Correspondances ferroviaires n°7 jun/jui 2003
Correspondances ferroviaires n°7 jun/jui 2003
  • Prix facial : 8,50 €

  • Parution : n°7 de jun/jui 2003

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (212 x 278) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 71,4 Mo

  • Dans ce numéro : de l'Est à la SNCF...

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Ci-dessus : Nue gare de Riquiei:liie générale. Un classicisme rationalisé et économique. Eut début 2003 (Photo  : Michel Graniou). ment la forme, l'échelle et la composition. Ici encore, comme à la gare PLM, le monument se substitue au simple édifice utilitaire. Même si le propos est sensiblement différent  : l'affectation stylistique y est remplacée par la pompe et le faste décoratif, selon un mode d'expression plus moderne, presque rationaliste. N c e-Riquier, gare à vocation populaire Comme la plupart des grandes villes, Nice possède plusieurs gares aux affectations différentes. Nous avons vu l'usage des gares PLM et du Sud. Il reste la gare de marchandises, érigée seulement en 1928, à St-Roch, sur la ligne rejoignant Tende et Cunéo par les montagnes, et la petite gare de Riquier desservant simplement le quartier populaire du même nom, dans la plaine industrialisée de 1850 à 1920 au nord du port (usine à gaz, manufacture des tabacs, caserne, entrepôts de vin et d'huile). La gare de Riquier n'est pas comparable aux deux précédentes, hypertrophiées et décorées avec faste. Elle est identique à des milliers de gares françaises et appartient à un de ces types qui ont été codifiés et dessinés à un moment donné, types adaptés en taille et en caractère à une certaine taille d'agglomérations. Le même type se retrouve en effet dans les villages aux environs de Nice (Villefranche, Beaulieu, Eze). C'est une réflexion sur l'élaboration et surtout le symbolisme de ce "type" que nous pro- 10 - Correspondances n°7 posons maintenant. L'édifice est symétrique, avec un corps central à cinq travées, trois centrales dévolues à l'entrée et un étage, calé d'ailes en seul rez-de-chaussée, plus courtes mais symétriques par rapport au corps central. Ici, point de verrière de belle provenance, point de comble d'ardoise rappelant l'histoire et le style de la capitale. L'apologie du modèle français, pour être discrète, n'en est pas pour autant absente. Symétrie, régularité et dépouillement, uniformité sur l'ensemble du pays correspondent évidemment en priorité à des impératifs d'économie, de logique et d'efficacité  : c'est l'âge industriel et bourgeois. Et la compagnie exploitant la ligne sait ainsi d'avance le coût de chaque gare, en matériaux, en heures de travail et en mètres de terrain à acheter. Mais il convient d'observer plus attentivement ces édifices si réguliers et en apparence si anodins  : on y lit alors l'apologie de l'ordre, de la ponctualité, avec l'horloge placée en vedette à une époque où la montre individuelle est encore rare. L'heure de la gare se substitue alors à l'heure du clocher, comme la gare devient le point de mire d'une urbanisation qui ne s'enroule plus, pieusement, autour de l'église. L'apologie de l'appareil d'État n'est pas loin, quand la tripartite devise nationale n'est pas même gravée sur le frontispice de l'édifice. Ordre, symétrie, ponctualité, mais aussi hiérarchie, avec la soumission des ailes au corps central, réduction du schéma centralisateur national. Enfin, un trait typiquement français est l'arc segmentaire (arc de cercle tendu) qui surmonte les baies. Cette figure est inventée par les architectes français de la Re- naissance, reprise par les ingénieurs des ponts sous Louis XVI (pour remplacer l'anse de panier préférée jusqu'alors) et reprise encore par les architectes rationalistes comme un véritable manifeste de modernité. L'arc segmentaire s'oppose à l'arc plein cintre comme le profane au sacré, comme l'industriel à l'historique. Et on l'observe bien à Nice, où les gares "nobles" utilisent avec emphase l'arc plein cintre alors que la gare type, utilitaire et populaire, dans le quartier industriel, utilise l'arc segmentaire. Voilà, de l'ensemble au détail, du symbole à l'usage, du nord au sud, le bref aperçu de l'architecture ferroviaire à Nice. En tant que ville de saison, station cosmopolite prestigieuse, la ville se devait d'adopter, même pour ses gares, un genre représentatif. On voit là comment elle en usa. Signe des temps, la nouvelle gare du Sud, placée en retrait quelques centaines de mètres en arrière de l'ancienne, affiche seulement le caractère d'une station de RER de banlieue parisienne, avec une pauvre et courte exhibition de vitres et de tubulures métalliques. Comme on peut donc l'observer ici, l'architecture d'une gare continue d'exprimer fidèlement les attentes ou les négligences, l'ambition ou l'étroitesse d'une époque, d'un pouvoir et des usages. Michel SteveEst un architecte niçois spécialiste du XIXe siècle. De par l'importance qu'elles prennent dans le développement de la ville, les gares sont, bien entendu, l'un de ses sujets de prédilections.
PATRIMOINE Lalique : maître verrier de la CIWL ANNONCÉE DANS CORRESPONDANCES N°6, L'EXPO- SITION LE TRAIN CAPITALE, ORGANISÉE SUR LES CHAMPS-ELYSÉES, EST LE GRAND ÉVÉNEMENT FER- ROVIAIRE DE CETTE ANNÉE 2003. DANS CE CADRE PRÉSTIGIEUX, LA BOUTIQUE LALIQUE PROPOSE, JUSQU'AU 15 JUIN, UNE EXPOSITION SUR LE MAÎTRE VERRIER RENÉ LALIQUE ET SES RÉALISATIONS POUR LES TRAINS DE LUXE D'AUTREFOIS. Délaissant la cohue des Champs-Elysées, nous ne saurions que trop vous conseiller d'aller rue Royale, à deux pas de là. La maison Lalique, en étroite collaboration avec la Compagnie des Wagons-Lits, se propose d'évoquer de manière beaucoup plus intime les plus riches heures des trains de luxe et de la décoration soignée de leurs voitures... Présentée dans un cadre feutré, l'exposition alterne photos, affiches et documents d'époque avec des évocations de coupés de voitures Pullman ou de compartiments de voitures-lits LX. Préservées par la Compagnie des Wagons-Lits, qui les met régulièrement à disposition pour des expositions à thème, ces pièces permettent au grand public de mieux se plonger dans une époque surannée. Les aficionados des voitures bleues resteront peut-être sur leur faim, tout comme les spécialistes Texte : VINCENT CUNY & Photos  : CIWL-LALIQuE du maître verrier Lalique qui auraient peut-être souhaité découvrir plus d'archives, notamment sur la fabrication de ces fameux panneaux de verre destinés aux voitures Pullman Côte d'Azur. Sur ces splendides panneaux aux motifs de Bacchantes, d'Oiseaux ou de Fruits, une poudre d'argent était soufflée sur le verre encore chaud, permettant d'obtenir ce miroitement jouant avec la transparence et la profondeur du verre. Cette belle exposition permet enfin de découvrir que cette figure de l'Art Nouveau a aussi travaillé à l'aménagement de la PR1, voiture présidentielle préservée par le Musée de Mulhouse, avec notamment des portes translucides et des lampes de toute beauté. Saluons cette exposition originale dont la réalisation est à l'honneur de la maison Lalique et de la Compagnie des Wagons-lits. al Correspondances n°7 - 11



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