COTE Genève n°21 sep/oct 2008
COTE Genève n°21 sep/oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de sep/oct 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Les Editions COTE

  • Format : (239 x 301) mm

  • Nombre de pages : 188

  • Taille du fichier PDF : 19,8 Mo

  • Dans ce numéro : Isabelle Adjani en toute intimité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Aux XIX e et XX e siècles, l’art a commencé à se féminiser. Même s’il y a encore beaucoup à faire… -/In the 19th and 20th centuries women began playing a bigger role in the arts, but they’ve stilla long way to go. 2% Par Michel Franca Les chiffres sont parfois plus éloquents qu’un long discours : selon une estimation fournie par le site Wikipédia, il y aurait dans les salles d’exposition consacrées à l’art contemporain moins de 5% d’artistes femmes, alors que 85% des nus sont féminins ! On pourrait dire : on s’en doutait ! Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, la femme joue les utilités. Elle est tout au plus la muse, l’égérie, qui inspire l’artiste, nourrit son imaginaire, ou bien, qui lui sert de modèle ou d’interprète : elle est actrice ou cantatrice. Bref, elle n’est que l’objet passif d’une activité créatrice qui serait l’apanage des hommes. Sois belle et pose, chante ou récite, donc, tais-toi ! UN PEU D’HISTOIRE. Pourquoi donc, n’y a-t-il pas ou pas plus de femmes artistes ? Le génie artistique leur ferait-il défaut ? Il semblerait plutôt qu’on les ait écartées de l’apprentissage et de la pratique de l’art. Qui, on ? La société, bien sûr, qui fait la part belle aux hommes. Et quand les femmes participaient à la création artistique, elles étaient reléguées dans l’anonymat. Ainsi, au Moyen Âge, les religieuses ont, tout autant que les moines, travaillé à la réalisation des enluminures, mais on les ignore. À la Renaissance, elles sont intégrées à des ateliers d’artistes, mais leur nom n’apparaît pas comme tels, d’autant qu’elles portent souvent celui de leur époux. Certains hommes, enfin, n’hésitèrent pas à s’arroger la production de leur compagne. Les premières œuvres de Colette furent ainsi signées par Willy, le mentor de ses débuts. JE CRÉE, DONC JE SUIS. Au XIX e et surtout, au XX e siècle, les choses évoluent. La femme accède à la création artistique. Cet avènement s’amplifie avec l’es- ries the situation evolved: women began to be accepted as artists and this increased with the women’semancipation movements. For women, art became a privileseptembre-octobre 2008 www.cote-magazine.ch $% 2 Figures are sometimes more eloquent than lots of words: according to an estimate published on Wikipedia’s website, under 5% of artists in exhibition spaces devoted to contemporary art are women yet 85% of art nudes are female ! We might have guessed ! As far back in history as you care to go, women have been accessories, at the very best the muse or mentor that inspires the artist, feeds his imagination, serves as his model or performs his work as actress or singer. In short no more than a passive player in the business of creating that would seem the prerogative of men. Look lovely and pose, sing or declaim, otherwise stay out of the picture ! A BIT OF HISTORY. So why are there so few creative women ? Does the fair sex lack creative genius ? It would seem that in fact they’ve been excluded from the learning and practice of the arts. By whom ? Society of course, which gives pride of place to men. And when women did participate in artistic creation they were relegated to anonymity. In the Middle Ages nuns worked as much on illuminating manuscripts as monks but we know nothing of them. During the Renaissance women worked in artists’studios but their names don’t figure, particularly as they often bore those of their husbands. Some men have even had no qualms about appropriating their partner’s work: Colette’s first writings were published under the name of Willy, her early mentor. I CREATE THEREFORE I AM. In the 19th and especially the 20th centu-
sor des mouvements d’émancipation. L’art devient pour la femme un moyen d’expression privilégié. Il lui permet de dire son mal-être, tout en faisant valoir ses aspirations à plus de liberté et de dignité. Ainsi, la femme finit par accéder à la notoriété artistique. Certaines d’entre elles occupent des places éminentes dans l’histoire de l’art du XX e siècle. Que l’on songe à Camille Claudel ou à Germaine Richier, figures de proue de la sculpture occidentale, durant cette période. Ou encore à Louise Bourgeois à laquelle le Centre Pompidou vient de rendre hommage. En littérature, le mouvement est identique. Virginia Woolf, Nathalie Sarraute, Marguerite Duras, Simone de Beauvoir ou encore les Américaines Flannery O’Connor ou Carson McCullers, occupent une place décisive dans l’évolution du roman contemporain. Sans parler du cinéma, où les femmes ne se contentent plus d’être des stars, mais passent derrière la caméra pour produire des œuvres fortes et novatrices. EFFETS PERVERS. Le mouvement a pris une telle ampleur que le marché tente de le récupérer. La femme artiste a la cote, dès lors qu’elle fait vendre. Du coup, elle est à la mode. On la monte en épingle, on la met en scène, on la « pipolise ». Le meilleur allié de cette starisation, c’est le scandale. Plus la femme brise les tabous, surtout sexuels, plus elle provoque, transgresse les interdits de la morale conventionnelle, plus elle a les faveurs du box-office. La femme artiste n’échappe pas aux pièges du marché. Devenue créatrice pour briser son statut de femme objet, elle est menacée à son tour de devenir un objet d’échange, dont la célébrité n’est qu’une prison dorée, où elle risque de se brûler les ailes. ged formof communication that enabled them to express their malaise whilst also asserting their aspirations for greater freedom and dignity. So women finally achieved recognition as artists, some of them occupying eminent places in the history of 20th-century art. Camille Claudel and Germaine Richier, figureheads of Western sculpture, spring to mind along with Louise Bourgeois to whom the Centre Pompidou has just paid tribute. The same happened in literature: Virginia Woolf, Nathalie Sarraute, Marguerite Duras, Simone de Beauvoir and the Americans Flannery O’Connor and Carson McCullers played decisive roles in the evolution of the contemporary novel. And don’t forget cinema, where women are no longer content to just be actor stars but are taking control of the cameras too. PERVERSE EFFECTS. The movement has become so widespread that the market is now attempting to get its hands on it. Female artists become popular just as soon as they start to sell. They then become fashionable and are blownup out of proportion, dramatised and transformedinto celebrities. The best ally of this starcreation system is scandal. The more a woman breaks taboos, especially sexual ones, the more provocative she is, the higher her box-office rating. Women artists cannot escape the snares of the market. Having become creative beings in order to destroy their woman-as-object status they are then threatened with becoming commercial attributes whose celebrity is nothing more than a gilded cage. septembre-octobre 2008 www.cote-magazine.ch © MAYER GEORGE VLADIMIROVICH FEMMES ARTISTES CREATIVE WOMEN 55



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