porte la chemise blanche et la cravate noire. Il aime que celle-ci soit finement nouée, antithèse de ces nœuds trop épais et connotés 80’s et 90’s, ces décennies du triomphe de la publicité et de l’image. Le blanc et le noir, comme une devise en étendard. Une association des contraires symbolisant ceux dont il est le porteur. Ces mondes que tout oppose et entre lesquels, dans un grand écart permanent, il ne veut pas choisir. Entre l’ombre et la lumière. Le jour et la nuit. La solitude de l’écrivain et les frasques enivrées du mondain. L’ascétisme des lettres et la frivolité des people. La page blanche et la télévision. La sagesse et l’essentiel, d’un côté, les excès et le superficiel, de l’autre. Un mélange sur le fil du rasoir dont il a fait un véritable plaidoyer, la double vie représentant à ses yeux la béquille parfaite des déséquilibrés – au premier rang desquels figure l’écrivain, ce « funambule qui titube entre le ciel et la terre ». Comme quand il joue les hommes-sandwichs pour les Galeries Lafayette, posant torse poil (qu’il a plutôt glabre) devant l’objectif de Jean-Paul Goude, La Société de consommation, le fameux livre de Baudrillard, dans les mains. Ses amis appartiennent au gotha des lettres et des médias. Ils sont comédiens, journalistes, éditeurs ou écrivains. Ils s’appellent Arnaud Viviant, Edouard Baer, Jean- Jacques Schuhl, Philippe Sollers ou Michel Houellebecq. C’est à ce dernier qu’il doit son embauche il y a cinq ans comme directeur littéraire chez Flammarion – un poste qu’il a depuis abandonné. Il a toujours fréquenté les médias. Avant même la sortie de 99 francs, le livre qui l’a rendu célèbre, il multipliait les collaborations dans la presse alors qu’il était toujours un enfant de la pub. Chroniqueur à Lire et pour PlayBoy (comme son idole Norman Mailer), il réalise pour GQ de grands entretiens (un jour avec Houellebecq, l’autre avec Finkielkraut, PPDA ou François Bayrou) qui en disent au moins autant sur lui, ses goûts, ses choix, ses convictions et ses doutes, que sur ses invités. Si sa route a été plutôt facile, il n’a pas connu que des succès. À l’image du retentissant échec de L’Hypershow, sur Canal +. Il n’a pas trouvé sa place à la télé et regarde toujours plus vers le cinéma. Il se verrait bien en acteur, d’ailleurs, parce que plus personne n’a « envie de coucher avec un auteur ». Octave, le héros de ses romans, est un jouisseur malheureux, un égoïste romantique, un mec qui ne pense qu’à draguer des femmes sublimes, être célèbre et avoir du succès. Il lui ressemble beaucoup, évidemment. Pour lui, l’amour dure trois ans (titre de l’un de ses romans), le temps que la passion se consume. À 27 ans, une femme est vieille à ses yeux. Il les aime longilignes, plus que minces et rougissantes. Et a parfois l’impression d’être un vampire, comme s’il avait besoin de sucer leur sang pour rajeunir. Éternel adolescent, il continue de brûler la nuit. Si l’écrivain n’a pas terrassé le night-clubber, il y a de vraies raisons à cela. Au-delà du fait qu’on connaît pire désagrément que celui de souffler des histoires salaces à de jeunes et jolies silhouettes accrochées à votre cou. Des raisons qui tiennent à l’écriture  : « Les bons livres sentent le soufre, le danger, la garde-à-vue », tranche-t-il définitivement. Car, à ses yeux, « on n’écrit rien d’intéressant en restant dans la norme ». L’auteur de Windows on the World écrit pour tenter de sauver les hommes de la mort. Et accessoirement lui-même. Charité bien ordonnée commence par soi-même. -/He wears a white shirt with a black tie, preferring the latter to have a small knot, the antithesis of those too-fat ones of the 1980s-90s, those decades when advertising and image-consciousness reigned supreme. Black and white, like a device brandished, an association of opposites symbolising those he represents  : those two completely opposing worlds between which he does not wish to choose. Between light and dark, day and night, the solitude of the writer and the frenetic escapades of the socialite, the asceticism of the arts and the frivolity of celebrities, the blank page and the TV. Wisdom and essentials on one side, excess and superficialities on the other. A razor-edge combination he actively defends since he believes a double life is the perfect crutch for the unbalanced, in the front ranks of whom stands the writer, a « tightrope walker wavering between heaven and earth ». As when he plays at sandwichman for Galeries Lafayette, poses bare-chested in front of Jean-Paul Goude’s lens. His friends belong to theupper echelons of arts and media. Some of their names are Arnaud Viviant, Edouard Baer, Jean-Jacques Schuhl, Philippe Sollers and Michel Houellebecq. To the latter Beigbeder owed his appointment five years ago as publisher Flammarion’s literary director, a post he’s since abandoned. He’s always been involved with the media. Even before the publication of £9.99, the book that made him famous, he was increasingly collaborating with the press while still working in advertising. He’s a columnist for Lire and PlayBoy and for GQ does big interviews that reveal at least as much about him as they do about those he interviews. Although his path has been pretty easy he hasn’t always been successful, think the resounding flop of his L’Hypershow on the Canal + TV channel. He hasn’t found his place in television and is looking increasingly to cinema ; he wouldn’t half mind being an actor. The hero of his novels, Octave, is an unhappy hedonist, a romantic egoist, a guy who thinks only about pulling sublime women and being famous and successful. Octave closely resembles Beigbeder himself, of course, for whom love lasts three years (the title of one of his novels), the time it takes for passion to burn out. In his eyes a woman is old at 27. Sometimes he has the impression of being a vampire, as if he needed to suck their blood to rejuvenate himself. If the writer in him has still not ousted the clubber there are some genuine reasons. « Good books smack of heresy and danger ; they make you stand to attention, » he states definitively. The author of Windows on the World writes in an attempt to save people from death, himself along the way. novembre 2008 www.cote-magazine.ch ÉGOÏSTE PORTRAIT EGOIST 65



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